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Cyril Dumoulin : « Les sportifs ne sont pas coincés dans une bulle »

Ces derniers jours, le téléphone du handballeur Cyril Dumoulin n'a cessé de sonner. Au bout du fil : des centaines de sportifs de haut niveau, dont un paquet de footballeurs, prêts à mouiller le maillot en mettant aux enchères des objets de valeur. Le but ? Se mobiliser pour récolter des fonds pour les établissements hospitaliers. Et après un élan de solidarité long d'un mois, le gardien international du HBC Nantes aux 81 capes en équipe de France se pose quelques minutes pour revenir sur cette expérience humaine, bien que virtuelle.

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Les enchères SportAidons se sont achevées ce dimanche. Tu peux nous dresser un bilan des opérations ?
On est en train de finaliser le pointage, mais on aurait déjà dépassé les 300 000 euros, avec un tiers des dons sur la dernière journée. C’est imprévisible, inattendu et grandiose en même temps. Plus les jours avançaient, plus on revoyait nos ambitions à la hausse. Au début du week-end, j’étais comme un fou de voir qu’on allait passer la barre des 200 000. Mais après un mois d’activité, il a fallu mettre un terme aux enchères parce qu’il faut maintenant concrétiser ça : récupérer l’argent, le transférer, s’assurer que les différents lots arrivent à la bonne adresse... Jusqu’ici, on était sur des promesses de dons. Aujourd’hui, la mission est de faire en sorte que tout cet engouement ne reste pas au stade des belles paroles.

Cette somme d’argent sera uniquement destinée au CHU de Nantes ?
Non, puisque les sportifs qui se sont engagés viennent d’un peu partout en France, je ne pouvais pas diriger l’argent uniquement vers Nantes. Elle sera distribuée sur l’ensemble du territoire.


Ce week-end, c’est Hugo Lloris qui a mis ses gants de la finale de la Ligue des champions 2019 aux enchères. On peut appeler ça un bon coup de main...
Oui, ça a été un gros succès puisqu'ils sont partis à plus de 2000 euros. Une belle surprise pour la dernière journée, le genre de lot « locomotive » qui permet d’attirer l’attention des gens. Les footballeurs jouissent d’un niveau de popularité incomparable à celui de n’importe quel autre sportif. Je pense notamment à Jordan Veretout et Valentin Rongier qui ont été les premiers à nous permettre de sortir de la sphère nantaise et du handball. Mais il y a eu aussi Marcel Desailly, Anthony Lopes, puis plein d’anciens comme Olivier Quint, Nicolas Savinaud ou Fred Da Rocha...


Est-ce que tu as pu échanger avec tous ces sportifs, au moment où ils venaient vers toi ?
Pour la plupart, j’ai pu a minima discuter avec eux par message et j’en ai eu beaucoup au téléphone. C’est pour moi l’une des chances de cette aventure-là : avoir pu virtuellement rencontrer des centaines de sportifs. C’est mon petit enrichissement personnel.

Qu’est-ce que ça raconte de « la grande famille du sport » ?
Ça montre que la solidarité que l’on mentionne souvent sur les terrains de sport est aussi capable d'exister en dehors. Cela prouve que les sportifs ne sont pas coincés dans une bulle, comme ils sont souvent dépeints.
« Ceux qui pensent que les plus grands footballeurs sont dans leur tour d’ivoire sans regarder ce qu’il se passe autour d’eux, ben c’est faux. Quand ils le peuvent, ils essayent de se mobiliser. »
Pour moi, l’exemple d'Hugo Lloris est symbolique de tout ça. Je me suis réveillé un matin avec un message de sa part sur mon téléphone. C’est lui qui a fait la démarche. Ceux qui pensent que les plus grands footballeurs sont dans leur tour d’ivoire sans regarder ce qu’il se passe autour d’eux, ben c’est faux. Quand ils le peuvent, ils essayent de se mobiliser. Mais je veux insister sur le fait que cette opération a été possible grâce à plein de sportifs différents, de notoriété différente, mais aussi des entraîneurs, des journalistes, des supporters, des bénévoles... Donc c’est la famille du sport, avec toutes ses composantes.

