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Dans les coulisses du Parc des Princes...

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes au PSG, en L1 comme en Ligue des champions. La communication hyper cadrée du club de la capitale laisse également peu de place au hasard et aux imprévus. Sauf qu'en trainant un peu dans les couloirs du Parc, on dégotte forcément quelques belles anecdotes sur la première partie de saison...

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1. Le photographe et Abidal
Dimanche 22 septembre 2013. La saison vient à peine de débuter. Paris accueille Monaco au Parc. À la fin du match, sur le bord du terrain, un photographe demande son maillot à Éric Abidal, le capitaine de l’ASM, venu saluer les rares supporters de Louis-II qui ont fait le déplacement. Abidal le rescapé, père courage sauvé d’un cancer du foie. Le photographe, ému : « Mon fils était malade, il a passé plusieurs mois dans le même hôpital. Mais on n’en a jamais parlé, on a gardé le secret.  » La scène dure dix secondes, la tension est à son comble. La réponse de l’ancien Barcelonais fuse : « Non, désolé, je le garde, c’était un beau match ! » Pas de sourire. Coup de massue pour le photographe, qui repart bredouille.

2. La « quenelle » de Benfica
Match de Ligue des champions contre Benfica. La France entière va comprendre pourquoi beIN diffuse le championnat portugais dans son intégralité. Dans le couloir, les CRS sont là en masse. C’est chaud. À la fin du match, un d’eux résume la déroute des joueurs de Lisbonne, qui viennent de perdre 4-0 : «  Ils se sont pris une bonne quenelle, là ! » Comme quoi, bien avant que Manuel Valls ne popularise ce geste provocateur et polémique, la quenelle de Dieudonné avait déjà des fans au Parc des Princes. On attend la photo ?

3. Le président Sarkozy ?
Côté tribunes, il y a ceux dont les minois finissent en argentique sur un bureau de police. Et il y a ceux qui sont sur Pure People. Nicolas Sarkozy fait partie de la deuxième catégorie. Avec lui, c’est toujours le même cirque. Il débarque sur la droite, furtivement, discret, à quelques minutes du coup d’envoi, et fait mine de s’asseoir. Crépitements de flash. On le reconnaît, on lui tend la main. Bien obligé, il se relève, fait des bises, et file tout droit en direction du public. Sourire large. Serrage de louches. Photos collectors. Clairement, Nicolas Sarkozy est en campagne pour être président du PSG !

4. Tapis rouges
Fin août, la capitale est brûlante, étouffante. Les Parisiens attendent toujours leur première victoire en championnat au Parc, après un match nul face à Ajaccio. Guingamp est la victime idéale. Match à 17h. En observant bien les lieux, quelque chose a changé pendant l’été. Bizarrement, les couloirs ressemblent de plus en plus à un salon Air France. Tout est bleu et rouge, ok, mais taillé dans le velours. Les nouveaux proprios ont vraiment soigné la déco. Nouvelles dorures, vignettes « Paris executive club  » qui fleurissent dans tous les espaces de murs libres. Fini le côté béton, ou presque, il y a des tapis rouges partout : au secours !

5. En avant la musique
Une trompette, deux guitares et un tuba. Ils sont quatre, armés jusqu’aux dents. Terrifiants dans leurs chemises bleues et noires cintrées, chaussés de jolis souliers cirés. Devant l’entrée du Parc, leurs notes de jazz glissent subtilement. Ce soir d’octobre, le PSG retrouve la Ligue des champions. En guise d’apéritif, on aurait rêvé mieux qu’un Walking on the Moon gentiment enlevé, joué par un groupe un peu kitsch. Mais puisqu’ils sont là à chaque fois, on se demande si ce n’est pas le PSG qui les emploie…

6. Au service de Sa Majesté
Le Parc fourmille d’espions. Impossible de le prouver, mais ça y ressemble tellement... Début décembre, le PSG accueille Lyon. Des émissaires de la couronne britannique défilent dans les couloirs. Ils discutent avec la sécurité. Débarquent près du terrain, le mitraillent avec leurs iPhone. Soudain, ils doivent s’arrêter. Un petit ruban rouge stoppe leur course. Pas plus près. À bien regarder, on se demande si le Parc n’est pas devenu un musée. Une sorte de château hanté. Et les Anglais viennent certifier que, ça y est, il y aura bientôt la même ambiance que dans certains stades d’outre-Manche…

7. Des abos à gogo
Si le plan Leproux a vidé les tribunes, certains fidèles ne sont pas partis. Le Parc a un taux de remplissage excellent. Parmi eux, Patrick, 44 ans. Casquette siglée Paris vissée sur la tête, il discute le bout de gras avec deux potes : « Moi, s’ils continuent à jouer comme ça (le PSG vient d’enquiller quatre buts à Lyon, ndlr), je m’abonne l’an prochain. Je signe. Y avait de l’envie ! » , lance un des deux camarades. Patrick enchaîne : « Des matchs, j’en ai vus. La première fois que mon père m’a emmené ici, j’avais 3 ans. Il était super copain avec le directeur technique de l’époque qui nous filait des billets gratos. Je me souviens encore de l’ambiance, le stand de frites en bas des escaliers. C’était magique ! » Et maintenant ? Il paie 546 balles par an.

