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  1. // Jeunesse

Est-ce la fin du foot à la récré ?

Depuis quelques années, certaines villes françaises ont entrepris de totalement repenser les cours de leurs écoles. Exit les vieilles cours bitumeuses dévorées par le terrain de foot roi, place à des espaces plus apaisés, et organisés de façon à promouvoir une plus grande mixité entre les jeunes garçons et les jeunes filles. Mais alors, est-ce que ça signifie la fin du ballon rond dans les cours de récré ?

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C’est un souvenir auquel beaucoup d'enfants devenus adultes pourront sans doute s’identifier. À peine la sonnerie carillonnait-elle la fin de la classe qu’une nuée de gamins se précipitait à grandes foulées au centre de la cour de récréation dans le but d’y mettre des grands coups dans un ballon en mousse. Sur le terrain de fortune, où les arbres pouvaient faire office de poteaux et où les limites n’étaient parfois dessinées que dans la tête des joueurs, les places étaient souvent chères : on a beau être loin de la Ligue 1, un match de foot, ça ne se joue pas non plus à 150. Pourtant, même loin du monde des pros, le terrain de foot est toujours au centre de la cour de récré, au centre des attentions. Il prend tout l’espace. Et tant pis pour ceux qui n’y sont pas admis.

20% des élèves, 70% de l’espace, 90% des cours de récré


Des nombreuses raisons qui ont pu pousser des villes comme Trappes, Rennes, La Roche-sur-Yon ou tout récemment Grenoble à entreprendre la refonte de certaines de leurs cours de récréation, la place qu’y prenait le football figure en bonne position. Pour cause : le terrain, au centre, indétrônable, n’est occupé que par une poignée d’élèves, le plus souvent des garçons, et relègue aussi symboliquement que physiquement les filles, mais pas seulement, à la périphérie de la cour. Si le grand penseur français Aimé Jacquet faisait du football le « reflet de notre société » , c’est le cas dès le plus jeune âge : « La cour de récréation illustre la séparation des sexes à l’école, notamment en primaire, par la place qu’occupent les filles et les garçons, conclut un rapport de l’Unicef daté de 2018 sur les inégalités filles-garçons. Les garçons au large et au centre, les filles sur le côté. » Comprenez : la cour de récréation est l’antichambre d’une société sexiste, ou au moins discriminante, et la pratique cloisonnée du football en est l'un des symboles.

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Un constat qui n’a pas de quoi réjouir, et qui est généralisé. Pour Édith Maruéjouls, géographe du genre spécialisé dans l’enfance et co-autrice du rapport de l’Unicef, cette dominance du foot concerne « 90% des espaces de jeu en élémentaire, » avec un terrain qui « peut parfois prendre 50 à 70% de l’espace de jeu » alors même que « les garçons qui jouent au foot, c’est au mieux 20% d’une cour » . Au-delà des chiffres, le constat amer que même chez les plus jeunes, les préjugés de genre ont la peau dure : « La non-mixité, c’est la norme, poursuit-elle. Les filles – et les garçons qui sont moins forts – ne peuvent pas jouer au foot parce qu’elles sont nulles de fait pour les garçons qui jouent. » Ancien maire adjoint à l’urbanisme de Trappes, où il a supervisé le réaménagement de plusieurs cours d’école, Thomas Urdy abonde : « On s’est rendu compte que les filles étaient chassées des terrains de foot, pour des raisons abruptes : on n’a pas le droit parce que les garçons ne veulent pas. » Dans sa ville, plusieurs écoles ont été réaménagées, dès la maternelle, pour favoriser la mixité dès le plus jeune âge et donc, par ricochet, réduire l’influence du foot à la récré. « Il y a une exclusion par le sport qu’il faut contourner, poursuit Urdy. L’idée, c’est que toutes les filles/femmes n’aient plus d’espaces "interdits" dans la ville. Ni aujourd'hui dans la cour d’école, ni demain dans les rues de la ville. »

« Le foot, c’est aussi une injonction pour ceux qui y jouent »


Alors à quoi on joue, si on ne joue pas au foot ? Et, surtout, est-ce qu’une cour mixte veut dire une cour où le football n’a plus droit de cité ? Évidemment, non. Surtout que ce serait difficilement réalisable, vu la place du foot dans notre société. « Mais il faut enlever sa centralité, estime Thomas Urdy. Quand on met quelque chose au centre d’une cour d’école, c’est considéré par les enfants comme le plus important, peu importe ce que c’est. » Alors on réorganise l’espace, on déplace si possible les terrains de foot sur le côté pour faire de la place, au centre de la cour, à des espaces de jeu communs, mixtes, avec des activités choisies par les enfants car « le plus gros problème » , estime Édith Maruéjouls, « c’est l’absence d’échange, le fait que les critiques ou remarques n’ont jamais été verbalisées par les enfants » .



Dans certaines écoles, on instaure même des récréations sans football, spécifiquement, pour laisser la place à d’autres jeux, d’autres sports. « Premier constat » , relève Thomas Urdy de son expérience à Trappes, « l’espace n’est plus segmenté, les filles et les garçons sont partout » . Deuxième constat : les enfants s’y plient avec plaisir. « Le foot, c’est aussi une injonction pour ceux qui y jouent, car on ne s’imagine pas faire autre chose, estime Maruéjouls. Sur une école, quand je suis arrivée, les maitresses avaient décidé d’arrêter le foot parce que ça créait trop de conflits. Que s’est-il passé ? On a adopté de nouveaux jeux "de filles" auxquels les garçons se sont aussi mis à jouer. Les garçons qui jouent au foot apprennent qu’il est aussi important de laisser sa place. » Parce que faire vivre d’autres activités ne veut pas forcément dire tuer le football.

Par Alexandre Aflalo Tous propos recueillis par AA
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