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De Gea, l'imperméable

Il a 27 ans, compile plus de 100 clean sheets en Premier League, a été élu trois fois de suite meilleur joueur de son club et samedi dernier, à l'Emirates, il a été le ciment de la victoire de Manchester United face à Arsenal. David de Gea est aujourd'hui une référence absolue à son poste, un silencieux, un homme de son espèce : les gardiens, ces hommes qu'on voudrait immortels.

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Col roulé sur le haut de la gorge, veste de costume large sur les épaules, le Malin est en place, le regard planté dans celui de son interlocuteur : estime-t-il que son équipe a été meilleure ? « C'est une victoire, enchaîne d'entrée José Mourinho. L'équipe a bien défendu pendant 90 minutes. On a vu un bon match, face à une bonne équipe d'Arsenal, on a marqué trois buts, mais on a peu à peu perdu le contrôle de la rencontre. Ce fut difficile. » Difficile parce que si samedi dernier, à l'Emirates, Manchester United a bousculé le scénario en menant rapidement 2-0 et en profitant surtout de deux erreurs de relance des Gunners, la bande de Mourinho a surtout souffert face au cocktail offensif du gang de Wenger. Des vagues à répétition : Arsenal a empilé 562 passes, 147 pour United ; Arsenal a eu douze corners, United un seul ; Arsenal a eu 75% de possession de balle, Arsenal a tiré 33 fois, mais Arsenal a finalement perdu (1-3) à domicile pour la première fois depuis janvier dernier en Premier League. Cynique, froid, Mourinho, finalement. Fin du bal, un homme se balade dans les couloirs de l'Emirates, une casquette enfoncée sur la tête. Depuis plus d'une heure, on ne parle que de lui, mais il se contente, face à la caméra de MUTV, d'affirmer que « toute l'équipe a bien défendu, et c'est le principal aujourd'hui. J'ai même envie de dire qu'on a encore mieux défendu lorsque Paul (Pogba, ndlr) a été exclu, ce qui prouve la solidarité de ce groupe. »


David de Gea, son corps élastique, ses statistiques de gardien de hockey sur glace et ses 27 ans, est un homme de peu de mots. Alors, on parle pour lui, et après la rencontre le week-end dernier, José Mourinho l'a regardé dans les yeux : « David, ce que j'ai vu aujourd'hui, c'est le meilleur gardien du monde. » Une étiquette et un débat sans fin. Interrogé le 29 novembre dernier, Thibaut Courtois, son semblable de Chelsea, affirmait se sentir, lui aussi, « comme le meilleur » actuellement. Depuis plusieurs années, on nous affirme pourtant que ce serait Manuel Neuer, prétendument révolutionnaire dans son approche du poste de gardien, ce que Buffon réfutait l'an passé : « Pour moi, il n'y a aucune nouveauté. La vraie nouveauté au poste de gardien de but, c'est le Barça qui l'a apportée. Et c'était il y a dix ans. Parce qu'à ce moment-là, le Barça a non seulement intégré le gardien dans l'équipe, mais il l'a intégré dans la phase de construction du jeu. » Impossible à trancher, donc.

Imbattable et différent


Une équipe de football est ainsi construite : il y a les défenseurs, les créatifs, les buteurs, les relayeurs. Et les gardiens, pion solitaire d'un monde impitoyable. Le gardien est l'homme différent : celui qui s'habille différemment, celui qui peut prendre le ballon avec les mains, celui qui détruit le plaisir là où le joueur le crée. Sa semaine, il la passe souvent seul, aux côtés d'un entraîneur spécifique-psychologue qui ne cesse de l'agresser de frappes. Quel est l'objectif ? Devenir infaillible, ce qu'expliquait Petr Čech durant l'été ainsi : « Si un exercice peut me permettre de gagner 0,5% de performance, je le prends. Je sais que le corps humain a des limites, mais personne ne les connaît. La performance, c'est une recherche constante. » Un gardien de but n'est rien de moins qu'une machine qu'on cherche en permanence à améliorer, physiquement, psychologiquement, mentalement. Avec une envie intime : être impénétrable. Car un but, « c'est comme si l'on touchait à ta pudeur » , dessinait magnifiquement Buffon à l'hiver 2014. En d'autres termes, le gardien serait l'ennemi du bien. De Gea, face à Arsenal : quatorze arrêts en 90 minutes, soit la deuxième meilleure performance d'un portier des cinq grands championnats européens sur les dix dernières années derrière Mattia Perin, le gardien de Pescara, en janvier 2013 face à la Fiorentina. Comment l'expliquer ? « Parfois, vous débutez juste un match avec une bonne impression, le sentiment d'être imbattable » , a répondu le gardien espagnol de Manchester United, notamment auteur d'une double parade monstrueuse face à la doublette Lacazette-Sánchez en seconde période. Un concentré de calme, de courage, de sérénité et de maîtrise. Un chef-d'orchestre, simplement.


