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  1. // Documentaire « Aux pieds de la gloire »

« J’avais toujours l’espoir qu'Abdel signe avec le HAC »

Immergé trois ans dans le quotidien d'Abdelmalek Amara, jeune prodige rêvant de signer son premier contrat pro avec Le Havre, Fabrice Macaux n'imaginait pas que son documentaire serait l'histoire d'un échec programmé. Cinq ans après le début d'Aux pieds de la gloire (disponible en ce moment sur Arte), le réalisateur en dévoile les coulisses, non sans une pensée émue pour Samba Diop, ami d'Abdel disparu en plein tournage.

Vous venez d’abord du théâtre, mais vous êtes un passionné de football depuis votre enfance. Pourquoi avoir mis autant de temps à tourner quelque chose sur le foot ?
Je voulais faire un spectacle d’abord, mais je trouvais que c’était très compliqué. Puis j’ai voulu faire un court-métrage, j’avais l’accord de Dominique Rocheteau pour jouer l’entraîneur, je n'étais pas loin de trouver un accord avec le producteur Pascal Cocheteux, qui adore le foot, mais ça ne s’est pas fait. J’ai tourné autour de tout ça vraiment très longtemps. C’est la rencontre avec Michaël Lebaillif qui m’a permis de me dire que ça y est, j’y étais.

« Quand je suis parti à New-York, je me suis fait voler tous les rushs de ma première année au club. »
Comment avez-vous casté Abdel ?
J’avais commencé à suivre la colonne vertébrale de l’équipe : le goal, le défenseur central, le dix et le neuf. Et parmi eux, il y avait un joueur très talentueux, Abdel, qui était plus jeune qu’eux, car c'était un 2000 dans une équipe de 1999. Mais quand je suis parti finir mon film sur les Nations unies à New-York, je me suis fait tout voler : ma caméra, le son, mes disques durs et tous les rushs de ma première année au club. Je reviens au HAC, je leur annonce le coup dur, et le coach me dit : « Écoute, c’était l’échauffement, maintenant on passe au match. » Lors de ma deuxième année, la génération 1999 est montée en U19, mais je décide de rester avec les U17. Et c’est là que je me suis intéressé à Abdel. Donc c’est plus par accident que c’est arrivé, même si j’avais repéré que c’était un petit prodige.

Sa famille a-t-elle été difficile à convaincre ?
J’ai commencé à suivre les matchs dans la tribune avec eux. On a discuté avec sa sœur et son père surtout. C’est dimanche après dimanche que le lien s’est créé, sans que ça devienne officiel, car ils ont vu que je tenais vraiment à Abdel, et que je voulais le suivre. J’ai commencé à filmer sa famille au bout de six mois de conversation, sans toucher à la caméra. Après, Abdel, c’est un filou, dans la vie ou sur le terrain, il est tout le temps à contre-pied. Ça a pris vraiment beaucoup de temps, il m’a mis des lapins et tout, c’était compliqué, car c’était un jeune, et moi, j’étais le vieux con.

Michaël Le Baillif


On a parfois l’impression que la présence de la caméra le dérange, notamment vers la fin lors d’une scène en voiture. Vous avez senti que ça pouvait être un poids pour lui ? Ou bien même le pousser à en faire trop sur le terrain ?
Non, non, c’est un gamin qui est vraiment sans concession. Et c’est ça qui m’intéressait, le côté rebelle et transgressif de ce garçon, qui me rappelait moi quand j’avais 15 ans. Il choisissait ses matchs, mais pas du tout par rapport à moi, c’était plus par rapport à l’adversaire. Face au PSG, il était toujours bon. Et ce que j’aime beaucoup chez Abdel, c’est que quand il a commencé à accepter la caméra, c’est devenu un partenaire. D'ailleurs, un jour, son père vient me voir et me dit : « Tu voudrais pas devenir l’agent d’Abdel ? » Et je lui ai dit : « Là, c’est pas le même métier, tu vois. » (Rires.)

« Ils en ont eu, des joueurs qui ont foutu le bordel, comme Benjamin Mendy, qui faisait le mur pour aller en boîte. La pire transgression d’Abdel, c’était la pizza. »
On sent dès le début que son côté transgressif va lui jouer des tours au moment de signer son contrat.
Ouais, même si j’avais toujours l’espoir qu'il signe avec le HAC, car ils ont eu un gars comme Payet qui s’est barré au bout de quatre ans, et qui a rebondi à Nantes avec le succès qu’on connaît. Je me suis dit : « Ils ont quand même un joueur avec un talent incroyable, ils vont au moins lui proposer un contrat stagiaire. » Et même pas, il était trop irrégulier. Pourtant, il y avait une relation extraordinaire entre lui et Lebaillif, et il était très sérieux. Ils en ont eu, des joueurs qui ont foutu le bordel, comme Benjamin Mendy, qui faisait le mur pour aller en boîte. La pire transgression d’Abdel, c’était la pizza. En fait, c’était plus dans le rapport humain qu’il était dur.


