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Éric Bauthéac : « Je ne regrette vraiment pas mon choix »

Mis à l’écart par Marcelo Bielsa l’été dernier, faisant de lui un des membres du fameux loft lillois, Éric Bauthéac s’est exilé en Australie en octobre. À Brisbane, le milieu offensif de trente ans vit sa nouvelle aventure en homme épanoui.

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Éric, pourquoi as-tu décidé de rejoindre l’Australie après cette mauvaise fin d’aventure à Lille ?
J’avais envie de quitter la France. J’ai eu des propositions pour rester au pays, mais je les ai mises de côté – sans pour autant fermer la porte –, car je voulais privilégier l’étranger. J’avais un bon salaire à Lille, certains clubs pouvaient m’offrir le même. Voire beaucoup plus en Turquie, en Russie ou en Chine, mais ces pays m’effrayaient un peu. La Turquie ne m’emballait pas. En Russie, le froid et la barrière de la langue me dérangeaient. J’ai une femme et deux enfants, il fallait aussi que je pense à eux et trouver un compromis. La MLS m’attirait, j’avais envie de découvrir les États-Unis. Le problème, c’est que lorsque c’est le mercato estival chez nous, c’est en hiver chez eux. Il aurait fallu que j’attende quatre mois de plus à Lille, je n’en avais pas envie. Et puis est arrivée une offre d’Australie. Je ne l’ai pas acceptée de suite. Après un premier appel, j’ai dit que j’allais d’abord me renseigner. J’ai beaucoup d’amis qui y étaient déjà allés et n’avaient pas eu envie de revenir.

C’est l’ex-joueur de Ligue 1 désormais milieu de Brisbane Roars, Fahid Ben Khalfallah, qui a joué les conseillers ?
Fahid connaissait l’Australie pour y avoir joué trois ans, à Melbourne. Il ne m’en a dit que du bien. Lorsqu’il est arrivé à Brisbane, il m’a contacté à la demande du club et m’a proposé de venir sans vraiment penser que j’allais accepter. Il fallait tout de même que je me réunisse avec ma famille avant de prendre une décision, car c’était un changement de vie radical. Peut-être que seul, j’aurais fait un autre choix, mais pour la vie de famille, c’était mieux. Mes enfants vont être bilingues, tout est fait pour eux ici : il y a des parcs tous les 500 mètres, il fait tout le temps beau, la mer est à côté et les écoles sont tops. Et puis nous nous sentons en sécurité. Je suis resté un mois tout seul avant que ma femme et mes enfants me rejoignent il y a quelques semaines, ils n’ont déjà plus envie de partir. Je ne regrette vraiment pas mon choix.


Sydney, Melbourne, ça parle un peu aux Français, mais Brisbane...
C’est la troisième ville d’Australie, située tout à l’est du pays. Ici, les gens disent que c’est une petite ville alors qu’il y a deux millions et demi d'habitants ! Je trouvais déjà que Nice était une grande ville, alors là ! Brisbane, c’est un peu le climat de la Côte d’Azur, en mieux. L’hiver, il fait autour de vingt degrés. On a les plus belles plages du monde, les gens sont cool et relaxés, loin de la critique et de la jalousie.

Cette mentalité t’a surpris ?
Franchement, oui. Hier, on a joué un match et le numéro floqué sur mon maillot s’est décollé. Une centaine de supporters m’a envoyé des messages après la rencontre en s’excusant pour cet incident. Ils sont trop gentils, je n’avais jamais vu ça.

« Le championnat australien est encore plus physique qu’en France, il y a beaucoup de fautes. Techniquement et tactiquement, c’est moins bon, mais les espaces sont plus nombreux. Chaque match est ouvert, aucune équipe ne se contente de défendre et tout le monde veut marquer, même le dernier contre le premier. »

T’es-tu rapidement adapté à ton nouveau club ?
Heureusement que Fahid était là au début, il a facilité mon intégration. Je ne parlais pas du tout la langue en plus, donc j’ai pris des cours. Désormais, je comprends mieux et j’arrive un peu à me faire comprendre. Les mecs sont sympas et pas individualistes. Ils ne veulent qu’une chose, que l’équipe gagne. La concurrence est bien plus saine qu’en France. Lorsque j’étais blessé, les gars qui jouaient à mon poste voulaient que je revienne le plus vite possible, car l’équipe était en difficulté.

À quoi ressemble ta journée type ?
On s’entraîne chaque jour, vers 7h du matin. À 11h, ta journée de travail est terminée. Après les entraînements, on se retrouve parfois avec l’équipe dans un café. Ils sont fous de café ici, ils pourraient en boire 150 par jour ! (Rires.) En France, c’était toujours plus compliqué de faire des choses hors foot avec l’équipe. À Brisbane, on se voit plus souvent. Je profite ensuite de l’après-midi pour être avec ma famille. Ma mère est arrivée il y a trois semaines, on continue de découvrir la ville et le pays.

As-tu pu découvrir la passion des Australiens pour le barbecue ?
Ça nous arrive d’en faire de temps en temps avec l’équipe, oui, chacun ramène sa nourriture. Ce qui est dingue, c’est que tu as des barbecues tous les 500 mètres en libre-service dans les parcs de la ville. Les gens viennent, font leur barbecue, nettoient et repartent. Ils sont très respectueux.

