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Félix, le gardien du Brésil 1970, était-il si nul que ça ?

Au Mundial 1970, la lumineuse Seleção a réussi à remporter la coupe malgré Félix, son gardien plus que moyen. En surmontant pareille faiblesse derrière, la bande à Pelé n’en a eu que plus de mérite...

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« Sans aucun doute, il est le gardien le plus incompétent à avoir remporté la médaille de champion du monde. Il est né chanceux de jouer dans une équipe qui, si elle prenait trois buts, avait le talent de gagner finalement en en plantant quatre. » Signé Bob Wilson, célèbre commentateur écossais de la BBC (Match of the Day) et présent au Mundial 1970. « Dirty Bob » faisait fi de la légendaire solidarité entre gardiens de but, puisque c’est en tant que grand « keeper » d’Arsenal (1963-1974) et international écossais qu’il avait assassiné un confrère, Félix, portier du grand Brésil champion du monde 1970 ! Un jugement trop sévère ? Pas vraiment... Au sein même de la Seleção, certains de ses coéquipiers, tel Joel (défenseur du Santos FC), lui accordaient une valeur limitée : « Nous avions trois gardiens de but : Félix qui était le plus âgé, Ado de Corinthians et Leão qui avait 20 ans. Et pour moi, Félix était le plus faible. » Il est vrai qu’au Mexique, Félix Miéli Venerando, dit Félix, allait sur ses 33 ans. Qui plus est, ce pur Paulista resté longtemps au club secondaire du Portuguesa et sans grand palmarès notoire n’avait rejoint le prestigieux Fluminense de Rio qu’en 1968. À 31 ans...

La difficile succession de Gilmar...


Un tournant décisif pour celui qu’on surnomme « Papel » (papier en français), en référence à d’indéniables qualités qu’étaient sa finesse et ses sauts spectaculaires. Avec le Flu, il remportera le championnat de l’État de Rio à cinq reprises de 1969 à 1976 et en 1970 le Tournoi Roberto Gomes Pedrosa qui deviendra ensuite le championnat du Brésil. Son arrivée à Fluminense lui ouvrira en grand les portes de la Seleção qu’il avait fréquentée pour quelques matchs non officiels. Installé en sélection à partir de 1969, il souffre comme ses deux autres concurrents, Ado et Leão, de l’ombre gigantesque de Gilmar, immense gardien de la Seleção vainqueur des coupes du monde 1958 et 19162 et présent au Mondial anglais 1966. La relève de Gilmar est alors un sujet préoccupant au Brésil. L’impayable sélectionneur João Saldanha titularisera très souvent Félix, notamment à toutes les éliminatoires du Mundial avant de lui préférer le jeune Leão. Quand Mario Zagallo remplace Saldanha avec fracas le 17 mars 1970, à deux mois et demi du Mundial, il conserve Leão pour quelques rencontres, relance Ado contre la Bulgarie... avant d’opter définitivement pour Félix pour le dernier match de préparation contre l’Autriche (1-0) !



Preuve de l’incertitude de Zagallo à ce poste crucial, dont le choix final a été aussi guidé par des raisons de pure politique interne au foot brésilien : Leão symbolisait la Seleção de son prédécesseur Saldanha. Un symbole qu’il a fait tomber en même temps que l’hégémonie de Cruzeiro au sein de la sélection. Problème : Félix, qui ne fait pas l’unanimité au pays, est clairement identifié comme le « maillon faible » de l’équipe nationale. Un qualificatif qui le poursuivra tout au long du tournoi... En interne, pourtant, il est loué par ses coéquipiers, dont Jaïrzinho : « Il était l’un des joueurs les plus expérimentés en 1970, au même titre que Pelé et Gérson. Au Mexique, il apportait son soutien non seulement aux jeunes joueurs, mais aussi au sélectionneur et aussi aux joueurs plus âgés. » Modeste, sympa, posé, il entretient une convivialité tranquille à travers ses habitudes d’énorme fumeur qui fédère autour de lui un solide clan de clopeurs. Un vice qui l’emportera à 74 ans, en 2012. Du 3 au 21 juin 1970, Félix a joué les six matchs victorieux du Brésil. Que nous enseigne l’examen objectif de ses performances au Mexique ?

