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Flavio Becca : « Je n’ai peur de rien, même pas du diable. Alors l'AC Milan... »

Premier club luxembourgeois à accéder à la phase de poules d'une compétition européenne, le F91 Dudelange doit en grande partie cette réussite à Flavio Becca (56 ans), mécène du club depuis 1998. Un homme qui parle rarement, mais jamais pour ne rien dire. Autant dire qu'avant de recevoir l'AC Milan, ce soir au stade Josy-Barthel de Luxembourg (21h), ce supporter de l'Inter a deux-trois bricoles à raconter.

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Tout le monde le sait au Luxembourg : Flavio Becca et Gérard Lopez ne sont pas les meilleurs amis du monde. « Si je le croise, on se serre la main, c'est tout.  » La faute à des querelles de business qui ont autant coûté d'énergie aux deux hommes qu'ils n'ont mis de passion dans les bistrots et les journaux du Grand-Duché. Pour autant, ce mardi 18 septembre, lorsque le mécène du F91 Dudelange reçoit dans son majestueux bureau situé à Howald, à deux pas du cœur de la capitale, il suffit d'avoir deux yeux pour le constater : à l'étage en dessous se trouvent les bureaux de Genii Capital, la société avec laquelle Gérard Lopez a fait fortune. Mais à l'heure d'affronter l'AC Milan, l'homme d'affaires a trop d'actualité pour consacrer du temps à cracher sur son rival. Il faut dire que l'été a été fructueux. Non seulement son F91 a fait des merveilles en éliminant notamment le Legia Varsovie et le CFR Cluj, mais en plus, Becca a épongé les dettes de l'Excelsior Virton (D3 belge), pour qui il a de grandes ambitions. Libérez la bête !

Vous vivez comment, ces derniers jours ?
Bien. Aujourd’hui et les jours d’avant étaient des journées comme toutes les autres. Sauf que les gens n’arrêtent pas de m’appeler parce qu’ils veulent des tickets. Mais je ne suis pas imprimeur, moi !

« Les gens n’arrêtent pas de m’appeler parce qu’ils veulent des tickets. Mais je ne suis pas imprimeur, moi ! »

Au F91, les dirigeants et les bénévoles courent dans tous les sens. Et vous ?
Moi, je n’interviens que s’il y a un vrai problème. Par exemple, je me suis occupé du catering, pour le standing de l’événement. Si tu vas à Milan ou à truc, tu es reçu comme un roi. Il ne faut pas qu’on passe pour des clochards quand même.

Parmi vos business, il y a quelques restaurants, dont un étoilé (Fani, à Roeser, dans le centre du Luxembourg). Avez-vous invité vos joueurs pour fêter l’accession aux poules ?
Non non, il faut qu’ils s’entraînent et soient bien en forme. J’ai peur qu’ils soient trop lourds. Et puis là-bas, on mange bien. De la bonne nourriture italienne... Ce que je préfère, c’est le tiramisu de bacalhau.

C’est particulier pour vous de jouer et commencer ces poules contre un club italien ?
Dès qu’on a éliminé Cluj, j’ai dit que je serais très content qu’on rencontre une équipe italienne et qu’en tant que supporter de l’Inter, ça me ferait plaisir qu’on tire l'AC Milan.

D’où vient cette passion pour l’Inter ?
« Mon oncle, Angelo Simontacchi, a été vice-président de l’Inter sous la présidence d’Ernesto Pellegrini. »
Ma famille est originaire de Pérouse, mais on supporte l’Inter. Mon père a toujours supporté le Grande Torino jusqu’au jour où l’avion s’est crashé... Il a changé d’équipe et est passé à l’Inter. Il faut aussi savoir que mon oncle, Angelo Simontacchi, a été vice-président de l’Inter sous la présidence d’Ernesto Pellegrini (entre 1984 et 1995, avant l’arrivée de Massimo Moratti, N.D.L.R.).

