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Evans Kondogbia : « Être considéré comme le frère de Geoffrey ne m’embête pas du tout »

Dans la famille Kondogbia, il y a Geoffrey, pensionnaire de l’Inter et international français, mais aussi Evans, de quatre ans son aîné, qui a choisi la Centrafrique et a roulé sa bosse un peu partout avant de s’occuper de son frangin en Italie.

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Geoffrey est milieu de terrain, toi à quel poste évolues-tu ?
Attaquant, mais pas dans l’axe, sur les côtés. En fait, on m’a beaucoup fait jouer en pointe, parce qu’à un moment en France, c’était la mode de mettre des mecs de mon profil devant, mais ça n’a jamais été mon poste de prédilection, mon job c’est plus la dernière passe que le but. Il faut que je touche beaucoup le ballon pour bien me sentir.

Tu as souvent dit que tes erreurs ont servi à ton petit frère, lesquelles ?
J’ai été formé à Lorient avec le grand Gourcuff, nos parents nous ont beaucoup suivis, mais si Geoffrey était à Lens qui n’est qu’à 200 bornes de Paris, moi j’étais en Bretagne à l’âge de seize ans. Je suis arrivé jusqu’à la CFA, mais je marche à l’affection et quand j’ai senti qu’on ne comptait pas sur moi pour le futur, j’ai lâché et arrêté de m’entraîner plutôt que de redoubler d’efforts. En plus, ils ont bloqué un transfert à Fulham et à la Sampdoria. Autant Geoffrey est plus calme, a plus de recul, autant moi si on me ment, si on joue à un double jeu, je me ferme direct. Je n’avais pas une très bonne réputation malheureusement, mais je l’ai cherché, car je ne bossais plus. En France, j’étais grillé. Je me suis retrouvé sans club, mon père m’a dit : « Soit tu continues, soit tu trouves un taf, mais tu ne restes pas au quartier à ne rien faire. »

Du coup, tu passes par la D3 et la D4 belge, ça forme la jeunesse, non ?
Ce n’est pas du football, c’est de l’amateurisme, j’ai dû faire du surplus à la maison ou après les entraînements. C’est très festif, les joueurs se laissent aller, mais ça reste une très bonne expérience sociale, avec des gens très attachants et malgré tout, j’ai réussi à bien jouer parce que c’est à cette période que je fais mes débuts avec la sélection centrafricaine, un nul 0-0 au Maroc, contre Chamakh, Hadji, alors que l’équipe ne disputait pas un match officiel depuis très longtemps. Après cette rencontre, j’ai même eu une touche avec la réserve du Bayern et Düsseldorf qui était en D2. J’avais visité les installations, mais je me pète le genou une semaine plus tard en match.

« Là tout ce qui regarde Geoffrey je m’en occupe, mais je ne pense pas le faire avec d’autres joueurs, car un top joueur, c’est comme une entreprise. »

La fameuse sliding door...
Le chirurgien m’a clairement dit que ça allait être compliqué de rejouer au haut niveau. Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de mes parents. J’ai réussi à me relancer notamment via le RFC Liège, qui est le vrai club de la ville d’ailleurs. C’était de la D3, mais niveau supporters et professionnalisme, c’était l’équivalent d’une D1. On jouait parfois devant 3000 personnes avec des chants de la première à la dernière minute. D’ailleurs, j’ai fini en D1 avec Charleroi, c’était une sorte de pari, mais le coach m’a dit de suite qu’il ne comptait pas sur moi, quand j’ai vu que même en bossant je n’étais pas dans le groupe, j’ai lâché mentalement et par conséquent physiquement. Avec mon problème au genou, j’ai besoin de faire de la muscu préventive pour entretenir la machine, et dès que j’ai baissé en intensité, ça n’a pas pardonné. Pourtant, je suis persuadé d’avoir les qualités pour évoluer à un bon niveau, mais y a pas à sourciller, ce qui fait la diff’ dans le foot, c’est le mental.


