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  1. // Le fiasco de Knysna 2010
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Knysna 2010 : entre « caïds immatures » et « gamins apeurés » ...

Au soir du dimanche 20 juin, la grève de Knysna déclenche aussitôt un tsunami de réactions indignées. Appréhendée comme une véritable catastrophe nationale, « l’Affaire » va prendre une tournure extra-sportive sans précédent. Elle occasionnera un débat de société houleux focalisé sur les ratés de l’intégration à la française.

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Dimanche soir, après leur mutinerie, les Bleus rentrent en car au Pezula Hôtel. Ils découvrent aussitôt l’ampleur nationale et mondiale des dégâts. « On n’a juste pas mesuré l’impact que ça allait avoir, racontera Toulalan. On ne s’en est rendu compte qu’en rentrant à l’hôtel, quand on a reçu les premiers échos de nos proches. » La classe politique se déchaîne le soir même et règle ses comptes sur les décombres de ce « désastre national » du « bus de la honte » (sic).

L’équipe de France « black-black-black » ...


Marine Le Pen demande la démission de Roselyne Bachelot pour « l'humiliation mondiale subie par le pays » . Le scandale de Knysna devient affaire d’État lorsque le président Nicolas Sarkozy intervient en personne au lendemain de l’élimination. Il charge la ministre des Sports Roselyne Bachelot « d’apporter des réponses structurelles au mal-être de l’équipe de France » (sic) et annonce « une réunion des états généraux sur la gouvernance du football français d'ici octobre 2010 » . Le jeudi 24 juin, au retour des Bleus au Bourget, alors que le gouvernement intime à la FFF de ne pas verser de primes aux joueurs (150 000 euros), le président Sarkozy reçoit Thierry Henry à 12h30 à l’Élysée. On ne saura jamais ce qu’il s’est dit entre les deux hommes... Éric Cantona, lui, passe le retour des Bleus à l’acide : « C’est bien qu’ils partent de la Coupe du monde. Une semaine de plus et ils se mangeaient entre eux. On a évité le cannibalisme. »

Mais l’heure n’est franchement pas à la rigolade. Car d’affaire d’État, le scandale de Knysna s’étend au débat sociétal. Dès dimanche soir, le socialiste Jérôme Cahuzac avait fustigé « un climat qui règne en équipe de France et qu'au fond Nicolas Sarkozy a exalté : l'individualisme, le chacun pour soi et la seule valeur de la réussite humaine, le chèque de fin de mois » . L’allusion évidente au « bling-bling » des Bleus se corse avec l’intervention de Roselyne Bachelot à l’Assemblée nationale, le mercredi 23 juin. Elle y décrit une équipe de France où « des caïds immatures commandent à des gamins apeurés » . Bling-bling et caïds : c’est clairement la France des banlieues qui est visée, le cauchemar des émeutes de 2005 qui resurgit. Avec en résonance footballistique de cette même année 2005, déjà, les mots d’Alain Finkielkraut sur l’équipe de France, « c'est l'équipe black-black-black qui fait ricaner toute l'Europe » .


La colère de Thuram


À l’été 2010, Knysna semble acter pour de bon la fin du mythe black-blanc-beur déjà bien écorné pour révéler une société française en proie à ses divisions socio-ethniques refoulées. Lilian Thuram ne s’y trompe pas. Dès le 2 juillet, le héros conscientisé de France 1998 avait exigé sous peine de démissionner du conseil fédéral de la FFF que « les joueurs soient lourdement sanctionnés et que Patrice Évra ne revienne plus jamais en équipe de France » . Le 19 juillet, dans L’Équipe, il précise les raisons de son ire en revenant sur l’épisode du bus : « Par leur geste, les joueurs ont été capables de réveiller le racisme latent dans la société. Nous sommes dans le raccourci : "Les problèmes viennent du fait qu'il y a trop de Noirs en équipe de France." Quand vous arrivez à ce point à réveiller les mauvais côtés de la société, c'est que vous avez une responsabilité. »

Lilian Thuram voit juste : dans un contexte de crise économique aggravée, Knysna va charrier tout un imaginaire fantasmé passé, présent et futur autour des footballeurs milliardaires affligés de culture « racaille de banlieue » qui ne respectent rien ni personne. Le voyou Nasri qui pique la place d’Henry dans le bus à l’Euro 2008, Franck Lascar-Face et Nico-le-caïd qui bolossent le petit Yoann (toubab fragile), ou le petit blanc Toulalan qui écoute Sardou dans une équipe branchée rap. Et puis Zahia et bars à chicha ! Et puis casques audio sur les oreilles, mains dans les poches et casquettes de traviole... Lilian Thuram avait déjà tenté de raisonner un des jeunes « excités » qui avaient envahi la pelouse du Stade de France lors du France-Algérie d’octobre 2001. En 2010, il tente comme il le peut d’établir un point d’équilibre entre les effets bienfaiteurs (en 1998) et dévastateurs (en 2010) d’une équipe de France qu’on a imprudemment « racialisée » . Vue de France, la Coupe du monde 2010 devait être le grand rendez-vous de deux nations arc-en-ciel, l’Afrique du Sud de l’icône Nelson Mandela et la France métissée de Rama Yade-Depardieu-Zidane. Or, à Knysna les Bleus ont sérieusement esquinté son universalisme républicain dont elle était si fière.

