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Croatie, la conquête par chaos

Une question éternelle : comment un pays de quatre millions d’habitants peut-il sortir autant de bons footballeurs ? Et si, au-delà du talent génétique, ce casse-tête n’avait aucune issue plausible ?

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« Un miracle » , voilà tout. Jeudi dernier, Zlatko Dalić n’est pas venu parler au monde du match à venir – la première finale de Coupe du monde de l’histoire de son pays –, c’était autre chose : le sélectionneur croate est sorti quelques minutes du tourbillon pour regarder à l’horizon. Qu’y a-t-il vu ? « L’un des plus grands exploits sportifs de la Croatie » déjà, puis « une opportunité qui ne se représentera sans doute pas » . Alors, Dalić, tête pensante d’un projet monté à l’arrache, l’homme de 51 ans ayant récupéré la barre du navire à la veille d’un match suicide en Ukraine en octobre 2017 et n’ayant disposé que d’une petite poignée de rendez-vous internationaux pour préparer son affaire avant d’être obligé de balancer un joueur par-dessus bord (Nikola Kalinić) après un match dirigé en Coupe du monde, a saisi l’instant au vol.


Là, on a définitivement compris que ce qui se jouait sous nos yeux dépassait le simple cadre du foot : « Aujourd’hui, on fait partie des plus petits pays à atteindre une finale de Coupe du monde avec l’Uruguay. Quand on regarde les infrastructures à la maison, on est un miracle. Dans trois mois, on va recevoir l’Angleterre dans le cadre de la Ligue des nations, mais on n’a pas de stade adéquat pour recevoir une telle équipe. » L’Angleterre, justement, a été chiffonnée entre les mains des Croates en demi-finales et tout ça avait laissé rêveur le même Dalić, surpris en train de réfléchir à haute voix en conférence de presse d’avant-match sur l’argent dans le foot. « Si nous avions autant d’argent que l’Angleterre, qui sait où nous serions... » Personne ne sait. Seule certitude : la Croatie touche dimanche son sommet.


« C'est difficile à expliquer... »


Mais est-ce vraiment un miracle ? Il faut y croire, oui, Ivan Rakitić se montrant d’ailleurs incapable, samedi, d’expliquer rationnellement ce qui se trame depuis toujours dans le pays qu’il a décidé de représenter en 2007 après avoir été élevé par des parents croates exilés en Suisse et être passé par les sélections de jeunes de la Nati. « Le secret du sport croate ? C’est difficile à expliquer... Mais ce pays de 4,5 millions d’habitants, qui aime viscéralement ses sportifs, réussit à obtenir des résultats exceptionnels en tennis, en handball, au basket, au water-polo... » L’histoire a un rôle là-dedans, c’est une évidence : le premier président de la République de Croatie indépendante, Franjo Tuđman, en poste de 1990 jusqu’à sa mort en décembre 1999, voyait les sportifs du pays comme « la première vitrine du pays à l’international » et la défaite des Vatreni en demi-finales de la Coupe du monde 1998 est considérée comme un tournant historique majeur d’un point de vue identitaire. Tout ça est culturel, avant tout, mais aussi sentimental. Grâce au Mondial 1998, la Croatie s’est fait une place sur le globe.

L'art de l'improvisation


Depuis, tout a changé, évolué, mais cette finale de Coupe du monde a fait revenir sur la table un vieux débat : comment un pays de quelque quatre millions d’habitants peut-il en arriver là ? De l’avis de tous, cette question n’a aucune réponse valable, comme s’il y avait une forme de mysticisme autour du dossier croate. En réalité, ce Mondial aura fait revenir une constante sur la table : l’improvisation a sa place dans le foot et elle possède certainement un passeport croate. Plusieurs fois au cours de la compétition, Zlatko Dalić a répété ces mots : «  On ne sait jamais... » Une scène a particulièrement représenté cette théorie. Retour à Ninji Novgorod, le 1er juillet dernier. Dans la nuit russe, la Croatie se trouve à une bascule, au milieu du match « le plus compliqué » de son tournoi (Dalić) : le huitième de finale face au Danemark, lancé par un but inscrit de chaque côté lors des quatre premières minutes de la rencontre et qui a débouché sur une séance de tirs au but étouffante.



