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Eric Zemmour, le foot, aimez-le ou quittez-le !

Apparemment, il faut non seulement posséder le bon prénom pour être français, mais aussi la bonne couleur pour représenter la France. Du moins à en croire les évangiles aryennes d'Eric Zemmour (cherchez l'erreur dans cette phrase). La provocation est certes devenue depuis longtemps son arme préférée pour occuper le devant de la scène, médiatique de préférence (nationale). Malheureusement l'homme se bat aussi pour une cause. Et le terrain de foot représente l'un des fronts de sa guerre culturelle.

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Eric Zemmour est donc en forme. En cette rentrée 2018, il joue parfaitement, de nouveau, son rôle favori, celui de clown xénophobe pour plateaux télé en mal d'audience, rabougri sur ces certitudes vintage et ses lectures poussiéreuses fin XIXe. Très en forme même, puisqu'il accorde à tour de bras des certificats de francité selon le prénom et le taux de mélanine. Il ne pouvait évidemment passer à côté du foot, qui lui a toujours fourni l'occasion de parler au bon peuple, entendez celui fantasmé des villages à clocher et de la paisible province monochrome, pour lui expliquer qui il devait haïr. Voilà, le quidam un peu serein se contenterait de hausser les épaules et passer son chemin. Toutefois, et c'est le plus regrettable, le polémiste exprime du haut de son tabouret identitaire un petit truc malsain qui dépasse les punchlines à l'eau de Vichy. Au fil de ses œuvres, du Suicide français aux éditos sur RTL, ses larmes du petit blanc à qui on va voler son foot d'autrefois se veulent pédagogiques. Non plus en appelant Michelet ou Jeanne d'Arc à la barre, mais Platini ou Kopa au doux souvenir de son (é)lectorat. Son roman national n'écrit plus de pages, le foot français est resté figé entre le Stade de Reims et les Verts du poteau carré.

Le creuset d'une intégration réussie


Et si vous pensiez que la victoire en Coupe du monde, avec son équipe entonnant joyeusement La Marseillaise, allait l'obliger à ranger ses rancœurs devant l'épreuve du (pays) réel, vous oubliez à quel point un réactionnaire ne se sent exister vraiment que lorsqu'il attaque ce qu'il suppose être le conformisme de son temps. Ces Bleus, en particulier, formaient une cible de choix, justement parce que ce sport est censé démontrer l'inanité de ses convictions de Dupont-Lajoie lettré. Il faut les démasquer. Il sait surtout que le pire peut toujours arriver et que les apôtres du chaos se nourrissent d'un perpétuel revival.


« Une compétition est réussie quand elle est gagnée. » Les propos d'Emmanuel Macron devant la sélection nationale à Clairefontaine n'avait peut-être pas que des vertus managériales. L'héritage amer de France 1998 et surtout de Knysna, sur le plan politique, nous enseignait la prudence et laissait entrevoir des risques bien plus grands qu'une désillusion sportive. Dans un pays qui avait voté à 40% pour Marine Le Pen, la défaite pouvait avoir également des répercussions néfastes dans l'esprit de nos concitoyens. Avec, en embuscade, un Eric Zemmour qui a toujours voulu tordre le cou à cette idée que le foot serait le creuset d'une intégration réussie, la preuve que même des Arabes qui s'appellent Nabil ou des Noirs qui osent encore le N'Golo pouvaient se prétendre aussi « français » que lui. Il a bu son petit lait pendant des années, surfant entre Knysna, Anelka (un Nicolas comme tant d'autres pourtant) ou encore Karim Benzema. Il a usé toutes les cordes de son arc démagogique. Cet ami du grand patron bien pâle Robert Hersant a, de la sorte, pointé du doigt en 2012 ces nouveaux riches avec « une mentalité de petits fonctionnaires à deux ans de la retraite dans une petite collectivité locale, mais ils ont des revenus de traders avant la crise des subprimes » .

Fin pronostiqueur


Au lendemain du miracle de Moscou, il n'en a pas pour autant fini avec les Bleus. «  Évidemment qu'ils représentent la France. Ils ont été sélectionnés. (...) C'est compliqué, car on voit bien aujourd'hui qu'il y a une énorme majorité de joueurs africains. Je ne dis pas qu'ils ne sont pas français, mais qu'ils sont noirs. Imaginez l'équipe du Nigeria avec huit joueurs blancs sur onze. Qu'est-ce que vous diriez ? C'est bizarre ! » Va-t-on s'ennuyer à lui rappeler que la patrie de Voltaire et la nation de Fela ne tirent pas vraiment les mêmes boulets en matière de colonialisme, que leur passé ne raconte pas vraiment le même rapport aux flux migratoires ? Et finira-t-on par s'épargner de lui remémorer ses grands talents de pronostiqueur méta-politique, comme en 2014 : « L'équipe d'Allemagne s'est ouverte, y a des Turcs, etc. Sauf que depuis qu'il y a ça, ils ne gagnent plus, et ils vont perdre contre le Brésil. (...) L'Allemagne, elle gagnait quand il n'y avait que des dolichocéphales blonds. » Par ailleurs, pour être cohérent, peut-être devrait-il commencer par se teindre aux couleurs des blés de nos campagnes ?

Ce qu'il reproche finalement le plus à ces Bleus, c'est peut-être de ne pas correspondre à ce qu'il attend d'eux. Oui, les « racailles » de vestiaires lui manquent. Où sont passés les repas hallal et les joueurs qui font le ramadan ? Ils ne sont pas ce qu'ils devaient être ! De quel droit ? Ils cachent quelque chose comme Zidane avant son coup de boule, c'est sûr ! Autrefois, l'extrême droite n'avait qu'une hantise, le Leon Blum, le juif plus français qu'eux, qui lui « prenait » sa place. Le « grand remplacement » des Mbappé est désormais pour elle la pire des menaces.

Par Nicolas Kssis-Martov
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