Knysna, un filon de librairie !


Le désamour légitime des Français pour leurs Bleus va durer longtemps, très longtemps. En janvier 2011, l’effet Coupe du monde expliquera sans doute la chute de 8% du nombre de licenciés dans les clubs, la FFF perdant un peu plus de 200 000 pratiquants. L’onde de choc de Knysna se traduit également en phénomène de librairie dès la rentrée avec une production immédiate, dense et accusatrice. Sans nommer les auteurs, on peut citer quelques titres : Les Secrets d'un fiasco, Carton rouge pour les Bleus, Dans la tête de Raymond, Le Roman noir des Bleus, Plus jamais ça ! : L'échec des Bleus, L'Implosion, Le Livre noir des Bleus, etc.



Un an plus tard, nanti d’un recul plus raisonné, le sociologue Stéphane Beaud (assisté de Philippe Guimard) publiera le retentissant Traîtres à la nation ? - Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud (Éditions La Découverte). À rebours d’une certaine stigmatisation « racialiste » qui identifie équipe de France à « jeunesse populaire des cités françaises, sous-éduquée, inculte et arrogante » , il oppose une lecture sociologique qui compare les joueurs de 1998 à ceux de 2010. Selon Stéphane Beaud, le groupe des champions du monde 1998 était plus homogène sociologiquement (en gros, classe populaire moyenne), donc plus enclin à se connaître et à s’entendre, contrairement à celui du Mondial 2010 (issu d'une classe favorisée, d'une classe populaire moyenne et des banlieues parisiennes souvent défavorisées). « Cette cohabitation quotidienne, dans un espace limité, entre des joueurs aux caractéristiques sociales si différentes, voire opposées, n'avait rien d'évident » , avance-t-il.

Lolo lave plus Blanc...


Et puis les affaires du football reprennent ! Le 3 septembre 2010, l’équipe de France doit entamer face à la Biélorussie les éliminatoires de l’Euro 2012. Mais il faut d’abord sanctionner tous ceux qui ont failli. Le 28 juin, Jean-Pierre Escalettes démissionne, laissant Fernand Duchaussoy assurer l'intérim à la présidence de la FFF. Le 30 juin, Escalettes et Domenech se rendront à une audition à huis clos de la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale (sic) pour s’expliquer sur l’affaire de Knysna. Le 6 juillet, Laurent Blanc est intronisé nouveau sélectionneur au cours d’une conf de presse au discours convenu où il est question « d’état d'esprit irréprochable, de rigueur et de discipline » . Lolo n’oublie pas de tacler son prédécesseur : « Je n'envisage pas une équipe de France vivant en vase clos, repliée sur elle-même, coupée du monde extérieur. » Pour le match amical du 11 août en Norvège, il a décidé à titre de sanction symbolique de ne retenir aucun des 23 mutins de Knysna.

Le 26 juillet, la « mission d'information » chargée par la FFF de faire la lumière sur le fiasco sud-africain procède à l'audition de 18 des 23 grévistes de Knysna. Priée de boucler l’affaire rapidement, la commission, dont les travaux resteront secrets, va bâcler le boulot. Le 6 août, cinq joueurs sont renvoyés en commission de discipline : Anelka, pour insultes à l'encontre du sélectionneur. Évra, capitaine et porte-parole de ses coéquipiers. Ribéry, vice-capitaine. Toulalan, pour la rédaction avec son attaché de presse du communiqué des grévistes. Abidal, pour refus de jouer contre l'Afrique du Sud. Le 17 août, Anelka écope de dix-huit matchs de suspension ferme qui le laissent « mort de rire » (sic), enfonçant en sus les dirigeants de la Fédé, « tous des clowns » (re-sic) ! Évra prend cinq matchs de suspension, Ribéry trois et Toulalan un. Abidal est absous. Et Raymond ? Il est licencié par la FFF le 5 septembre pour « faute grave » dans son attitude en Afrique du Sud (refus de serrer la main de Parreira, lecture de la lettre des mutins, etc.). Le 4 août 2011, il obtiendra 975 000 € des 2,9 millions d'euros qu’il avait réclamés à la Fédé pour licenciement abusif...




Épisode 1 : Terminus, personne ne descend !
Épisode 2 : Le show Domenech
Épisode 3 : Knysna 2010, autopsie d’un naufrage
Épisode 4 : Les « caïds immatures » et les « gamins apeurés »
Épisode 5 : La vie après Knysna


Chérif Ghemmour
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