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Ferenc Puskás, marque déposée et produit dérivé

En Hongrie, à Budapest ou ailleurs, Ferenc Puskás est partout. Difficile de faire autrement lorsqu'on a affaire au plus grand sportif de l'histoire d'un pays en quête de sa gloire passée. Et forcément, son précieux héritage a été récupéré et instrumentalisé par Viktor Orbán. En bon renard des surfaces.

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Comme souvent pour honorer ses héros, la Hongrie a choisi le grandiose pour perpétuer le souvenir de Ferenc Puskás. C’est d’ailleurs sous le marbre de la majestueuse basilique Saint-Étienne de Pest que le Major galopant repose depuis sa disparition en novembre 2006. Mais c’est dans un autre temple, tout aussi imposant, quoique plus volubile, que les vivants continuent de croiser son imposant héritage. Portugais et Français peuvent en témoigner après leur match contre la sélection hongroise, et pourront encore le faire ce mercredi soir pour leur rencontre : la Puskás Aréna est un formidable trait d’union entre le leader du Onze d’or, cette équipe qui a émerveillé l’Europe au cours des années 1950, et une sélection qui retrouve aujourd'hui ses lettres de noblesse après 30 ans d’errance. « Entre 1986 et 2016, ce sont deux générations qui n’ont pas vu la couleur d’une Coupe du monde ou d’un Euro, témoigne Péter Csillag, journaliste à Nemzeti Sport. Je suis né en 1983, donc j’ai grandi dans un climat assez déprimant où je voyais cette sélection ne faire que perdre. » Dans ce stade à l’acoustique phénoménale, les Mágikus Magyarok connaissent un renouveau qui donne un écho aux exploits d'un lointain passé. Ce n’est donc pas anodin que cette arène de 67 889 places, inaugurée en 2019, ait été construite sur les ruines et avec les pierres de l’ancien Népstadion ( « le stade du Peuple » , en VF), érigé en 1953 en plein âge d’or de la Hongrie et qui a vu notamment le 7-1 collé aux Anglais en 1954. Cependant, le poids de Puskás, qui avait terminé sa carrière ventripotent, ne se limite pas à ça.

« Puskás portait en lui des valeurs de liberté »


Dans les rues de Budapest, les références au joyau du Honvéd sont partout. On peut en effet croiser sa tête gominée sur une fresque de la rue Rumbach Sebestyén, sur des T-shirts vendus sur les grands boulevards ou même sur la devanture d’un restaurant du cour Gozsdu. Si Johan Cruyff, Pelé ou Diego Maradona sont aussi considérés comme des personnages historiques dans leur pays respectif, rares sont ceux qui ont une telle place dans le roman national. « C’est évidemment un nom qui résonne dans le cœur de tous les Hongrois, quel que soit leur âge, résume Lajos Szabó, directeur du musée du sport hongrois. Il fait partie intégrante de ce qu’on appelle le Hungarikum, un concept qui désigne l’ensemble du patrimoine matériel et immatériel pouvant rappeler la grandeur de la Hongrie à travers le monde. »



Selon Péter Csillag, cette « fierté nationale » est interprétée différemment selon son année de naissance : « Il faut faire le distinguo entre ce qu’il incarne pour les plus anciens d’entre nous et pour les jeunes générations. Pour les premiers, Puskás représente plus que du football. Il portait en lui des valeurs de liberté dans ces années suivant l’Insurrection de 1956, où le régime communiste s’est durci. Quand il est parti à l’étranger en 1958 pour trouver le succès au Real Madrid, il n’était plus mentionné dans la presse hongroise. Il n’a pu rentrer au pays qu'en 1981, après 30 ans d’exil. Ça parle beaucoup aux personnes qui ont connu cette période. Pour les plus jeunes, ceux qui ont grandi après l’époque soviétique, il représente plutôt un passé glorieux. Les connexions sont plus difficiles à trouver, mais des films ou même des comédies musicales ont essayé de perpétuer ce lien. » Dans tous les cas, un tel destin, dans un pays aussi meurtri dans son histoire, ne pouvait pas tomber dans l’oubli et donc ne pouvait pas ne pas faire l’objet de récupération par le pouvoir actuel. Pour s'en rendre compte, il faut donc mettre le cap à l'ouest et parcourir 50 kilomètres.

