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  1. // SO FOOT #168
  2. // Spécial foot de rue

Dans ma rue

Joueurs et coachs de toutes générations racontent leurs madeleines de Proust footballistiques. Des petites douceurs au goût de bitume, à découvrir également dans le dernier numéro de SO FOOT, consacré au foot de rue.

Modififié

#1: Jean-Louis Leca

Jean-Louis Leca : « On pouvait refaire le monde »

Gardien de but du RC Lens

« Je me souviens d’un petit accident qui m’avait marqué, un bon gros choc. Je jouais gardien et je voulais récupérer le ballon près d’une balustrade et je me suis fait sévèrement tamponner. Ma tête avait tapé dans une pierre, mais il faut dire qu’il y avait un mur d’escalade juste à côté aussi. Mais ça forge un homme ce genre d’expériences. C’est plutôt cocasse parce que généralement, il était hors de question que j’aille gardien quand je jouais avec mes potes. On voulait prendre du bon temps, puis derrière on pouvait refaire le monde tous ensemble, on partait dans des grandes discussions autour de limonades, avant de se donner rendez-vous le lendemain. »


« En Corse, c’était foot-volley sur la plage l’après-midi et on se réunissait ensuite à 18 heures pour faire un foot. On jouait parfois très tard, ce n’était pas vraiment du tapage nocturne, mais ça énervait les gens. Mais depuis 10 ou 15 ans, la construction des city stades et des salles de five ont facilité la tranquillité. Du coup, ça a perdu de son charme parce que c’est beaucoup plus cloisonné. Avant, n’importe quel gamin passait, regardait et finissait par jouer avec nous. » CG



#2: Selim Benachour

Selim Benachour : « Parfois, ça taclait sur le béton, sans réfléchir ! »

Ancien joueur du PSG, reconverti comme entraîneur

« Au départ, je tapais le ballon dans le 19e arrondissement de Paris, place des Fêtes. C’était un quartier cool où il n’y avait pas de voitures. Tous les jours après l’école, je jetais mon cartable sur la place et je jouais au football pendant trois heures minimum. Sur la place, il y avait souvent le marché. Quand c’était le cas, on trouvait toujours moyen de se servir de la toile des stands pour en faire un filet. Ce sont des moments inoubliables, là où tout a démarré, là où mon jeu s’est développé, là où je suis devenu un bon footballeur. Le jeu de rue, c’était la technique, la technique et encore la technique, c’est ce qui fait le bon footballeur de rue. La feinte de corps, le passement de jambes, la roulette... Ah parfois ça taclait sur le béton, sans réfléchir ! Aussi, quand j’étais seul, je me mettais contre un mur et je m’entraînais à la passe ou à la frappe, le foot ne se joue pas forcément à plusieurs dans la rue. »


« Dans un centre de formation, tu n’apprends pas à gérer la pression. Dans ma vie de footballeur, j’ai joué dans des stades avec différentes ambiances : celles où tu te sens aimé et celles où tu vas recevoir des bouteilles, des crachats ou des insultes. Moi, je me suis toujours plu dans la deuxième ambiance, ça me transcende, alors que certains coéquipiers avaient plus de mal à briller. Est-ce que tout cela est lié à la rue ? C’est possible. Mais aujourd’hui, c’est en voie de disparition. Des entraîneurs cherchent à formater le football, faire du jeu en deux, trois touches maximum sans se mettre à dribbler. Je ne suis pas d’accord là-dessus. Mes joueurs, je leur donne de la liberté dans la technique, la création, le dribble. Je les encourage toujours à mettre leurs qualités offensives au service de l’équipe. C’est une philosophie et je l'assume. » AD

#3: Alassane Diakité

Alassane Diakité : « Je mettais du beurre de karité sur le ballon pour le protéger »

Milieu de terrain et capitaine de l’US Annecy-le-Vieux

« Dans mon village de Tabaco, au Mali, on n’avait même pas de ballon. On trouvait un objet en plastique qu’on mettait en rondelle. Quand on en avait un, c’était la fête ! Le plus beau cadeau au monde qu’on pouvait me faire, c’était un ballon. On en prenait énormément soin. Je le lavais, je le nettoyais, je mettais même du beurre de karité pour le protéger. On essayait qu’il s’use le moins vite possible, mais on n’avait pas le choix parce qu’on jouait dans des endroits avec du sable, des pierres. La personne qui détruisait le ballon, on pouvait la détester pendant très longtemps. On se retrouvait sur les champs, au milieu des vaches, parce que le vrai terrain était loin et pas toujours disponible. On posait notre bout de plastique, on faisait des cages avec des claquettes ou des branches d’arbre qu’on plantait dans la terre. À 12 ans, je suis parti à la capitale de Bamako et des fois il y avait des vaches qui se mettaient en plein milieu du terrain et il fallait attendre qu’elles passent leur chemin. »