8. Les échauffements de Jérémy Ménez
Jérémy Ménez est étrange. Mystérieux. Autant sur ses intentions pour le mercato qu’à l’échauffement. Avant le match contre les Grecs de l’Olympiakos, il envoie des mines à Adrien Rabiot et Lucas Digne, ses partenaires de jeu, étonnés que leur coéquipier ne s’échauffe pas normalement. Il ne passe pas la balle, il dégage littéralement la boule ! Tape dans le cuir rageusement, mais toujours avec cette même mine déconfite, triste, lasse. Rigole-t-il ou fait-il la gueule ? Personne n’en sait rien. À l’inverse, il déconne comme un dingue avec ses adversaires stéphanois en Coupe de la Ligue, en s’échauffant avec eux… C’est à n’y rien comprendre.

9. L'humour des employés
Près du terrain, les employés du PSG sont merveilleux. Des jeunes de 25 ans en moyenne, sympathiques, toujours à votre service. Entre deux sandwiches au saumon et un café serré, ils n’hésitent pas à discuter un peu. Donnent une image plus humaine du club. Y a plus de touillette pour le café ? « C’est normal tu sais, le PSG a pas trop les moyens, on est un petit club qui monte…  » Les larmes de Sakho, qui vient de partir à Liverpool ? « Elles tombent au bon moment, non ? » Moment de gêne. « Je déconne ! Bien sûr que c’est sincère, mais c’est peut être aussi un bon acteur.  » Punchliners.

10. Pastore, amour et haine
Même ses plus grands fans doivent l’admettre : Pastore, certes pas aligné à son poste de prédilection, n’a pas fait un début de saison flamboyant. Et une partie du public l’a pris en grippe. En fait, surtout la tribune Paris. Quasiment pleine au moment de l’annonce des compositions, contrairement aux virages, elle en profite pour siffler l’ancien génie de Palerme avant le match contre Sochaux. Des virages qui, eux, vont le pousser quand il fera son entrée… Y a quand même une justice.

11. Ballon prisonnier
C’est le dernier match de l’année. L’automne s’en va en ayant déjà sacré son champion. Paris, premier, affronte Lille, troisième. À l’échauffement, le ballon finit dans les tribunes. Mais cette fois, pas question de le rendre. Des séditieux décident de s’envoyer le cuir, de mains en mains, au son des « olé » hilares, tandis que les stewards lèvent les bras pour essayer le récupérer. Ça dure au moins deux minutes. C’est long. Très long. Finalement, un des agents récupère la balle, grâce à la maladresse d’un des supporters. C’est de bonne guerre.

12. Pastore, l'homme qui venait du chaud
Après le match contre Lille, fin décembre, Éric et Marc ironisent sur Javier Pastore, nouvelle bête noire du Parc : «  Pour que Pastore se relance, il faut le prêter  » , explique le premier. « Oui, peut-être à Saint-Étienne, répond l’autre, ils l’ont loupé une première fois il paraît, ils seraient peut-être contents de le retrouver…  » « Ou alors Évian. Ou Sochaux. Enfin ce mec, quand on le voit jouer, on se dit qu’il doit rester dans un pays chaud…  » Sochaux, un pays chaud ? Les chemises d’Hervé Renard font vraiment illusion dans le Doubs.

13. La colère de Laurent Blanc
C’est l’UEFA qui organise les matchs de Ligue des champions. Tout est millimétré. Précis comme une horlogerie suisse. Leurs ramasseurs de balle sont tellement pros qu’on dirait des auto-entrepreneurs payés au match. Mais cette fois, ça bugue : pendant le match contre le Benfica, Laurent Blanc est furieux, car le tableau d’affichage des remplacements n’est pas prêt. Il passe littéralement un savon au type de l’UEFA, lequel se vexe, et dépose le tableau lumineux aux pieds du coach parisien, l’air de dire « vas-y démerde toi » . Complètement blasé, Blanc rapporte le tableau à ses assistants. Décidément, il a le sang chaud, cet homme…

Plus d'anecdotes dans les coulisses du Parc sur le blog PSG OFF SIDE

Par Jérémy Collado, au Parc des Princes
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