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Clément Grenier : « Avant de m’enterrer, il va en falloir plus que ça »

Arrivé à Majorque en mars dernier, Clément Grenier a déjà laissé sa trace dans le club de l'île des Baléares en inscrivant le but du maintien en Liga lors de l'ultime journée. Avant ça, le milieu de 31 ans a passé huit mois à chercher une nouvelle maison après avoir été remercié par le Stade rennais et boudé par les clubs de notre championnat. À l'aune de cette nouvelle saison, l'ancien Lyonnais a accepté de revenir sur ces derniers mois et sur les grandes lignes de sa carrière.

D’habitude, les gens vont à Majorque pour les vacances. Toi, tu y es allé pour le travail. C’est la belle vie, non ?
Non, je ne suis pas venu pour ça ! Déjà, c’était une opportunité pour moi en mars dernier. Je n’ai jamais choisi mes clubs par rapport à la ville. Je suis surtout venu pour le football. Mais c’est vrai que c’est une chance supplémentaire pour ma famille surtout, de se sentir bien et à l’aise ici. C’est un endroit que je ne connaissais pas du tout avant de signer, donc c’est une belle découverte. J’ai eu la chance de pouvoir un peu visiter et le peu de choses que j’ai pu voir, c’est un pur plaisir.

Les Espagnols ne galèrent pas trop à dire ton nom ?
Ça va, franchement ! Ils ont l’accent mais la plupart m’appellent « Clem » ou « Clé » . Ils se sont adaptés. Enfin, c’est surtout à moi de m’adapter en parlant espagnol le plus vite possible. J’ai pu me fondre rapidement dans le moule parce que j’aime réunir, partager, je suis curieux.

« J’ai une belle capacité d’adaptation et j’en suis fier. En Liga, il y a des choses à mettre en place pour que je sois performant mais il n’y a pas que la technique comme on veut le faire croire. »

Comment as-tu atterri ici ?
Mi-mars un joueur s’est blessé et mon ancien agent m’a contacté parce qu’il connaissait le club. Il m’a dit que je les intéressais donc j’ai foncé, sans me poser de questions. C’est la Liga. Il y avait un gros challenge à relever, se maintenir. J’étais prêt pour ça. L’issue a été longue mais je l’apprécie.

Footballistiquement, ton profil semble bien coller à la Liga. Ça t’a conforté dans ton choix ?
Oui, tout le monde me le dit depuis très longtemps. J’ai une belle capacité d’adaptation et j’en suis fier. En Liga, il y a des choses à mettre en place pour que je sois performant mais il n’y a pas que la technique comme on veut le faire croire. Il y a beaucoup d’autres choses qui sont différentes de la Ligue 1.



Comment as-tu vécu l’été dernier, libre de tout contrat ?
Très sincèrement, après mon contrat à Rennes, j’ai eu pas mal de sollicitations et d’échanges avec d’autres clubs. Ça ne s’est pas fait pour différentes raisons. Parfois c’était eux, parfois c’était moi. De temps en temps, j’avais la sensation qu’on allait trouver une issue favorable mais finalement ça n’a pas été le cas. Tu te poses énormément de questions parce que tu sors de trois belles saisons à Rennes où t’as joué la Ligue des champions et la Ligue Europa, où t’as la chance de gagner un titre (la Coupe de France 2019, NDLR), ce qui est fabuleux dans une carrière mais aussi pour le club. Donc tu ne sais pas trop pourquoi...

Tu ne sais pas pourquoi tu as eu aussi peu de sollicitations ?
Non, j’ai eu beaucoup de sollicitations ! Énormément. C’était incroyable. Peut-être même trop ! (Rires.) J’ai eu plein de discussions avec des directeurs sportifs, des entraîneurs même. On est allés loin dans ces échanges. Mais plus on s’approchait de la fin du mercato, plus je sentais les choses ne pas se faire pour différentes raisons. Ça pouvait être financier ou alors des non-qualifications en Coupe d’Europe, ce qui restreignait les budgets. D’autres fois, j’étais dans la short-list mais ce n’est pas moi qui ait été l'élu... C'était un été assez mouvementé après Rennes. Puis j’ai eu la chance de m’entraîner à Lyon, où Jean-Michel Aulas m’a accueilli les bras ouverts. C’était une chance pour moi. Rennes avait refusé. Florian Maurice avait refusé que je reste m’entraîner pour garder le rythme, ce qui était dommage parce que je me sentais bien là-bas. Ma famille aussi, mes enfants étaient inscrits à l’école. Mais le président Aulas a été grand, comme d’habitude. J’ai été accueilli comme chez moi par le staff technique et évidemment par mon entraîneur, mon pote Gueïda Fofana en réserve. Et là j’ai travaillé comme un fou, comme si j’avais 17 ans. En plus, j’étais qu’avec des jeunes donc fallait bosser !