En 1998, vous êtes arrivé comme sponsor du F91. Pourquoi Dudelange ?
Mais vous vouliez que j’aille où, de toute façon ? Mes parents étaient de Dudelange et puis la Jeunesse Esch avait déjà gagné tous les titres. C’était plus excitant d’aller à un endroit où l’histoire n’existait pas encore. Moi, j’aime les défis et aussi quand c’est serré. C’est pour ça que je suis entré en Moto3, parce que c’est un championnat très serré. C’est pour ça aussi que je me suis lancé dans le cyclisme, pour montrer aux gens comment ça se passe. Quand tu commences un projet comme ça, tu te mets des objectifs. Sinon, ça sert à quoi ? Il faut avoir une vision, s’impliquer dedans. C’est comme ça que je vois les choses et grâce à ça que je sors de tous mes projets sportifs la tête haute et en ayant gagné ce qu’il y a à gagner.

Il y a vingt ans, pensiez-vous qu’un club luxembourgeois, le vôtre en l’occurrence, parviendrait en phase de poules d’une Coupe d'Europe ?
Toutes ces dernières années, on n’était pas si loin ! Mais en tant que club luxembourgeois, l’arbitrage nous a rarement été favorable. Et il y a d’autres éléments concrets qui nous handicapent. La réalité, quand tu es un club luxembourgeois, c’est que tu joues dans un stade qui est dans un tel état que tu dois commencer tes matchs à 17h30 parce que si jamais tu dois jouer la prolongation, l’éclairage n’est pas assez fort. C’est une réalité qui fait que tu te retrouves aussi à jouer la plupart des matchs retour à l’extérieur. Voilà comment ça se passe tous les ans pour les clubs luxembourgeois lors des premiers tours.

Cette phase de groupes au stade Josy-Barthel, comment l’abordez-vous ?
Ce n’est pas pour me vanter, mais avec les 20-25 joueurs qu’on a, il suffirait d’avoir un championnat national avec beaucoup plus de qualité pour être compétitif à un tel niveau international.

Comment expliquez-vous que le F91 ait réussi à accéder aux poules cette année et pas avant ?
Le recrutement a été bon. Et sans vouloir critiquer nos anciens entraîneurs, la façon de travailler de Dino Toppmöller est quand même plus rigoureuse et professionnelle que celle de ses prédécesseurs.

Depuis qu’il est arrivé, Dino Toppmöller a gagné les trois titres de champion et a donc qualifié Dudelange pour les poules de Ligue Europa. Il est jeune (37 ans), il a un réseau, un père... Vous avez peur de le perdre ?
Dino a la tête dure. Son père (l’ancien entraîneur du Bayer Leverkusen finaliste de la Ligue des champions en 2002, Klaus Toppmöller, qui est actuellement conseiller du président de la Jeunesse Esch N.D.L.R.) peut bien essayer de lui dire quelque chose, il ne bougera pas d’un millimètre. Il ferait mieux de rester encore avec nous au moins une saison. Avec lui, c’est la première fois de ma vie que je protège un coach. Et vous savez que je n’ai jamais eu peur de mettre un entraîneur dehors ! La saison passée, lors de la phase aller, alors qu’on jouait mal, je suis entré dans le vestiaire et j’ai dit aux joueurs : « Ça suffit! Cette fois, ce n’est pas le coach qui saute, ce sont les joueurs ! » On voyait qu’ils n’avaient pas l’envie. Or ces dernières années, à chaque fois que le F91 a perdu le titre, c’était par pure nonchalance. Mais attention, Toppmöller, il n’a pas très bien fait son travail non plus : ce n’est pas normal de gagner deux titres au goal average. Vous ne me connaissez peut-être pas totalement, mais je dis ce que je pense, toujours, même si ça déplaît. Vous savez... Parfois, vous me prenez pour un... Vous ne me connaissez peut-être pas. Moi, je suis un type droit.

