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Cry for me Argentina

Dos au mur à l'heure de défier le Nigeria à Saint-Pétersbourg, l'Argentine fait aujourd'hui face à une crise identitaire qui dépasse le simple spectre d'une élimination en Coupe du monde. Analyse.

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C’est l’histoire d’un type qui, enfant, passe ses journées à fantasmer qu’il fera un jour chialer les gens. Il est dans sa maison, à Casilda, en Argentine, et transforme sa chambre en vestiaire imaginaire. Il a huit ans, s’agite et s’imagine prêt à fondre dans un tunnel, s’installer sur un banc, marcher le long de la ligne de touche comme un garde-frontière s’assure de la sécurité de son territoire. Là, le gosse se saisit de son magnétophone et commence à balancer ses consignes : dans quelques minutes, ce sera la finale du Mondial. Jorge Sampaoli n’est alors personne, mais il rêve : « Si un jour je peux jouer la finale d’un Mondial avec l’Argentine, alors ce sera ce dont j’ai toujours rêvé... » Il y a dix jours, celui qui a depuis embrassé une carrière de banquier pour finalement réussir à devenir entraîneur au début du siècle, sans avoir la légitimité de l’ancien joueur pro – une sale blessure l’a forcé à ranger ses crampons à dix-neuf piges –, a plongé sa tête dans le grand monde qu'il s'était dessiné : lui, sur le banc de l’Argentine, prêt à affronter l’Islande dans ce qui restera le premier match de Coupe du monde de sa vie en tant que sélectionneur de son pays, quatre ans après avoir dirigé le Chili, au Brésil. Tout ça n’a plus rien d’un rêve et l’histoire a depuis pris la forme d’un casse-tête : mardi soir, à Saint-Pétersbourg, Sampaoli jouera son avenir, loin de toute finale à l’horizon.

« Demain, nous allons voir le vrai visage de l’Argentine »


Lundi soir, le sélectionneur de l’Albiceleste est alors arrivé en kamikaze dans la salle de presse du stade Krestovski, au lendemain d’une journée qui aura vu le président de la Fédération argentine de football, Claudio Tapia, intervenir publiquement pour dénoncer les « mensonges » relayés depuis plusieurs jours par la presse. À savoir : des rumeurs de dissensions internes, l’idée grandissante d’un putsch orchestré par les cadres du vestiaire de la sélection pour réduire au maximum les responsabilités de Sampaoli trois jours après une défaite face à la Croatie (0-3) qui a placé l’Argentine face au spectre d’un retour express à la maison, une histoire de bagarre entre Javier Mascherano et le jeune Cristian Pavón...



Sur le moment, Tapia a tenu à frapper juste et fort : « Si certains d’entre vous ont fait trois, quatre ou cinq Coupes du monde, c’est grâce aux joueurs. Aujourd’hui, vous avez l’opportunité de montrer que vous êtes argentins, en disant la vérité. Collaborons pour la réussite sportive. » Derrière le règlement de comptes, Mascherano, assis aux côtés du grand chef du foot argentin, a raconté l’histoire d’un groupe de vice-champions du monde qui rêve désormais de prouver son statut au monde entier. Puis, Jorge Sampaoli s’est pointé et a joué une carte dangereuse : « Demain, face au Nigeria, nous devrons jouer avec notre âme, notre cœur, nos jambes, notre tête. Nous allons voir le vrai visage de l’Argentine et écrire le premier chapitre d’une nouvelle histoire pour cette équipe. C’est le premier de nos cinq matchs jusqu’à la finale. » Rien que ça, le pari est osé.


