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  1. // Top 100 : les buts contre son camp qui ont marqué l'histoire

CSC inoubliables (5e) : Piplica, casque de plomb

Surnommé « Le Pirate » , Tomislav Piplica appartient à la catégorie de Van der Sar, Buffon et El Hadary, à savoir des gardiens capables de franchir sereinement la barre des 40 piges dans les cages. Mais contrairement aux autres, le Yougoslave devenu Bosnien est passé à la postérité pour un but contre son camp qui compte parmi les plus grands chefs-d'œuvre de l’histoire de la Bundesliga. Et rappelle que l’Energie Cottbus a un jour fait partie de l’élite allemande.

#5: Tomislav Piplica - 2002

Energie Cottbus-Borussia Mönchengladbach (3-3), Bundesliga, 6 avril 2002


Ce but, c’est un CSC de classe mondiale. C'est un bijou qui aurait sa place dans les coffrets collector de Vidéo Gag, si tant est que les Eigentore – comme on dit en Allemagne, pour surnommer l’Energie Cottbus – aient voix au chapitre. Alors rembobinons la bande. Nous sommes le 6 avril 2002, à Cottbus, dans le Land du Brandebourg, à quelque 130 kilomètres à l’est de Berlin. Ce samedi-là, ils sont très exactement 18 450 à s’être massés au Stadion der Freundschaft pour voir le FC Energie en découdre avec le Borussia Mönchengladbach. Si la victoire n’est pas obligatoire, la défaite, elle, est interdite. Il ne reste en effet que cinq journées jusqu’au terme du championnat, et Cottbus n’a toujours pas validé son maintien dans l’élite.

« Personne ne m’a prévenu non plus... »

Dix minutes avant la pause, l’Energie mène 2-0. À la mi-temps, il y a 2-1. Le deuxième acte est plus corsé, mais les Brandebourgeois mènent malgré tout 3-2 à vingt minutes du terme. Gladbach ne cesse de se casser les dents sur la défense adverse et s’apprête à retraverser tout le pays avec la musette vide. Jusqu’à cette frappe de Marcel Witeczek à la 85e minute. « Le ballon a été dévié. Je pensais qu’il allait atterrir sur la barre. J’avais l’air bête après coup et c’est évidemment de ma faute. Mais bon, personne ne m’a prévenu non plus... » , se souvient le gardien Tomislav Piplica, interrogé par le mensuel allemand 11 Freunde. Le ballon ne s’est pas écrasé sur la transversale, mais bien à l’arrière de son crâne. Avant de filer au fond des filets et d’offrir un nul inespéré à Mönchengladbach. Depuis son banc, l’entraîneur Eduard Geyer n’en croit pas ses yeux. Pas plus que le public d’ailleurs.

Du haut de ses 33 ans, Piplica vient de se faire un nom malgré lui. L’animateur de télévision Stefan Raab cherche à le contacter par tous les moyens afin de l’avoir sur le plateau de son émission à succès TV Total et lui remettre une récompense au titre légèrement mégalo : le Raab de la semaine. Par la suite, Tomislav Piplica deviendra l’objet d’une parodie où on le voit dépeint comme un Yougoslave vieillissant, bedonnant, aux réflexes anémiques et avec la clope au bec. « Mais tout le monde me connaissait en Allemagne » , se marre-t-il, pas rancunier. Sur le terrain, sa mission est de toute façon accomplie : Cottbus s’est finalement maintenu en Bundesliga, deux ans après avoir quitté l’antichambre. Piplica peut repartir pour une nouvelle saison entre les bois. Ce sera sa dernière dans l’élite. Mais pas au FC Energie, où il restera dix ans au total, avec en guise de point d’orgue, la montée en Buli. Une belle aventure pour celui qui est arrivé en Allemagne sur le tard, en raison de l’interdiction pour les joueurs yougoslaves d’être transférés à l’étranger avant leurs 28 ans, mais qui est finalement tombé amoureux du pays, puisqu'il entraîne aujourd’hui les gardiens du Wacker Nordhausen, en quatrième division.

Bien plus qu’un Gaston Lagaffe yougoslave

Pendant ses dix ans à Cottbus, Piplica commettra quelques boulettes supplémentaires qui contribueront à graver un peu plus profondément dans le marbre l’image d’un gardien maladroit. Ce dont l’intéressé ne se cache pas : « Cela fait partie de ma carrière. Simplement, je n’aime pas quand on oublie tout le reste. » Le reste, c’est une petite histoire qui s’inscrit dans la grande : celle d’un garçon né en Bosnie d’une famille croate et qui, après la guerre des Balkans, est devenu la seule source de revenus des siens, après que ces derniers ont tout perdu dans les bombardements. C’est aussi celle d’un mec devenu gardien de but par hasard, en se portant un jour volontaire pour épauler le portier titulaire et qui, dès lors, est resté volontiers entre les perches, pour éviter les maux de tête à répétition : « En Yougoslavie, on n’avait pas de bons ballons à l’époque. Quand il pleuvait, ils devenaient aussi lourds et durs que des médecine balls. Cependant, les joueurs de champ devaient constamment s’entraîner à faire des têtes et avaient souvent la migraine le soir venu. En tant que gardien, on en était dispensés. »



Et pourtant, c’est bien sa tête qui l’a fait entrer dans la légende. Bien plus que son titre de champion du monde U20, remporté en 1987 avec la Yougoslavie et un certain Davor Šuker. Bien plus que son absence au Mondial 1998 après avoir refusé de couper ses longs cheveux, comme l'exigeait le sélectionneur Miroslav Blažević. Bien plus encore que son doigt cassé lors du match qui a suivi l’imbroglio face à Mönchengladbach, ce qui ne l’a pas empêché de garder sa cage inviolée contre Stuttgart (0-0). « Malgré cela, les gens préféraient encore parler de mon CSC ! » , regrette Pipi. D'ailleurs, même sa fille n'oubliait pas de lui rappeler !



Par Julien Duez Propos de TP recueillis par 11 Freunde.

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