« Dans le football, malheureusement, il y a des gens qui décident. Il en faut mais je pense qu’il faut être aussi honnête, franc et bien dans sa peau pour pouvoir échanger avec des hommes. C’est le seul regret que j’ai de mon départ de Rennes »

Quand tu parles de Lyon, tu as le sourire aux lèvres, alors que quand tu parles de Rennes, il y a une petite pointe d’amertume...
Non, pas du tout. C’est juste que dans la vie, je pense qu’il faut être classe et reconnaissant des choses. Je l’ai toujours été avec mes partenaires, avec les staffs, les présidents, les entraîneurs, etc. Mais, je suis un peu déçu de l’issue. J’ai pu apporter mon expérience et je n’ai jamais triché pour ce club-là. Moi, j’aime bien partir la tête haute et étant moi-même. Je l’ai été jusqu’au bout. Mais dans le football, malheureusement, il y a des gens qui décident. Il en faut mais je pense qu’il faut être aussi honnête, franc et bien dans sa peau pour pouvoir échanger avec des hommes. C’est le seul regret que j’ai de mon départ de Rennes parce que je pense que j’aurais pu encore continuer là-bas de nombreuses années. En tout cas, j’en avais envie. J’avais une bande de potes avec qui je jouais et ça, pour moi, c’est extraordinaire. Il n’y a pas mieux. Je me sentais à Rennes comme à Lyon.

Tu as dit que tu avais eu beaucoup de sollicitations l’été dernier, puis plus rien jusqu’en mars avec Majorque. Comment l’expliques-tu ?
À mon avis, et ce n’est que mon avis, avant les clubs prenaient les joueurs qu’ils voulaient, peut-être trop, en se disant que de toute façon ils trouveront une solution pour les joueurs qu’ils ne veulent plus. Maintenant, j’ai l’impression que la tendance, c’est de dégraisser. La dernière semaine d’août j’ai discuté avec trois clubs, et ils me considéraient comme si j’étais un transfert, alors que j’étais libre. Il fallait des départs pour me faire venir, donc les effectifs étaient bloqués.

As-tu regretté des opportunités que tu as laissé passer l’été dernier ?
(Il réfléchit.) Alors, au tout début du mercato, il y a des situations où on aurait pu aller au bout mais je me suis dit : « Bon... » Mais c’était parce qu’il y avait des discussions avec plusieurs clubs. J’ai eu des touches en Italie, Espagne, Allemagne. Il y avait un club anglais qui me voulait mais je n’avais pas les points nécessaires. C’est pour ça que j’ai dit que j’avais peut-être trop d’échanges. Ça fait hésiter. Un moment donné, quand tu rentres à Lyon et que tu t’entraînes avec la réserve du club, tu te dis « peut-être que j’aurais dû accepter ce club-ci et signer ce contrat-là » ... Mais cette épreuve m’a permis de voir le football différemment. Je suis fier de ça parce qu’il fallait encore remonter la pente alors que j'étais quasiment au fond du trou. Encore une fois, à l’étranger, dans un pays dont je ne maitrise pas la langue, j’arrive à pointer le bout de mon nez. Je n’ai jamais douté de mes capacités et ça rassure peut-être certaines personnes qui ont hésité en septembre, octobre, novembre, décembre, janvier et février.

C’est une revanche ?
Non, je n’ai jamais été revanchard mais j’aime bien démontrer ce que je dis et ce que mes représentants disent. Et ça a été le cas.