Félix répond à Banks


Premier match contre la Tchécoslovaquie. À la 11e, Petras déboule plein axe dans la surface et prend Brito de vitesse sur la gauche à hauteur du point de penalty avant de shooter du gauche en lucarne. Félix, sorti sur sa ligne de 6 mètres, a clairement hésité entre rester sur sa ligne (et faire confiance à un tacle de Brito) et sortir carrément avec rapidité pour boucher l’angle de tir. Le Brésil gagnera le match 4-1. Verdict : en partie responsable, mais pas coupable... Pour le deuxième match contre l’Angleterre, les Brasileiros craignent le jeu en l’air des Anglais, sachant que le jeu aérien n’est pas le point fort de Félix. Pourtant, le gardien de Fluminense ne s’en tirera pas trop mal avec pas mal de sorties au poing réussies et l’aide précieuse du jeu de tête de Brito. Juste après la super parade de Gordon Banks sur la tête de Pelé ( « l’arrêt du siècle » ), il repousse sur sa ligne une tête plongeante de Francis Lee catapultée à bout portant. Rien d’extra, puisque l’attaquant anglais a repris de la tête en plein sur le gardien brésilien. La suite est plus glorieuse : « Je venais de faire un arrêt – un grand arrêt –, puis je me suis jeté pour en faire un second, car le ballon est revenu sur Lee et il m’a frappé au visage, racontera Félix. J’étais KO. Mes jambes tremblaient. Je me suis levé et j’ai continué à jouer. Tel un boxeur. Assommé, mais debout. Je faisais tout automatiquement, je voyais ce que je faisais, mais je ne contrôlais pas. » Son coéquipier Joel, si critique, lui rendra justice : « Ce jour-là, il a vraiment fait un arrêt spectaculaire. Et c’est quasiment sur cette action que le Brésil a gagné le match, finalement achevé sur un 1-0. »



Cet acte de bravoure a surtout été plus déterminant pour le moral immédiat de ses coéquipiers. Car la fin du match, marquée par deux sorties aériennes hasardeuses, atteste de la chance de Félix sur un tir sur le haut de la barre de Colin Bell et sur un raté incroyable de Jeff Astles. Mais grande performance tout de même du portier brasileiro... Pour le troisième match de poule contre la petite Roumanie, le Brésil déjà qualifié fait tourner un peu l’effectif. La Seleção mène vite 2-0 avant que l’attaquant Dumitrache soit servi dans la surface. Pressé par trois Brésiliens à hauteur du point de penalty, il reprend en déséquilibre et du bout du pied gauche frappe un ballon que laisse filer Félix encore trop avancé sur la ligne des 6 mètres. D’un geste inesthétique, comme en se baissant pour ramasser le ballon, le cuir lui est passé à côté, tout près. Plus que 2-1 à la 34e. À 3-1 pour le Brésil, Félix se troue encore plus nettement sur un centre de la droite repris de la tête par Dembrowschi : il a littéralement plongé dans le vide au moment où le Roumain plaçait son coup de boule victorieux. Plus que 3-2 à 84e, mais ça restera le score final. Félix a été ri-di-cule !

Pérou et Uruguay lui disent merci


Arrive le quart contre le Pérou. Même scénario avec un Brésil qui mène 2-0 au bout d’un quart d’heure. Sauf que... À la 28e, Alberto Gallardo, excentré côté gauche, décoche un centre-tir tendu que Félix, mal placé à son premier poteau, dévie dans sa propre cage ! Clodoaldo serre les poings de rage à la vue de la balle au fond des filets. Ce but relance des Péruviens pas mauvais du tout qui se remettent à y croire ! Tostão redonne l’avantage (3-1), mais à la 70e, Cubillas tente aux 16 mètres une volée à ras de terre. La reprise est puissante, mais shootée au milieu du but de Félix... qui plonge de travers ! Alors qu’il aurait pu au moins repousser du pied. À l’image, on voit à son air désolé qu’il a un peu merdé. Car à 3-2, tout redevient possible pour ces sacrés Péruviens. Heureusement, Jaïrzinho plie l’affaire cinq minutes plus tard et à 4-2, le Brésil file en demies. Verdict : Félix a été mauvais.


