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Evan Fournier : « Je voulais faire du foot, mais il n'y avait plus de place... »

Défait avec les Bleus en demi-finale de leur Euro face à l'Espagne, Evan Fournier profite du peu de temps libre qui le sépare de sa pré-saison à Rio avec le Magic d'Orlando. Le temps de discuter foot, basket et mentalité française autour d'un Perrier. Et de quelques macarons, évidemment.

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Tu es né en 1992, un an avant le sacre de Limoges en Coupe d'Europe, à une époque où le basket est encore un sport « confidentiel » en France. Pour toi, le fils de judokas, c'était naturel d'aller vers ce sport-là ?
Non, non, je ne suis pas allé directement vers le basket ! Tu sais, à Charenton, du côté du marché, il y a le forum des associations. Là-bas, il y avait des stands pour tous les sports, avec des gens qui te les présentaient. J'avais huit ans, j'y suis allé avec ma mère parce que je voulais commencer à pratiquer une activité physique. Là, évidemment, le premier truc vers lequel je me dirige, c'est le football. Mais quand je me pointe devant le stand, on me dit : « Non, désolé mon garçon, mais dans ta catégorie d'âge, il n'y a plus la place. » Je me dis « merde » , mais je persévère : je vais au club de Joinville et ils me disent la même chose : plus de place. À ce moment, je suis dégoûté, mais je me dis que je vais faire du basket.

Tu choisis ce sport parce que tu es déjà plus grand que la moyenne ?
À cet âge-là, j'ai une bonne taille, mais je n'étais pas un géant. D'ailleurs, encore aujourd'hui, sur un terrain de basket, je ne suis pas géant (Evan fait 2m01, ndlr). Quoi qu'il en soit, c'est suite à ce concours de circonstances que j'ai fini par faire du basket à Charenton. Après, je ne me suis pas senti isolé en faisant ce choix parce que je me suis rapidement fait des potes dans mon club. D'autre part, mes potes qui faisaient du foot, je les voyais à l'école, hein ! Ça ne m'empêchait pas de taper le foot en sortant de la primaire, sur la place Aristide Briand ! Mais dès que j'ai compris que j'étais bon au basket, j'ai arrêté de jouer au foot.

« Je pense que pour être sportif de haut niveau, il faut avoir confiance en soi » Evan Fournier

Tu dis à l'instant qu'à un moment, tu « as compris que tu étais bon » . En France, un joueur comme Thierry Henry a souvent agacé par sa confiance en lui. Tu crois qu'on a un souci avec l'ego ?
Oui, je pense. En France, on a un souci, un complexe, mais je ne saurais pas te dire d'où il vient. Tu liras souvent que je suis quelqu'un d'arrogant, alors que je suis vraiment un mec tranquille. J'ai cette réputation parce que j'ai toujours exprimé le fond de ma pensée et j'ai toujours dit, sans me cacher, de quoi j'étais capable. Je pense que pour être sportif de haut niveau, il faut avoir confiance en soi. Si tu es bon, tu es bon, je ne vois pas le problème, tant que tu sais ce que tu sais faire et ce que tu ne sais pas faire. J'ai vu le passage où Thierry Henry parle de ça. C'est dommage que ce soit souvent mal interprété en France, car au États-Unis, c'est quelque chose d'assez normal, voire d'indispensable. Mes parents m'ont appris à faire les choses tout seul dès mon enfance, ils m'ont appris à me faire confiance. C'est quelque chose qui se développe même si pour ça, tu dois trébucher. Mais c'est vrai qu'en France, on a globalement du mal à parler de réussite. On n'aime pas parler d'argent, de choses extravagantes…

On tombe parfois sur les jeunes footballeurs qui gagnent énormément d'argent à un très jeune âge…
Et c'est dommage de tomber sur ces garçons-là. Quand j'ai eu mon premier chèque en NBA, je ne te le cache pas : j'ai bégayé. Gamin, je ne manquais de rien, mais je n'étais pas riche. Cependant, à titre personnel, je m'étais préparé à ça. Quand depuis petit, tu bosses dur et que tu as pour objectif d'intégrer la NBA, tu sais qu'à un moment, tu vas avoir beaucoup d'argent. Tu sais que tu vas avoir une belle maison ou une belle voiture. Mais j'ai réussi à le gérer tranquillement parce que ce n'est pas la chose qui me pousse à faire du sport. Après, c'est un plus, je ne vais pas te mentir ou me cacher. C'est un luxe, mais ce n'est pas ma motivation première. Il faut juste faire attention parce que tu perds la valeur de certaines choses, tu dépenses plus d'argent, tu dépenses plus facilement. Tu vois là, je dors ici (interview réalisée au Royal Monceau, ndlr), mais à l'époque, j'étais très bien à l'Ibis. Disons que tu prends goût à certaines choses. Il ne faut juste pas oublier d'où tu viens.