Ne trouves-tu pas étonnant que Clément Grenier, très expérimenté en Ligue 1, international français, ne joue pas en France ?
Pour être très honnête, je n’ai pas eu énormément de sollicitations en Ligue 1. Bizarrement. Pourtant c’est mon championnat. Je pense y avoir fait de belles choses. Je n’avais que 30 ans. Je suis en pleine forme, je l’ai démontré à Rennes en jouant beaucoup de matchs. J’ai été très surpris de cette situation-là. Pourquoi ? Aucune idée. Si vous avez des explications, je les veux bien ! C’est aussi là où je me suis dit que c’était le moment d’aller voir autre chose et démontrer mes qualités ailleurs. Peut-être qu’aujourd’hui elles ne sont plus remarquées en France, ou alors elles ne sont plus reconnues. Je n’en sais rien. Après la fin du mercato, j’ai demandé à mes représentants de contacter quelques clubs de Ligue 1 qui ne m’attiraient pas forcément au début, mais j’aime tellement le foot que je ne pouvais pas snober qui que ce soit. Et même des clubs qui jouaient le maintien ne m’ont pas répondu favorablement. Ce n’était pas une question d’argent, je tiens à le préciser, parce que je n’ai jamais parlé d’argent avant de parler du sportif parmi les clubs avec lesquels j’ai discuté. En plus, je n’allais pas demander de l’argent puisque je savais que c’étaient des clubs en difficulté financière. Et pour aller encore plus loin, je leur disais même de me donner ce qu’ils pouvaient et de faire des primes d’objectif. Et même ça, ça n’a pas été écouté. Puis je voyais ces mêmes clubs recruter des 10, des relayeurs, des 6... Ils achètent et ils payent, alors que je suis libre, que je ne demande pas d’argent, que j’ai de l’expérience et que j’ai faim. Au bout du compte, en Ligue 1, je n’ai pas eu une seule réponse favorable. Je n’ai pas compris. Peut-être que je reviendrai en Ligue 1 avant la fin de ma carrière et tout ça sera effacé.

« Je ne pourrais pas jouer pour Saint-Étienne et les supporters stéphanois ne voudraient pas me voir jouer avec leur maillot. Donc c’est réciproque ! »

Malgré tout, tu avais blacklisté un club : l’AS Saint-Étienne.
Pas du tout, ce sont surtout les réseaux sociaux qui se sont enflammés. J’ai dit que je pouvais tout accepter sauf Saint-Étienne mais ce n’était pas méchant, au contraire. C’est une rivalité saine, moi je les respecte énormément. C’est un stade où j’aime aller jouer. C’était une boutade. Et ils ne m’ont même pas contacté. Mais honnêtement, je ne pourrais pas jouer pour Saint-Étienne et les supporters stéphanois ne voudraient pas me voir jouer avec leur maillot. Donc c’est réciproque !



Tu t’es entraîné avec l’OL l’hiver dernier. Est-ce que l’idée qu’ils te proposent un contrat t’a effleuré l'esprit ?
Bien sûr ! J’ai eu des discussions avec le club. Mais le coach Bosz en a décidé autrement. Enfin, de ce qu’on m’a dit au club. C’est exactement la réponse qu’on m’a donnée : le coach ne veut pas. Donc a priori, il y avait des pour et des contre. En tout cas, il y avait pas mal de « pour » au sein du club de ce que j’ai compris, mais le dernier mot revient à l’entraineur. Un moment, je m’entraînais bien, j’étais en forme, j’étais au club, je revenais à la maison... Mais ça ne s’est pas fait ! Encore merci à eux et au président car grâce à eux, je suis à Majorque.

Tu as l’air très marqué par ton passage en Italie, à la Roma, qui n’a pourtant duré que six mois. C’est un coup de coeur ?
Oui, c’était exceptionnel. Je savais pourquoi j’y allais. Je ne jouais plus à Lyon. Je devais signer à la Roma lors de l’été 2016 et ça ne s’est pas fait. Mais quelques mois plus tard, je suis venu en prêt avec option d’achat. Ça s’est très bien passé. Alors oui, je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu, c’était prévu, mais c’était exceptionnel. Quand j'ai croisé Mister Spalletti en amical cet été et qu’il me prend dans ses bras, qu’il m’embrasse, qu’il me parle de ma famille, c’est émouvant. C’est une forme de respect de sa part et c’est réciproque. Le directeur sportif et le coach partent à l’Inter l’été suivant et donc l’option d’achat n’est pas levée. J’ai appris énormément de choses, humainement et footballistiquement. C’est ça qui m’a fait grandir. Le passage à Rome a été fantastique. Pour l’anecdote, la première personne que je rencontre là-bas, et qui m’a énormément aidé, c’est Vincent Candela. Il m’a accueilli dans son restaurant et on a passé un moment ensemble. Vincent Candela à Rome, c’est un personnage, c’est quelqu’un de respecté et d’apprécié de tous les Romains. Il est évidemment très proche de Francesco (Totti), de Daniele (De Rossi). Il m’a ouvert ses portes. Je me suis senti chez moi en six mois, c’est pour ça que j’étais très triste qu’ils ne lèvent pas l’option d’achat. Qui n’était pas chère pourtant. Encore une fois, j’ai dû rebondir et je suis fier de ça. Même quand on ne croit plus en moi, je suis toujours là.



