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Didier Deschamps, dessinez-nous une croix de Lorraine !

Ce soir, le pays va retenir son souffle. Pourtant, contrairement au drame bulgare, il ne sera pas ici question de choc ni de surprise, tant la catastrophe semble déjà actée dans les esprits. La France a de toute façon le moral en berne et son foot se révèle finalement bien à son image, quoi qu’en pensent les prophètes du déclin tricolore. Et comme en 1940 ou en 1961, elle attend son sauveur. Notre République, faute de monarque, se tourne alors naturellement vers un sélectionneur national perdu au milieu des ruines, en espérant qu’il rencontre l’histoire et écrive la nôtre. Si seulement Philippe Séguin pouvait encore être des nôtres pour voir ça.

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Alors que même les 11 novembre n’y parviennent plus, Didier Deschamps implorait « l’union nationale » avant le match aller. Pascal Praud dressa en retour sur i-Télé, avec un sens certain du buzz programmé, le constat d’un «  pays réel » en rupture avec les Bleus : « Il y a plein de gens qui n'aiment plus l'équipe de France et non seulement ils ne l'aiment plus mais ils la détestent ! » . Une bonne ambiance années 30, à la Stavisky. Que voulez-vous, en 2013, l’Hexagone regarde encore et toujours vers les Bleus avec l'œil patriotique d'un lendemain de Libération, phase CNR. Nous étions tous résistants et patriotes en 1944. Et tous gaullistes…

Didier Deschamps, Laurent Blanc ou même Raymond Domenech ont été confrontés à ce paradoxe toxique dans l’exercice de leur fonction. Cet écart entre le quotidien de leur travail et leur quasi statut de serviteur de l’État. L’opinion réclame ainsi des sélectionneurs qu’ils incarnent la figure rassurante et autoritaire d’un de Gaulle du ballon rond, capable de rassembler par-dessus « les partis » , d’affronter les crises (du coup d’État d’un « quarteron de généraux en retraite » au coup de jeunesse des « anarchistes allemands » ) et surtout de maintenir le rang, voire l’honneur de Marianne dans le monde (ce qui est beaucoup moins le cas pour le rugby ou le hand).

Le Pen et l'ultralibéralisme du foot

Ce besoin est d’autant plus accentué qu’aujourd’hui, la « nation » traverse une bonne déprime. Plateaux télé ou émissions anxiogènes, sortie très médiatique du livre L’identité malheureuse de Finkielkraut qui pleure « la vraie France » d’avant le multiculturalisme. D'avant les Bonnets rouges et leur régionalisme patronal. D'avant les clubs pros qui tentent la fronde fiscale. Sans oublier ces agences de notation qui nous rappellent la dégringolade de notre économie dans le capitalisme « today » pendant que les djihadistes kidnappent nos ressortissants… Un sombre puzzle au milieu duquel le 2-0 à Kiev devient une pièce de trop à caser… Marine Le Pen l’a bien senti, ou on lui a mis le nez dessus, et elle a parfaitement su utiliser le rejet de « l’ultralibéralisme » dans un foot obnubilé par « l’appât du gain » pour mieux distiller les traditionnels doutes du FN envers la qualité d'être français, ou le droit de l’être, des premiers concernés, « qui d'ailleurs se moquaient manifestement du fait de représenter la France. »

Bref, la France ne s’aime plus, et même les nationalistes finalement passent plus de temps à la désosser qu’autre chose. Et ce qui reste d’intelligence à gauche, d’Emmanuel Todd à Régis Debray, sniffe la nostalgie pour se tenir éveillée. Elle n’aime plus ses présidents d’ailleurs, comme autrefois dans l’admiration/répulsion d’un Mitterrand ou du Général. Alors le peuple voudrait que son foot témoigne d’une affection un brin désuète envers cette patrie qu’il ne déploie plus au jour le jour, faute de temps ou d’envie, ou y percevoir simplement un écho flatteur de sa fierté d’antan. Quand tout le monde exige le patriotisme (fiscal, sentimental, ou bien culturel) qu’il ne pratique pas lui-même avec assiduité, nous demandons fort à propos à nos concitoyens à crampons un petit supplément d’âme et de prestation de service indexé sur leurs revenus.

Juste bosser avec une génération décevante


Sauf que dans le foot actuel, le sélectionneur national ne peut finalement qu’épouser le destin d’un René Coty, un président de la IVe (la maudite) dépourvue de véritable pouvoirs, contraint de toiser l’incompétence de ses contemporains face aux drames du moment et finalement d'être une victime passive des circonstances qui le dépassent. Avant de pondre de grands débats sur l’immigration ou les pseudos chantages à « la France aime la ou quitte la » (dédicace au MIL –ou quand les gaullistes pondaient les slogans du FN avec vingt ans d’avance), il faut savoir que l’EDF résulte du système global du foot français et de ses divers acteurs. Fabriqués en centres de formation comme des pièces à vendre à l’export, remis entre les mains d’agents qui ne gagnent de l’argent que lorsqu’ils multiplient les transferts, les footeux « bien de chez nous » considèrent depuis belle lurette l’amour du maillot comme un argument de comm' pour journalistes accrédités, et l’équipe de France comme un opportunité de « réussir quelque chose » (on devient bien ministre entre deux conseils d’administration dans le privé). Quand les Bleus s’avèrent moyens voire médiocres, ils passent à autre chose, à l’instar de tous ces brillants énarques de cabinets ministériels, ceux qui se recasent très vite après un remaniement gouvernemental. Et enfin évidemment, dans le « rôle » du Parlement qui désigne puis s’en lave les mains, une FFF trop « petite » pour l’enjeu de « ce monde » .

Didier Deschamps possède de fait une bien autre conception de son métier à laquelle semblent rêver les 82% de Français qui, à en croire les sondages, n’accordent plus leur faveur aux Bleus. Il essaie de se qualifier avec les types qu’il a sous la main. En gros de bosser avec une génération décevante. Il reste juste à en informer le pays, ce que la presse a souvent omis de faire. Surtout, plus que Knysna, le foot français ne semble pas réussir à sortir de l’ombre de 98 et des rêves éternels de grandeur que charrient le 12 juillet. La roublardise gaulliste laissa imaginer à la France vaincue de 1940 qu’elle restait un des 5 « grands » (le réveil s’avère d’autant plus douloureux sous François Hollande que ses prédécesseurs maintenaient l’illusion aussi vivante que possible). Didier Deschamps n’a malheureusement pas de siège au Conseil de sécurité de l’ONU ni de dissuasion nucléaire pour donner le change.

Par Nicolas Kssis-Martov
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