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Di Marzio : « Si mon téléphone n’a plus de batterie, c’est fini pour moi »

Sa réputation a depuis longtemps dépassé les frontières italiennes. Gianluca Di Marzio, journaliste de Sky Italia, est la référence internationale en matière de mercato, il raconte son parcours et ses méthodes.

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Il n’y a pas de Gianluca Di Marzio sans Gianni Di Marzio. C’est votre papa certes, mais c’est surtout un ancien entraîneur et recruteur réputé.
C’est la vérité, on me dit parfois que je suis un pistonné, mais je pense avoir eu beaucoup d'avantages de mon nom de famille grâce au respect que mon père a obtenu dans le monde du foot. Quand j’appelle des directeurs sportifs, notamment ceux de sa génération, ils savent que je suis son fils et me voient toujours d’un bon œil, car ils avaient une bonne relation avec papa.

Il a été plus coach que recruteur ?
Oui, il a commencé tôt, à 32 ans, et à 37, il entraînait le Napoli en Serie A. Après, il est devenu directeur sportif et talent-scout, notamment à la Juventus. Le foot s’est toujours invité à table dans notre famille, il m’a transmis non seulement ses contacts, mais aussi la passion pour les secrets du monde du foot, surtout quand il était directeur sportif, car quand il coachait, j’étais trop petit, j'allais dans les vestiaires, je voyais les dynamiques, mais je ne réussissais pas à les approfondir mentalement.
« Le plus important n’est pas de se créer un réseau, mais de savoir le préserver, gérer les rapports de la bonne façon afin qu’on vous fasse confiance. »
En revanche, je l’ai suivi dans son autre fonction, dans les box du fameux « calciomercato » , c'est là que j’ai voulu découvrir l’envers du décor. La seule chose qu’il n’a pas fait, c’est de me trouver un scoop et j’en suis fier. « Je peux t'ouvrir des portes, mais tu t’appelles Di Marzio, tu dois te faire respecter et tu dois tracer ta propre route » , me disait-il. C’est un signe de grand respect pour mon travail, cette fiabilité que j’ai bâtie dans le temps, c’est grâce à ma façon de me comporter. Le plus important n’est pas de se créer un réseau, mais de savoir le préserver, gérer les rapports de la bonne façon afin qu’on vous fasse confiance.

Est-ce un équilibre difficile à trouver ?
Très, car il y a parfois des rapports d’amitié et on peut me confier une info avec la promesse de ne pas le dire. Si un collègue le découvre et l’annonce peu après, c’est ennuyeux, mais il faut toujours tenir sa parole, même si cela vous coûte un scoop, car ça paye sur le long terme. Ce n’est pas l’info du jour qui compte, mais les cent que vous obtiendrez ensuite.


À quel moment décidez-vous de miser sur le mercato ?
J’ai bossé à Tele + qui a ensuite fusionné avec Stream pour devenir Sky Italia. On m’envoyait avec Martina Maestri, qui était alors une des journalistes bord-terrain les plus connues, pour apprendre.
« Les dirigeants me saluaient instantanément, car j’étais venu dans leur stade quelques années auparavant avec papa, ils me donnaient directement les scoops. »
Les dirigeants me saluaient instantanément, car j’étais venu dans leur stade quelques années auparavant avec papa, ils me donnaient directement les scoops, et de retour à la rédaction, Martina a dit : « C’est inutile que j’y aille, il peut assurer tranquillement tout seul, c’est lui qui a les contacts et qui trouve les scoops. » Voilà comment ça a commencé, au début, il n’y avait pas d’émissions, juste des mises à jour lors des journaux télé. C’est en 2006 qu’on l’a inventée, les télés locales en faisaient et en font toujours, mais ça dure des heures et ça parle de tout.

Il y avait des doutes sur le succès de Calciomercato, l’originale ?
Oui, car Sky est une plateforme d'événements, pas de talk, elle vit grâce aux exclusivités, les gens payent pour voir le match, donc vous ne pouvez pas proposer la même chose qu’une télé locale. On s’est distingué grâce à notre fiabilité, mais aussi la légèreté du format, les génériques différents, les choses originales qui servent de contour aux infos qu’on donne.

Vous vous êtes adaptés au public ?
Ça a changé quand Sky Sport 24 est né avec des journaux en continu, on devait parler de mercato tous les jours, toutes les heures et non plus attendre 23h. Maintenant, dès midi, il faut raconter le déroulement de certaines négociations, les curiosités, les détails. Un téléspectateur qui a entendu parler d’Alisson à Liverpool toute la journée attend de nous une info exclusive sur comment cela s’est passé.