Le 17 juin, pour son cinquième match à l’Estadio Jalisco de Guadalajara, le Brésil affronte l’Uruguay avec à l’esprit le traumatisme de 1950, le fameux Maracañaço (défaite 2-1 en « finale » de Coupe du monde à Rio). Et les Brasileiros déjà fébriles face à des Uruguayens qui s’enhardissent vite ne peuvent vraiment pas compter sur leur dernier rempart. À la 19e, Luis Cubilla réceptionne un centre de la gauche dans la surface brésilienne. Placé au coin droit des six mètres, il reprend après un court amorti le ballon qu’il croise d’une frappe cadrée, mais sans force. Le ballon file devant Félix en panique, marque un rebond avant de finir dans le petit filet opposé ! Félix en tombe le cul par terre ! Un but clownesque... Gérson est furax ! Il engueule les défenseurs désemparés, mais du geste, c’est bien Félix qu’il vise. Les Brasileiros accusent le coup, ça se voit. Ils n’ont clairement pas confiance en leur gardien. Du coup, Carlos Alberto descend Morales aux 30 mètres, comme pour circonscrire le danger adverse le plus loin possible des cages de son gardien trop fébrile. Sauvé par Clodoaldo qui plante juste avant la mi-temps, le Brésil vaincra finalement la Celeste 3-1. À 2-1, Félix a détourné une tête dangereuse, mais pas assez appuyée de Cubilla, seul aux 6 mètres. Un bon point pour lui, mais qui n’efface pas la mise en danger de la Seleção qui a ramé pendant 25 minutes en première mi-temps pour égaliser.

Toile de maître en finale !


En finale, le Brésil est favori face à une Italie qui a lâché trop de gomme face à la RFA en demies (4-3 a.p). Pour la première fois dans ce tournoi, Félix porte des gants. Avant chaque mi-temps, il effectue son petit rituel en raclant deux fois du pied droit sa ligne des six mètres, puis sa ligne de but... Face à la Squadra, il commence bien sa rencontre en claquant d’une belle extension au-dessus de ses buts une frappe puissante de Riva (2e). Après le magnifique but de la tête signé Pelé (1-0, 18e), il effectue quelques arrêts sur des tirs lointains. Survient alors la 37e minute ! Sur un contre favorable à Boninsegna qui prend le dessus sur Clodoaldo, l’Italien file au but, et aux 16 mètres, il est contré par Brito. Pas de danger puisque le ballon gicle en s’excentrant de deux mètres côté droit. Sauf que... Félix est sorti en courant jusqu’aux 16 mètres, alors que Brito était au duel ! Du coup, Boninsegna qui récupère le ballon n’a plus qu’à glisser du gauche, de 18 mètres, dans le but vide... Un raté inouï. En finale de Coupe du monde. Et Félix-le-chat a le culot d’engueuler ses défenseurs pour ce but 100 % pour sa pomme ! Ses coéquipiers vont devoir encore se décarcasser pour faire la diff face à des Italiens qui atteignent la mi-temps sur le score encourageant d'un partout... Mais cette Seleção trop forte plantera à trois reprises (4-1 final) et fera oublier la cagade monumentale de son gardien kamikaze.

Le Brésil est champion du monde. Félix raconte la suite : « Nous avons fait la fête, puis je suis allé au centre de communication pour répondre à la presse. Et pendant que je réponds à une interview de Globo, on me donne un téléphone. Ils avaient appelé ma famille à Rio. J’avais déjà pleuré après avoir été champion du monde, après avoir tant souffert d’être autant discrédité. (...) Je décroche donc le téléphone et c’est ma fille aînée qui devait avoir 7 ou 8 ans. Elle m’a dit "Oui papa, ils ont été méchants avec toi en disant que le Brésil avait une bonne équipe, mais n’avait pas de gardien de but." J’ai alors laissé tomber le téléphone et j’ai dit : "L’interview est terminée." Je ne pleurais plus. » Au vu du tournoi, les journalistes n’avaient pourtant pas tort. À tel point qu’à partir de cette Coupe du monde, une formule célèbre accompagnera longtemps la Seleção : « L’équipe du Brésil ? C’est simple ! Vous choisissez les 10 meilleurs parmi une kyrielle de cracks, vous rajoutez n’importe quel gardien et ça suffit pour gagner. » Au nom de l’indéfectible fraternité d’armes qui unit toujours tous les joueurs brésiliens champions du monde, l’ancien capitaine de 1970, Carlos Alberto, rendra hommage à Félix au moment de sa mort : « Sans lui, nous n’aurions pas gagné cette compétition. » Si c’est lui qui le dit... Au Mundial 1970, la Seleção a pris sept buts, dont quatre directement imputables à Félix, plus gardien en carton que de papier.

Chérif Ghemmour
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