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Dortmund : le mur jaune devant, marron derrière

Maintes fois érigé en mythe, le mur jaune du Borussia Dortmund renferme une part sombre, cachée derrière le masque du kop le plus chaud d’Europe. La présence de l’extrême droite au sein de la Südtribüne n’est pas nouvelle. Cela fait quatre décennies qu’elle a droit de cité, forçant le BvB à se hisser en parangon de la lutte contre les discriminations de toutes sortes. Un travail de longue haleine qui n’a, hélas, toujours pas atteint son but final.

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Écoutez l’épisode 5 de la série « Supporters » , série documentaire Audible Original, qui raconte la passion et la ferveur des tribunes de Dortmund.

Pas forcément le plus regardé en France, le football allemand a malgré tout quelques atouts dans sa manche pour se distinguer du reste du Big 5 : un spectacle de qualité, une pluie de buts à chaque journée, des saucisses et de la bière à tomber à la renverse, une billetterie abordable et surtout, des tribunes pleines. Enfin, pour ce point précis, c’était surtout vrai dans le monde d’avant, puisque aujourd’hui, comme ailleurs en Europe, les stades de Bundesliga sonnent creux. Et cela fait d’autant plus mal au cœur dans un temple du football comme le Westfalenstadion, le blase avec lequel les puristes du BvB appellent encore leur jardin malgré le naming Signal Iduna Park imposé en 2005. Combien de temps cela durera-t-il encore ? Nul ne le sait vraiment. Ce qui est sûr, c’est que la fin du huis clos et le retour du public s’accompagneront d’un goût plutôt amer. Et pour cause : au début du mois de novembre, le groupe ultra JuBos (pour Junge Borussen, les jeunes Borussiens en VF) a annoncé sa dissolution.


En plein confinement, la nouvelle a fait grand bruit dans le monde des tribunes d’outre-Rhin. Avec The Unity et les Desperados, les JuBos étaient l’un des trois groupes majeurs à animer la légendaire Südtribüne et ses 24 454 fans survoltés à chaque rencontre. Alors pourquoi une telle décision, surtout pendant une période où la pandémie loge tous les ultras à la même enseigne ? Y aurait-il un vol de bâche sous roche ? Non, selon le quotidien régional Ruhr Nachrichten, cette dissolution après quinze ans d’activité s’explique pour deux raisons. Premièrement, le groupe se sent affaibli dans sa mission principale : la lutte contre la commercialisation du football. Auteurs de plusieurs actions coup de poing, principalement sous la forme de boycotts et de banderoles, les JuBos ont toujours mis un point d’honneur à défendre l’aspect populaire et accessible à tous de leur sport. Mais force est de constater qu’au fil des années, la situation ne s’est pas arrangée et que le foot-business ne semble pas prêt à lâcher du lest. Ajouter à cela le manque de renouvellement des effectifs pour continuer le combat, c’est un sentiment d’épuisement qui est venu s'abattre sur le groupe, et le choix de déposer les armes, un point d’orgue inévitable.


La deuxième raison vient titiller un sujet traditionnellement sensible au sein des tribunes : la politique. Si les JuBos affirment qu’elle joue un rôle secondaire dans leur décision, celle-ci ne manque pas d’envoyer un signal inquiétant. Ces derniers déplorent en effet la menace constante qui émane de supporters d’extrême droite envers les fans antiracistes. Sans être formellement étiquetés à gauche, les JuBos ne se sont jamais cachés lorsqu'il fallait se positionner face à la peste brune. Le problème, c’est que ça ne plaît pas à une minorité de leurs camarades de tribune. Une minorité qui n’entend pas le rester.