« Puskás n’est jamais venu ici »


Ici, c’est Feclsút, village dans lequel a grandi Viktor Orbán, comptant 1600 âmes et une rue principale où même les jours de semaine on peut faire plusieurs centaines de mètres sans croiser un chien. Au bout, une fois passé une station-service claquée et un rond-point gavé de poussière, se dresse la Pancho Aréna. Et mieux vaut y montrer patte blanche. Il faut dire que l’une des résidences secondaires du Premier ministre hongrois trône de l’autre côté de la chaussée, à 30 mètres de l’entrée du stade gardée par deux policiers pas très alertes avec la langue de Shakespeare. « Do you speak english ? » Un simple « No » avec une invitation à aller voir plus loin sans trop jouer les curieux fait office d’entretien express. « Laissez tomber, ils n’aiment pas trop que l’on approche le jouet d’Orbán » , s’offusque Fabian, Hongrois revenu d’un voyage d’affaires à Francfort pour rendre visite à son père. Lequel, retraité, était gamin à l’époque de la finale de la Coupe du monde 1954. « J’ai grandi avec Puskás » , glisse le paternel Jozsef. « Oui, enfin Puskás n’est jamais venu ici » , réplique le fiston.



C'est pourtant ici qu'a vu le jour la Puskás Akadémia FC, créée de toutes pièces par Orbán en 2005 sur les fondations du FC Felcsút, club dont il a mené l'attaque au début des années 2000. Et les infrastructures sont au niveau des ambitions locales, puisqu'on y trouve une dizaine de terrains, un château bicentenaire accueillant une centaine de mômes en formation et un stade baptisé du surnom du légendaire attaquant du Real Madrid. La veuve de l’attaquant s’est même rendue à l’inauguration en grande pompe en 2014 avant la véritable éclosion du club, passé des divisions amateurs à l’élite (OTP Bank Liga) et aux tours préliminaires de la Ligue Europa en l’espace d’une décennie et demie.

« La Pancho Aréna, c’est le Colisée d'Orbán »


L’histoire d’une sympathique success story ? L’exonération d’impôts en contrepartie d’investissements dans le sport a surtout permis à la fondation gestionnaire du club, d’après le site 24.hu, de recevoir environ 90 millions d’euros pour construire le stade. Avec au passage 3816 places assises, plus du double de la population de Felcsút. Un antre aux airs de cathédrale avec ses poutres en bois et sa toiture légèrement en forme de bulbe.




Fabian, après avoir fait le tour des terrains d’entraînement, revient à la charge. « Ce gars (Orbán) est dingue de football. Faire construire un stade à côté de sa maison, c’est quand même pas mal. Ce qu’il a mis en place, c’est comme à l’époque de l’empire romain. Il fallait deux choses pour avoir le peuple dans sa poche, lui donner à manger et le divertir avec le cirque. La Pancho Aréna, c’est son Colisée à lui. Peu importe qu’il mette moins d’argent dans la santé, l’éducation... »



Il ne faut donc pas s'étonner de tomber à 300 mètres des gradins, au bout d’un chemin de cailloux entouré d’arbres et d’un cours d’eau, sur la gare Puskás Akadémia FC. Ici passe une voie de chemin de fer de six kilomètres menant jusqu’au village voisin d’Alcsútdoboz, et installé avec l’aide non négligeable de l’Union européenne (2 millions d’euros). « Une attraction de plus » , dixit Fabian, conscient qu'en Hongrie, si tous les chemins mènent à Puskás, le train du Major galopant peut cacher celui du Premier ministre omnipotent.

Par Florent Caffery et Mathieu Rollinger, à Budapest et Feclsút Photos : Manon Cruz et Iconsport.
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