Quand on regarde ta carrière, il y a beaucoup de rebonds et peu de périodes où tu étais installé. Qu’est-ce que t’en penses ?
Je n’ai jamais été dans un fauteuil et je n’ai jamais voulu l’être. Mais c’est vrai qu’on a toujours voulu me remettre en question, on a voulu aller chercher des joueurs pour prendre ma place. Un jour, mon père m’a dit : « Dos au mur, t’es le meilleur » . J’ai plein d’exemples de ça. À Rennes, à un moment donné, je ne joue plus. Il y a un problème et là, ils refont appel à moi. Je rejoue, je marque, je suis performant, je continue de jouer et j’enchaîne. Je travaille, j'ai confiance en moi, j’ai zéro doute, je crois en mes capacités. Je ne donne des leçons à personne mais j’ai un très, très gros mental. Avant de m’enterrer, il va en falloir plus que ça. Encore une fois, c’était une épreuve de septembre à mars et je suis encore là. Des gens disent que je suis fou. Mais je ne suis pas fou, c’est juste que je crois en moi et que je suis déterminé. Le foot, c’est ma vie, donc je ne lâcherai jamais. Mais j’ai toujours dû prouver et c’est aussi ça qui est plaisant. Quand on croit moins en toi, ça permet de te rebooster aussi. À Guingamp, je prends tous les risques, que ce soit financier ou sportif, et je fais six mois exceptionnels. Je repars à Rennes, qui est en plein dans un projet de construction. La première année, on gagne un titre. Il ne faut pas m’oublier, ne pas m’enterrer. Je pense que je suis à l’apogée de ma carrière. Je suis bien physiquement, je connais mon corps. Je ne sais pas ce qui peut m’arriver de plus que ce que j’ai vécu, mais je ne vais pas me plaindre. Je me suis reconstruit très vite.

« J’ai passé quinze jours à l’hôpital, je n’arrivais plus à marcher, je ne sentais plus mes jambes. J’ai dû réapprendre à marcher, à courir. Donc mon corps était usé. J’ai quand même été sélectionné dans les 23, Didier Deschamps m’a fait confiance. »

Justement, tu as gardé cette image de joueur fragile physiquement alors que tu ne te blesses pas si souvent que ça. Comment le vis-tu ?
Dans le football, quand on a une image, c’est dur de s’en défaire. Je dis souvent que j’ai été blessé trois fois dans ma carrière : un staphylocoque doré, une pubalgie qui n’a pas été soignée à cause de ce staphylocoque et une rupture du ligament du quadriceps. Depuis, je touche du bois, je n’ai plus jamais eu de blessure très grave, de longue durée ou à répétition. Évidemment, on a toujours des petits pépins, on est moins bien physiquement mais c’est tout. Et malgré ça, j’ai gardé cette image. Ça ne m’a jamais dérangé plus que ça parce que je suis quelqu’un de déterminé, un guerrier. Je reviens vite de mes blessures, j’ai joué avec des blessures. J’ai joué avec ma pubalgie pendant un an et demi. Les gens aiment bien dire que je suis quelqu’un de fragile mais c’est complètement faux. J’ai eu une période effectivement où mon corps ne m’a pas aidé, en grande partie à cause de ce staphylocoque doré. Aujourd’hui, j’enchaine les matchs. Sur les réseaux sociaux, on dit tout et n’importe quoi. Je suis l’un des joueurs qui court le plus sur le terrain. On a tendance à penser que je suis technique, ce qui est vrai, mais j’avais le plus gros volume de jeu, avec certains joueurs, à Rennes sur les trois dernières années. Je suis content de ça.

Forcément, impossible d'oublier que tu as loupé le Mondial 2014 à cause d'une de ces blessures...
(Il coupe, agacé.) Je l’ai assez répété. Oui, j’ai loupé la Coupe du monde à cause de ma pubalgie. Quatre mois avant, j’ai attrapé mon staphylocoque doré après une piqûre pour calmer la douleur de la pubalgie. J’ai passé quinze jours à l’hôpital, je n’arrivais plus à marcher, je ne sentais plus mes jambes. J’ai dû réapprendre à marcher, à courir. Donc mon corps était usé. J’ai quand même été sélectionné dans les 23, Didier Deschamps m’a fait confiance. Malheureusement, deux jours avant de partir au Brésil, mon corps n’était pas prêt à cause de tout ça, donc j’ai loupé la Coupe du monde. Voilà, l’histoire on ne la refait pas. Si je ne fais pas cette piqûre, je vais à la Coupe du monde. Ça a été le choix des multiples médecins au club, en équipe de France, à la clinique. Malheureusement, j’ai attrapé ce staphylocoque doré. Je n’en veux à personne. C’est la vie, c’est comme ça. Qu’est ce que je peux y faire ? Encore une fois, c’était un moment très, très difficile qui s’est transformé en positif. J’ai forgé encore un peu plus mon mental et je suis reparti de l’avant.



