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El Niño est devenu vieux

Fini, à 35 ans. Exilé, Fernando Torres a publié cette nuit une vidéo annonçant sa retraite, depuis le Japon, où il évolue au Sagan Tosu. Il représentait ce que l'époque du foot dominé par les statistiques aimait aimer : les humains.

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Un jour de janvier 2015, José Mourinho avait commencé l’une de ses conférences de presse à la tête de Chelsea en bousculant ses habitudes. « Est-ce que je peux dire quelque chose avant les questions ? » , demanda-t-il immédiatement après s’être assis. Lorsque les journalistes présents ce jour-là lui répondirent oui, attendant une soufflante, il enchaîna de cette manière : « Merci. Juste une petite chose. Je veux publiquement remercier Mark Schwarzer. Parce qu’il nous quitte, et qu’il est un homme fantastique. Il a toujours été là lorsque l’on avait besoin de lui. Il va nous manquer, et on lui souhaite le meilleur à Leicester. » À 42 ans, le gardien australien filait à l’hiver pour s’offrir un dernier défi chez les Foxes, ignorant à l’époque qu’il se conclurait par un titre surprise de champion d’Angleterre. Mais le plus important était ailleurs. Pourquoi remercier un type qui ne facturait que deux ans et douze matchs sous le maillot blue ? Simple : Mark Schwarzer était adoré dans le vestiaire londonien. De tout le monde et, l’espace d’une unique saison 2013-2014, de Fernando Torres en particulier.


À l’époque, El Niño pédalait dans la semoule en ne marquant que cinq buts en 28 matchs de championnat, et souffrait de la concurrence d’Eto’o et de Demba Ba. Alors, lorsque le moral était en berne, il discutait avec l’Australien. De choses et d’autres, mais surtout pas de foot, ou alors de ce qui vient après. « Je posais beaucoup de questions à Mark Schwarzer sur son pays, expliqua-t-il plus tard à So Foot. Quand je ne serai plus joueur de foot, j’irai visiter l’Australie. [...] Traverser le bush, ça doit être impressionnant, mais il faut du temps. C’est quelque chose que je ne peux pas faire aujourd’hui. » On ne peut s’empêcher de penser que ce matin, en annonçant sa retraite par le biais d’une vidéo relayée sur son compte Twitter, une partie de lui-même n’était déjà plus au Japon, mais 6500km plus au sud, au cœur des 800 000km² isolés du reste du monde que constitue l’outback austral.

Idole


La retraite d’un gars aussi important pour le football que Fernando Torres avance sur la table une question aussi grosse que son palmarès : qu’est-ce qu’une idole ? Certains hommes, par le biais de leur carrière, de leur attitude ou de ce qu’ils dégagent acquièrent, de fait, un statut supérieur aux autres et pour autant complètement informel. Le philosophe allemand Max Scheler disait que l’homme possédait ou un Dieu, ou une idole, et ces mots résonnent aujourd’hui d’autant plus que Torres était probablement à mi-chemin des deux. Il était l’attaquant préféré des gamins qui tournent aujourd’hui autour de la vingtaine, génération qui, peut-être plus que les autres, a eu le bon sens d’ouvrir son cœur aux humains des prés. Rester dans l’histoire à l’ère de Messi et Ronaldo, les extra-terrestres, nécessite finalement d’avoir été l’inverse d’eux. D’avoir été humain, d’avoir raté, être tombé, s’être relevé, avoir sué, s’être battu. L’homme expliquait s’être préparé enfant à perdre plus de fois qu’il ne gagnerait, constat assez ironique au regard d’une performance que lui et Juan Mata furent les seuls à accomplir dans l’histoire : détenir, l’espace de dix jours, entre les 15 et 25 mai 2013, la Coupe du monde, l’Euro (en étant buteur en finale), la Ligue des champions et la Ligue Europa. Joli palmarès pour un loser.



Même si l’enfant est devenu vieux, Torres restera à vie le petit prodige de Liverpool, celui qui marqua 81 buts en 142 matchs pour les Reds à une époque où les ratios de buts/match étaient plus proches de 0,5 que de 1. Les joueurs d’un seul club n’existent plus, dit-on. Lui aura réussi l’exploit de le rester tout en changeant de liquette, et sans jamais cacher que si ses pieds trempaient dans la Mersey, la Tamise, le Pô ou la mer du Japon, son cœur restait baigné du soleil de Madrid. Celui de l’Atlético, son chez-lui, sa maison. Un club que son grand-père maternel Eulalio lui a insufflé dans les veines, et dans le salon de qui trônait une assiette marquée de l’écusson du club. Il avait pris l'habitude de dire : « L’Atlético, ce n’est pas seulement une équipe de football, c’est un sentiment. » Le sentiment d’un club qui s’est toujours plus battu qu’il n’a réussi, et qui, finalement, constitue le parallèle de la carrière de l’Espagnol. On l’a tantôt taxé de génie ou de maladroit, et sa première saison à Liverpool est finalement, au regard des autres, une anomalie. Torres n’était pas un grand buteur. Il était un grand joueur, et a souvent perdu ce statut dans les clubs dont les valeurs ne collaient pas aux siennes. À Milan et Chelsea, il était moqué. Autre part, il reste adulé.

Dans le silence japonais


C’est, paradoxalement, dans le silence d’une conférence de presse à coup sûr plus peuplée que d’habitude que l’enfant annoncera qu’il a vieilli. Dans un pays, le Japon, où il est plus grand que le championnat, et où il a marqué quatre buts et filé deux passes décisives en 32 matchs pour le Sagan Tosu, des chiffres indignes de lui. Probable qu’il s’en fiche, on le soupçonne d’être parti pour le voyage. L’expérience humaine. Et puisqu'il a eu la délicatesse de prévenir de l’horaire de ses adieux, les Européens pourront suivre dimanche 23 juin, à 3h du matin heure occidentale, 10h locale, le point presse en question. Il y parlera sûrement de ses bons souvenirs, de ses titres, et lorsqu'on lui demandera ce qu’il compte faire par la suite, il est fort probable que la réponse ressemblera à celle-ci : « Je suis dans le football depuis que j'ai 17 ans et, pendant toutes ces années, je n'ai pas eu un week-end de libre, pas de jour férié, peu de vacances et pourtant (j’aimais) ça, (c’était) ma routine. Ma vie changera radicalement (à partir d’aujourd’hui). Après, je relativise pas mal en me disant que le football n'est pas ma vie, mais plutôt une étape de ma vie. D'ailleurs,(maintenant que j’ai arrêté) de jouer, peut-être que je ferai un truc qui (n’a) rien à voir avec un ballon. On verra bien. »



La mort de Johnny fait sentir les vieux vieux, la retraite de Torres fait sentir les jeunes moins jeunes. C’est ainsi. Et si le pouvoir des idoles était finalement de nous éveiller quant au roulis de l’horloge ? « Aucun sportif ne devrait être considéré comme une idole, dit-il un jour. Les seules vraies idoles sont les mères qui élèvent seules leurs enfants. » Alors, juste une petite chose, avant les questions. Il faut remercier publiquement Fernando Torres. Parce qu’il nous quitte, et qu’il est un homme fantastique. Il n'a pas toujours été là lorsque l’on avait besoin de lui, mais il va nous manquer, et on lui souhaite le meilleur en Australie. Ou partout ailleurs.



Par Théo Denmat
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