À la fin de la saison, le HAC ne lui propose rien du tout, et il se retrouve un peu livré à lui-même, avant de signer à Bastia. C’est la galère à ce moment-là ?
Oui, il s’entraîne dans la banlieue de Rouen, à Oissel, en National 2. C’est plutôt bien, ils veulent le garder, en faire leur avant-centre, mais lui ne veut pas, et se fait virer par l’entraîneur. Là, on arrive vers l’hiver, et ça craint, les potes qui dealent... C’est d’ailleurs ce qu’il suggère à un moment donné lors de la scène de la voiture, quand il dit : « Je peux faire de l’argent facile, mais c'est pas trop mon truc. J’aurais trop coulé si j'avais fait ça. » À ce moment, je sais qu’il ne deviendra pas dealer. Mais ça commençait à craindre.

« Dans l’ascenseur social, il y a le fantasme de la réussite sociale, mais aussi toute la pression des copains qui veulent tous toucher quelque chose. »
La trajectoire d’Abdel, c’est celle d’un ascenseur social qui reste bloqué au dernier étage. C’était un des objectifs du documentaire ?
Oui, et ce qui est très étonnant, c’est qu’à ce moment-là, parmi tous ses copains de la cité, il n’y a plus personne. Je ne l’ai pas filmé, car on a une contrainte de 53 minutes, mais c’est aussi ça. Dans l’ascenseur social, il y a le fantasme de la réussite sociale, mais aussi toute la pression des copains qui veulent tous toucher quelque chose.

Sur la première scène du documentaire, on aperçoit Samba Diop, décédé le 6 avril 2018.

(Il coupe.) Bravo, bien vu ! Cette première scène, c’est vraiment un hommage. Samba est dans plein d’endroits de mes rushs, mais il a été promu dans l'équipe au-dessus trop vite pour moi. C’est comme Pape (Gueye) qui vient de signer à l’OM, et Rafik (Guitane) qui est à Rennes. Ce sont les trois qui sont partis trop vite en pro. Mais comme j’avais ce moment, je voulais qu’on le voie, c’était très important.

« La famille de Samba habitait dans le même immeuble que Michaël Lebaillif, et c’est lui qui l’emmène à 5 ans et demi pour passer les détections au Havre. »
Au moment de son décès, il évolue en U19 et en équipe réserve. Comment le groupe U17 le vit-il ?
Un cauchemar, un vrai cauchemar... Je me suis posé la question, au niveau narratif, d’en parler, mais je me suis dit que c’était hors sujet. Même si c’est très dur, même si ça finit comme ça finit, j’espère quand même qu’on ressent ma joie, et la manière dont j’aime le football. On est sur autre chose. Et puis on ne sait toujours pas la vérité. Les U17 sont effondrés au moment de l’apprendre. Ils ont super bien joué les deux matchs suivants, au nom de Samba, mais après ils se sont écroulés. Je pense que la cicatrice sera toujours ouverte tant qu’on ne saura pas... Et pour le coup, la famille de Samba habitait dans le même immeuble que Michaël Lebaillif, et c’est lui qui l’emmène à 5 ans et demi pour passer les détections au Havre. Pour Lebaillif, c’est l’horreur. Abdel, c’était son copain, ils étaient souvent en chambre en déplacement.


Vous êtes toujours en relation avec Abdel ?
Ouais, il joue à Oran, en Algérie. Ils sont troisièmes du championnat, il fait des entrées de match, il n'est pas satisfait, et il est payé au lance-pierre. C’est pas la gloire, quoi... En même temps, il joue dans son pays d’origine, et c’est pas mal du tout qu’il soit là-bas en tant qu’homme. Mais sur le plan du football, j’avoue que je suis un peu inquiet.

Quel a été son retour sur le documentaire ? On imagine que ce n'est pas forcément facile de voir porter à l’écran son échec.
Il n'est pas du tout là-dedans, mais c’est les jeunes, ils sont étonnants. Lui, il trouve ça génial. Il était très ému, il a même versé la petite larme, ce que je n’avais jamais vu. La première chose qu’il m’a dite, c’est : « Tu m’as pas trahi. » Après, c’est des taiseux, les footeux, avant que le langage arrive... C’est ça aussi le tournant du film, c’est au moment où il se fait virer qu’il commence à parler, il grandit à ce moment-là.

  • Le documentaire Aux pieds de la gloire est disponible gratuitement sur Arte jusqu'au 5 septembre.

    Propos recueillis par Maxime Renaudet
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