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« En Uruguay, il faut souffrir en permanence pour réussir »

Avant de prendre en charge la formation des jeunes du Nacional Club de Montevideo, le plus vieux club d’Uruguay, Pierre Sarratia a été conseiller technique départemental au Pays basque, où il a notamment formé un certain Didier Deschamps. Il nous livre son analyse avant le choc des quarts de finale.

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Comment expliquez-vous les excellents résultats de l’Uruguay sur la scène internationale, pour un pays de seulement 3,5 millions d’habitants ?
L’Uruguay, c’est trois millions d’habitants, trois millions de footballeurs. Tu lèves une pierre et il y a un joueur de foot en dessous.
« En Uruguay, les centres de formation ne sont pas du tout comme en France, et devenir footballeur demande beaucoup d’envie et de sacrifice. »
L’avantage, c’est que la petite superficie du pays permet de recentrer plus facilement les joueurs. Mais surtout, il y a un sentiment ici. Les infrastructures ne sont pas bonnes, les centres de formation ne sont pas du tout comme en France, et devenir footballeur demande beaucoup d’envie et de sacrifice. C’est ce qu’expliquent souvent Edinson Cavani et Luis Suárez, et lorsque ce dernier reprend Griezmann – formé en France et en Espagne –, sur son « identité uruguayenne » , il a raison : en Uruguay, il faut souffrir en permanence pour réussir, il y a cette volonté de s’en sortir grâce au foot. Et quand ils s’en sortent, quand ils arrivent en Europe, les joueurs apprécient à sa juste valeur leur nouveau confort. Tout leur semble plus facile.

Quelles sont les caractéristiques du football uruguayen ?
Dans les premières années, le foot uruguayen était très offensif. Dans les années 1920-1930, quand ils gagnent les Jeux olympiques, il y a un véritable attrait pour l’attaque. Ça a changé dans les années 1970, où un style beaucoup plus défensif s’est développé pour contrer la créativité des Brésiliens et des Argentins. L’Uruguay s’est progressivement spécialisé dans un football où le résultat était beaucoup plus important que le jeu. C’est une particularité que les autres du continent n’aiment pas... Un foot physique, un engagement total, du caractère.



En cela, quel a été le rôle d’Óscar Tabárez, sélectionneur de la Céleste depuis 12 ans ?
« Tabárez a instauré des entraînements réguliers, des règles de vie et des règles de comportement. Ça se sent même au niveau des clubs. »
Quand il a repris la sélection en 2006 (il était également le sélectionneur entre 1988 et 1990), il a mis en place ce qu’on appelle ici le « proceso Tabárez  » . Il s’est inspiré de l’Europe et de la France notamment, de ce qui se faisait auprès des jeunes pour développer les sélections à tous les niveaux. Il a centralisé les équipes de jeunes au Complejo, le Clairefontaine local où il a regroupé trois fois par semaine les U15, U17 et U20. Il a instauré des entraînements réguliers, des règles de vie et des règles de comportement. Ça se sent même au niveau des clubs, où lors des matchs un peu chauds, l’atmosphère s’est calmée au niveau des joueurs. Parce qu’il y a ce sentiment d’appartenance à la sélection, il y a une osmose. Il a réussi à créer une famille à part.


Et concernant le jeu ?
Tabárez a mis un processus basé sur les caractéristiques des Uruguayens. Il n’a pas voulu aller vers le football à la mode, prôné par des entraîneurs comme Guardiola, mais au contraire faire en sorte de pouvoir jouer contre eux, de pouvoir battre ces équipes. En 2010, l’Uruguay faisait partie des équipes dont le pourcentage de possession était parmi les plus faibles, mais ça ne les a pas empêchés de finir quatrièmes du tournoi ! Ce manque de jeu a créé un gros débat en Uruguay, mais au vu des résultats, les gens ont fini par l’accepter. C’est intéressant de remarquer que dernièrement, Tabárez modifie peu à peu son équipe, en ajoutant des nouveaux profils, plus « joueurs » , comme Torreira (Sampdoria), Betancur (Juventus), Vecino (Inter)... Donc il y a toujours ce bloc défensif très solide, compact, guidé par Godín, le milieu essaye d’avoir un peu plus de possession, et devant, les deux monstres Cavani et Suárez. C’est une évolution vraiment intéressante, même s’il leur manque un peu de créativité, ce qu’apportait Diego Forlán il y a quelques années.