« En Europe, les joueurs de rue sont bons, bien formés. Mais on sent qu’ils ont plus de règles. Quand je suis arrivé en Espagne, je me faisais expulser tout le temps et je devais changer ça. Avec l’âge et l’expérience, on perd un peu le football de notre jeunesse. On perd la fantaisie et on perd l’insouciance, on perd de la liberté. En grandissant, on se retrouve à trop écouter les consignes du coach et on réfléchit trop sur terrain. Le foot de haut niveau ne devrait pas effacer l’amour qu’on avait pour ces parties. Aujourd’hui, je suis aussi éducateur à Annecy. On en parle entre nous, au club, et on se dit qu’on doit faire tout le travail. Les gamins, quand ils arrivent au club, ils ne sont pas compétiteurs. Ils viennent juste prendre une leçon avec les éducateurs, mais ils n’ont pas le temps de façonner leur passion et leur manière de jouer seuls, en laissant libre cours à leur imagination et leur instinct. » MR

#4: Siga Tandia

Siga Tandia : « Le temps n’est pas une contrainte »

Capitaine de l’ASJ Soyaux

« Dans ma cité à Clichy-sous-Bois, j’étais la seule fille à jouer au foot. On était dans le 93, donc il pourrait y avoir des vieux clichés, mais j’étais totalement intégrée. Je traînais avec eux tout le temps, on allait à l’école ensemble et personne ne m’a jamais causé de problèmes, bien au contraire, les gars étaient plutôt dans une approche protectrice avec moi. Au départ, j’étais plutôt concentrée sur le judo, mais je jouais au foot tous les jours dans la cité et je ne voulais surtout pas rejoindre un club, je ne savais même pas que cela existait. »


« En fait, j’aimais trop jouer dans la rue pour envisager d’aller voir ailleurs. Le temps n’est pas une contrainte, c’est ça qui est top. Si on voulait jouer dix heures de suite, on le faisait. Aucune limite. Tout le monde était entraîneur, joueur, arbitre. Mais dès que je suis arrivée dans le foot à 11, ça a modifié mon style de jeu, il y avait trop de consignes à respecter, alors que dans la rue, la rigueur n’existe pas. Puis, je suis désormais sous contrat, c’est plus compliqué de jouer n’importe où au foot avec la peur de la blessure. Je vais voir les jeunes, je regarde et je me rends compte que ça me manque énormément. » CG



#5: Jonathan Schmid

Jonathan Schmid : « Je dormais avec mon ballon »

Défenseur du FC Augsbourg

« J’ai commencé à toucher la balle à l’âge de 5 ans, dans mon quartier du Neuhof, à Strasbourg. C’était la seule chose qu'on attendait après l'école. On se donnait tous rendez-vous avec mes amis pour jouer soit dans un city stade, soit sur un terrain de sable, ou même sur le macadam. Peu importe s'il y avait des buts ou pas, on essayait d'inventer avec des pulls ou des bouteilles d'eau. Je me souviens qu’on restait même quand il faisait nuit, alors qu’on ne voyait quasiment plus rien. Je dormais même avec mon ballon. Dans la rue, on recherchait le spectacle : à chaque petit pont, tous les gens autour se mettaient à crier, ça donnait de la force. »


« Dans le foot de rue, il n'y a pas vraiment de discipline. J'ai plein de potes dans mon quartier qui auraient pu devenir pros, mais ils ont fait le choix de rester auprès de leur famille et des amis. Je ne fais plus vraiment de foot avec eux, j’ai 28 ans et je ne voudrais pas me blesser bêtement. Puis, sur le terrain, c’est risqué maintenant de tenter des gestes fous, mais en tant qu’ailier, j’essaie toujours de faire passer quelques petits ponts et des passements de jambe, c’est normal. » DDG

#6: Iya Traoré

Iya Traoré : « Montmartre fait maintenant partie de moi »

