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Espagne : la chute d’un modèle

L’élimination de la Roja dimanche, à Moscou, valide une impression vue depuis le début du Mondial : l’écart de talents entre les nations a conduit à la réduction de l’espace-temps pour les constructions offensives. Et cela ramène le foot à son état premier : un jeu d’émotions.

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Il y a plusieurs mois, Xavi avait prévenu : « Les statistiques ne remplaceront jamais les sensations. » Nous y voilà. Moscou, une après-midi de juillet : un temps lourd, le stade Loujniki qui fume de partout et l’Espagne qui tombe, finalement, au bout d’une partie de roulette russe. Que s’est-il passé ? La nation la plus extraordinaire de son époque a rendu la copie la plus ordinaire possible, un ensemble bourré de statistiques délirantes et d’un lancinant ronronnement qui aura fini par bercer l’Espagne elle-même. Les chiffres : face à la Russie, dimanche, la Roja a exactement échangé 1113 passes, dont 90% réussies, là où le pays hôte, enfermé dans un bunker, s’est contenté de quelque 290 échanges.


On en revient à Xavi, qui expliquait à propos du petit monde des chiffres ceci, toujours dans le même entretien donné à So Foot il y a quelques mois : « Quand ils regardent ces données, les statisticiens se disent entre eux : "Sur 100 passes, 80 ont été réussies." Oh, vraiment ? Et comment savez-vous qu’elles étaient vraiment réussies ? Savez-vous comment ils les comptent ? Pour eux, une passe est validée à partir du moment où un coéquipier contrôle la passe que je lui ai envoyée. Pour le GPS, c’est une passe réussie. Alors oui, le type a peut-être réussi à contrôler le ballon, mais il a quatre adversaires dans le dos. Donc non, ce n’est pas une bonne passe. La bonne passe, celle qui va vers un joueur démarqué, celle-ci n’est pas comptabilisée comme telle par le GPS. S’il suffit de se débarrasser de la balle pour mettre le coéquipier en difficulté, je ne vois pas l’intérêt des statistiques. » Et c’est tout un monde qui explose.


Une machine à circuits pré-enregistrés


Pourquoi ? Parce que cette Coupe du monde est un big-bang : pour la première fois de l'histoire, un Mondial est dévoré à ce point par les chiffres et les experts de la data. Plus que jamais, tout doit être prévisible, ordonné, calculé, comme s’il fallait tuer l’émotion et l’imprévisible. Tout cela a conduit à deux issues : d’une part, tout se sait, tout se prépare mieux qu’avant grâce à la technologie ; d’une autre, ce qui est une suite logique, un adversaire plus faible (la Russie, l’Iran, l’Islande, le Mexique...) peut se préparer en conséquence. On l’a déjà vu à plusieurs reprises depuis le début du tournoi et tout ça confirme une chose : aucune formule mathématique ne peut expliquer le déroulé d’un match, et la technologie est l’inverse de l’émotion. Un joueur de foot n’est pas un robot, c’est une machine à créer des idées, à inventer des espaces et à ouvrir des possibilités pour ceux qui l’entourent. Dimanche, c’est un monde qui est tombé : qu’on ne se plante pas, l’Espagne n’est pas une armée de calculatrices, mais elle est devenue en Russie son propre problème en devenant une machine à circuits pré-enregistrés. Alors oui, pour la faire sauter, cela nécessite un plan parfait : celui du Mexique contre l’Allemagne, celui de l’Islande face à l’Argentine et enfin celui de la Russie pour venir finalement lui couper la tête, pour ne citer qu’eux (l’Iran a aussi été parfait contre l’Espagne lors de la phase de poules).


Après la rencontre, Stanislas Cherchesov, le colonel de la Sbornaïa, n’a pas dit autre chose : « J’ai dû persuader mes joueurs que ce serait la seule façon de nous en sortir aujourd’hui. On n’aime pas vraiment ce genre de système à trois défenseurs, mais on n’avait pas le choix. Dieu merci, mes joueurs ont compris ce que je leur ai demandés. Ils m’ont fait confiance. (...) Je crois que cette victoire ne tient d’ailleurs qu’au fait que mes joueurs ont adhéré à ma stratégie. » Tout sauf faux, là où Fernando Hierro s’est contenté d’expliquer qu’il était « dur de jouer face à onze joueurs qui jouent très bas » . Non Fernando, c’était simplement leur seule façon de s’en sortir et c’est ce qui rend plus belle la chose, aussi cruelle soit-elle, sans oublier que l’Espagne est arrivée à cette Coupe du monde au milieu d’un chantier interne monstrueux. Reste que dimanche, Hierro s’est aussi pris les pieds dans le tapis et a perdu tous ses paris, notamment celui de ne pas titulariser Iniesta d’entrée ou de faire sortir Diego Costa à dix minutes de la fin. L’image de fin aura été la suivante : des joueurs au sol, figés comme pendant les 120 minutes passées à tourner comme des abeilles sans arriver à piquer autrement que sur un coup de chance qui aura permis à Ignashevich de tromper Akinfeev dans le premier quart d’heure.

« Rien ne se passe »


Enfin, c’est la fin d’un modèle : un système longtemps triomphant, le jeu de possession au sol, qui doit aujourd’hui s’adapter à un effet de surprise qui ne fonctionne plus. Dimanche, on aura vu la Roja jouer une partition sans interruption, et c’est le problème. C’est aussi ce qui aura fait dire dès la mi-temps à Cesc Fàbregas, au micro de la BBC, que ses anciens partenaires avançaient sans direction : « Ils utilisent la balle, je suis un grand fan de tiki-taka, le beau jeu, mais rien ne se passe. (...) Tout ce qu’ils font, c’est qu’ils reviennent, ils reviennent, et ils veulent juste la possession. Et je pense que c’est plus de la possession pour ne pas défendre, plus que pour attaquer, et ça devrait être le contraire. » Cela confirme surtout que ce Mondial est celui des audacieux, des joueurs, des émotionnels : la France l’a montré contre l’Argentine, et la Croatie l’avait prouvé face à la même Albiceleste. Et peut-être qu’au fond, ce qu’il manque à cette Espagne qui gagnait, c’est simplement Xavi : la dose d’invisible dans un ensemble devenu facilement lisible. Un ensemble qui souriait, qui vivait, et qui n’a aujourd’hui plus que les chiffres pour pleurer.



Par Maxime Brigand, à Saint-Pétersbourg
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