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Comment le Bloody Sunday a changé le destin du Derry FC

Encastré dans le quartier du Bogside, tristement célèbre pour le Bloody Sunday, le Derry FC tranche avec le contexte et l'histoire de Londonderry, en Irlande du Nord. La police n'y met pas les pieds, le mot d'ordre c'est la paix, et deux clubs jouent au Brandywell Stadium, dans deux pays différents.

«  Ici, on n'a pas besoin de policiers.  » En chœur, Veronica et Jackie Mullen plantent le décor. L'une a 67 ans, l'autre 68, les deux sont mariés, et leur écharpe de Derry est viscéralement nouée autour du cou. Derrière eux, le Brandywell Stadium. Deux tribunes rénovées en 2016, quelques briques rouge, des toilettes en préfabriqué, un glacier, deux baraques à frites où l'on tranche patate sur patate à un rythme d'usine et une sono où Blur succède à Spin Doctors. Derry est un cas à part. Le long de la Lone Moor Road, carte postale d'un coron de l'Artois, Veronica et Jackie ne renient pas le passé, «  ces jours terribles de l'année 1972  » où le football était devenu un enjeu politique à Londonderry, deuxième bassin de population d'Irlande du Nord. Le 30 janvier 1972, jour du Bloody Sunday (14 habitants du quartier de Derry, catholique et républicain, avaient été tués arbitrairement par l'armée britannique lors d'une marche pour les droits civiques), Veronica a vu «  quelqu'un se faire tuer devant la fenêtre  » , à 400 mètres du stade. «  À cette époque-là des Troubles (le nom donné à cette période, N.D.L.R.), il était beaucoup trop dangereux d'aller voir un match. L'hôtel où nous devions passer notre nuit de noces avait brûlé deux semaines avant le mariage. C'était invivable.  »


Drôle de visite au Parc des Princes


La tension est telle que le Brandywell est fermé par les autorités en 1971 (les matchs sont alors délocalisés à Coleraine, à 30 km de là). L'année suivante, Derry décide de se retirer de la carte du football nord-irlandais. «  Les joueurs de l'équipe première ont dû aller jouer dans le sud, se remémore Eddie Mahon, ultime rempart de 1963 à 1972. Il faudra attendre 1985 pour que Derry intègre le championnat irlandais. C'est quand même unique au monde de ne pas jouer dans son championnat domestique.  » À Brandywell, c'est Derry qui gère la boutique. Pas question que les autorités y mettent leur grain de sel. La gouaille d'un marin-pêcheur et les béquilles qui l'aident à cavaler dans les dédales, Lawrence Moore est catégorique. «  La police, on n'en veut pas, clame le responsable de la communication. De toute façon, elle ne veut pas venir, elle sait bien qu'il y aurait des tensions. Ici, la sécurité, c'est nous qui la faisons, avec des bénévoles.  » L'absence de fouille à l'entrée ne surprend plus personne. Dans la longue tribune arrondie telle une piste de vélodrome, Veronica n'a pas la mémoire courte en ressortant du sac en guise d'exemple un déplacement au Parc des Princes, en septembre 2006. «  En arrivant à Paris pour le dernier tour préliminaire de la Coupe UEFA (0-0 à l'aller, 2-0 au retour pour le PSG), avant d'entrer dans la tribune, il n'y avait que des policiers et des chiens, c'était très oppressant. Franchement, il vaut mieux venir à Derry.  »


«  Le football a fini par changer beaucoup de choses  »


Ce vendredi 20 septembre, en une froide soirée, Derry cravache justement pour arracher une qualification européenne (le club est quatrième à cinq journées de la fin du championnat). Le nul face aux Bohemians de Dublin (0-0) devant 3 000 supporters, ne déplaît pas à Liam, 86 ans et quelques dents laissées sur le bitume. «  Si on joue la Ligue Europa, les joueurs vont demander plus d'argent, ça ne m'intéresse pas !  » Ciaron Harkin, alias Jackie dans le vestiaire, lui, ne se fiche pas de ça, mais la priorité c'est de jouer chez lui. Adepte du «  on voulait les trois points  » , le gamin de 21 ans, bercé dans le Bogside, le quartier du Free Derry, évolue logiquement à la maison. «  J'ai grandi ici, c'était logique pour moi d'y jouer un jour en équipe première. Et ce n'est pas une question de politique ou de religion, c'est juste du football. J'ai même joué à Institute, qui pourtant est davantage protestant.  » Preuve de plus que les affres du passé sont écartés de l'antre, Institute a élu temporairement domicile à Brandywell depuis la saison dernière. La raison ? «  Leur stade a été inondé, décortique le gérant de la com', du coup ils n'avaient pas de terrain de repli. Tout se passe en bons termes, mais si on m'avait dit il y a une vingtaine d'années qu'Institute qui joue le championnat nord-irlandais viendrait jouer ici, jamais je n'y aurais cru. C'était impossible. Le football a fini par changer beaucoup de choses.  » L'ex-gardien Eddie Mahon a raccroché ses gants depuis trois décennies, mais a l’œil qui brille encore : «  Quand nous sommes revenus en septembre 1985, le premier match était un dimanche. Le samedi précédent il y avait encore eu des émeutes. Ensuite, ça s'est presque totalement arrêté parce que les gens revenaient au stade. On n'imagine pas la force du football dans une ville aussi déchirée que la nôtre.  » Le seul trouble à l'horizon désormais, c'est le Brexit. Pour Lawrence Moore, «  si on doit faire plein de démarches pour passer la frontière vers l'Irlande, ça va poser problème. Mais dans tous les cas, le football continuera de vivre à Derry.  »





Par Florent Caffery à Londonderry / Photos Manon Cruz
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