Champion du monde de foot freestyle

« Je n’ai pas réussi à trouver un contrat au PSG ou dans un autre club professionnel, donc je me suis tourné vers la rue. Je voulais absolument continuer à jouer au foot et évacuer cette déception, puis j’ai compris que je pouvais gagner ma vie dans la rue en récoltant des pièces pour aider ma famille. Et finalement, ça m’a permis d’aider mes frères : il y en a un qui vient de signer professionnel (Amadou joue à Bordeaux et est international U17, N.D.L.R.) et l’autre est parti en tournée avec le Cirque du Soleil aux États-Unis. Voilà pourquoi j’ai fait mes spectacles dans la rue avec un ballon de foot, pour aider ma famille à réussir. »


« Avant, il y avait peu de centres de formation, les meilleurs du monde commençaient dans la rue. C’est plus facile d’y découvrir son talent, car on a plus de libertés, zéro limite. Les gens faisaient de plus en plus de freestyle quand j’ai commencé, il fallait me différencier des autres. Il fallait être un artiste, les gens devaient savoir où me trouver : Montmartre, c’est un lieu très artistique. C’était l’endroit qui pouvait faire de moi quelqu’un, c’est un lieu inspirant pour jouer au foot et j’y ai trouvé mon style. Grimper un lampadaire avec un ballon pour se retrouver avec la vue de Paris derrière soi, c’était magnifique. Montmartre fait maintenant partie de moi. Aujourd’hui, on ne peut même plus parler de freestyle, les mecs vont venir une fois ou deux dans la rue pour faire leurs vidéos, puis tu ne vas plus les voir. Ils le font plus occasionnellement, mais le foot de rue ne disparaîtra jamais. » CG

#7: Christophe Dessy

Christophe Dessy : « Les valeurs de la rue peuvent se fracasser sur la mentalité dans les centres »

Directeur de centre de formation, passé par Nancy, Liège et Guingamp, aujourd'hui à l'Étoile du Sahel

« Dans la rue, la porte est grande ouverte à la créativité. C'est probablement le meilleur environnement pour développer un footballeur. En Tunisie, j'ai vu des gamins de 7 ou 8 ans qui avaient une technique incroyable. Mais il faut ensuite autre chose, que seule la formation peut offrir, pour percer au plus haut niveau. Aujourd’hui, les centres de formation doivent respecter des normes très précises, ils ne peuvent pas faire tout et n'importe quoi. Et les valeurs de jeu que l'on retrouve dans la rue, notamment l'audace, la recherche du beau geste, cela peut se fracasser sur la mentalité dans les centres, où l'on ne pense que performance. »


« Au Standard, on s'est beaucoup appuyé sur des gamins du district de Droixhe, avec Nacer Chadli, Axel Witsel, Mehdi Carcela ou Benteke qui ont pratiqué dans la rue, mais ce n'est pas à l'image de tout le football belge actuel. Il faut bien se rendre compte qu'en Belgique, on a subi l'affaire Dutroux, qui a traumatisé le pays et incité beaucoup de parents à ne pas laisser traîner leurs enfants dans la rue, de peur qu'il leur arrive un malheur. Le football de rue devient de plus en plus l'apanage des seules cités populaires, et le nivellement social en Europe tend à réduire toujours un peu plus la proportion de gamins qui vont jouer dehors. Si on ajoute à cela les smartphones, les tablettes et les jeux vidéo, on est sur une tendance sociétale forte qui va dans le sens contraire du football spontané et non organisé de la rue. » NJ

#8: Nazar Abdullah

Nazar Abdullah : « Être bloqué à Calais signifiait la fin de mon rêve »

Milieu de terrain à Charenton et réfugié soudanais

« J’avais quatre ans quand je suis arrivé à Khartoum. On faisait des tournois entre voisins et amis dans notre quartier. On n’avait pas de maillots, juste des sortes de chasubles, le terrain, c’était de la terre, et pour faire les poteaux, on ramenait des briques. Les gens voyaient d’un mauvais œil quand on se mélangeait entre personnes de différentes ethnies (on en compte 56 au Soudan, N.D.L.R.) ou différentes religions. Mais ils ne comprennent pas que le foot permet justement de régler ce genre de conflits. Je me souviens même qu’une fille jouait avec nous, et pourtant notre manière de jouer était un peu violente, mais elle n’avait pas peur, elle était forte ! Le foot m’a permis de faire la connaissance de personnes que je n’aurais jamais pu croiser dans la vie au Soudan. Et encore aujourd’hui, à des milliers de kilomètres, je suis en contact avec certains d’entre eux. »