Depuis que vous êtes arrivé à Dudelange, vous avez remporté 14 des 20 titres de champion. Malgré tout, les coachs sautent souvent, même quand ils gagnent. Pourquoi ?
« Je ne veux pas paraître arrogant, mais pour gagner le championnat du Luxembourg, le F91 n’a pas forcément besoin de coach. »
Je ne veux pas paraître arrogant, mais pour gagner le championnat du Luxembourg, le F91 n’a pas forcément besoin de coach. Si j’ai viré ces entraîneurs, c’est parce que j'ai vu qu’il y avait des soucis : des entraîneurs qui faisaient des préférences, qui n’étaient pas toujours loyaux envers les joueurs... Et puis quand je vais au stade, je veux m’amuser, pas m’ennuyer. Moi, ce que j’aime, c’est 1, 2, 3, 4-0 tac tac et c’est réglé.

Et quand vous regardez l’Inter, vous vous amusez ?
« Heureusement que je ne suis pas à l’Inter parce que Spalletti, je l’aurais foutu dehors ! »
Heureusement que je ne suis pas à l’Inter parce que Spalletti, je l’aurais foutu dehors ! Je ne réfléchis même pas une seconde et ça coûte ce que ça coûte.

Danel Sinani (21 ans) a explosé cet été. Il a notamment marqué 3 des 5 buts contre Cluj. On peut déjà deviner que des clubs étrangers vont venir le chercher...
Je tiens à une chose : bien conseiller le joueur. Vous avez vu sa première mi-temps à Cluj ? Il s’effondrait comme un sanglier au moindre contact... Non, c’est encore trop tôt physiquement, même s’il a déjà fait des progrès gigantesques. Et puis j’ai un grand respect pour lui : contrairement à beaucoup d’autres jeunes Luxembourgeois qui se sont assis à cette table et ont eu peur de ne pas jouer, lui a eu le courage de signer, d’attendre son heure. Et aujourd’hui, c’est en train de payer.

D’où vient votre amour du coaching mental et pourquoi ne pas déléguer cette tâche ?
Parce qu’on fait appel à moi ! Ah le coaching mental, j’aime énormément ça. Et les athlètes, il faut les brusquer. Je ne veux pas me jeter des fleurs, mais que ce soit dans les affaires ou dans le sport, mes dossiers, je les connais tous par cœur. Personne ne peut me cacher quelque chose. Je sais tout ! (Il s’emballe) Danny Kent, champion du monde 2015 en Moto3 ! Le type avait 105 points d’avance... On a failli perdre le championnat du monde ! C’était la dernière course de la saison, il devait finir 3e ou 4e pour être champion. L’ingénieur en chef m’appelle : « Écoute Flavio, j’ai besoin de ton aide... » Danny était en train de pleurer dans le camion. Le départ était dans une heure. Je suis arrivé comme ça. (Il se lève d’un pas décidé.) Je suis entré comme ça, boum ! « Danny, what happens here ? » « Ouin ouin... » Paf ! (Il mime une grande torgnole.) Gifle ! « Now, you know what you've exactly to do ? Go out and win the race ! » Il a fini troisième et est devenu champion du monde. C’est pareil au vélo. J’ai dû aller voir Andy Schleck à Turin la veille de sa victoire au Galibier sur le Tour de France 2011. Je lui ai parlé, je suis rentré le soir même au Luxembourg et je l’ai regardé gagner ici, dans ce bureau.

(L’un de ses fidèles collaborateurs, venu quelques minutes faire signer un papier à Flavio Becca, intervient : « Vous avez compris ? Flavio, c’est un personnage qui polarise. Il est d’une honnêteté brutale. Il n’y va pas par mille chemins, mais ça ne l’empêche pas d’avoir la sensibilité pour motiver quelqu’un.)

Et lui, c’est l’homme qui fait la communication chez nous !


Au 3e tour, contre le Legia Varsovie, on vous a vu descendre furieux des gradins alors que votre équipe venait de s’imposer 1-2 chez le champion de Pologne, et vous engouffrer dans les vestiaires...
Mais c’était réfléchi !
« À Varsovie, j’ai attrapé par la cravate un émissaire de l’UEFA qui voulait m’empêcher d’entrer parce que je n’avais pas le bon pass. »
Pas impulsif ! Même si j’ai attrapé par la cravate un émissaire de l’UEFA qui voulait m’empêcher d’entrer parce que je n’avais pas le bon pass. Les joueurs, je les ai secoués ! Je leur ai dit : « C’est le moment ! C’est là ! Les gars en face, ils sont cuits ! » Ce jour-là, les anciens de l’équipe ont expliqué aux nouveaux qu'il fallait me prendre au sérieux.