Vous avez également un site internet et une appli qui portent votre nom.
On m'a conseillé oui, et j'ai aussi misé dessus parce que quand je donnais une info, elle pouvait être reprise deux minutes plus tard par un site et interprétée à leur façon, ça pouvait me mettre dans l’embarras.
« J’ai été un des premiers à miser sur Twitter et Facebook. Et mes rédacteurs ne font pas juste du copier-coller, ils cherchent des exclus concernant les divisions inférieures, le foot étranger. »
C’est donc aussi une sorte de tutelle, ce qui sort de mon site est contrôlé par moi ou mes gars. Cela a eu du succès grâce aux réseaux sociaux, j’ai été un des premiers à miser sur Twitter et Facebook. Et mes rédacteurs ne font pas juste du copier-coller, ils cherchent des exclus concernant les divisions inférieures, le foot étranger, racontent leurs histoires, se créent leur propre réseau. C’est presque devenu un journal. Sky s’adresse à moi quand ils ont besoin de remplaçants estivaux à la rédaction ou de stagiaires et tous ont eu des débouchés. C’est devenu leur « cantera » , car ils suivent un style et sont maniaques.

Vous êtes au courant que la tendance depuis quelques années, c’est d’attendre votre confirmation pour décréter la crédibilité d’une info mercato ?
C’est une satisfaction et une marque de fabrique, les fans savent que si je dis une chose, c’est que je l’ai checkée mille fois. Je veux toujours être premier sur un scoop, mais même si j’arrive deuxième, pour les gens, l’important c’est que je confirme. On n’a jamais rien inventé, on peut juste faire confiance à la mauvaise source, tandis que les clubs ne disent pas toujours non plus la vérité. D’ailleurs, s’ils bluffent et démentent une info finalement vraie, la prochaine fois, vous l’annoncez quand même.

Quel est l’intérêt pour les clubs de faire fuiter leurs infos ?
« En juin, on m’a envoyé en DM une photo de Darijo Srna qui dînait à Cagliari, on m’a juste dit de ne pas donner le nom du resto. Je suis content qu’on me considère comme un ami de confiance à qui on fait une faveur. »
Ça leur permet de montrer aux supporters qu’ils sont actifs, surtout quand ils sont contestés, mais si les négociations viennent de commencer, ils vous demandent parfois de temporiser, de ne rien annoncer d'officiel pour éviter de faire mauvaise figure. D’autres fois, ils ne disent rien, mais vous, vous êtes au courant ainsi que d’autres collègues, et vous devez donner l’info. Et puis il y a ceux qui vous répondent juste : « Bravo, tu as trouvé ! » La majorité tend à ne pas vous envoyer vers de mauvaises pistes, mais ça a changé. À une époque, ils donnaient des noms, maintenant ils confirment ou infirment, alors il faut compter sur les agents, les amis, les chauffeurs. Le truc incroyable, ce sont les réseaux sociaux, les sources sont maintenant des personnes qui ne font pas partie du monde du foot, même s’il y a beaucoup de bluffeurs. En juin, on m’a envoyé en DM une photo de Darijo Srna qui dînait à Cagliari, on m’a juste dit de ne pas donner le nom du resto. Je suis content qu’on me considère comme un ami de confiance à qui on fait une faveur.

Vous avez d’autres exemples ?
Pour Tévez à la Juve, un plongeur d’un resto londonien m’avait écrit un mail à 4h du mat me disant qu’il avait vu Marotta, Paratici, Tévez et son agent et que je n'avais juste qu’à checker. Je l’ai fait auprès d’eux, j’ai vu leur réaction et j’ai compris que c’était vrai. Les scoops viennent des personnes communes même si ça crée de la confusion. Parfois, vous perdez plus de temps à vérifier la véracité d’une info qu’on vous a donnée plutôt qu’à en trouver une vous-même. L’an passé, un gars m’a écrit : « CR7 au Milan ! J’ai entendu Mirabelli parler au téléphone avec Mendes ! » Le mercato est fou, tout est possible, mais voilà, il y a beaucoup d’ « insiders » sur les réseaux sociaux, ils vous aident, mais vous compliquent aussi les choses.



L’actualité du Calciomercato est devenue aussi voire plus importante que celle du résultat d’un match.
Il y a trois ans, la Juve avait perdu son premier match de championnat à domicile contre l’Udinese, et son directeur sportif Fabio Paratici m’avait dit : « Ici, les gens veulent savoir si on prend Draxler, mais ils s’en foutent de notre défaite, alors que ça pourrait nous coûter cher en fin de saison. Vous avez réussi à les intéresser autant qu’à un match.  » Et c’est vrai, l’audimat de nos émissions est identique à celui d’une rencontre.

Ça ne vaut que pour l’Italie ?
« Ils ont tellement été habitués à lire tout et n’importe quoi sur les tabloïds qu’ils me voient comme un interlocuteur privilégié. »
En analysant les réactions à la suite des infos que je donne sur Twitter, je me suis rendu compte qu’en Angleterre, ils sont fous du Calciomercato. Ils ont tellement été habitués à lire tout et n’importe quoi sur les tabloïds qu’ils me voient comme un interlocuteur privilégié. Quand j’ai annoncé Alexis Sánchez à Manchester United et que ça s’est fait, ils m’ont vu comme comme un dieu. (Rires.) La Turquie aussi est complètement accro. D’ailleurs, j’aimerais bien un jour faire une émission internationale sur le mercato, un genre de SuperLeague avec les infos sur les 10/12 meilleures équipes diffusées dans plusieurs pays, je suis sûr que ça fonctionnerait.


