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Erbate seul contre tous

Depuis les déclarations d'Elamin Erbate, qui a accusé en septembre dernier les dirigeants du Raja Casablanca de corruption, le championnat marocain est dans l’œil du cyclone. Initialement prévu le lundi 28 octobre, le procès qui oppose le joueur à son ancien club a finalement été repoussé au 25 novembre prochain. En attendant, si certaines langues se délient, le silence des officiels reste toujours aussi assourdissant.

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Il faudra encore attendre. Depuis plusieurs semaines, au Maroc, tous les regards étaient pourtant braqués sur l'ouverture du procès Erbate, qui a finalement accouché d'une souris. Près d'un mois après ses déclarations fracassantes, Elamin Erbate ne s'est pas présenté au tribunal pour trancher le litige qui l'oppose au Raja Casablanca, son club de cœur, dont il a longtemps porté le brassard de capitaine. «  Erbate et son conseil juridique ne se sont pas présentés au tribunal. Concernant le quotidien qui a publié l'interview de M. Erbate, l'avocat a demandé le report de l'audience pour lui permettre de mieux préparer sa défense » , a expliqué Me Amine Lahlou, l'avocat du Raja Casablanca. Les raisons du joueur sont pour l'instant inconnues, et il faudra donc encore patienter un mois pour que la vérité sur cette affaire qui sent le soufre soit finalement révélée.

Concrètement, l'affaire a débuté le 16 septembre dernier. Accusant ouvertement ses dirigeants de corruption, le défenseur marocain a lâché une véritable bombe dans les colonnes du journal arabophone Almasse Arryadi, remettant en cause le titre de champion 2013 et la victoire en coupe de son ancienne équipe : « Le double sacre du Raja était truqué. J’ai moi-même donné de l’argent à certains joueurs de clubs adverses pour nous permettre de gagner. J'ai accepté de jouer des rôles vils et bas par amour pour le Raja. » Sans surprise, ses propos ont été immédiatement démentis par le club rajaoui, notamment par l'intermédiaire de l'entraîneur Mohammed Fekhir : « Ce ne sont pas des révélations, ce sont des mensonges, nous avait-il assuré lors d'un entretien téléphonique en septembre dernier. C'est à lui de prouver que ces propos sont justifiés et il en prend l'entière responsabilité devant le club qui l'a formé. C'est clair, net et précis, c'est à lui de prouver ses accusations, mais je pense qu'il va les regretter. » Des menaces mises à exécution, puisque le club incriminé n'a pas hésité à traîner son ancien joueur en justice, lui réclamant 10 millions de dirhams par la même occasion.

Tension palpable

À la suite de ces déclarations, le joueur s'est fait discret, se réfugiant chez sa famille à Fnideq et refusant toute sollicitation médiatique, malgré nos demandes répétées. À l'heure qu'il est, il n'existe toujours aucune certitude quant à l'existence de preuves, même si l'entourage proche du joueur affirme qu'il disposerait d'enregistrements. Plutôt serein, le défenseur s'était dit prêt à comparaître afin d'apporter son témoignage, avant finalement de poser un lapin. Ce comportement n'est sans doute pas étranger à l'ambiance délétère qui entoure le procès depuis plusieurs semaines. Le 30 septembre, le Raja a en effet déposé une nouvelle plainte contre son ancien défenseur pour « incitation au vol » . Selon le président du club Mohamed Boudrika, l’international marocain aurait tenté de corrompre une employée du service de comptabilité du club, afin de s’emparer de plusieurs documents administratifs, qu'il comptait utiliser pour se disculper. Une accusation qui a forcé l'ancien joueur de l'OM à sortir de sa retraite solitaire dans les colonnes du même journal : « Monsieur Boudrika n'a pas hésité à mentir pour porter atteinte à ma réputation. Dernièrement, alors qu'il était l'invité d'une émission télévisée, il a affirmé avoir la preuve que j'ai envoyé des textos à une employée du Raja afin d'obtenir des copies de documents importants. Ce qui est totalement faux. C'est à la justice de trancher maintenant. »

Alors que le Raja Casablanca participera prochainement à la prestigieuse Coupe du monde des clubs, organisée en décembre prochain au Maroc, la tension autour de l'issue du procès est palpable. Contacté par nos soins, le ministre de la justice Mustapha Ramid, qui a ouvert une enquête judiciaire, n'a pas voulu s'épancher sur ce sujet brûlant : «  Je ne veux pas faire de commentaires. L'affaire est désormais dans les mains de la justice, c'est à elle de trancher. Pour l'instant, rien n'est prouvé, jusqu'à maintenant, on n'a pas le droit de dire qu'il y a de la corruption. Il faut maintenant attendre le jugement du tribunal et de la cour d'appel, et si les faits sont avérés alors nous aviserons. » Lui aussi concerné par l'affaire, le ministre des Sports Mohamed Ouzzine a affirmé le 25 septembre dernier : « Je ne sais pas si le joueur connaît l'ampleur de ses déclarations, mais si elles s'avèrent vraies, ce serait une catastrophe. » Et d'ajouter, à propos d'une éventuelle poursuite judiciaire : « Nous n'allons pas nous taire et allons sanctionner tous les responsables. » Depuis, les sorties médiatiques se font rares sur une affaire qui dérange et que l'on souhaite avant tout évacuer.