Longtemps, tu as essayé de tracer ta route tout seul, pourquoi avoir ensuite rejoint Geoffrey, tu ne croyais plus en toi ?
Tout à fait, c’est ce qui se passe aujourd’hui, même ma femme me dit de persévérer, mais bon, c’est mon caractère. Maintenant, j’ai un enfant, je n’ai pas envie de m’entraîner toute la semaine, découcher deux nuits le week-end, ne pas jouer une minute, revenir et rebelote la semaine suivante. Ce sont des sacrifices que je n’avais plus envie de faire et que je n’ai plus besoin de faire.

Tu veux dire que tu as déjà un autre travail ?
Mon frère et moi, on s’est toujours projetés, le foot c’est court. Là, j’ai vingt-sept ans, je suis un des plus vieux de mon équipe, mais je suis encore jeune, je n’ai pas encore commencé ma vie ! Il y avait l’option entraîneur, mais il faut passer beaucoup de diplômes et gérer des casse-pieds comme moi. L’autre option était agent, là tout ce qui regarde Geoffrey je m’en occupe, mais je ne pense pas le faire avec d’autres joueurs, car un top joueur, c’est comme une entreprise. Et en parallèle, j’ai monté une société pour lancer des jeunes rappeurs de mon quartier, des mannequins et chanteurs de Milan, elle s’appelle LN7, le « L » de mon fils Leonardo, le « N » de Noam celui de Geoffrey et le 7 qui est mon numéro, celui de mon frère et le jour de naissance de ma mère.

Tu n’as pas non plus complètement lâché le foot.
Via l’Inter, j’avais fini à Renate en D3 italienne, un petit club, mais super bien organisé, puis je voulais réaliser mon rêve d’évoluer en Espagne. J’ai donc été à Jumilla en D3, mais je n’ai jamais été payé en plus de me reblesser gravement. Cet été, je suis allé à Foligno en Serie D, dans le centre de l'Italie, je n’étais pas convaincu, mais le président a insisté. L’offre était intéressante, j’y vais, je signe, à partir du moment où c’est fait, il n'a maintenu aucune promesse, le resto, l’appartement. J’ai une femme, un gosse, je n’ai pas de temps à perdre avec ces conneries-là, je suis rentré directement sur Milan. Je ne suis l’esclave de personne.

« Il y avait mon oncle qui vit à Milan depuis vingt ans et est un vrai Interiste. Il voulait s’embrouiller avec les tifosi qui insultaient son neveu, je lui ai dit : "Et s’il lui lançait des compliments, tu aurais envie d’aller les remercier ?" »

Ce monsieur, Gianluca Ius, vient de se faire arrêter pour blanchiment d’argent, escroquerie, fausses factures...
Je ne connais pas l’affaire en détails, mais je n’étais pas surpris. C’était mon cas, mais il y a des millions de joueurs dans le monde qui sont exploités, c’est inconcevable pour moi de s’entraîner deux, trois mois sans être payés. Aujourd’hui, avec ma société, je peux me permettre de ne plus dépendre de tous ces aléas.

À Foligno, tu as eu le temps de côtoyer Enock Balotelli, le frère de Mario.
Un mec un peu foufou, adorable. On m'en avait beaucoup parlé en mal, mais c’est un gamin intéressant, à l’écoute. Il m’a raconté sa vie, celle de Mario, et tu comprends pas mal de choses vu le contexte dans lequel ils ont grandi. Après, son problème, c’est qu’on pense qu’il utilise son nom pour jouer, c’est le « frère de » .


C’est ce qu’on peut penser de toi aussi, non ?
Mais ça ne m’embête pas du tout. Si mon frère était un voleur, je dois l’accepter, pourquoi l’inverse serait différent ? Ça me rappelle une anecdote à un match de l’Inter. Il y avait mon oncle qui vit à Milan depuis vingt ans et est un vrai Interiste. Il voulait s’embrouiller avec les tifosi qui insultaient son neveu, je lui ai dit : « Et s’il lui lançait des compliments, tu aurais envie d’aller les remercier ? » Ça marche dans les deux sens.