C'est une activité très chronophage, vous réussissez à décrocher ?
L’été, c’est compliqué. J’ai maintenant deux enfants, le matin je me consacre à eux, mais mentalement c’est difficile. Ça me fait même un peu peur, je me demande si un jour je vais retrouver le sommeil ou si c’est devenu une maladie et que mon cerveau va trop vite. D’un autre côté, quand je n’aurai plus cette obsession de comprendre, je changerai de secteur.


Vous êtes un « malade du scoop » ?
Attention, je ne vends pas de rêve, si vous voulez entendre que Zlatan revient au Milan, il faut aller chez quelqu’un d’autre, car moi, je vais vous dire qu’il gagne trop et que ce n’est pas possible. Parfois, je passe pour celui qui éloigne les désirs des clubs, mais je préfère ne pas créer d’illusions. Si un soir, je n’ai pas de nouveautés sur le Milan, je n’en parle pas et je parle du Chievo ou de la SPAL. Tumminello à l'Atalanta vaut autant que Cancelo à la Juve.

L’an passé, ESPN vous a classé 39e parmi les personnes les plus influentes du monde du foot, vous conditionnez le marché des transferts ?
« On m’a reproché de donner une info au mauvais moment et d’avoir permis à un autre club de s’insérer. »
Je ne sais pas, mais j’ai pu faire annuler des opérations. On m’a reproché de donner une info au mauvais moment et d’avoir permis à un autre club de s’insérer, d’avoir fait monter les enchères, d’avoir provoqué la réaction des supporters. Mon influence se situe ici, on en a reçu des coups de fils menaçants de la part de présidents au bout du rouleau qui disaient qu’ils ne nous donneraient plus d’infos. Et on les comprend, ils jouent leur argent et leur réputation.

De quoi se remettre en question ?
Non, mais c’est différent quand il y a une vraie relation de confiance. Par exemple, Higuaín à la Juve, je l’ai su bien avant, mais vu que c’était compliqué d’un point de vue de la sécurité publique, je l’ai gardé pour moi et j’ai attendu le bon moment quand c’était certain qu’il n’y avait plus moyen de faire machine arrière. J’ai aussi le scrupule de ne pas faire louper des opérations à des amis, si tant est qu’on puisse utiliser ce terme dans le monde du foot.

Ce sont tous des amitiés de circonstance ?
La majeure partie oui, même s’il y en a avec qui on se voit en compagnie de nos familles. Moi, je suis sur Sky, je suis celui qui annonce : « Gros coup du Milan, de la Juve, etc. » , et donc on vous congratule, car vous dites bien les choses.


Vous avez aussi dédouané l’utilisation du téléphone à l’écran.
C’est vrai, mais je ne le fais pas pour me la raconter.
« Je dois avoir 6000 contacts, si je n'ai plus de batterie, c’est fini pour moi, même quand je prends l’avion et qu’il n’y a pas de wifi, je stresse à l’idée qu’une info importante puisse sortir durant mon vol. »
Je dois avoir 6000 contacts, s’il n’a plus de batterie, c’est fini pour moi, même quand je prends l’avion et qu’il n’y a pas de wifi, je stresse à l’idée qu’une info importante puisse sortir durant mon vol. Régulièrement, j’envoie des messages standards à ma centaine de contacts favoris : « Du nouveau ? Qu’est-ce que tu fais ? » Whatsapp est fondamental, on a un chat avec tous les collègues dans les hôtels de Milan qui transmettent les infos ou confirmations en direct, il s’agit d’être le plus à jour possible. Sans oublier qu’il y a des directeurs sportifs qui ont le chic de m’envoyer des messages quand je suis à l’antenne et qu’ils me regardent à la télé avec un ami, leur femme ou leur maîtresse, ça les enflamme de pouvoir me faire dire une chose en direct. (Rires.)

La réduction de la période du mercato, tout du moins en Italie, c’est une bonne nouvelle pour vous ?
Oui, d’autant que je commente aussi les matchs, je dois en être à 5000 ou 6000 depuis 1993. Je ne sais pas combien de temps je durerai avec le stress et ce rythme, je finirai par m’épuiser et perdre en lucidité, et ce sera le moment où des plus jeunes prendront le témoin.

Vous avez pensé à devenir agent ?
Beaucoup me disent de venir travailler avec eux, mais je n’ai jamais eu cette étincelle d'adrénaline pour dire « Je change ! »
« Je dis toujours à certains directeurs sportifs de ne pas se refermer comme des huîtres, d’instaurer une collaboration avec au moins un journaliste par médias. »
Je pense plus au poste de directeur sportif pour voir si je peux mettre en pratique ce que j’ai appris de l’autre côté de la barrière, à savoir la responsabilité de construire une équipe, le rapport avec l’entraîneur, les joueurs, les supporters et même la presse. Je dis toujours à certains directeurs sportifs de ne pas se refermer comme des huîtres, d’instaurer une collaboration avec au moins un journaliste par médias. Après, peut-être que ce serait un monde trop grand pour moi, je ne sais pas, mais si j’ai l’opportunité, je la prendrai en considération, aussi pour ne pas être contraint de vivre tous les jours avec cette chasse exaspérée au scoop.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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