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Larguet et l'exception

Méconnu du grand public il y a encore une semaine, Nasser Larguet a pris les rênes de l’Olympique de Marseille depuis la démission d’André Villas-Boas. Après un match nul obtenu à Lens (2-2), celui qui est le directeur du centre de formation depuis l’été 2019 dirigera une nouvelle fois les Phocéens, ce dimanche soir, face au Paris Saint-Germain. Une petite surprise, puisque plus qu’un entraîneur, le Marocain est surtout un admirable formateur qui a démarré dans le métier il y a près de 40 ans, au beau milieu de la Normandie.

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« Je suis très content qu'on m’appelle à son sujet, car c’est la personne que je respecte le plus dans le domaine du foot. » Au bout du fil, Grégory Tafforeau ne tarit pas d’éloges pour l’homme qui l’a vu grandir au centre de formation de Rouen, puisqu'il a retrouvé quelque temps plus tard à Caen. Son nom ? Nasser Larguet. Pas loin d’être un anonyme pour le grand public, cet éducateur marocain de 62 ans a pourtant été projeté dans la lumière (ou plutôt la tempête) cette semaine, en prenant en main un Olympique de Marseille en plein marasme. Pour son premier match à Lens, il a malgré tout grapillé un point (2-2). « Ce qui est marrant, c’est qu’il a démarré face à Franck Haise, qu’il a eu en réserve à Rouen » , rigole l’ancien latéral du LOSC. Ce dimanche soir, en attendant l'intronisation d'un nouveau coach, il sera de nouveau en première ligne pour un match d’un autre calibre : le Classico, au Vélodrome, face au Paris Saint-Germain. Un rendez-vous crucial, que l’intéressé lui-même n’aurait sans doute jamais imaginé aborder dans la peau d'un coach numéro 1.

Nasser à tout faire


Et pour cause : même s’il a parfois eu à poser ses fesses sur un banc, Larguet n’est pas un entraîneur par essence. « On a pu le remarquer à Lens : on ne le sent pas forcément à l’aise sur un banc de touche, souffle Tafforeau. On ne l’a pas vu spécialement bouger ou driver les joueurs. » Il faut dire que le cheval de bataille du sexagénaire se situe plutôt du côté de la formation, un domaine qu’il maîtrise depuis plus de 35 ans, et une première expérience acquise dans le petit club de l’Étoile sportive Thury-Harcourt, en plein cœur du Calvados. Un département que le natif de Berkane a rejoint – après le lycée dans son pays d’origine – pour y accomplir des études de pharmacie. Joueur amateur à l’ASPTT Caen, puis à l’US Normande, il débarque donc à l’ESTH en 1986. « Je lui ai mis une voiture à disposition puisqu'il habitait encore Caen » , remet Patrick Casas, le président de l’époque qui lui a fait confiance sur les conseils de Richard Desremaux, alors directeur technique départemental.


« Je suis un formateur dans l'âme, c'est quelque chose qui m'habite d'être au service des jeunes, leur donner la voie pour être des professionnels et connaître des joies que connaissent les pros. » Nasser Larguet

Casas garde d’ailleurs toujours un excellent souvenir de celui qui venait s’occuper du club le soir, après une journée passée à donner des cours de mathématiques et de sciences naturelles dans le collège du coin : « C’est un éducateur-né. Chez nous, il était entraîneur-joueur de l’équipe première, mais s’occupait vraiment du club dans son ensemble, rembobine-t-il. Il avait un terrain favorable avec 220-250 licenciés pour s’exprimer. Ce qu’il a parfaitement fait, car il a été remarqué par une progression très sensible du club et de ses équipes de jeunes. » L’histoire durera trois ans. Trois belles années à développer la formation d’une commune d’à peine 4000 âmes, puis l’envol, mérité, pour un homme impatient de mettre ses compétences au service d’équipes professionnelles. Tour à tour, il dirigera ainsi les centres de formation de Rouen (1991-1995), Cannes (1995-1998), Caen (1998-2002, puis un passage éphémère en 2014), passera du côté du Havre (2002-2004) et de Strasbourg (2004-2007), avant de remettre les voiles vers le Maroc pour prendre la tête de l’académie Mohammed VI (2008-2014) et même celle de la direction technique national au sein de la Fédération (2014-2019).


Un parcours de globe-trotteur affolant qui peut pourtant se résumer en une phrase : partout où il est passé, Larguet a fait éclore du (très) beau monde. Pêle-mêle, Olivier Quint, Jonathan Zebina, Bernard Mendy, Mathieu Bodmer, Ronald Zubar, Steve Mandanda, Lassana Diarra ou encore Morgan Schneiderlin l’ont notamment côtoyé en juniors. Les deux derniers en date ? Nayef Aguerd et Youssef En-Nesyri, qu’il a chapeauté au sein de l’académie située à Salé, près de Rabat. « Je suis un formateur dans l'âme, c'est quelque chose qui m'habite d'être au service des jeunes, leur donner la voie pour être des professionnels et connaître des joies que connaissent les pros » , expliquait d’ailleurs le bougre en conférence de presse vendredi.