Une corruption généralisée ?

Depuis plusieurs années, les déclarations timides affluent cependant pour dénoncer la corruption qui règnerait au sein du championnat. Il y a tout d'abord eu celles de Diego Garzitto, l'ancien entraîneur du Wydad Casablanca, qui a déclaré en janvier 2011 sur Radio Mars, au micro de l'animateur Lino Bacco, que son club avait « acheté les trois derniers matchs de la saison pour être champion » . Plus récemment, en fin de saison dernière, les déclarations de Mustapha Lamrani, le joueur de l'AS FAR, ont aussi provoqué une onde de choc dans le pays : «  On sait comment le titre du champion du Maroc se gagne, et ce n’est pas sur le terrain. Les dix derniers titres - sauf celui acquis par le Moghreb Tétouan en 2010-2011 - ont été acquis par des clubs qui ont de l’argent. » Si le joueur a depuis démenti ses propos, invoquant la colère d'après-match, il n'en reste pas moins que les langues se délient et que les cas suspicieux sont légion.

Le plus emblématique d'entre eux se déroule en ce moment même. En effet, nombreux sont les soupçons de trucage qui entourent toujours la rencontre entre le KAC et le Raja Beni Mellal, disputée la saison dernière à l'occasion de la 29e journée de Botola. Suite à plusieurs témoignages, quatre joueurs du RBM ont été convoqués par la police judiciaire : ils sont soupçonnés d'avoir levé le pied durant la rencontre, en contrepartie d'une somme d'argent conséquente. Si le grotesque de certains buts ne laisse que peu de doutes à ce sujet, rien n'a été prouvé pour l'instant tandis que le procès a été repoussé. Le porte-parole du Raja Beni Mellal, maître Abdessadek Boudal, a tenu à nous indiquer qu'il ne lâcherait pas l'affaire : « C'est un sujet tabou dans notre championnat, mais nous avons eu le courage moral de mettre le problème sur la table. Nous, ce qui nous intéresse, c'est de rendre justice à notre club et de sauvegarder la réputation du football marocain. Lors de l'audience du 10 octobre, l'affaire a été renvoyée au tribunal pénal de Casablanca par le tribunal de cassation, selon l'article 270-271 de la procédure pénale. Jusqu'à présent, nous n'avons aucune date pour la prochaine audience. Mais nous avons confiance en notre justice. » Interrogé sur la démission surprise de son président Abderrafii Groumi le 2 octobre dernier, il a tenu à préciser : « Le président a démissionné pour des raisons personnelles, qui n'ont rien à voir avec le match. Pour l'instant, le bureau n'a pas pris de décision finale concernant cette démission, en attendant, on se partage les responsabilités. » Relégué à l'issue du précédent exercice, le club est actuellement dauphin de deuxième division avec « un effectif renouvelé à 95% » , et ne désespère pas de revenir dans l'élite « de manière sportive » .

S'il ne souhaite pas vraiment se prononcer sur l'affaire Erbate, qui ne le concerne pas directement, Abdessadek Boudal confesse néanmoins avoir certains « doutes » maintenant qu'il a touché du doigt la corruption, dont le caractère généralisé à plusieurs clubs du championnat ne peut plus être seulement considéré comme une hypothèse farfelue et infondée. « Franchement, ce n'est pas un scoop, on le sait qu'il y a des matchs truqués dans le football de haut niveau, et pas seulement au Maroc » dédramatise d'emblée l'ancien international marocain (13 sélections) Abdelkrim Merry Krimau, auparavant consultant pour la télévision marocaine, avant de poursuivre : « Il n'y a qu'à voir récemment les championnats italien ou russe… Durant ma carrière professionnelle en France, j'y ai aussi été confronté, donc voilà personne ne peut nous donner de leçons. Ce qui est sûr, c'est que toutes ces choses-là ternissent notre image, on ne doit pas accepter ça. Il faut garder un championnat propre. » L'ancien attaquant aux 103 buts en division 1, qui a joué plus de quinze ans en France, doute cependant de l'utilité du procès à venir : « Ce procès, c'est de la bêtise humaine, il aurait fallu régler cette affaire à l'amiable. Il faut revenir à la raison, c'est un épisode malheureux pour le joueur et pour le club. J'espère maintenant que cette affaire sera rapidement réglée…  »