Pourquoi avoir opté pour ce principe d’enchères, plutôt que des dons directs aux hôpitaux ?
Beaucoup de sportifs ont fait des dons sans passer par la case des enchères et sans forcément communiquer dessus. Certains nous ont donné un maillot et fait un don personnel en plus. Mais l’idée du maillot, ce n’est pas seulement d’offrir un bout de tissu. La plupart des objets ont tous une valeur symbolique supplémentaire. Au-delà de la performance elle-même, il y a toute l’émotion qui est engendrée par ces performances. C’est pour ça qu’on aime le sport. Hugo Lloris n’a pas donné n’importe quelle paire de gants ; Mickaël Landreau nous a filé son maillot du record du nombre de matchs en Ligue 1 ; pour Olivier Monterrubio, c’étaient les chaussures avec lesquelles il a marqué le but en finale de la Coupe de France 1999 ; Thibaut Pinot a donné son maillot porté lors de sa victoire au Tourmalet... Ce n’était même pas une consigne, ça s’est fait naturellement. Les mettre aujourd’hui aux enchères, c’est une manière de transmettre une nouvelle fois ces émotions, tout en œuvrant pour une bonne cause.


Ça a aussi permis de se rappeler qu'Henri Émile, l’intendant historique de l’équipe de France, se faisait floquer un maillot à son nom avec le numéro 25, lors du Mondial 1998 et de l’Euro 2000.
Ce maillot-là n’a certes pas été porté sur le terrain, mais c’est une pièce hyper rare, voire unique. Pour Henri Émile, ça doit être l'un des rares souvenirs matériels qu’il a gardés de ces compétitions. Ça représente qu’il faisait partie de l’équipe. Pourtant, il était prêt à s’en séparer.


Cette initiative a aussi permis de nous rappeler qu’Ivan Klasnić était passé par le FC Nantes...
C’est magnifique ce qu’il a fait. C’est l'un des premiers à avoir répondu à l’appel. Pour ceux qui ne le savent pas, Ivan Klasnić est gravement malade (une insuffisance rénale chronique, N.D.L.R.). J'ai pu discuter avec lui et, même si sur sa vidéo, on voit qu’il n’est plus en grande forme, il s’est beaucoup investi. Donc son passage à Nantes n’a peut-être pas marqué les esprits, mais celui au sein de SportAidons m’a marqué.

Y a-t-il des petites histoires qui t’ont particulièrement marqué durant ce mois d’enchères ?
Il y a eu celle d’Amine Harit, qui a voulu acheter aux enchères le maillot d’Emiliano Sala à une petite fille puis lui laisser le maillot. Mais comme il s’est fait doubler dans les derniers instants, il a fini par envoyer directement son maillot à la petite Justine. Il y a eu Aymeric Laporte qui a obtenu pour plus de 5000 euros la tenue du boxeur Alexis Vastine (champion olympique 2012, décédé en 2015 dans un crash d’hélicoptère lors du tournage de Dropped, N.D.L.R.) et qui a rendu le maillot à son père. C’était un très beau geste, comme celui des supporters nantais qui se sont mobilisés pour réunir 13000 euros pour restituer à Raynald Denoueix sa médaille de champion de France. Il y a un joueur, qui reste souhaiter anonyme, qui a mis en vente son dernier maillot et qui se l’est auto-acheté. Il souhaitait le conserver parce que c’est tout ce qu’il lui restait de cette époque.


Cette initiative de vente solidaire, ça fait déjà deux ans que tu la mènes. Tu racontais que cette idée t’est venue en rangeant ton garage, qui débordait d’équipements sportifs. Ça devait être un sacré bordel, non ?
(Rires.) Ben, ça l’est toujours, parce que pour le moment, c’est là où je stocke les objets qu’on m’envoie ! Un des objectifs du confinement était de ranger ce garage, et une fois qu’on aura envoyé tout ça, je vais pouvoir faire un peu de place.

« Je me suis retenu d’enchérir, parce qu’en tant qu’organisateur, ce n’était pas mon rôle. Mais j’aurais pu mettre pas mal d’argent pour récupérer les maillots portés par Éric Cantona, Juninho ou Sonny Anderson... »
Égoïstement, si tu avais pu garder un des objets mis aux enchères, ça aurait été lequel ?
Honnêtement, j’ai vu passer pas mal d’objets que j’aurais adoré avoir. Je me suis retenu d’enchérir, parce qu’en tant qu’organisateur, ce n’était pas mon rôle. Mais j’aurais pu mettre pas mal d’argent pour récupérer les maillots portés par Éric Cantona, Juninho ou Sonny Anderson...