Ton père a été international centrafricain comme toi.
Oui, il a eu aussi beaucoup de problèmes au genou. Ensuite, quand il est venu en France, il a joué en DH dans la région parisienne et il a lâché la sélection. Je l’ai toujours accompagné, c’était mon idole, c’était un 6 comme Geoffrey et comme moi à la base.


Parlons justement foot centrafricain, quelle est la situation ?
Compliquée, nos matchs à domicile, on les jouait au Congo à cause de la guerre. Je ne vais pas rentrer dans les détails, pour moi, la politique et la religion, ça reste à la maison. On est peu au pays, seulement quatre millions, mais parallèlement beaucoup en France, notamment à Nantes, Bordeaux, Orléans et Montpellier. Les Centrafricains sont les champions pour faire la fête, mais on est aussi très discrets, c’est pour ça qu’on nous remarque peu dans l’Hexagone.

« Là, avec De Boer, je me suis demandé ce qu’il se passait, et lui répondait juste : "Non non, c’est un bon coach, c’est juste que je n'entre pas dans ses plans." Il était et est vraiment serein, et moi aussi. »

Et vous n’étiez pas loin de participer à votre première CAN, à deux doigts de vous qualifier en tant que meilleurs deuxièmes.
Et même avant. En 2012, on termine deuxièmes à égalité avec l’Algérie. La suivante, c’était un aller-retour contre le Burkina Faso, on gagne 1-0 chez nous à l’aller, et on perd 3-1 au retour avec le but décisif dans les arrêts de jeu qui ont duré 6 minutes en seconde, mais aussi en première.... Mais s’il y a un peu plus d’investissement et de professionnalisme, on peut y arriver.

Aujourd’hui, tu es à Seregno, le club de « ta » ville.
Oui, j’habite ici, je voulais un club sérieux, pas loin de chez moi, pour rester près de ma femme et de mon fils, car je suis casanier. Il y a l’ambition de monter à l’échelon supérieur, en troisième division. Le président et son fils, c’est l’opposé de ce que j’ai connu à Foligno.

Et tu peux aussi soutenir ton frère, il en a eu besoin lors de ses premiers 18 mois à l’Inter, non ?
Pas forcément, les critiques ne l’atteignent pas. C’est un garçon qui ne sort pas, qui s’entraîne et mange bien. Là avec De Boer, je me suis demandé ce qu’il se passait, et lui répondait juste : « Non non, c’est un bon coach, c’est juste que je n'entre pas dans ses plans. » Il était et est vraiment serein, et moi aussi, je sais que c’est un niveau international, ma seule crainte c’est les blessures. Quand ça ne marchait pas à l’Inter, j’ai reçu des coups de fil de trois grands coachs, hein. Geoffrey a une grosse force mentale, ça m’impressionne, il a quitté la maison à onze ans, il en a vingt-trois et va être papa pour la seconde fois.

L’erreur en Italie a été d’en parler comme de Pogba ?
Oui, c’est un autre profil, mais je n’allais pas appeler tous les journaux italiens pour leur expliquer le foot. Et puis je veux bien qu’on me dise qu’il est mauvais à l’Inter, mais si je regarde ses stats entre dribbles, passes réussies, ballons récupérés, etc. j’aimerais bien que tous les joueurs mauvais aient les siennes. Pogba, c’est le meilleur milieu au monde, et Geoffrey est dans la catégorie suivante, avec Kroos, Busquets, qui font jouer l’équipe, récupèrent les ballons, mais ne marquent pas beaucoup.

Ça ne l’a pas travaillé de louper l’Euro en France ?
Mais si tu rates l’Euro parce que t’es blessé ou tu estimes que tu es meilleur que d’autres, ça t’embête, mais si c’est parce que les autres ont plus de mérite, il n’y a pas de problèmes. Et c’est comme ça que Geoffrey l’a pris, sereinement, comme toujours.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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