Venu à ses côtés pour faire face aux médias, le gardien de River, Franco Armani, qui devrait prendre mardi soir la place du mec qui dort à ses côtés au camp de base, Willy Caballero, traumatisé par une erreur suicidaire qui a fait tourner le match face aux Croates jeudi dernier, a tiqué. Quoi ? Qu’est-ce qu’il raconte ? Puis, le trentenaire a souri et a tourné son intervention autour du thème de « l’union sacrée » à un moment où plus personne ne semble vraiment croire à la qualification d’une sélection qui sera également dépendante du résultat de l’Islande face à la Croatie. Les doutes sont avant tout des chiffres : en treize matchs dirigés à la tête de l’Argentine, Jorge Sampaoli a glissé dans les têtes l’idée d’un homme qui n’a pas encore exactement décidé ce qu’il attend de ses joueurs, à l’exception de « s’en sortir par le courage » . Peut-être avant tout parce qu’au cours de ces treize matchs, le bonhomme a changé treize fois de onze de départ, utilisé un total de 59 joueurs et ne possède aucun plan B pour s’en sortir. Il faudrait déjà détenir un plan A qui fonctionne.

L’échec d’un système, la victime d’un modèle


Ainsi, au cours d’un week-end qui aura pris la tournure d’une marche funèbre, les joueurs ont placé Sampaoli face à ses schémas. « Si on sent que quelque chose ne va pas, on le dit, s’est expliqué dans la foulée Mascherano, cadre aux fraises depuis le début du Mondial. Sinon, on serait des hypocrites. L’avis du joueur est important parce que c’est lui qui est sur le terrain. Si tu es dans l’inconfort, tu ne vas pas prendre la bonne décision. On cherche tous le bien du collectif. » Cela devrait se traduire par des changements, dès mardi : un probable retour de la défense à quatre, l’arrivée dans le onze de Dí Maria et Higuaín, l’idée d’offrir un espace d’expression plus important à un Lionel Messi plus que jamais cerné par une presse qui infuse le sentiment stupide que la Pulga n’atteindra jamais le rang d’un Maradona sans gagner une Coupe du monde.



Un raisonnement malhonnête qui vise surtout à masquer la réalité d’un football argentin dont les plaies dépassent les courbes du plus grand talent de sa génération. L’échec actuel de l’Argentine raconte avant tout une époque : une crise identitaire de son football, les failles d’un système basé sur la rentabilité de talents qui filent en Europe après à peine une saison jouée au pays et l’absence d’un modèle de formation pensé. Ce qui explique, par exemple, l’absence d’une défense de très haut niveau dans une sélection qui était hier tenue par des références : Mauricio Pochettino, Roberto Ayala, Oscar Ruggeri. Les successeurs s’appellent Otamendi, Mercado, Rojo : un autre monde et le revers du footballeur transformé en actif financier, un joueur offensif ayant plus de charme qu’un jeune défenseur à faire mûrir.


C’est une histoire de patience, de modèle à reconstruire : aujourd’hui, l’Albiceleste ne dégage aucun projet collectif – malgré ce que Sampaoli a pu affirmer après la défaite face à la Croatie en évoquant « l’échec de son projet » – et galère à faire avancer en groupe un ensemble de talents qui aura quand même réussi à toucher trois finales de tournois internationaux en quatre ans (une finale de Coupe du monde, deux finales de Copa América). Face à l’Islande comme face à la Croatie, le principal circuit de construction – trouver Messi et le laisser se démerder – a été un échec et le joueur du Barça en est la principale victime. C’est aussi ce que son comportement raconte : à la veille du match contre la Croatie, il est resté dans sa chambre, mutique. Le talent de Lionel Messi, qui a laissé son trente-et-unième anniversaire au second plan, ne permet pas de faire disparaître les nombreux nuages de cette Argentine. Une Argentine à qui « Dieu » (Franco Armani) a fait don d’un match de la dernière chance. « On va gagner » , promettent tous les joueurs. Sampaoli, lui, rajoute alors une pièce dans la machine : « Parfois, après une défaite, on fait passer l’entraîneur pour un criminel. Il m’arrive de gagner, il m’arrive de perdre, mais le plus important, c’est que je crois en ce que je fais. » L’enfant n’est jamais loin : le rêve, lui, a quatre-vingt-dix minutes pour choisir son camp.





Par Maxime Brigand, à Saint-Pétersbourg
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