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Samy Zarouri, du ballon à l'avocat

Nouvel avocat au barreau de Paris, Samy Zarouri (29 ans) a connu une trajectoire bien particulière : avant d'embrasser une carrière dans le droit, cet ancien milieu de terrain a connu le centre de formation du FC Nantes, jusqu'à ses seize ans, avant de devoir dire adieu au football. Entretien box to box avec un type qui a de la ressource, et une bonne dose de détermination.

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Combien de temps es-tu resté au FC Nantes ?
J'ai signé un contrat à treize ans. J'étais au centre de formation entre mes quatorze et mes seize ans, de 2004 à 2006. J'ai d'abord été en préformation, j'étais le capitaine avec les 14 ans fédéraux. Ensuite, je suis arrivé au centre de formation, à quinze ans, et puis ça ne se passait pas super bien, je me suis blessé en milieu de saison, une pubalgie, j'étais en fin de contrat, et ça s'est arrêté. Je jouais milieu de terrain central, défensif ou offensif, disons que j'étais polyvalent.

Comment as-tu été repéré par Nantes ?
Avant, j'étais à Ivry-sur-Seine, on jouait un U13 DH en Île-de-France. Tous les week-ends, il y avait des recruteurs qui venaient nous voir. On m'a dit plus tard que le PSG et Lens me suivaient. Le fait est qu'un jour, j'ai reçu une convocation pour aller faire un match de tests un mercredi dans le 77 (Seine-et-Marne), à Bussy. Tous les recruteurs du FC Nantes étaient là, et ils sont venus voir mon père dès la fin du match. Le vendredi, je signais.


« Le jour où je devais reprendre, j'ai fait une traction et j'ai entendu un craquement au niveau de mon bassin... »

Tu as dit qu'intégrer le centre de formation du FC Nantes t’avait « certainement sauvé la vie » . Dans quelle mesure ?
J'ai toujours grandi en cité, à Ivry-sur-Seine jusqu'à douze ans, puis à Vitry-sur-Seine. À cette époque, mes cadres social et familial étaient très compliqués avec des parents divorcés, et je me retrouvais en situation d'échec scolaire. La 3e générale m'a été refusée, et dans ma tête, je voulais arrêter l'école parce que je pensais qu'il y avait d'autres chemins qui s'offraient à moi. À cet âge-là, il y a une sorte de fatalité qui nous conduit à envisager des chemins comme la délinquance. Je voyais plutôt mon futur comme ça. J'étais assez révolté. J'ai finalement atterri à Nantes, et ça m'a sorti de mon cadre, ça m'a permis de m'investir dans autre chose. On a des heures d'aide aux devoirs, on est considérés... Ça apprend beaucoup de choses. On fait son lit au carré le matin, à l'entraînement c'est 14h et pas 14h02... La ponctualité, la façon de s'exprimer : ça m'a redonné un cadre, c'est certain. Je vivais au centre la semaine, et le week-end, j'étais accueilli dans la famille d'un de mes coéquipiers, en Vendée. C'était une expérience.

Tu as côtoyé des joueurs qui sont aujourd'hui pro.
Bien sûr. J'ai encore des contacts avec Koffi Djidji ou Jordan Veretout, et si un jour je passe par chez eux, on ira se boire un verre. Il y a Sofiane Hanni qui avait deux ans de plus que moi, Loïc Nego, Adrien Trébel avec qui je m'entendais assez bien, Robin Lafarge qui joue en D3 espagnole, Chaker Alhadhur, Jules Iloki, Erwin Zelazny, Anthony Walongwa... C'étaient des mecs un peu plus âgés, j'ai joué avec certains et je les côtoyais tous les jours au centre de formation. Makan Traoré (passé par le PSG, aujourd'hui à Bastia-Borgo en National), lui, était avec moi à Ivry. Et il y a d'autres mecs qui étaient des monstres, mais n'ont pas fait carrière, comme Aristote Lusinga ou Kevin Barré.


« Pour moi, le football, c'est un médicament, quelque chose de presque spirituel. Ça a été mon exutoire. »