Avant le début de ce que le sélectionneur croate considère comme « une loterie » , au point de ne pas vraiment avoir pratiqué l’exercice à l’entraînement (Zlatko Dalić estimait ses joueurs capables de plier l’affaire en quatre-vingt-dix minutes), Luka Modrić hurle : « Suba, est-ce qu’on lance la séance ? » Réponse négative, Subašić a pris la situation entre les gants, lui qui est sorti vainqueur de 41% de ses penaltys depuis son arrivée en Ligue 1 (7 penaltys sortis sur 17), mais qui sait aussi que les statistiques montrent que dans 60% des cas, l’équipe qui sort victorieuse d’une séance de tirs au but est celle qui tire en premier. Contre le Danemark, le gardien de l’AS Monaco en a sorti trois. Tout ça s’est joué à l’instinct, simplement à l’instinct, comme lors de la séance en quarts face à la Russie (où Danijel Subašić a sorti la tentative de Smolov et vu Mário Fernandes balancer son penalty contre un panneau publicitaire). Voilà la représentation de l’improvisation : la Croatie n’a pas particulièrement bossé les penaltys dans ce Mondial.


Faire fructifier la performance


Pourquoi ? Parce qu’en réalité, elle ne prévoit pas grand-chose, vit à court terme et il a fallu s’y habituer. On l’a dit : Dalić a pris cette équipe à 48 heures d’un match décisif en Ukraine. Avant lui, Ante Čačić avait récupéré le bébé à neuf mois de l’Euro 2016 dans les bras de Niko Kovač, qui avait lui-même foutu son nez sur le banc national juste avant de disputer un barrage qualificatif à la Coupe du monde 2014. Samedi matin, Zlatko Dalić a d’ailleurs tenu à mettre en perspective la performance de ses joueurs : « N’oubliez pas que ceux qui sont là depuis dix ans ont joué dans des stades vides, sans supporter... » Et sur des terrains pourris, aussi. La réalité de la Croatie se lit à travers le monopole du Dinamo : un seul contre tous dont on connaît depuis longtemps les contours (corruption massive, ingérence visible dans les affaires de la Fédération croate de football...). Résultat, durant plusieurs années, la sélection nationale était devenue un relais d’influence du géant national (le sélectionneur y plaçait alors les jeunes bonbons afin qu’ils soient rapidement distribués en Europe), profitant d’un système de formation quasi inexistant dans les autres clubs du pays. Pire : l’idée d’un travail de fond sur le développement du foot national a été tué dans l’œuf il y a quelques années, le porteur du projet (Romeo Jozak, un type qui était un temps parti bosser ses idées aux États-Unis) ayant été viré avant de présenter son projet aux dirigeants de la Fédération.



Les échecs répétés de cette sélection n’ont donc, dans le fond, aucun secret : voilà aussi pourquoi Zlatko Dalić, qui a effectué la quasi-totalité de sa carrière d’entraîneur loin du pays, a pris la parole cette semaine afin de faire fructifier la belle performance de ses joueurs. En Russie, on aura parfois tiqué en voyant la meilleure paire de milieux du monde (Rakitić-Modrić) laisser le contrôle du jeu à l’adversaire lors de la phase à élimination directe, comme face à la Russie, où Vida et Lovren auront passé une bonne partie de la rencontre à sauter l’entrejeu. Tout ça touche à un art de la débrouille culturel, à une mentalité de combat supérieure, mais doit aussi évoluer pour élever le niveau du football national. Ce sera peut-être pour demain, un combat pour le Dalić finaliste de Mondial, au bout d’un match de gangsters où la manière importera peu : seule la victoire est jolie, non ? Et même si elle tient à « un miracle » .





Par Maxime Brigand, à Moscou
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