Tu es originaire de la région de Lyon, d’où ces choix.
Oui, c’est ça. C’est pour ça que lorsque Grégory Coupet et Anthony Lopes m’ont répondu, j’ai trouvé ça génial. Ce sont mes racines lyonnaises qui ont parlé plus qu’autre chose.


Parmi les parrains de l’opération, il y avait beaucoup de handballeurs, de Nantais, mais aussi de gardiens. Tu t’es donc appuyé sur ces trois cercles pour mettre la machine en route ?

Oui, évidemment, même si pour atteindre les footballeurs nantais, ce sont les journalistes sportifs qui m’ont fait profiter de leur réseau. Puis au fur et à mesure, chacun a ramené ses propres copains pour donner de l’ampleur au mouvement. L’histoire des gardiens, c’est une réflexion que je me suis faite aussi. Il n’y avait rien de ciblé, mais c’est vrai que lorsqu'on fait le bilan, j’ai l’impression que ça représente la moitié. C’est peut-être dû à l’état d’esprit du poste, mais je ne suis pas très objectif sur la question.



Justement, dans le handball, on dit souvent qu’être gardien, c’est pratiquer un sport individuel dans un sport collectif. Pourtant, on a aussi vu que ton collègue Vincent Gérard avait proposé au début du confinement de garder les enfants de ceux qui devaient bosser. Vous êtes moins perso que vous en avez l’air !
Je pense qu’on peut élargir cette réflexion à l’ensemble des gardiens, pas seulement ceux de handball. Je crois qu’on est à un poste où le sens du sacrifice est présent. On s’expose face au tireur, pour le bien de l’équipe. Et c’est peut-être ça qui nous prédispose à nous lancer dans des mouvements de générosité. Mais je laisserais les grands spécialistes de la sociologie pousser l’analyse plus loin.


De ton côté, tu sortais d’une année 2019 gâchée par une rupture des ligaments croisés, qui t’a fait rater les Mondiaux puis le dernier Euro. Et à peine revenu, il y a cette crise sanitaire qui éclate. Pas trop dur mentalement ?
Si, mais après ma blessure, j’ai prouvé que j’étais capable de revenir à mon meilleur niveau derrière. Cette interruption m’a un peu coupé dans mon élan.
« Ces périodes difficiles m’ont permis de nourrir plein de projets, plein d’envies et de toucher du doigt ce que peut être ma vie après ma carrière. C’est quelque chose qui pouvait me terroriser et qui ne me fait plus du tout peur. J’ai vu que j’étais capable de faire autre chose que d’arrêter des ballons dans une cage. »
Pourtant, ces périodes difficiles m’ont permis de nourrir plein de projets, plein d’envies et de toucher du doigt ce que peut être ma vie après ma carrière, pour une future reconversion. C’est quelque chose qui pouvait me terroriser et qui aujourd’hui ne me fait plus du tout peur. J’ai vu que j’étais capable de faire autre chose que d’arrêter des ballons dans une cage.

Tu as 36 ans. Est-ce que tes plans de carrière pourraient être modifiés par cette crise du coronavirus, sachant que les JO de Tokyo sont reportés à 2021 ?
Je ne pense pas. En tout cas, je ne l’espère pas. Il me reste un an de contrat au H (le HBC Nantes, N.D.L.R.) et j’ai la prétention de pouvoir jouer encore quelques années. À moi de bien me préparer pour que les objectifs de 2020 soient simplement décalés sur 2021.

Dans ton cercle familial ou amical, certains ont été touchés par le virus ou bossent à l’hôpital ?
J’ai des proches qui ont été atteints par le coronavirus, certains ont été en réanimation. Tous s’en sont sortis, et j’ai la chance de ne pas avoir connu de malheurs. J’ai aussi des proches qui travaillent en tant que libéral et ce sont leurs témoignages qui m’ont sensibilisé et poussé à m’investir autant dans cette opération. Ils espèrent que ce qui a été mis en lumière aujourd’hui servira de leçon, que cela enclenche un grande restructuration du milieu hospitalier pour ne plus se trouver dans cette situation-là. Ce sont des gens qui sont d’un tel dévouement qu’aucun d’entre eux n’a lâché l’affaire. Si on doit avoir un exemple de solidarité, c’est bien celui-là.

  • Si les enchères sont bien terminées, vous pouvez toujours faire grimper la cagnotte en faisant un don par ici.



    Propos recueillis par Mathieu Rollinger
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