Quand tu parles, on sent beaucoup d’ambition ou, en tout cas, la volonté de jouer dans un club régulièrement qualifié en Coupe d’Europe.
Je me suis toujours fixé des objectifs très élevés parce que, sans prétention aucune, je pense avoir les capacités physiques, le niveau footballistique, le niveau intellectuel pour pouvoir continuer de jouer la Coupe d’Europe comme je l’ai toujours fait pendant ma carrière. Pour retrouver ce genre de compétitions, ça passe par de bonnes saisons. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir un club en Liga, Majorque, qui m’a fait confiance. Ce dernier but du maintien la saison passée, avec la confiance des dirigeants, de l’entraîneur et du staff, ça me permet de me fixer de nouveaux objectifs, d’abord collectifs, mais aussi de nouvelles ambitions individuelles au sein de ce collectif pour pouvoir élever mon niveau. Je ne me mets pas de limites.

« C’est impossible de ne pas être passionné par ce sport, ce serait manquer de respect à ce métier que tout le monde rêve de faire dans sa vie. »

Il y a quelques joueurs qui ne sont pas passionnés de foot. Toi, c’est tout l’inverse ?
J’ai peu de centres d’intérêt, mais le foot est numéro un. Je regarde des matchs de National, de Ligue 2, des matchs étrangers, je regarde la Liga, les équipes que je vais jouer prochainement. Je suis un fou de foot. Je sais m’intéresser à d’autres choses mais 80% de ma vie tourne autour du foot. Sincèrement, je ne connais pas un sportif de haut-niveau qui n’est pas passionné par son sport, c’est impossible. Si tu n’es pas passionné, soit tu ne dure pas, soit tu lâches, soit tu ne surmontes pas les moments difficiles. C’est impossible de ne pas être passionné par ce sport, ce serait manquer de respect à ce métier que tout le monde rêve de faire dans sa vie.

Petit, qui étaient tes idoles ? Celles à qui tu voulais ressembler ?
J’ai grandi avec deux joueurs qui m’ont fait rêver et plus tard, j’ai eu la chance de les rencontrer. Évidemment, il y a Zidane, comme beaucoup, mais aussi Youri Djorkaeff. Je lui trouvais une élégance, une technicité, un vrai joueur de foot comme on les aime, comme il n’y en a plus beaucoup. Quand ils jouaient ensemble en équipe de France, c’était fabuleux pour moi. Djorkaeff, on n'en a peut-être pas assez parlé, ou pas comme je le voyais moi, comme un vrai grand joueur.

Ton dernier coup franc direct date de 2018, contre le Dynamo Kiev en C3 avec Rennes. Tu étais pourtant un spécialiste de l’exercice, qu’est-ce qui se passe depuis ?
C’est difficile parce que c’était une de mes qualités. Je pense que je les ai moins bien travaillés à l’entraînement que quand j’étais à Lyon, où j’avais une certaine liberté de travail sur ça. Je frappais quasiment deux fois par semaine. Je m’étais beaucoup inspiré de Juninho, de comment il travaillait. J’étais dans ma bulle, je me faisais confiance. Mais surtout, mes coéquipiers, le public, je sentais une envie que je mette le ballon au fond. À Rennes notamment, je n’en ai pas mis beaucoup. J’ai eu de la réussite sur certains et très vite, on a essayé de me déstabiliser par rapport à ça. Je n’étais plus en confiance dans cet exercice à Rennes et c’est un petit peu dommage. J’aurais aimé marquer un coup franc direct en Ligue 1.



Aujourd’hui à Majorque, tu essaies de retrouver ton geste ?
Oui, bien sûr. J’ai un ami golfeur avec qui je discute beaucoup. C’est une mécanique spéciale dans le golf, où il faut de l’entraînement, de la répétition. Sincèrement, les coups de pied arrêtés, pour moi c’est pareil. C’est de la répétition, avoir confiance. Depuis que je suis arrivé à Majorque, j’essaie de refaire ma routine lyonnaise. Même à Guingamp, on m’avait laissé travailler de cette façon et j’avais été en réussite, donc... Ça va revenir. Propos recueillis par Léo Tourbe, à Majorque