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Diego Rigonato : « Le plus difficile était de mentir à ma famille »

Leader de Ligue 2, Diego savoure la belle saison rémoise et son parcours. Une satisfaction d’autant plus forte que le milieu offensif brésilien de 29 ans revient de loin après un calvaire hongrois.

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Le Vieux Continent, un rêve pour la majorité des jeunes footballeurs sud-américains. Mais pour y parvenir, tous ne suivent pas une trajectoire à la Ronaldo, parti du Brésil à 17 ans en provenance de Cruzeiro après une saison exceptionnelle, pour rejoindre le PSV Eindhoven aux Pays-Bas. Tous n’ont pas son talent et doivent passer par des pays où, même si le niveau est moindre, l’acclimatation est beaucoup plus rude. À l’époque, le jeune Diego Rigonato Rodrigues espère un parcours idéal. Né à Américana, ville située dans le sud-est du Brésil, il fait partie des jeunes du prestigieux club de São Paulo, mais il n’y reste que deux ans : « Je suis passé par beaucoup de clubs, et à chaque fois, c’était le même problème : trop petit, pas assez costaud.  » Le jeune garçon veut arrêter le football, mais son père, ancien professionnel à Guarani, refuse : « Je n’ai pas pu réaliser mes rêves, donc c’est à toi de le faire. » Le paternel s’est reconverti dans le textile. Malgré son travail de nuit, il achète une voiture et décide de l’emmener faire des essais, en vain.

Souffre-douleur, toilettes et promos


Encore mineur en 2006, il tente alors de rallier l’Italie pour y percer, sans succès. Il faut sortir le bleu de chauffe et tenter sa chance en Europe de l’Est. Ça fait beaucoup moins rêver. L’ado a la frousse et ne veut pas quitter sa mère : «  C’était un des moments les plus difficiles de ma vie. Aller en Hongrie, tout seul à même pas 18 ans. Je ne parlais pas anglais et puis rien n’était confirmé, c’était juste pour des essais. » S’il veut devenir footballeur, Diego doit sécher ses larmes avant l’atterrissage en Autriche. Il doit y rejoindre son agent avant de rallier sa destination. Suspect, Rigonato est arrêté par la police dès sa descente d’avion : « Ils m’ont demandé de vider mes sacs. Il n’y avait rien à part les biscuits et mes habits préparés par ma mère. » Rien de compromettant donc. Après ce sympathique comité d’accueil, le jeune homme, perdu, tend au policier le numéro de son agent : «  Non, non ! On ne peut pas appeler ici  » , lui répond-on. Après neuf heures d’attente, son représentant finit par arriver. Les deux hommes prennent la route direction Sopron, ville d’un peu plus de 60 000 habitants, située dans le nord-ouest hongrois.


L’agent laisse Diego dans un petit hôtel insalubre, dont une partie des occupants sont footballeurs comme lui, de toutes nationalités, certains viennent même d’Italie. Qui aurait pu croire que des Transalpins auraient besoin de s’exiler si loin pour jouer au foot. Dans la bâtisse règne une mauvaise ambiance, c’est la loi du plus fort, les crapules s’imposent, les plus réglos veulent plier bagages. C’est un petit jeune, une proie facile, le souffre-douleur idéal : « Certains mangeaient, buvaient de l’alcool et appelaient dans leur pays, puis mettaient tout ça à mon nom. Ma dette s’accumulait. » Sur le terrain, ses performances sont bonnes, mais il ne reçoit jamais de convocation pour les matchs le week-end. C’est l’incompréhension. Le jeune Brésilien craque et appelle son agent : « Ça fait plusieurs mois que je suis là, j’enchaîne les entraînements, rien n’arrive et le toit de mon hôtel va me tomber dessus. Je veux rentrer au Brésil ! »