« Je suis arrivé en France à 23 ans et depuis que je me suis installé à Paris, je ne joue plus tellement dans la rue. Ce n’est pas facile de trouver un espace. Quand on était à Calais, on pouvait jouer pour se changer les idées et avoir un peu de plaisir. Il y avait un bénévole qui nous accompagnait sur un terrain près de la ville pour qu’on puisse faire quelques parties. Mais c’était rare. Dans la jungle, ce n’était pas évident, être bloqué là-bas signifiait la fin de mon rêve, celui de devenir footballeur en Angleterre. » MR

#9: Jessica Houara-d’Hommeaux

Jessica Houara-d’Hommeaux : « Le foot de rue m'a surtout montré le plaisir »

Ex-internationale française et consultante Canal+

« Dans mon quartier de Monplaisir à Angers, on avait des espaces un peu sablonneux. Un peu plus loin, il y avait un terrain vague. Pour moi, c’est le foot plaisir, c’est celui avec nos propres règles. Si on veut en inventer, on a le droit. Des fois, on s’obligeait à jouer du pied faible ou on s’interdisait de redonner la balle à celui qui nous la donnait. Ça permettait de varier. J’y ai appris à faire mes premières passes correctes, faire des une-deux sans savoir vraiment ce que c’était, toutes ces choses-là... On a le temps pour corriger ensuite certains détails si besoin. »


« Je ne jouais qu’avec des garçons, au tout début. Mais ça ne m’a jamais posé aucun souci pour m’intégrer. Bon, la première fois que j’ai demandé à participer à un match, on m’a regardé avec des gros yeux. Mais à partir du moment où tu montres que tu sais un peu jouer, plus personne ne tient rigueur du genre ou du sexe. Au contraire, j’étais souvent une des premières à être prise quand on faisait les équipes. C’est comme partout — et peut-être encore plus à l’époque —, il faut faire ses preuves pour gagner le respect. Jouer avec les garçons, ça m’a énormément servi pour la suite. Ça forge le caractère, parce qu’il faut être armée mentalement pour s’imposer. Mais le foot de rue m’a surtout montré le plaisir que procurait le foot, et ça m’a suivie tout au long de ma carrière. Après, on ne retrouve pas totalement la même sensation de liberté dans le foot classique. Aujourd’hui, les filles commencent de plus en plus tôt dans les clubs avec des équipes féminines. Mais l’évolution que prend le foot féminin permet à plein de petites filles de prendre un ballon et d’aller jouer dehors, ça paraît normal aux yeux de tous. » MR

#10: Olivier Guez

Olivier Guez : « La notion de charisme arrive très tôt dans l’équation »

Auteur de L’Éloge de l’esquive

« Luis Suárez symbolise le football de rue, car il n'est pas dans le cliché du joueur forcément technique, mais dans le profil du joueur rusé, combatif, capable aussi d'excès. Je ne dis pas que mordre l'oreille d'un adversaire, c'est l'ADN du football de rue, mais avoir une réaction impulsive et excessive, cela peut en être un aspect. Car dans la rue, on joue contre tous les âges, il y a des grands, des petits, mais pas d'adultes qui encadrent. Ce sont avant tout des joueurs de fort tempérament qui y sont façonnés, certains seront des techniciens, d'autres des aboyeurs, certains des joueurs physiques. La notion de charisme arrive très tôt dans l'équation. »


« Dans les grandes métropoles sud-américaines, il y aura toujours des quartiers pauvres, en Afrique aussi. C'est plus en Europe que le nombre de joueurs de rue peut décroître, car les parents laissent de moins en moins leurs enfants traîner dans la rue et cela se comprend. Le footballeur de rue au Brésil ou en Afrique, il a besoin du petit coup de pouce pour être repéré au bon moment. S'il ne l'est pas, que fait-il de sa vie ? Il devient au mieux un caïd, car il est issu d'un lieu où les perspectives sont quasi inexistantes. Les gars dans la rue jouent au foot pour des bonnes raisons, les seules qui devraient exister : l’envie de jouer. C’est l’essence même du football, basé sur la spontanéité et le plaisir. C’est tout simplement une école de la vie. » NJ


Par Douglas De Graaf, Antoine Donnariex, Clément Gavard, Nicolas Jucha et Mathieu Rollinger Retrouvez les odes à la rue de Neymar, Pascal Feindouno, Ronaldinho, Míchel, Valentin Rongier, Carlos Tévez, Christian Gourcuff, Max-Alain Gradel, Paulo Dybala et d'autres encore dans SO FOOT spécial Foot de rue, actuellement en kiosque.

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