Si on excepte le match contre l’Argentine, l’équipe de France de Didier Deschamps est elle aussi souvent critiquée pour sa rigidité, cette recherche permanente de l’équilibre qui laisse peu de place à la folie. C’est injuste ?
« Nous, Français, on veut tout : gagner et bien jouer. Mais il faut savoir s’adapter à l’adversaire, et Didier réalise du très bon travail avec les joueurs qu’il a à disposition. »
Bien sûr que c’est injuste. S’il n’alignait que des joueurs offensifs, on lui tomberait dessus pour son manque d’équilibre.... Nous, Français, on veut tout : gagner et bien jouer. Mais il faut savoir s’adapter à l’adversaire, et Didier réalise du très bon travail avec les joueurs qu’il a à disposition. C’est pas évident, compte tenu de leur jeunesse. Mais Didier a un vécu de joueur et d’entraîneur très important, et il sait gérer. Aujourd’hui, il y a beaucoup de ressemblance avec ce que fait l’Atlético de Madrid : un bloc solide, où l’assise défensive est primordiale. Giroud a un profil similaire à Diego Costa, Griezmann en soutien, avec une touche de folie : Carrasco à l’Atlético, Mbappé en équipe de France.



Comment vous jugez l’évolution de Didier Deschamps depuis que vous l’avez connu ?
Didier a toujours été un battant, il donnait tout sur le terrain, toujours à se dépouiller pour ses coéquipiers. Nantes, Bordeaux, Marseille, Juve, Valence... Il a un sacré vécu comme joueur, ce qui lui donne de la légitimité. Il accorde beaucoup d’importance à la solidarité, et ça se voit aujourd’hui dans son rôle de sélectionneur. Ces mecs sont des stars, et les faire bosser ensemble n’est pas forcément évident. Quand tu vois un jeune comme Rabiot... Il est à côté de la plaque quand il refuse la sélection ! Dans un match, on court beaucoup pour peu toucher le ballon, mais c’est ça le foot : faire les efforts pour les coéquipiers. Un esprit de sacrifice que Didier arrive à transmettre. Kanté a tout compris, les autres s’y sont mis, Pogba, Mbappé. Bravo Didier.



Ce bloc-équipe défensif, ce sens du sacrifice... Finalement, Didier Deschamps et Óscar Tabárez se ressemblent ?
« Je pense que Tabárez ressemble plus à Aimé Jacquet, dans le travail, la méthodologie. Et il n’a pas le vécu de joueur de Didier Deschamps. »
Un peu oui, même si je pense que Tabárez ressemble plus à Aimé Jacquet, dans le travail, la méthodologie. Et il n’a pas le vécu de joueur de Didier Deschamps. Mais il a réussi à fédérer, et il y a beaucoup de respect pour lui. Quand on voit Cavani s’approcher du banc quand il est remplacé (lors du match contre le Portugal) et qu’ils se prennent par les mains, il y a un grand respect dans cet échange. Dans un milieu instable comme l’est le football en Uruguay, il a réussi à trouver un équilibre autour de la Celeste, ce qui n’était pas simple du tout.

À quel type de match vous attendez-vous ce vendredi ?
Très fermé. La clef pour la France c’est ne pas encaisser de but en premier. Il faudra au contraire marquer vite pour les obliger à se découvrir. Éviter de perdre des ballons au milieu, car ils vont très vite en contre, et Suárez est un vrai diable, il peut tout faire tout seul. Cavani va manquer, mais Stuani, qui devrait le remplacer, va tout donner sur le terrain. Ils ne vont pas lâcher le morceau.





Propos recueillis par Alexandros Kottis
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