La réponse est cinglante : « J’ai payé ton billet d’avion. Demande à ton papa qu’il me rembourse.  » Diego plie bagage, laissant sa note impayée : « Je me suis retrouvé dans une petite maison où vivaient trois autres joueurs. Je pleurais toute la journée. Je n’avais pas d’argent, même pas pour manger. » Le garçon a provisoirement la paix, mais son lieu de vie est misérable : « Je dormais dans une chambre qui ne faisait même pas ma taille. C’étaient des toilettes dans lesquelles était installé un petit lit pliant. Ils ont été obligés de le casser pour le faire rentrer. J’utilisais ma valise comme coussin. Je ne pouvais pas bouger sinon ma tête tapait contre le mur. Dans ces moments-là, j’avais ma bible et je parlais avec Dieu. » Apaisé par le Seigneur, Diego n’en reste pas moins un homme en colère. Deux jours qu’il n’a rien mangé. Mc Donald est alors son seul refuge : « Parfois, je profitais des promos : quatre sandwichs pour 3 euros. J’en mangeais un par jour, mais je n’avais pas de micro-ondes pour les réchauffer. »

De Budapest à Tours


Impossible d’avouer ses déboires à sa famille. Sa mère le pense en Europe, heureux, en sécurité, en train d'accomplir son rêve : « Le plus difficile pour moi était de mentir à ma famille. Appeler maman et lui dire : "Je suis très bien ici, c’est trop bien l’Europe." » Un vendredi, le voilà seul à maison, le ventre vide et sans argent. Impossible d’appeler sa mère. Elle a déjà dû débourser 3000 reais (environ 800 euros) de téléphone à la suite des appels du fils en PCV. « Jésus Christ s’il te plaît, fais-moi signe. Je suis mort ! J’ai faim ! » Fervent catholique, il prie, regarde par la fenêtre et voit quelqu’un passer. Il bredouille quelques mots : « Excusez-moi, je suis tout seul, je suis brésilien. Est-ce que je peux appeler mon pays s’il te plaît ? » « C’est 100 euros ! » Il déchante. L’homme embraye : « Viens ici ! » « J’avais peur? » Mais l’inconnu, touché par sa détresse, lui propose d’utiliser son ordinateur pour skyper : « Tu peux parler à ta maman autant que tu veux. » Il n’est plus question de fierté ni d’ego : « Maman, je vais prendre mon passeport et dire au mec qui m’a amené que je veux rentrer. Je ne peux pas rester comme ça. » Choquée, sa mère se charge elle-même de contacter son représentant.


L’agent arrive sur le palier de sa chambre : « Toi, tu dors là ? » L’homme brise l’unique fenêtre de la pièce : « Quand j’ai appelé les mecs, ils m’ont dit que tu étais à l’hôtel et que tu étais occupé et que c’était pour ça que tu ne pouvais pas me parler. » Excuses très légères ou prise de conscience tardive : « Fais tes valises, on part. Même un chien ne pourrait pas dormir ici. » Ils prennent la route direction Budapest pour rejoindre le prestigieux Honved. Diego s’entraîne avec l’équipe. C’est son heure. Le coach lui propose de disputer un match amical le lendemain de son arrivée. Le milieu offensif brille, et le président lui offre un contrat de 5 ans pour 1000 dollars par mois. Il lui faut faire 1h30 de trajet pour aller à l’entraînement, mais désormais, le Brésilien peut compter sur la présence d’un allié de poids, sa femme Ana Paula qui l’a rejoint, mais dans un pays conservateur, les étrangers sont rarement les bienvenus : « Un jour, on avait un derby et je suis rentré en train avec ma femme. Il y avait tous les supporters adverses. Les gens ont commencé à nous insulter. Je lui ai dit de ne pas bouger. Ils étaient plus de 30. "Qu’est-ce que tu fais là ? Tu es en Hongrie juste pour avoir un visa ?!" » Mari et femme s’en tirent sans dommage.


Le rêve peut enfin débuter : « Pendant trois ans à Budapest, j’étais considéré comme la petite étoile du club. » Diego y remporte une coupe de Hongrie, puis s’envole, direction Tours, en France en 2010. Au TFC, pensionnaire de Ligue 2, il y retrouve son ancien coéquipier à Budapest, l’Ivoirien Abraham Guié Guié. Après deux saisons pleines, Reims lui ouvre les portes de l'élite. Depuis, il y coule, malgré une grave blessure en 2013 et une descente en Ligue 2, des jours heureux avec épouse et enfants : « Hier soir, j’ai dit à ma femme : "On va prendre l’avion pour aller à Budapest et on va manger dans tous les restaurants qui nous faisait envie à l’époque et on va loger dans un hôtel cinq étoiles." » Et ce coup-ci, il paiera la note à la fin.

Par Flavien Bories Tous propos recueillis par FB
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