« Le sang, le sang doit couler... »


La présence de l’extrême droite dans la Südtribüne ne date pourtant pas d’hier. Et pour vérifier l’adage selon lequel le football est un miroir de la société, son cheminement s’est fait en parallèle avec celui des néonazis dans les rues de Dortmund. Bastion social-démocrate fort (le maire de la ville arbore l’étiquette du SPD sans discontinuer depuis 1946), la cité de la Ruhr voit cependant son paysage politique se transformer à partir des années 1980 et particulièrement dans le quartier de Dorstfeld. C’est en effet dans ce district situé à l’ouest du centre-ville que naît en 1982 le Borussenfront, un groupuscule d’extrême droite porté par un homme au surnom sans équivoque : SS-Siggi. Siegfried Borchardt, dans le civil, jouit d’une telle notoriété qu’il possède sa propre page Wikipédia. En 1983, le journaliste de l’hebdomadaire Stern Gerhard Kromschröder, qui a réussi à infiltrer le groupe, annonce la couleur à travers le titre de son reportage : „Blut, Blut muß fließen... «  (Le sang, le sang doit couler...). Le Borussenfront est désormais connu dans tout le pays. Son programme : bagarres, ratonnades, distribution de cadeaux réservées aux enfants blancs... et football.


Pour l’extrême droite, les stades de football ont toujours constitué d’excellents viviers de recrutement. Et contrairement aux JuBos, les néonazis disposent d’une nouvelle génération loin d’être découragée à perpétuer l’héritage des anciens. Un héritage qui remonte à une époque où l’extrême-droite connaît une véritable renaissance en Allemagne, nombreux sont les micro-partis qui vont tenter de s'immiscer dans les scrutins électoraux. À Dortmund, SS-Siggi compte parmi les fondateurs de la section régionale du Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (Parti libre des travailleurs allemands, FAP, dissous en 1995). Mais la politique de ses sbires se pratique davantage dans la rue plutôt que dans la salle du conseil municipal. La preuve en 2014 : désormais candidat sous l’étiquette du parti Die Rechte (La Droite), SS-Siggi remporte un siège à la mairie pour la première fois, après de multiples condamnations qui l’ont empêché de mener correctement sa mission. Un siège qu’il abandonnera deux mois plus tard, officiellement pour raisons de santé. Toujours interdit de stade à l’heure actuelle, l’homme peut cependant se réjouir du fait que l’esprit de son Borussenfront continue d’exister, bien que son nom n’apparaisse plus parmi les bâches qui recouvrent la Südtribüne.

Fin de partie


À défaut de se regrouper sous une bannière officielle, les néonazis du mur jaune reprennent souvent la technique des nationalistes autonomes, qui consiste à agir dans l’anonymat (c’est-à-dire sans appellation officielle) et par petits groupes d’individus, afin d’éviter de trop se faire remarquer. S’ils ne sont pas nombreux (on parle de quelques dizaines à une centaine de membres selon les sources), les hooligans savent pourtant se faire remarquer. Selon les années, ils s’appellent tantôt North Side, tantôt 0231-Riot (une référence à l’indicatif téléphonique de Dortmund) et quand ils ne se battent pas dans la rue ou face à des supporters adverses, ils ont une mission à mener dans leur propre tribune : la dépolitisation. Et plus précisément : la dépolitisation de tout message considéré comme de gauche. C’est ainsi qu’en mars 2018, une trentaine de membres du North Side ont menacé une cinquantaine de jeunes ultras du groupe The Unity après un match de la réserve du BvB. Selon les Ruhr Nachrichten, ces derniers auraient été retenus par les hooligans après le coup de sifflet final, ceux-ci leur dictant les nouvelles règles qu’il entendaient édicter dans le kop. En gros : terminé les slogans antiracistes, antifascistes et antihomophobie. Quelques mois plus tard, à l’occasion de la réception du Bayern, les ultras sont forcés d’agiter la main en signe de soumission aux Northsiders. Parmi eux, on reconnaît deux figures de l’extrême droite locale : Sven Kahlin, emprisonné pendant sept ans après avoir mortellement poignardé (à l’âge de dix-sept ans !) un punk en 2005 et Timo K., un combattant de MMA qui, en 2012, allait malgré lui pousser la direction du club à siffler la fin de la partie.


