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Comment faire pour « remporter son bras de fer » ?

Doit-on forcément avoir 75cm de tour de biceps pour gérer les clauses de son contrat ? Faut-il s'équiper d'une arme pour être plus convaincant ? Manuel d'aide en cas de bras de fer à destination du PSG, de l'Atlético de Madrid ou de tout lecteur impliqué dans un conflit avec sa direction.

Ce samedi soir-là, Régis Le Trohic a fait des heures supplémentaires. Au lieu de quitter son service et rentrer chez lui, cet adjudant du 8e régiment de matériel de l’armée de terre a tranquillement pénétré dans un silo de munitions de 150m2 à Connantray-Vaurefroy, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Châlons-en-Champagne. Ensuite, il a fermé la porte derrière lui, et s’est enfermé avec 64 tonnes d’explosifs. Essentiellement des mines antichars. Puis, l’adjudant a menacé de tout faire sauter, reprochant à l’armée de ne pas lui offrir sa promotion d’adjudant-chef et le poussant donc à la retraite, à 47 ans. Le lendemain, le 6 décembre 2004, 24h après le début de l’opération, on prit donc la décision au ministère de la Défense d’évacuer les villes voisines de Normée et Lenharrée, et de fermer le couloir aérien survolant la zone. « L’explosion aurait été mortelle sur un rayon de 5km, explique Bernard Thellier, ex-négociateur du GIGN appelé sur place à l’époque pour parler au forcené. J’ai négocié deux jours pour le faire sortir de là. Un vrai bras de fer. Mais concernant Neymar, c’est une question compliquée... »

« Neymar a une ossature très fine, il fait presque féminin »


L’expression est devenue un poncif du mercato, apparaissant dans les papiers dédiés comme la tronche de Thomas de Gendt dès que s’élève la route du Tour de France. Le « bras de fer » entre un club et son joueur semble même être le dernier truc à la mode, ou, à défaut, la technique préférée du FC Barcelone pour recruter ses futurs joueurs. Mais comment gérer un joueur retranché sur ses certitudes ? Bernard Thiellier, 10 ans de GIGN et habitué de la menace terroriste et des situations tendues, explique que le secret réside dans « l’attitude » : « Pour être convaincant, faut être convaincu, dit-il. Je n’ai jamais fait de prises d’otage sans être convaincu que j’allais sauver tout le monde. Et pour cela, il faut toucher l’inconscient du preneur d’otage. Je me suis rendu compte au fil de mes expériences que les mots que je prononçais n’avaient que 15% d’impact environ. Le ton, 25%. Les pourcentages restants, c’est l’attitude. La forme l’emporte toujours sur le fond. » Un constat dont pourrait s’inspirer le PSG, souvent moqué pour sa gestion publique bancale des cas Rabiot ou Neymar, avant de voir débarquer un nouveau négociateur en chef, Leonardo.



Pourtant, malgré sa grande expérience dans le domaine du bras de fer, Neymar n’impressionne guère, Aymeric Pradines, plusieurs fois champion de France de bras de fer sportif et médaillé européen. « Vu ses avants-bras, ses mains et ses poignets, ça m’étonnerait qu’il ait le moindre potentiel, se marre-t-il par téléphone. Il a une ossature très fine, il fait presque féminin. Un mec comme Mbappé, en revanche, tu sens qu’il a une densité physique supérieure à Neymar, malgré le fait qu’il ne soit pas énorme. » Une preuve de plus que le Français se pose comme le maître de la discipline, usant de techniques avancées, comme ses déclarations évasives aux trophées UNFP, pour remporter ses duels serrés. « Pour gagner en bras de fer, il n’y a pas de secret, il faut avoir la technique, confirme notre athlète. Ce qui prédomine, c’est la force de la main, des doigts, du poignet, ce qu’on appelle l’inflexion palmaire. C’est pour ça que si moi, je fais un bras de fer avec Teddy Riner, qui fait 50kg et 20cm de plus que moi, je vais l’atomiser. Il ne va rien comprendre. Ce n’est pas forcément le plus musclé qui gagne. Si tu demandes à un bodybuilder de tirer un coup franc, il va te faire une frappe de merde. Mais Roberto Carlos, 1,65m, 70kg, c’est un des plus gros frappeurs de l’histoire et il envoie des mines à 140km/h. » Selon le spécialiste, les plus forts en bras de fer resteraient supposément les gardiens, habitués à bosser leur poigne, et notamment, ô surprise, «  Oliver Kahn » . Pourtant, à part Kepa Arrizabalaga, pas ou peu d'exemples récents de portiers lancés dans un bras de fer avec leur club/coach.

Faut-il céder aux exigences ?


« Ça n’est pas trop dans la mentalité française, avance Aymeric Pradines. En revanche, en Bulgarie, Russie, Pologne, Géorgie ou au Kazakhstan, c’est un sport national. » Connus pour leurs contrats parfois nébuleux où il convient de veiller aux petites lignes, les pays de l’Est ont fait de la pratique du bras de fer une spécialité, contrairement à la France qui ne compte qu’environ 200 licenciés, pour 300 pratiquants tout au plus, soit trois fois moins de membres que la Fédération française des chiens de traîneaux. Un chiffre en augmentation, mais qui devrait connaître un vrai boom le jour où Aymeric Pradines, tout jeune président de la Fédération française de bras de fer sportif – en opposition à la Fédération nationale de bras de fer, où « les trois quarts des licenciés sont des vieux à la retraite » –, aura réussi à faire reconnaître le sport à part entière, à la manière de la démarche engagée par le MMA. Autre constante des situations de bras de fer : les exigences, souvent financières. Bernard Thellier, désormais président de Precognition, une société de conseil dédiée aux entreprises, tient à faire le distinguo entre un preneur d’otage (qui détient des otages, logique) et un forcené (seul et retranché), avant d’aller plus loin. Neymar serait donc un forcené aux demandes difficiles à satisfaire. Alors, on craque ou pas ?


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« Quand on arrive sur un lieu, il faut d’abord établir un dialogue, un lien, connaître la personne, avoir des points de vue et des objectifs communs. Là, avec Neymar, la relation est déjà tissée, c’est donc un point positif. En revanche, on parle là d’un profil de récidiviste. Je pense qu’il faut reconnaître sa version et la valider, lui faire comprendre que l’on est à son écoute. On ne lui dit pas qu’il a raison ! On lui dit que s’il a compris les choses de telle manière, alors il a raison d’agir ainsi. Après, les exigences... il y a toujours un compromis. Donner de l’argent, de la nourriture ou du matériel, oui ça se fait. » Trois mots pour régler le souci, donc : dialogue, écoute, compromis. Jusqu’au jour où l’on tombe de toute façon sur plus fort que soi, et cela arrive même à Aymeric Pradines : « Un jour, je devais combattre contre Andrey Pushkar, champion du monde, remet-il. Je n’avais aucune chance, je suis allé le voir avant en lui disant de ne pas me casser le bras. Bon, maintenant, il est décédé dans un accident de voiture... » Eh oui : au volant comme en négociation, l'important reste de ne jamais baisser les bras.

Par Théo Denmat Tous propos recueillis par TD
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