Silence de la Fédération

Rapidement réglée ou rapidement étouffée ? « Ce n'est pas la première fois que nous recevons des plaintes pour le football » , confesse en préambule Abdeslam Aboudrar, président de l'instance centrale de prévention de la corruption, avant de nuancer ses propos : « Mais mon avis personnel, c'est qu'il y a à boire et à manger là-dedans, on collecte les requêtes mais souvent cela ne va pas plus loin. » Quant on le questionne plus précisément sur l'affaire Erbate, il botte rapidement en touche : « Je n'ai pas vraiment d'information concernant cette affaire, notre institution s'occupe avant tout de prévention comme son nom l'indique, et surtout nous avons d'autre priorités que le football. Nos textes sont très contraignants mais suite à la lettre des supporters des FAR, nous avons transmis le problème au ministre des Sports, afin qu'il mène une enquête complémentaire de façon sérieuse. C'est une procédure courante qui aide à résoudre les problèmes quand l'administration en question coopère ; et nous avons déjà eu des cas de sanctions. Dans ce cas précis cependant, je ne pense pas qu'il y ait suffisamment de substance et de présomptions sérieuses pour véritablement saisir la justice. »

Si, après un silence étonnant, certaines instances de surveillance, à l'instar de Transparency Maroc, ont finalement réagi en portant le problème dans l'espace public, la grande absente des débats reste la Fédération royale marocaine de football. Après plusieurs refus de ses dirigeants, nous avons finalement pu contacter maître Redouane Mahrach, l'avocat de la FRMF. Disponible et conciliant, ce dernier nous a assuré que « la Fédération n'a pour l'instant pas de position officielle sur le sujet. Nous sommes actuellement en pleine période d'élections fédérales pour élire un nouveau président. En ce moment, Mr Ali Fassi Fihri gère les affaires courantes, mais il est difficile d'avoir une position claire et nette de la Fédération avec plusieurs candidats actuellement en campagne. » Quand on lui demande plus précisément pourquoi la Fédération n'a pas ouvert d'enquête administrative sur le cas Erbate, l'avocat invoque deux raisons principales, a priori recevables : «  Tout d'abord, il y a le timing des élections, mis en place depuis plusieurs mois. Le président sortant ne veut sans doute pas mettre le doigt dans une procédure qui va lui survivre et qui incombera à son successeur. Même s'il ouvre une enquête, le temps qu'elle se fasse, il ne serait déjà plus à la tête de la Fédération. Ensuite, il faut rappeler tout simplement que la Fédération n'a pas été saisie, ni par le joueur, ni par le club. Certes, nous pouvons nous auto-saisir en cas de problème grave mais il n'y a aucune obligation. » Lors d'un précédent entretien, le président de la Fédération Mr Ali Fassi Fihri nous avait pourtant indiqué envisager la possibilité de saisir la FIFA. Une gageure selon l'avocat : «  La FIFA n'a tout simplement aucune compétence dans ce litige car l'affaire n'a pas de caractère international. »


S'il regrette que la problématique n'ait pas été réglée de manière interne, Redouane Mahrach espère aujourd'hui que « justice soit faite » : « Concrètement, s'il y a eu calomnie, il faudra lourdement sanctionner Elamin Erbate. Au contraire, si les faits sont avérés, il faudra punir les hommes qui ont porté atteinte à l'intérêt supérieur du football. » Quitte à empêcher le Raja de participer à la Coupe du monde des clubs ? «  En tout état de cause, il n'y a aucune raison à ce stade d'envisager une telle sanction. Selon moi, si des sanctions doivent être envisagées, cela ne pourrait de toute façon se faire qu'après la Coupe du monde des clubs. En cas de tricherie, clairement le titre serait remis en cause et devrait être réattribué au second du championnat, en l'occurrence l'AS FAR, mais je ne pense pas que pénaliser le Raja et l'empêcher de participer à la Coupe du monde soit une solution envisageable » explique-t-il d'une voix concernée, avant de conclure : « Ce serait une sentence bien trop importante, pas seulement pour le club mais pour le football marocain en général. » En attendant, une chose est sûre, ici, à Casablanca : quelle que soit l'issue du procès en novembre prochain on ne peut plus espérer qu'une victoire à la Pyrrhus. Avec le football comme victime collatérale.

Par Christophe Gleizes, avec O.F et N.B

BONUS :

Le premier article sur l'affaire Erbate, paru sur So Foot en septembre dernier

Pour les arabophones, les révélations en vidéo d'Elamin Erbate

L'interview de Diego Garzitto, l'ancien entraîneur du Wydad, qui accuse son club d'avoir acheté les trois derniers matchs de la saison 2009/2010, à partir de la 5e minute.

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