Quitter Nantes, tu as vécu ça comme un échec ?
Non, je l'ai vécu comme une épreuve. Je n'avais pas le droit, avec les responsabilités que je m'étais mises dans la tête, de m'apitoyer sur mon sort. Il fallait que j'aille de l'avant ou que je trouve quelque chose. Je devais signer à l'ACBB (Boulogne-Billancourt) en U16 Nationaux. J'avais rencontré des chirurgiens et j'avais finalement fait des infiltrations. Le jour où je devais reprendre, j'ai fait une traction et j'ai entendu un craquement au niveau de mon bassin. Une douleur est revenue. Je n'ai pas pris ça comme un échec, c'est la vie. Si je voulais rester à Nantes ? Difficile de dire non. Je ne me suis jamais permis de rêver d'une carrière pro, parce que j'étais conscient du chemin et j'avais l'humilité pour me dire qu'il fallait beaucoup travailler. Mais en tout cas, je voulais continuer le football, je voulais intégrer un autre centre, et c'est pour cela que j'ai signé à l'ACBB. Pour moi, le football, c'est un médicament, quelque chose de presque spirituel. Ça a été mon exutoire. Sans le football, je n'en serais pas là où j'en suis aujourd'hui. Je m'imaginais mal arrêter, ça a été un sacrifice. J'ai tenté de reprendre en DHR, j'ai joué une demi-saison, mais je ne pouvais pas, je jouais à 20%, j'avais mal.

C’est à Nantes que tu as repris goût aux études, à l’école ?
À Nantes, j'ai redoublé ma 4e, j'ai réappris quelques bases : on est dans une relation particulière avec les profs, car on est cinq ou six par classe, ce sont presque des cours individuels. Quand j'ai quitté Nantes, je suis arrivé en 2de générale au lycée, j'avais presque l'impression d'avoir pris de l'avance sur mes camarades.

« Depuis mes 16 ans, j'ai fait énormément de sacrifices. Mon seul objectif était d'arriver au bout du tunnel. Je me disais que si je n'y arrivais pas, c'était la mort sociale. »

Et pourquoi as-tu eu l'impression de commencer « une guerre contre la vie » ?
J'ai adopté une mentalité très dure. Ma mère a aussi une santé assez fragile, j'ai perdu mon père en 2012 durant ma première année de fac, j'ai aussi une petite sœur, et je me suis dit qu'il ne fallait pas que j'échoue, que c'était à moi de tracer le chemin. Depuis mes 16 ans, j'ai fait énormément de sacrifices. Je me suis octroyé très peu de plaisir, et mon seul objectif était d'arriver au bout du tunnel. Je me disais que si je n'y arrivais pas, c'était la mort sociale. J'ai commencé à m'intéresser à plein de choses, des questions de société, d'histoire, de politique. Un oncle m'a conseillé de faire du droit. J'avais l'impression qu'il n'y avait que ça qui m'intéressait, mais je ne savais pas trop dans quoi je m'embarquais après mon bac ES. Lorsque mon père est décédé, je me suis retrouvé à dormir à droite à gauche et cela participait au combat dans lequel je m'investissais. J'ai passé la première année, et après, l'enjeu était de ne pas lâcher.


Tu as cofondé l’association Excelsior. De quoi s'agit-il ?
On a monté Excelsior avec un ami d'enfance, Gata Fofana, qui vivait avec moi dans le quartier Monmousseau, à la cité Amédée Huon. On faisait de l'aide aux devoirs à une dizaine de jeunes du quartier : très vite, la demande a explosé et on s'est retrouvés à 200 enfants inscrits au bout d'un an, on s'est pas mal impliqués là-dedans. C'était une super expérience, le but était de transmettre et proposer autre chose aux jeunes du quartier. À douze ou treize ans, on ne voyait pas trop d'alternative au chemin de la révolte, de la rébellion. Notre but était de proposer autre chose. On faisait des sorties pendant les vacances scolaires, on faisait des débats avec eux...

Tu as aussi récemment aidé l’US Alfortville dans son conflit avec la mairie de la ville.
J'ai soutenu l'US Alfortville parce que là-bas, les gens sont issus du même milieu social que moi, ils aiment le football comme moi. En somme, on se retrouve sur pas mal de choses. Je m'imagine moi enfant, si d'un coup mon club avait été privé de ses installations sportives, ça aurait été un drame. On espère vivement qu'une solution sera trouvée.


Est-ce que tu es susceptible d'être amené à travailler dans le sport ?
Pour l'instant, je suis spécialisé en droit de la construction, droit immobilier. Mais je ne ferme absolument pas la porte à cette branche. Ça reste toujours dans un coin de ma tête.

Tu rejoues un peu au foot ?
Je fais des five quand l'occasion se présente, mais en ce moment, c'est compliqué. C'est frustrant, parce que je me trouve moins bien que quand j'avais treize ans. (Rires.) Je me dis que jamais de la vie je ne retrouverai ce niveau. Et je ne peux jamais jouer à 100%, j'ai toujours mal. Je suis très nostalgique, c'est difficile de faire le deuil d'une carrière sportive. Mais je ne regrette absolument pas ma vie.

Quatrième joueur debout en partant de la gauche, avec le brassard.


Propos reccueillis par Jérémie Baron
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