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Nazon : « J'ai senti qu'il fallait sortir les tripes »

Opposée au Canada la nuit prochaine, la sélection d'Haïti a une occasion historique de rallier le dernier carré de la Gold Cup. Buteur face au Costa Rica en poules, Duckens Nazon (25 ans, qui appartient au club belge de Saint-Trond après une saison en prêt à Saint Mirren, en Écosse) assure que son équipe peut aller chercher le titre. Sur le terrain, comme en interview, le numéro neuf des Grenadiers aime bomber le torse.

Modififié
le 30/06/2019 à 01:00
Gold Cup

Vous êtes qualifiés pour les quarts de finale de la Gold Cup après avoir terminé premiers du groupe B en battant le Costa Rica. Qu’est-ce que ça te fait personnellement ?
Je suis fier de l’équipe. Cette victoire montre que l’on a du caractère et du répondant. Comme contre les Bermudes, on a encore réussi à changer la donne. On était menés et on a marqué deux buts pour gagner. C’est un truc de fou de le faire contre le Costa Rica, une grosse nation de notre zone.

Revenons sur le premier match face au Bermudes. À la mi-temps du match, vous étiez menés 0-1 et tu as pris la parole. Un moment fort.

Vidéo

En rentrant au vestiaire à la mi-temps, je vois des têtes baissées, alors je remotive les troupes parce qu’on ne peut pas baisser les bras comme ça. En matière de qualité, on est une bien meilleure équipe que les Bermudes - même si on a concédé quelques occasions. C’était impossible de perdre ce match. Je leur ai dit qu’on allait les bouffer, et c’est ce qu’on a fait en revenant sur le terrain. Ce discours, il reflète mon attitude. Des fois, je suis un peu dans l’agressivité. Et là, j’ai senti qu’il fallait sortir les tripes. C’est la guerre !

C’est ta deuxième participation à la Gold Cup après 2015. Comment la sélection a-t-elle évolué depuis ce tournoi où vous aviez perdu en quarts de finale face à la Jamaïque ?
On a un groupe beaucoup plus jeune, avec une moyenne d’âge qui doit être d’environ 23 ans. En 2015, on avait une équipe plus solide, mais cette année, ça joue davantage au ballon, je vois plus de qualités chez les joueurs.


La MLS, la Ligue 1, le championnat haïtien, indien, belge, dominicain, chypriote... Au sein du groupe, vous évoluez dans plein de pays différents en club.
En général, c’est difficile de trouver une osmose en sélection, car les dates des rassemblements FIFA sont assez courtes. Mais, là, cela fait déjà un mois qu’on est ensemble, il y a des affinités qui se créent, et sur le terrain, on commence à trouver des automatismes. Dans le groupe, on parle français, créole et anglais, et si quelqu’un ne comprend pas, il y a toujours quelqu’un qui peut traduire en anglais. À part deux, trois joueurs, tout le monde comprend le français.

Tu viens de Poissy, dans les Yvelines. Tu as grandi dans la culture haïtienne à la maison ?
J’ai grandi dans cette double culture franco-haïtienne. Mes parents parlaient créole, c’est pour ça que j’arrive à maîtriser la langue. Les plats haïtiens qu’on mangeait à la maison ? Tu as le riz sauce pois noir et sauce poulet. Et à chaque nouvel An, il y a la soupe Joumou, un mélange de poulet et de légumes, c’est le plat traditionnel en Haïti.

Quand est-ce que tu as allé à Haïti pour la première fois ?
C’était pour ma première sélection, en 2014. (il avait 20 ans, N.D.L.R.) Quand j’ai posé le pied en Haïti pour la première fois, après, je ne voulais plus repartir. Les gens sont accueillants. Il y a de la pauvreté, mais c’est un pays magnifique. J’y suis allé au moins une dizaine de fois et j’y retourne en vacances. Des fois, je poste des vidéos de l’Île-à-Vache, où l’eau est translucide, et les gens me disent : « Ce n’est pas en Haïti, c’est pas possible ! » Parce qu’ils ne voient que l’envers du décor à la télé.