« Il fallait que le comportement soit irréprochable : quand il y avait un vol dans les chambres, il y avait obligatoirement punition et sanction collective. » Sébastien Frey, qui l'a connu à Cannes

Un volcan endormi à ne surtout pas réveiller


« Si j’ai réussi à percer dans ce monde-là, c’est en partie grâce à lui. J’en garde un super souvenir, surtout sur les valeurs humaines, embraye Tafforeau pour décrire les méthodes de travail d’un homme discret, humble et qui n’apprécie pas forcément d’être mis en valeur. Il était très proche des joueurs, mais aussi des familles. Il faisait beaucoup attention à l’entourage. Il avait besoin de connaître l’environnement dans lequel on évoluait. » Son passé de prof lui a d’ailleurs souvent servi à marquer de précieux points : « C’était très rassurant pour les parents, enchaîne l’ex-latéral. Il se servait beaucoup de cette expérience pour que les familles lui fassent confiance. Il a notamment longtemps discuté avec mon père, et c’est un argument qui a beaucoup pesé : le foot c’est une chose, mais l’école c’était la priorité. Si on n’assurait pas à l’école, ce n’était pas possible. » Au vu du caractère de Larguet, ce n’est finalement pas si étonnant de l’avoir vu – au moins un temps – emprunter le chemin de l'école.



Car si tous ceux qui l’ont connu se rappellent un bonhomme terriblement attachant, ils n’en oublient pas la discipline absolue qui le définissait : « Il regardait énormément le comportement des joueurs, surtout celui des jeunes qui montaient en pros. Il fallait que ce soit irréprochable, il était très rigoureux : quand il y avait un vol dans les chambres, il y avait obligatoirement punition et sanction collective » , souffle Sébastien Frey, son poulain au centre de formation de Cannes. Des propos corroborés par Tafforeau : « On le craignait ! Ça n’arrivait pas souvent, mais quand il haussait le ton, ça filait droit et ça rasait les murs. Il inspirait beaucoup de méfiance... Je l’ai déjà vu avec le regard noir, il ne plaisantait pas. Tu avais intérêt à suivre le fonctionnement à la lettre, sinon ça pouvait vite barder. En fait, c’est un introverti qui peut sortir de ses gonds, de manière assez brutale. » « Cette obligation de discipline, sur le terrain et en dehors, l’a suivi partout où il est passé, lance à son tour Patrick Casas, qui reçoit encore aujourd’hui des messages de remerciement de Larguet pour lui avoir donné sa première chance. Je me souviens d’un tournoi en Normandie, où il est venu avec les U15 de son académie. Ses enfants se tenaient à carreau. Pas un mot plus haut que les autres... Avant de former des footballeurs, il forme des hommes ! »

« Il va devoir rentrer dans la tête des joueurs »


Ça tombe bien : des hommes, c’est ce qu’il aura à sa charge ce dimanche, un peu malgré lui. Arrivé à l’OM il y a un an et demi pour diriger le centre de formation, Nasser Larguet doit en effet jouer les pompiers de service depuis la démission d’André Villas-Boas. Sans être un véritable coach à proprement parler, quels leviers peut-il alors actionner pour éviter la déroute totale à un club déjà en perdition ? « Nasser aura surtout un rôle psychologique à jouer. Il va devoir gérer les pressions extérieures, les critiques, protéger son groupe, décrypte Frey. Il doit énormément dialoguer avec ses joueurs, et doit faire pas mal de réunions pour essayer de trouver la meilleure approche psychologique afin d'entrer sur le terrain le plus sereinement possible pour jouer un Classico. Il va devoir entrer dans la tête des joueurs pour les préparer, les déstresser avant ce match. À l’OM, tu n’as que des pros qui, malgré la difficulté, ont beaucoup d’expérience. On ne va pas leur demander de faire des séances physiques, techniques, tactiques... Ça ne sert à rien. Là, c’est le mental qui peut les sauver. »



Pendant que Grégory Tafforeau parle de son ancien formateur comme d’ « un grand frère, rassurant, capable de dédramatiser toute la situation dans un contexte comme celui de l’OM » , l’ancien portier de la Fiorentina reste, de son côté, lucide quant à la situation actuelle de le formation phocéenne : « Avec cette bombe qui a éclaté au club, même si tu mettais le meilleur entraîneur du monde, ce serait compliqué » , balance-t-il. Fidèle à lui-même, Nasser Larguet est conscient du caractère éphémère de son rôle à la tête de l’équipe fanion marseillaise, mais souhaite malgré tout assurer du mieux possible la mission qui lui a été confiée : « Je n'ai aucune ambition de médiatisation ou quoi que ce soit. Je veux juste faire ce qui m'a été demandé par le club et espérer revenir le plus vite possible avec mes jeunes. » Des jeunes qu’il devrait retrouver dans un futur proche... tout comme l’ES Thury-Harcourt. Le club calvadosien fêtera en effet son centenaire cette année. Larguet a promis d’y assister. La preuve, s’il en fallait une, que l'homme n’a pas oublié d’où il vient.

Par Félix Barbé Tous propos recueillis par FB, sauf ceux de Nasser Larguet.
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