Un documentaire a été tourné sur toi l'année précédant ta draft. Il y a des gamins qui ont été chamboulés par À la Clairefontaine. Ça ne t'a pas dérangé, cette starification avant même d'avoir rejoint la « grande ligue » ?
Évidemment, j'ai vu ce documentaire. Mais pour ma part, lorsque Evan, le rêve américain a été fait, je n'étais pas au courant… On me l'a dit à un mois de la draft. En fait, c'est le responsable de la communication du club qui me suivait. Il était tout le temps là. À l'époque, il y avait une websérie à Poitiers qui s'appelait Vis mon match et il profitait de ces tournages-là pour faire des trucs sur moi. Honnêtement, avec le recul, ça ne me dérange pas parce qu'à partir du moment où je savais que j'allais faire la NBA, tu dois être prêt à faire plus de médias, à faire le job. J'aime bien être tranquille, mais je sais être pro. Là, on est tranquilles, on est bien. Mais il y a des contextes où c'est dur. Quand tu perds une demi-finale de championnat d'Europe et qu'on te demande si l'équipe a été trop arrogante ou trop suffisante, c'est dur parce que tu es à chaud. C'est là que tu peux déraper.

Tu te souviens du moment où les Espagnols voulaient mettre Zidane à la retraite ? Tu penses que c'est le basket qui a fait de la rivalité sportive entre la France et l'Espagne ce qu'elle est ?
Je ne suis pas sûr. Je pense que c'est une rivalité issue des sports collectifs en général. Mais oui, peut-être que le basket cristallise tout. D'un côté parce que c'est l'affrontement que tout le monde attend. Et d'un autre côté, c'est parce que c'est le plus équilibré. Après, il y a tellement de sportifs espagnols qui sont bons… Ils ont une culture de la gagne, c'est fou. Ils ont plus cette culture-là que nous. À Madrid, il y a deux ans, il y avait une affiche de Pau Gasol, elle faisait la taille d'un building. À la télé, à chaque pub, pour la bière, elle passait tout le temps. Ils sont plus « sports » que nous. Le public aussi. Il est plus connaisseur. Plus proche.


On dit souvent que les supporters de l'équipe de France ne sont pas des connaisseurs. Ils ont sifflé Pau Gasol le jour de la finale, par exemple…

Ils l'ont sifflé ? Ça, c'est pas correct. Il faut respecter le champion que c'est. L'an dernier, quand on les bat chez eux, ils nous ont sifflés tout le match, mais ils ont applaudit à la fin, car ils apprécient ce genre de prestations. Parce qu'on a tout donné. Et dieu sait qu'ils nous détestaient. J'adore ça, moi ! Sur le trajet du bus, on prenait des doigts d'honneur et tout. On passait dans les rues passantes. Moi, ça me plaît ça, ça me galvanise. À choisir, je préfère gagner dans une salle où t'es seul contre tous. Ce sentiment d'éteindre l'adversaire, c'est fou. En NBA, y a pas mal de salles où c'est chouette. Oklahoma c'est fou. Golden State c'est fou. Après, il faut attendre les play-offs.

La Major League Soccer grimpe pas mal en ce moment. Il y a une équipe de soccer à Orlando, tu sens un peu l'engouement grimper ?
Ça monte grave, le soccer. En revanche, les commentateurs sur ESPN, ils ne connaissent rien. Ça se sent. Mais le sport monte bien, oui. Ils ont une vraie volonté de le développer. Mais je pense pas que ça puisse prendre plus d'importance que les sports majeurs américains. Le basket, le foot US et le baseball… Le baseball, c'est en place là-bas, en France on se rend pas compte. Même le hockey, dans certaines villes… Même à Chicago, les Bulls luttent avec les Blackhawks (l'équipe de NHL, ndlr), ils font le plein tout le temps. Ça va prendre de l'ampleur, ils vont remplir le stade, mais en matière de droits TV, ça n'atteindra pas ce que brassent les autres sports.

Tu penses qu'il faudrait quoi pour que ça prenne pour de bon ?
Il leur faudrait une superstar à eux. Un Américain qui puisse être un candidat sérieux au Ballon d'or. Un mec qui fait rêver, de chez eux. Le foot féminin, en revanche, c'est un truc de fou. Y a un stade de foot juste à côté de chez moi, les filles s'entraînent, c'est toujours plein. Les facs américaines, c'est dingue aussi, même en soccer. Sinon, il y a un Français chez nous à Orlando, il vient aux matchs, c'est un chauve… Aurélien Collin ! Il a mangé avec Nikola Vučević (pivot monténégrin du Magic, ndlr). Lui, il aime vraiment vraiment le foot. Une fois, Kaká est venu nous voir, il était comme un dingue. Les autres joueurs, ils s'en foutent ! Il y a quelques fans qui savent que c'est Kaká, mais ils se rendent pas compte de l'importance du personnage. Sinon, Javale Mc Gee aime bien le foot aussi.



Propos recueillis par Swann Borsellino
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