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FK Qarabag : après la mort et les obus, Monaco

Avant d'affronter Monaco en Ligue Europa et d'avoir un blaze imprononçable, le FK Qarabağ Ağdam a surtout enterré ses morts, pansé ses blessures et galéré pendant deux décennies. L'âme plus légère, l'esprit moins meurtri, l'ancien club phare du Haut-Karabagh vise aujourd'hui l'Europe pour faire entendre son désarroi passé.

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Jeudi 27 novembre 2014, quinzième minute de jeu, sur la pelouse du stade Geoffroy-Guichard, le temps s'arrête. Vüqar Nadirov, numéro 17 du Qarabağ Ağdam s'envole entre Perrin et Bayal Sall pour battre Ruffier d'un superbe lob. Le joueur s'en va fêter le but en direction de son banc. Puis, dans un moment d'intimité, il s'agenouille, pose le front sur la pelouse, puis lance un regard vers le ciel. Un clin d'œil à une grande partie de sa famille décédée durant la guerre contre les Arméniens venus aider la province du Haut-Karabagh à prendre son indépendance. À 28 ans, Vüqar a beau représenter la jeune génération, il n'a pas oublié, comme la grande majorité de l'opinion azerbaïdjanaise.

En 1988, quand la guerre entre les deux pays en est à ses balbutiements, le natif d'Ağdam n'a qu'un an. Sa ville natale de 30 000 habitants fait de la résistance. Les Arméniens ont tout quitté pour prendre les armes contre leurs anciens amis et voisins. Les joueurs du Qarabağ font de même. Sommés de rester sur le terrain pour réchauffer le cœur des foules, les joueurs azerbaïdjanais ne les imitent pas. Seule la légende Allahverdi Bagirov, coach azerbaïdjanais charismatique au regard ténébreux et à la barbe guevarienne, décide de démissionner de ses fonctions pour organiser la résistance contre l'envahisseur arménien. Avec son frère, il fait d'Ağdam un bastion imprenable. Sa bravoure sur le front et ses multiples exploits le propulse en héros de la patrie. Alors que l'Azerbaïdjan est en pleine transition politique, tiraillé par la molle démocratie d'Aboulfaz Eltchibeï et la possibilité d'un putsch de l'autoritaire Heydar Aliyev, Bagirov ravive la flamme. Mais sa mort le 14 juin 1992 sonne le glas des victoires et de l'espoir. L'Arménie est alors en passe d'occuper la totalité du Haut-Karabagh.

« Un obus a éclaté tout près du stade  »


Plus de vingt ans après le cessez-le-feu, l'horizon s'est nettement éclairci pour l'ancien club d'Ağdam. Depuis juin dernier et l'achèvement de son stade, dans la banlieue de Bakou, district de Surakhani, loin des pétrodollars de la capitale, le Qarabağ FK semble s'être enfin trouvé une stabilité. Sous un soleil de plomb, la cigarette au bec, Mehi Hüseynov balaie du regard les rouleaux de pelouse verte posés la veille. Il est le responsable des jardiniers et la mémoire du club. Ancien joueur, ce cinquantenaire au visage buriné était le coach adjoint de l'équipe, au moment de la guerre. Quand il évoque Allahverdi Bagirov, ses yeux pétillent : « Le front était seulement à sept kilomètres du stade. On entendait les bruits des tanks et des kalachnikovs. On voulait y aller, mais il nous avait ordonné de rester jouer pour nos frères et sœurs. Pour leur donner du courage. » L'homme prend une longue pause, puis reprend : « Lors d'un match en 1993, je me souviens qu'un obus a éclaté tout près du stade, et un projectile a atterri en plein milieu de la pelouse. Les joueurs se sont arrêtés, ont nettoyé le terrain, puis ont repris le match. » En mai 1993, le club est sacré champion d'Azerbaïdjan. Seulement un mois après, Ağdam est envahi et le stade d'Imarat pilonné d'obus. L'amitié entre coéquipiers arméniens et azerbaïdjanais ? Mehi la balaie d'un revers de main : « Quand tu perds des frères et des sœurs, le football ne peut plus rien résoudre. »


Nurlan Ibrahimov, un administratif du club à la trentaine fraîche, fait fièrement le tour du proprio. Sous une température étouffante, des ouvriers fixent les derniers sièges blancs et bleus aux couleurs du club. Plus bas, les bancs de touche restent à pourvoir dans l'enceinte du Qarabağ stadium au look très anglais. Derrière le terrain d'entraînement, un coq chante, visiblement au courant de la dernière recrue franco-marocaine venue de Lens : le milieu Alharbi El Jadeyaoui. « Nous avons enfin une maison. À changer continuellement de stade, c'était difficile de fédérer nos supporters, eux aussi éparpillés dans tout le pays dans des camps de réfugiés. Du coup, pendant des années, nos bus sillonnaient le pays pour aller les chercher lors des jours de match » , raconte Nurlan Ibrahimov, le sourire aux lèvres. Malgré l'euphorie du bruit des perceuses et de l'odeur de peinture fraîche, les Atlılars ne désespèrent de retrouver un jour Ağdam. « Le jour où nous reviendrons, nous remplirons sans mal un stade de 30 000 supporters » , rêve-t-il tout haut. Qu'importe, dans son enceinte flambant neuve de 5 500 places, Nurlan Ibrahimov frétille déjà à l'idée d'affronter les plus grandes équipes européennes. Avec ses deux Espagnols, Quintana et Michel, son sympathique duo offensif brésilien Richard Almeida-Reynaldo et le dernier arrivé, le Franco-Marocain Alharbi El Jadeyaoui, le Qarabağ FK n'affiche pas une équipe affreuse sur le papier. Derniers du groupe J, mais à deux longueurs de Monaco, les Atlılars sont encore en course pour faire honneur à leur nouveau stade et à la légende Allahverdi Bagirov.


Par Quentin Müller, à Bakou // Photos par Vincent Berthe Tous propos recueillis par QM et VB
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