Retour en arrière. À l’occasion de la première journée de championnat, le Borussia Dortmund reçoit le Werder Brême (victoire 2-1). En tribune, Timo K. agite une banderole sur laquelle on peut lire « Solidarité avec le NWDO » . NWDO, pour Nationaler Widerstand DOrtmund (Résistance nationale Dortmund), un groupuscule nationaliste autonome dissous la veille du match et sur les cendres duquel le parti Die Rechte, porté par SS-Siggi, allait se bâtir dans la foulée. L’occasion pour le président du BvB Reinhard Rauball de convoquer les médias et d’annoncer la création d’une task force. « Par cela, nous tenons à affirmer que nous ne considérons pas qu’il s’agit d’un événement isolé » , martèle-t-il. De quoi agacer l’auteur spécialiste de l’extrême droite Olaf Sundermeyer : « Le Borussia Dortmund sait depuis longtemps que les extrémistes de droite sont présents dans la Südtribüne. Mais jusqu’à présent, pour protéger son image de marque, il l’a toujours ignoré » , déplore-t-il alors dans les colonnes du Taz.

Une question d'image...


Bien avant les incidents de 2018, les néonazis avaient déjà fait parler les poings. En 2013 par exemple, lorsque deux agents de liaison entre les supporters et la direction sont passés à tabac par des membres du Borussenfront dans les toilettes du stade de Donetsk à la mi-temps d’un déplacement européen. Ou bien trois ans plus tard, lorsque le train spécialement affrété pour rejoindre Berlin et la finale de la Coupe d’Allemagne vibre au son des chants racistes et antisémites proférés par des membres du 0231-Riot, lesquels s’étaient approprié deux wagons au centre de la rame, quitte à en chasser les supporters qui y avaient une place réservée. De quoi utiliser les heures passées à soulever de la fonte dans les salles de gym pour faire régner un climat de terreur au sein des rangs jaune et noir et décourager quiconque souhaiterait dénoncer cette situation. Y compris parmi les ultras, dont le code d’honneur interdit toute collaboration avec les forces de l’ordre, et ce, peu importe leur couleur (plutôt à gauche chez les JuBos, plutôt à droite chez les Desperados, officiellement apolitique au sein de The Unity). Pas idéal pour aider à faire le ménage. Surtout quand des passerelles existent entre ultras et hooligans, avec comme liant la soif d’en découdre dans la rue.

Il fallait donc que la direction finisse par prendre ses responsabilités. Ne serait-ce que pour protéger « l’image de marque » évoquée par Olaf Sundermeyer. Parce qu’un club qui compte 850 fan-clubs officiels, vend 55 000 abonnements avant chaque exercice et cumule plus d’un million de spectateurs à domicile à la fin de la saison ne peut pas laisser quelques pommes pourries infecter le reste d’un panier regardé avec gourmandise par les yeux de tout le pays, voire du continent tout entier. La task force initiée à la suite du match d’août 2012 contre Brême a permis de changer de stratégie médiatique et de mettre davantage en lumière plusieurs initiatives de prévention et de sensibilisation contre l’extrême droite, tant historiques que culturelles. De quoi se voir récompensé en 2014 par la deuxième place du prix Julius-Hirsch (remis par la fédération) qui honore l’engagement sociopolitique dans le football.

Mais à l’image d’une ville dans laquelle l’extrême droite continue d’exister, la Südtribüne du Westfalenstadion n’est toujours pas parvenue à faire sortir le mouton noir du troupeau, et les gros bras de continuer à se tendre pour accompagner de glaçants « Sieg Heil! » Malgré l'auto-dissolution du 0231-Riot en 2017, en prévision d’éventuelles représailles de la justice, la légende du Borussenfront continue de faire parler d’elle. Et du côté de Dortmund, le futur retour du public au stade ne présage rien d’optimiste. Quelques mois avant la cessation des activités des JuBos, Michael Brück, un élu local d’extrême droite, publiait dans le numéro consacré à la politique dans le football de la revue N.S. Heute que « tous les supporters de droite [...] doivent s’organiser pour ne plus être dominés par une minorité de gauche. [...] Chacun doit donc réfléchir à la manière dont il peut se mettre au service de son club, au nom de la cause nationale. » Et Brück de se féliciter que « les discours politiques aient disparu, même dans la Südtribüne » et que « l’autoépuration ait mis fin à ce glissement vers la gauche » . Une manière de dire que le coup de pression du North Side a finalement fonctionné. Mais pour 99,9% des supporters du mur jaune, les choses étaient déjà claires : le proverbe « chien qui aboie ne mord pas » ne se vérifie pas toujours.



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