Une caméraUne caméra qui illustre les papiers contenant une vidéoPhylactèrePictogramme représentant un phylactère (bulle utilisée dans les bandes déssinées) servant à illsutrer les commentaires envoyés par les lecteursTrophéePictogramme représentant un trophée. Ce picto illustre la section résultats / classement de SOFOOT.com Logo FacebookIcone facebook faisant le lien avec la page Facebook de notre siteFlècheUne flèche servant à la navigation. Le sens de la flèche change en fonction du contexte où elle est utiliséeLogo Google +Lien vers notre page Google+Icone "Hamburger"Icone composé de trois lignes noires horizontales identiques, les unes au dessus des autres, servant à illustrer la notion de "menu".Logo, InstagramPetit appareil photo servant à lier vers notre page InstagramPouce vers le hautPictogramme représentant une main fermée en poing avec le pouce dressé vers le haut. Illustration de la notion de "like" des réseaux sociaux MoinsLe signe mathématique "moins" Appareil photoUn appareil photo qsui illustre les articles avec photoPlusLe signe mathématique "plus" LoupePictogramme représentant une loupe, illsutrant la notion de "recherche" sur le site.Répondre àUne flèche arrondie, pointant vers la gauche et servant à évoquer la réponse à un commentaireEtoileEtoile à 5 branches, illustrant la notion de "mise en favoris"Logo twitterPetit oiseau illustrant le lien vers notre compte Twitter
MATCHS 18 Résultats Classements Options
Abonne-toi à SOFOOT Boutique (Photos, T-Shirt, goodies, etc.)
  1. // Foot & BD
  2. // 100 ans du Bloody Sunday

« En Irlande, le foot gaélique est comme une seconde religion »

Le 21 novembre 1920, à Dublin, en pleine guerre d'indépendance, un match de foot gaélique s'est transformé en Bloody Sunday quand les forces britanniques ont ouvert le feu en représailles à l'assassinat de quatorze de leurs espions. Cent ans plus tard, avec la BD Croke Park, Sylvain Gâche et Richard Guérineau rendent hommage à cette enceinte mythique du sport gaélique.

Sylvain, vous êtes professeur de français et d'histoire, tandis que vous, Richard, vous êtes dessinateur. Êtes-vous aussi des amateurs de sport ?

Richard Guérineau : Honnêtement, je ne suis pas un grand sportif. Je ne suis pas non plus un grand spectateur de spectacles sportifs à l’exception du rugby, ce qui tombait bien. Je trouve que le rugby est fascinant à regarder. Pour son jeu complexe, mais aussi ce paradoxe de départ : il faut lancer le ballon en arrière pour avancer. Conceptuellement, c’est toujours un truc qui m’a fasciné.

Sylvain Gâche : J’aime bien le sport, même si à mon âge avancé, la grosse cinquantaine, je me suis interdit de beaucoup en pratiquer. Je suis très football à la base, même si je ne suis pas trop supporter. Comme Richard, je suis beaucoup plus proche de l'univers du rugby, même si j'ai pratiqué le volley-ball dans mes jeunes années.

J'ai lu dans la Nouvelle République que vous aviez songé à Richard pour mettre en vignettes votre histoire, mais sans vraiment y croire. Et pourtant...

SG : Quand Kris* m’a dit : « As-tu une idée de dessinateurs ? » , je lui ai immédiatement donné le nom de Richard, avant qu'il me fasse comprendre avec délicatesse que j’étais un auteur débutant, que Richard était une pointure, et qu’il n'y avait donc quasiment aucune chance qu’il soit disponible. Au bout de plusieurs mois, il m’a réclamé d’autres noms alors qu’il n’avait pas encore demandé à Richard. Il l’a fait pour que je le laisse tranquille, et quelques jours après, j’ai reçu un mail de Kris avec pour objet : «   Hiiiiiiyyyyyeaaaaaahhh   » . Lui-même n’y croyait pas, mais Richard a été séduit par l’histoire et le climat irlandais. À la base, il s'attendait à faire une ambiance ténébreuse avec de la brume et de la pluie, mais pas de bol pour lui, car il faisait très beau à Dublin le 21 novembre 1920.



RG : Pour Sylvain, c’était un énorme coup de bol. Il se trouve qu’il y a eu plein de facteurs qui ont fait que j’étais libre à ce moment-là. Mais aussi parce que le sujet m’a vraiment interpellé. J’avais très envie depuis plusieurs années de travailler sur l’Irlande des années 1920, la guerre d'indépendance, et l’IRA. C’est une époque qui me faisait très envie.

Vous êtes un féru de l’Irlande, Sylvain, c’est aussi ça le point de départ de cette BD ?

« L’IRA n’avait pas encore déposé les armes, donc il y avait une tension extrême. À Belfast, je me suis fait caillasser ma voiture de location, et je me suis fait suivre par un hélicoptère militaire car je m’approchais trop d’un quartier. »

SG : C’est vrai que c’est toujours un pays qui m’a fasciné. La première fois que j’y suis allé, c’était en Irlande du Nord, et j’étais avec une voiture immatriculée en Irlande du Sud. L’IRA n’avait pas encore déposé les armes, donc il y avait une tension extrême. À Belfast, je me suis fait caillasser ma voiture de location, et je me suis fait suivre par un hélicoptère militaire, car je m’approchais trop d’un quartier. On sentait une espèce d’oppression. En revanche, en Irlande du Sud, en tant que Francais, c’est assez extraordinaire, on s'assoit dans un pub, et en cinq minutes, il y a six personnes autour de vous avec une Guinness à la main. Puis c’est un pays où l’histoire est omniprésente, mais une histoire qu’on ne connaît pas. Dans l’enseignement, on ne parle jamais en histoire de l’Irlande, alors que c’est un conflit qui explique encore beaucoup de choses aujourd’hui, comme le Brexit.


