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Fàbregas, pourquoi ça marche enfin ?

Après deux années en dents de scie, Cesc Fábregas entame la troisième au taquet. Plus décisif, plus utile, il semble enfin épanoui dans ce Barça à la sauce Martino. À ne jamais rien lâcher, Cesc prend enfin toute sa plénitude. Ouf.

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Pour sa première sortie européenne, Tata Martino a tranché dans le vif. Cesc Fábregas sera titulaire face à l’Ajax Amsterdam. Une vraie-fausse surprise. Car cette fois, pas de Xavi blessé ou d’Iniesta mis au repos, ni de positionnement bâtard en faux neuf ou sur un côté. Non, Fábregas doit cette affectation dans le XI barcelonais à ses prestations de haut vol. Depuis le début de saison, le Catalan est le meilleur milieu du FC Barcelone. Sur un simple plan comptable, il en est déjà à six passes décisives en quatre rencontres de Liga. Pas mal. Dans le jeu catalan, la métamorphose est flagrante. Sans jamais refuser ses responsabilités, il dicte le tempo et distille caviar sur caviar. Un juste retour de chose pour l’enfant de la Masia qui n’a jamais laissé tomber. Pourtant, ce ne sont pas les critiques qui l’ont épargné depuis deux ans et son retour au bercail. Aujourd’hui, l’ex-Canonnier semble avoir trouvé sa plénitude dans le système du Barça. Et l’arrivée estivale sur le banc du technicien argentin Tata Martino n’y est pas étrangère. Loin de là.

« Je me suis toujours senti aimé »

En haut de l’affiche, Cesc Fábregas ne l’a été que peu souvent au Barça. Pour son premier match officiel face à Porto et son but synonyme de victoire en Supercoupe d'Europe, les éloges avaient plu. Depuis, nada ou presque. En deux saisons, les critiques ont été féroces. À raison, puisque les plus de 30 millions d’euros lâchés par Sandro Rossel n’ont jamais connu de retour sur investissement. Mais surtout à tort. Les procès d’intention quant à son rendement ont été rendus caducs par le profil de Fábregas : joueur de rupture, Cesc n’avait pas de place dans l’immuable système blaugrana. Plus encore que sous Guardiola, l’international de la Roja ne pouvait s’épanouir sous l’ère Tito Vilanova, grand conservateur du toque. L’intéressé, lui, la jouait pourtant tout en tranquillité en début de saison dernière : « Je sais que le Barça est un club qui a beaucoup d’importance, et que tout le monde donne son avis sur ce qui s’y passe. Certains vont toujours te défendre et d’autres non. Je dois continuer à me mettre en marge de ces choses et me dévouer simplement à jouer au football. »

Contrairement à la légende urbaine, Cesc n’a rien du flop. Décisif, il l’a toujours été en terme arithmétique. En 2011-2012, il claque quinze buts et distille vingt passes décisives en 48 apparitions. L’an dernier, en autant de rencontres, ses quatorze buts s’additionnent à ses douze caviars. Lucide, il refuse de s’apitoyer sur son sort : « Je serais préoccupé si je n’avais aucune opportunité de marquer. Marquer est fondamental dans le football, mais il y a d’autres choses tout aussi importantes sur le terrain. » Comme recevoir l’appui de ses coéquipiers qui ne l’ont jamais lâché. Une donne qui l’a conforté dans son « rêve d’enfant » : s’imposer au Barça. Cet été, les 35 millions d’euros mis sur la table par Manchester United ont été rejetés par le board azulgrana. Même topo du côté du joueur, malgré la proposition de onze millions d’euros annuels de salaire. « Il n’y a jamais eu de doute, ni de la part du club, ni de la mienne. Je me suis toujours senti aimé » , lancera-t-il en conférence de presse de pré-saison. Une bonne manière d’évacuer toutes les spéculations quant à un avenir loin de la Catalogne.

La confiance de Tata Martino


Parmi ses plus fidèles défenseurs, ses compagnons de sélection, les internationaux espagnols. Moins évident, mais plus important, tous ses entraîneurs ont cru en lui. Que ce soit Aragones ou Del Bosque avec la Roja, Guardiola, Vilanova ou aujourd’hui Martino avec le Barça, ils ne l’ont jamais laissé sur le bas-côté. L’Argentin en est même fou amoureux – on exagère, hein. Lors de la démonstration de force des Blaugrana face à Levante (7-0), Cesc envoie des cafés crèmes sans oublier de payer l’addition (trois passes décisives). En conférence de presse, le coach barcelonais y va de ses compliments : « Il a fait de bons matchs durant la pré-saison, et face à Levante, il a été grandiose. » Cette déclaration est en adéquation avec la position du coach durant le mercato estival. Grandement courtisé par Manchester (voir ci-dessus), Cesc Fábregas a reçu l’appui de son entraîneur pour composter une troisième saison avec la liquette barcelonaise. Un soutien partagé par toute la direction du FCB : « Bartomeu (vice-président du club, ndlr), comme Zubi (directeur sportif, ndlr), Tito Vilanova et Tata Martino, avec qui j’ai parlé en tête à tête, m’ont dit que je continuerai ici. »

Sportivement, cette volonté commune entre joueur et entraîneur prend tout son sens à la vue du début de saison blaugrana. Sans être totalement révolutionnaire, la méthode Tata Martino laisse poindre quelques nouveautés. Interrogé par le quotidien Sport, Ariel Palena, préparateur physique ayant travaillé avec Tata, explique que son « style de jeu préféré est le 4-3-3, même s’il aime varier pour s’adapter à la situation » . Avant de rajouter qu’il « aime le rythme et la vitesse, et, par dessus tout, attaquer » . Quoi de mieux pour un joueur de rupture comme Cesc Fábregas ? Pas grand-chose. Avec le tiki-taka comme précepte issu de ses années Masia, et ses propres caractéristiques (dont ne disposent pas Xavi et Iniesta), El Pelucas – son surnom dans le vestiaire dû aux multiples looks qu’il peut arborer - a un boulevard devant lui. De là à dire que son statut est similaire à ses deux comparses, le fossé se comble pas à pas. Mais commencer à s’installer dans le XI n’est pas une fin. Ce n’est qu’un début.

Par Robin Delorme, à Madrid
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