Tu as déclaré dans une interview au Mouv’ que tu étais « un adolescent difficile » et on comprend que tu as baigné dans la délinquance...
J’ai été placé dans un foyer pour des problèmes judiciaires... Je ne vais pas m’étaler sur ça. J’étais déscolarisé. Pourtant, j’avais un bon niveau à l’école, mais bon, tu te fais influencer...

À quel moment ça a basculé positivement pour toi ?
Je pense que c’est le jour où j’ai fait pleurer ma mère. À la même période, un de mes potes - un de mes frères, même - a perdu la sienne, et là j’ai commencé à prendre conscience des choses. Je voulais rendre fière ma mère. J’avais dix-sept ans, je jouais au foot aux Mureaux. Lors d’un match, quelque part dans les Yvelines, une bagarre a éclaté sur le terrain à cause de moi. J'ai pris dix-neuf matchs de suspension.

Tu signes ton premier contrat pro avec Laval à 20 ans après avoir joué à Roye-Noyon (Somme) et l’Olympique Saint-Quentin (Aisne). En quoi ton parcours a fait de toi un joueur différent de celui qui est passé par un centre de formation ?

Ces années ont fortifié mon caractère. Je devais me gérer seul. Si je n’avais pas percé dans le foot ? Je sais juste que je me serais débrouillé parce que je suis un débrouillard dans la vie.

C’était comment ces années en amateur sur le terrain ?
Je m’épanouissais. À Roye-Noyon, c’était différent. Je joue un match, et après je pars en équipe B en Régional 1. Je voyais mes coéquipiers boire de la bière avant le match. Ils s’en foutaient de devenir footballeur pro. Moi, je pétais un plomb. Heureusement qu’il y avait ma femme qui venait des fois le week-end pour me réconforter parce qu’il y a des soirs où j’étais au bord des larmes. L’année d’après, je me suis repris en main en allant à Saint-Quentin. Et tellement j’ai tout pété en CFA 2, j’ai signé pro à Laval (en 2014-2015). Passer de la CFA 2 à la Ligue 2 à la mi-saison, c’est rare. Finalement, à Laval, ils ne m’ont pas donné ma chance jusqu’au bout. Pourquoi ? J’en sais rien.

Parle-nous de la chanson des supporters de Coventry City pour toi lorsque tu évoluais là-bas il y a deux ans, en D4 anglaise (League Two).
Ils chantaient « Feed the Duck and he’ll score » ( « Donnez à manger au canard et il va marquer » en VF) par rapport à mon prénom, et je plantais, je plantais, je plantais ! Coventry, c’est dans la banlieue de Birmingham. Un jour, après un match, je prenais le train pour aller à Londres avec ma femme et je croise un groupe de supporters après un match. Au début, j’étais gêné, mais après, j’ai chanté avec eux. Quand j’allais à la mosquée le vendredi, je les croisais souvent et on allait manger ensemble.




Revenons à ce quart de finale de Gold Cup. Tu es dans quel état d’esprit avant de jouer contre le Canada ?
On est déterminés parce qu’on est conscients de l’enjeu du match. Ce serait la première fois qu’Haïti atteindrait les demi-finales de la Gold Cup (en 1977, Haïti a terminé deuxième du championnat de la CONCACAF, l’ancêtre de la Gold Cup, qui elle est apparue seulement à partir de 1991 sous la forme d’un tournoi, N.D.L.R.). Le Canada qu’on va affronter en quarts, c’est un style de jeu à l’anglaise, un peu comme nous. Je sais que devant ça va aller vite et derrière c’est normal. (sic) Les États-Unis, on les a déjà accrochés, et le Mexique, ils ont été mis en difficulté par la Martinique. J’ai vu toutes les équipes jouer, avec le caractère qu’on a, on peut gagner la Gold Cup.

Avec le maillot de Saint-Trond.


Propos recueillis par Florian Lefèvre
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