Que saviez-vous sur le Bloody Sunday avant de travailler sur Croke Park ?

SG : En faisant les recherches préliminaires pour proposer un synopsis à Kris, j’ai pensé à Croke Park, et je me suis rappelé du Bloody Sunday de 1920, et ce match entre Dublin et Tipperary. Je connaissais juste le massacre de l’après-midi, je ne savais pas que les Anglais avaient été exécutés le matin. Je me suis alors dit : « Tiens, il y a un match de rugby qui a justement fait polémique car il a lieu dans le même stade. » C’est là que l’idée du rugby s’est imposée à moi, et les deux volets : 1920-2007, puisqu'en 2007, le match du Tournoi des six nations entre l'Irlande et l'Angleterre a eu lieu à Croke Park, alors qu'à l'origine, il est interdit de pratiquer des sports étrangers dans ce stade.



RG : Je la connaissais, mais alors très vaguement. J’avais entendu parler de l’histoire de ce massacre, mais pas du tout dans les détails. Concernant Croke Park, je me souviens aussi d’en avoir entendu parler en 2007, lors d’Irlande-Angleterre, mais je n’avais pas du tout capté que c’était un stade dévoué aux sports gaéliques.

Quand on parle de Croke Park, on pense surtout au rugby, alors qu’en 1920, il était question de football gaélique.

« Je me promets d’aller voir un match de football gaélique là-bas, et aussi dans nos clubs français, puisque la Ligue de Bretagne est importante, et à Bordeaux, il y a également deux équipes. »

SG : Tout à fait. C’est un sport que j’aime beaucoup, car je retrouve les mêmes gestes qu’au volley, notamment le service à la cuillère. Très peu de Français connaissent le foot gaélique, et moi le premier. Malheureusement, les deux fois où je suis allé à Croke Park, il n'y avait pas de match. Mais je rêve d'aller voir un match là-bas, car en Irlande, le football gaélique est comme une seconde religion. J'aimerais aussi aller dans nos clubs français, puisque la Ligue de Bretagne est importante, et à Bordeaux, il y a également deux équipes, ce que j’ignorais totalement.



RG : C’est pour ma part un sport que je connaissais très mal, voire pas du tout. J’ai donc découvert la complexité et le côté très étrange de ce sport mélangeant football, rugby et handball. Puis je me suis rendu compte lors de mon repérage à Dublin que dans les pubs, ils ne diffusent pas des matchs de football ou de rugby, mais bien du football gaélique, et les gens suivent.

Comment avez-vous trouvé cette enceinte lors de vos repérages ?

« Les guides racontent que Hill 66 a été construite avec les ruines d'O'Connell Street au moment de l'insurrection de Pâques 1916. Mais en fait, cette tribune a été construite en 1915. »

RG : Malheureusement, le stade n’était pas ouvert le jour où j’y étais. J’ai pu entrer dans l’enceinte, mais pas dans les tribunes.

SG : C’est gigantesque, et le stade est très beau, mais comme l’est le Stade de France. Il y a cette particularité de tribunes non couvertes comme la mythique Hill 16. Dans Croke Park, j’ai un peu aussi démystifié cette histoire, car quand vous faites la visite, les guides ramènent tout au nationalisme irlandais et racontent que cette tribune a été construite avec les ruines d'O'Connell Street au moment de l'insurrection de Pâques 1916. Mais en fait, cette tribune a été construite en 1915, donc ça ne colle pas.



Au début de l’histoire, dans un bar dublinois, un supporter français porte un maillot de l’équipe de France de football floqué Thierry Henry. Pourquoi ?

RG : Ça, il faut demander à Sylvain.

SG : Ce personnage, Antoine, est plutôt à l’origine supporter de foot. Il nous représente, le but c’est qu’il fasse le candide et qu’on lui raconte l’histoire de Croke Park. L’action se passe en 2007, donc il n’est pas encore question de sa main contre l’Irlande deux ans plus tard. Je voulais faire un petit clin d’œil pour les initiés parce qu’en tant qu’admirateur de l’Irlande, j’ai été outré par cet épisode, surtout quand on voit ce que l’équipe de France a fait après en Afrique du Sud.

  • Publiée aux éditions Delcourt, Croke Park est disponible en librairie depuis le 30 septembre.

    * Kris est un scénariste de BD. Il a notamment co-écrit Un maillot pour l'Algérie en 2016. C'est lui qui a créé en octobre 2020 la collection Coup de tête aux éditions Delcourt, dont est issu Croke Park.

    Propos recueillis par Maxime Renaudet
    Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.

  • Dans cet article


    Partenaires
    Foot.Fr : Boutique De Foot : Maillot, Survêtement, Chaussures, Ballons Pronostic Foot 100% Gratuits ! + de 100 Matchs analysés / semaine MAILLOTS FOOT VINTAGE Tsugi Olive & Tom
    lundi 30 novembre EuroMillions : 178 millions d'€ à gagner + 1 millionnaire garanti ce mardi 1
    lundi 30 novembre Maradona, Grosjean et Tyson sont dans la newsletter TTSF
    Partenaires
    Olive & Tom Pronostic Foot 100% Gratuits ! + de 100 Matchs analysés / semaine Tsugi MAILLOTS FOOT VINTAGE Foot.Fr : Boutique De Foot : Maillot, Survêtement, Chaussures, Ballons
    lundi 30 novembre Une fresque à l'effigie de Maradona sur une plage vendéenne 18
    lundi 30 novembre Une joueuse espagnole refuse de rendre hommage à Maradona 129 lundi 30 novembre D'après son médecin, Maradona était « ingérable » 41