Le 7 août 2011, Manchester United affronte Manchester City pour le Community Shield. Un peu plus de deux mois plus tôt, Edwin van der Sar a quitté ses gants et son maillot de co-meilleur gardien de l'histoire de United avec Peter Schmeichel au bout d'une finale de C1 perdue face au Barça (1-3), centième match de Ligue des champions de la carrière du Néerlandais. Sa succession, elle, s'est décidée lors d'un Valence-Atlético, joué le 22 septembre 2010, pour lequel Sir Alex Ferguson s'est déplacé en personne, manquant pour l'une des seules fois de sa carrière d'entraîneur un match officiel de Manchester United. Au retour, l'Écossais échange au sujet de ce gardien de l'Atlético qui avait affirmé à seulement 19 ans à Abel Resino, son coach de l'époque, qu'il allait « devenir le gardien titulaire de l'Atlético, et rapidement » . Avec lui, Eric Steele, l'entraîneur des gardiens de Manchester United : « J'ai dit à Eric : "Neuer est mature et très physique. Il est complet." Il m'a répondu : "C'est vrai, mais dans trois ans, De Gea sera meilleur que lui." Il avait complètement raison. » Virage : lorsqu'il enfile à vingt ans le costume de gardien numéro un du Manchester United de Ferguson, De Gea apprend et tombe. Ce n'est plus un prodige, le gamin est humain, c'est un flou de sorties ratées, de un-contre-un où l'attaquant est roi – le derby perdu contre Manchester City en octobre 2011 à Old Trafford (1-6) en sera le pic – et de timidité (56,3% de centres captés ou renvoyés lors de sa première saison, ndlr). Pire : il ne pipe pas un mot d'anglais, se gave pour oublier, voit sa copine comparer l'esthétisme de Manchester à « l'arrière d'un réfrigérateur » et traîne surtout un physique de javelot. Comment faire ?

PowerPoint et sommets


Se taire, et avancer : en quelques mois, De Gea se met à la musculation, prend huit kilos, embrasse la culture musicale de Manchester en écumant les concerts de rock et de heavy, et se sent changer de dimension. « Quand j'ai récupéré ma place de numéro un, j'avais juste l'impression d'être Captain America » , lâchera-t-il après son retour au poste, où Anders Lindegaard aura assuré l'intérim. Son entourage l'affirme : David de Gea est intouchable, la pression ne fait que l'effleurer et, à plusieurs reprises, ses coéquipiers avanceront une « tranquillité » déconcertante. Tactiquement, Van Gaal l'aura fait progresser. Humainement, leur relation aurait pu conduire le gardien espagnol à Madrid, où le Real n'a jamais cessé de le courtiser. Le gardien, lui, est devenu une référence ultime : un joueur élu trois fois de suite meilleur joueur de son club, qui affiche des statistiques indécentes (plus de 90% de centres captés ou détournés depuis la saison 2014-2015) et qui domine désormais son attaquant. Deux exemples à monter en PowerPoint : un face-à-face avec Hazard, un autre avec Sterling, où l'on voit parfaitement la gestuelle De Gea, soit les bras tendus, allongés le long du corps.

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Aujourd'hui, avec la patience et le changement d'ampoules à Manchester United, De Gea se dit « dans le combat » et « la quête » d'un titre qui fuit le club depuis la retraite de Sir Alex Ferguson en 2013. À 27 ans, l'Espagnol vampirise, fascine et a le plan pour devenir une légende de son sport et de son club aux côtés de Van der Sar et Schmeichel. Car à l'intérieur de sa surface, il gesticule et reste le joueur le plus influent d'une équipe qui se cherche encore une sécurité défensive à l'heure de recevoir Manchester City, fresque collective la plus impressionnante d'Europe depuis quatre mois et un peu plus encore. Ce sont les sommets qui font durer. Celui-ci peut-être un peu plus que les autres.



Par Maxime Brigand
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