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Des Chiliennes dans la ville

Au milieu des vagues américaines et hollandaises, une poignée de supportrices chiliennes, dont une joueuse de première division, sont venues jusqu’à Lyon pour vivre au plus près ce qu’elles devaient suivre jusque-là en streaming. Entre deux matchs au Groupama Stadium, elles racontent leur passion, leur périple et l’évolution d’un football féminin qui, au Chili aussi, commence à se faire une petite place.

Cela s’est joué à pas grand-chose. Un penalty envoyé par Francisca Lara sur la barre de la gardienne thaïlandaise, à la 87e minute d'un dernier match de poules, au Roazhon Park. L’histoire retiendra la première victoire et les deux premiers buts en Coupe du monde de la sélection chilienne, mais, pour se qualifier pour les huitièmes, il en fallait trois. Pendant que la bande à Christiane Endler, gardienne du PSG et capitaine des chicas de Rojo, rentrait à la maison, Carla, Constanza et Barbara atterrissaient à Charles de Gaulle. « On était dans l’avion pendant le match et, pas loin de nous, un mec avait le wifi. Je lui ai demandé s’il pouvait nous donner le score. On a appris dans les airs que c’était fini » , explique Carla, 31 ans, gérante d’un club multisports à Concepcion, ville située à 500 kilomètres au sud de Santiago.


Passionnées de foot féminin, les trois copines n’avaient que deux semaines de vacances devant elles. Elles ont fait le choix de la phase finale. Voir leur Chili en huitièmes aurait été la cerise sur le gâteau, mais pour elles, ce Mondial est déjà une réussite. « Il a permis de changer le regard des gens, assure Constanza, 30 ans. En les voyant à la télé, les Chiliens se sont dit : "Tiens, il existe des filles qui jouent bien au foot chez nous." »

16h de bus pour un match en Patagonie


Et pourtant, les filles partaient de loin. « En 2016, la sélection a failli disparaître, poursuit Constanza. Elles ne jouaient plus de matchs amicaux et étaient sorties du ranking FIFA. Il y a eu un premier match organisé contre l’Uruguay pour relancer la machine, puis la Copa América à domicile l’année dernière. Et là, d’un coup, on a une super équipe qui est sortie de nulle part. » À La Serena, les Chiliennes surprennent tout le monde en finissant invaincues (3 nuls, 2 victoires) au premier tour. Elles se retrouvent dans un tableau final à quatre avec le Brésil, la Colombie et l’Argentine, qu’elles giflent 4-0, terminent deuxièmes et décrochent le premier billet de leur histoire pour une Coupe du monde. « Pour se rendre compte de l’exploit, il faut bien comprendre que dix ans en arrière, le foot féminin n’existait pas au Chili, situe Barbara Flores, 26 ans, avocate et attaquante de l’Universidad Concepcion, en première division. En 2008, le pays allait organiser le Mondial U20, mais pour cela, il fallait avoir un championnat local. La Fédération en a donc créé un, les gros clubs ont monté des équipes féminines, mais sans investir dedans. Les filles jouaient sur des terrains pourris et n’avaient pas de vestiaire pour se changer. » Des conditions qui n’ont pas vraiment changé avec les années.


Jusqu’à fin 2017, Barbara et ses coéquipières devaient chacune verser un abonnement mensuel pour payer les frais de déplacement. « Quand on allait jouer à Puerto Varas par exemple (dans la Patagonie chilienne, ndlr), on faisait huit heures de bus, on jouait le match, puis on se retapait les huit heures la nuit en sens inverse. Depuis 2018, on a fait pression pour que les clubs prennent tout ça en charge. Désormais, on prend l’avion quand on va loin, comme à Antofagasta (1800 kilomètres au nord, ndlr), et on est assurées en cas de blessure. »


Des papas devant les filles à la télé


Depuis la qualification historique, les choses bougent enfin. Entrées dans les radars, plusieurs joueuses de la sélection ou de Colo-Colo, qui dispute régulièrement la Copa Libertadores, ont migré vers l’Europe, principalement en Espagne. Les clubs locaux, eux, sont pressés par la FIFA d’investir dans leurs équipes féminines, sous peine de sanctions. « Si les filles ont fait un aussi bon Mondial, alors qu’elles étaient dans le groupe de la mort avec les États-Unis et la Suède, c’est parce qu’elles ont fait une vraie préparation, avec plein de matchs amicaux contre les meilleures sélections du monde, ce qui n’existait pas jusque-là » , analyse Carla, qui joue trois matchs par semaine à Concepcion, entre son ancienne fac, un club de quartier et une équipe mixte de foot à 7. Des exploits qui résonnent d’autant plus que la sélection masculine, après ses deux premiers titres en Copa América, a manqué le coche du Mondial russe l’été dernier. « D’un côté, tu avais une équipe de stars, avec des joueurs pris dans des affaires de filles et de beuveries, qui ne se qualifiaient pas, et de l’autre, tu avais des joueuses amateurs, qui évoluent dans des conditions précaires, qui créaient l’exploit. Il y a donc eu une adhésion, même loin des grandes villes, où le machisme est traditionnellement le plus fort » , compare Constanza, qui se félicite d’avoir vu des papas de ses amies vibrer devant les chicas de Rojo.

« La dernière Coupe du monde, on l’a suivie en streaming »


Si au Chili comme ailleurs en Amérique du Sud, la vie de joueuse de foot est une lutte permanente pour l’espace et la considération, celle de supportrice est elle aussi un parcours de combattante. Depuis leurs premiers pas sur le sol français, Carla, Constanza et Barbara font le plein de matchs : Espagne-USA à Rennes, Hollande-Italie à Valenciennes, France-USA au Parc des Princes et les trois rencontres de cette semaine à Lyon, où elles ont participé au match le plus long du monde organisé par l’ONG Equal Playing Field. Dans la rue ou à la gare, elles ont aussi croisé Ada Hegerberg, Hope Solo, Magdalena Eriksson et sa fiancée Pernille Harder. « La dernière Coupe du monde, on l’a suivie en streaming, avec des liens pourris qui coupaient sans arrêt, c’était très frustrant, relate Barbara. Donc là, on ne veut rien rater. »


Avant de prendre l’avion, elles ont pour la première fois pu voir les matchs de préparation du Chili et les deux premiers du Mondial sur la télé publique chilienne. Le reste de l’année, elles rebasculent sur le streaming et guettent tous les bons plans. « Aux États-Unis, on peut voir les matchs de championnat sur le site internet de la NWSL. Le championnat anglais, c’est en live sur Facebook. Chelsea les passe aussi sur l’appli mobile du club. La France, c’est plus difficile. Un jour d’OL-PSG, tu mets ESPN et tu as du poker » , s’agace Constanza, qui a cessé de suivre le foot masculin, lassée du machisme ambiant et des heures d’antenne consacrées à parler pour ne rien dire. « Le championnat chilien est nul, les stades sont vides, mais tu as l’avant-match, le match, l’après-match... Il n’y a pas si longtemps, tu te tapais des matchs vraiment moches chez les filles. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, le niveau a nettement augmenté, tout le monde peut prendre du plaisir à les regarder. » Leurs spaghettis bolognaises sont terminées. Il est l’heure d’enfiler les maillots – un du Chili et un de Tobin Heath – et d’aller prendre le tram à Part Dieu au milieu des gringos. Direction le Groupama Stadium.



Par Léo Ruiz, à Lyon
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