Mais vous n’avez pas eu, quand même un peu, envie de leur faire un compliment ?
C’est quoi, un compliment ? Mon père ne m’en a jamais fait, à moi, des compliments. Si, dans mon dos, aux autres personnes. Je vais vous raconter un truc sur mon père, qui était entrepreneur. À 22 ans, quand j’ai fini mes études, je suis allé le voir pour lui annoncer que j’allais travailler dans une autre boîte. Il m’a dit : « Non, tu viens chez moi. » Moi, je ne voulais pas et c’est ma mère qui a fini par me dire : « Arrête, il faut que tu bosses chez ton père. » Et un jour, il me dit : « Ne me demande pas pourquoi, mais mercredi, 17h à la maison » , bien que j’habitais à la maison. D’ailleurs, j’ai habité jusqu’à 40 ans chez mes parents, je me suis marié tard. Bref, on arrive au mercredi. Je rentre à la maison et il y a le notaire, mes parents et on me fait asseoir à table. Mon père me dit «  Signe ce papier. » Je lui dis : « Non, pas sans savoir ce que c’est. » Il tape sur la table et me demande si je ne lui fais pas confiance. Je lui dis que si et je finis par signer. Il prend le papier et me dit : « Voilà, tu n’es plus mon employé. Maintenant, toi et moi, on est associés à 50-50.  » Voilà, c’est comme ça qu’il m’a jeté dans le bain !

Ça vous a fait peur ?
Non, jamais. Je n’ai peur de rien, même pas du diable. Alors l'AC Milan...

Vous attendez quoi de ce match contre Milan ?
D'une manière générale, je veux sauver un peu l’honneur du Luxembourg en ramenant quelques points de cette campagne.

Pendant de nombreuses années, vous n’avez donné aucune interview à la presse luxembourgeoise. Jusqu’à cette année, en fait. Pourquoi ce changement brutal ?
Je me suis rendu compte que j’étais beaucoup trop en retrait, au contraire de Gérard Lopez (ennemi dans les affaires et ex-président du Fola Esch, seul club à avoir empêché le F91 d'être champion lors des huit dernières années, en 2013 et 2015, N.D.L.R.) par exemple, qui dit beaucoup de contre-vérités selon moi. Attention, je n’ai rien contre le personnage. Mais moi, je n’ai pas besoin de raconter de mensonges pour que les gens croient que je suis riche. Quand je dis « ça, ça m’appartient » , ça veut dire que ça m’appartient pour de vrai. Quand je monte dans une voiture ou un avion et que je dis que c’est à moi, ça signifie que c’est à moi, tout simplement. Et puis en 2011, on m’a piégé avec ces perquisitions (relatives à des dossiers immobiliers, N.D.L.R.) visant à faire tomber Jean-Claude Juncker. Maintenant, vis-à-vis des politiciens, de la FLF (Fédération luxembourgeoise de football), je dis ce que je pense.

Gérard Lopez a quitté le Fola Esch pour reprendre Lille. Prendre un club dans un grand championnat, ça pourrait vous intéresser ?
Aujourd’hui, je n’y pense pas. Je suis rentré dans le championnat du monde de moto (par le biais de son sponsor Leopard, N.D.L.R.), on a été champions du monde. Au vélo, on a gagné aussi. Quand je mets les pieds quelque part, c’est pour avoir un résultat sportif.

« Le jour où j'arrête, le football luxembourgeois va s’effondrer »
Quelle part occupe le F91 dans votre agenda et votre esprit ?
D’abord les affaires, puis le sport.

Comment faire pour faire mieux, désormais ?
Vous savez ce que je devrais faire ? Arrêter maintenant. Mais le jour où j'arrête, le football luxembourgeois va s’effondrer et je crois que ça va aller assez vite.

Propos recueillis par Matthieu Pécot, à Howald
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