En restant dans les clichés, tu t’es mis au surf ?
Pas encore, non. Mais je sais que certains joueurs de l’équipe en font, je vais leur demander de m’apprendre !


À quoi correspond le niveau de la A-League ?
C’est difficile de juger. Disons que le niveau de la A-League se situe entre la Ligue 1 et la Ligue 2 française. Sydney est vraiment au-dessus cette année. Avec Melbourne, ils se maintiendraient facilement en Ligue 1. Le championnat australien est encore plus physique qu’en France, il y a beaucoup de fautes. Techniquement et tactiquement, c’est moins bon, mais les espaces sont plus nombreux. Chaque match est ouvert, aucune équipe ne se contente de défendre et tout le monde veut marquer, même le dernier contre le premier. Et puis les pelouses... billard sur billard. Les stades sont magnifiques, mais rarement pleins. À domicile, on joue devant 10 à 15 000 personnes dans un stade qui peut en contenir 52 000. Quand on se déplace à Melbourne ou Sydney, il y a plutôt 30 000 spectateurs.

« La gastro australienne, c’est quelque chose ! En France, tu passes un peu de temps aux toilettes et c’est fini. Mais ici, tu ne fais pas semblant. La douleur est incroyable, j’étais cloué. »

Vous avez mal entamé votre championnat et figurez en bas de tableau.
Avec tous nos titulaires, on ne serait pas là ! On a quatorze blessés, dont sept titulaires. Donc, forcément, c’est une phase difficile où l’on a enchaîné six ou sept défaites d’affilée. Il y a le salary cap ici, donc on a onze bons joueurs, et après ce sont des jeunes et de moins bons joueurs.

Tu as toi-même subi une blessure, une déchirure musculaire à la cuisse le 10 décembre.
Elle était prévisible, cette blessure. J’avais peu de préparation à mon arrivée. À Lille, vu qu’on était écartés du groupe professionnel avec ceux du loft, on s’entraînait avec la réserve. Mais à 20%, quoi. En octobre, je m’entraînais deux jours par semaine avec l’AS Cannes. Deux jours plus tard, je jouais titulaire en Australie, sans avoir récupéré du décalage horaire. Il a vite fallu que j’enchaîne les matchs à cause du nombre de blessés et du mauvais début de championnat et, au bout de deux mois, ce qui devait arriver arriva. J’ai enchaîné une gastro peu de temps derrière en plus. La gastro australienne, c’est quelque chose ! En France, tu passes un peu de temps aux toilettes et c’est fini. Mais ici, tu ne fais pas semblant. La douleur est incroyable, j’étais cloué.


Vous faites partie des clubs les plus réputés du championnat, les supporters ne vous mettent pas trop la pression à cause du manque de résultats ?
C’est vrai qu’avec Sydney et Melbourne, on a remporté trois championnats chacun depuis que la création du nouveau format en 2005. Malgré la mauvaise passe qu’on traverse, les supporters sont sans cesse derrière nous. Il y a un vrai respect des sportifs de haut niveau ici. Les fans ne nous sifflent pas, ne nous critiquent pas.

« J’ai retrouvé un pote avec qui je jouais à l’AS Cannes (David Salin, ndlr), je ne savais pas qu’il était ici, c’est fou ! Il joue maintenant en deux ou troisième division, ça correspond à de la CFA d’après ce qu’il me dit. »

Tu as inscrit deux buts depuis ton arrivée à Brisbane Roar. Plus que quarante-cinq et tu rejoins le meilleur buteur du club, l’Albanais Besart Berisha.
Ah ouais ? Ça peut se faire. (Rires.)

En arrivant en Australie, tu as rencontré quelques compatriotes grâce aux réseaux sociaux.
En effet, quand j’ai signé ici, j’ai reçu des messages de Français qui vivaient à Brisbane, alors je leur ai demandé de me faire découvrir la ville. Je les ai rencontrés dès mon premier jour, et depuis, on se voit souvent. Parmi eux, il y a un gars qui était venu voir sa sœur en vacances il y a quatre ans, il n’est jamais revenu en France. J’ai aussi retrouvé un pote avec qui je jouais à l’AS Cannes, je ne savais pas qu’il était ici, c’est fou ! Il joue maintenant en deux ou troisième division, ça correspond à de la CFA d’après ce qu’il me dit.

C’est important pour toi de partager ta nouvelle vie sur les réseaux sociaux ?
En France, je n’étais pas sur Instagram et peu sur Twitter. Et puis une fois arrivé en Australie, des fans m’ont demandé de leur faire partager mon expérience, alors j’ai décidé de m’y mettre. Les gens sont demandeurs, si ça peut les faire un peu rêver à distance...

As-tu pu croiser quelques kangourous ?
Non, pas encore. Ah si, un mort sur le bord de la route, c’est moins drôle. En revanche, ici, tu as des oiseaux fous, ce sont les magpies. Ils sont noir et blanc, comme les joueurs de Newcastle. T’es tranquille chez toi et ils viennent se prendre les vitres à pleine vitesse, sont K.O un moment, puis repartent...



Propos recueillis par Clément Brossard
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