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« Le football est une forme de dopage autorisé de notre moral collectif »

Alors que les débats autour de l’équipe de France déchaînent les passions politiques, nous nous sommes rendus au Quai d’Orsay pour interviewer Clément Beaune, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes. Entre deux vannes adressées sur WhatsApp à ses homologues européens, le ministre défend l’avenir du foot européen, enterre définitivement la Superligue et s’épanche sur sa passion pour l’OM et ses espoirs de voir le club redevenir à nouveau compétitif.

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Quel regard portez-vous sur le début de cet Euro ?
J'étais en Italie le jour de l'ouverture de l'Euro et on sentait déjà une très bonne ambiance, ça faisait la Une de tous les journaux. Cet Euro intervient au moment de la réouverture des terrasses et de la levée progressive du couvre-feu, c'est le symbole de la vie qui reprend. D'ailleurs en Italie, l’Euro a accéléré le déconfinement pour que le public puisse revenir dans les stades.

Michel Platini avait voulu fêter l’anniversaire des 60 ans de l’Euro en organisant cette compétition dans onze villes différentes. Avec le recul ne trouvez-vous pas que cet éloignement géographique de Rome à Bakou nuit un peu à la fête ?
C'est un Euro exceptionnel en raison de cet anniversaire et on retrouvera bientôt le format originel de la compétition dans un seul et même pays. Quand cette formule a été pensée, on n'imaginait pas que l'on traverserait une pandémie, mais je me dis que ça tombe bien, car ça répartit l’enthousiasme des matchs et les efforts sanitaires à mettre en place dans tous les pays européens.

« Oui, on a une boucle WhatsApp de ministres européens et on commence à se taquiner et à s’envoyer des vannes. Sophie Wilmès, la Ministre belge des Affaires étrangères, est à fond sur le sujet. »

Est-ce que vous avez commencé à parler de l’Euro avec vos homologues européens ?
Oui, on a une boucle WhatsApp de ministres européens et on commence à se taquiner et à s’envoyer des vannes. Sophie Wilmès, la Ministre belge des Affaires étrangères, est à fond sur le sujet. On sent que les Belges sont animés par un esprit amical de revanche après leur demi-finale perdue contre les Bleus lors de la Coupe du monde 2018. Pour moi, il n'y a aucun autre moment à part l'Euro où vous avez des Européens qui se retrouvent autour d’un évènement qui les fait rêver, à part peut-être l’Eurovision. Même ceux qui ne suivent pas le foot se tiennent au courant de ce que fait leur pays.



Vous vous êtes beaucoup impliqué lors de l'Eurovision et vous aviez réclamé une « transparence totale » après les accusations d'avoir consommé de la cocaïne visant le chanteur italien. Est-ce que de la même manière, on peut compter sur vous pour porter l’affaire en haut lieu si on prend un but litigieux contre le Portugal ?
(Rires.) Non, j'ai confiance en l'UEFA. Les règles de l’Euro sont plus précises que celles de l'Eurovision.

C'est un enjeu économique pour le gouvernement cet Euro ?
Je pense que c'est surtout un enjeu de société. C'est du plaisir, mais ce n'est pas de l'anecdote, d'autant plus après cette crise. Ça marque le retour à la vie d'avant. Le football est une forme de dopage autorisé de notre moral collectif. C'est un enjeu national. Ce n’est pas politisé au sens étroit du terme, mais ça réunit au sens large des générations et des territoires.

Le retour de Benzema a été interprété comme un geste politique de rassemblement dans une France fracturée. Comment l’avez-vous perçu de votre côté ?
C'est la preuve que le moment de la sélection nationale, c'est un moment de rassemblement, d'apaisement, de seconde chance, je crois que c'est un message qu'une équipe nationale peut envoyer. Il peut y avoir des moments difficiles, des tensions, mais quand l'intérêt national est en jeu, il faut réunir tous les talents. Je crois que Didier Deschamps a très bien fait ça et Karim Benzema aussi en ne revenant pas sur le passé et en se projetant uniquement sur l'Euro.

Le métier de sélectionneur est-il un métier très politique ?
Oui, totalement ! Et le président a bien résumé les choses en disant que c’est l’un des métiers les plus difficiles de France, puisque tout le monde se sent concerné et a un avis sur les choix de Didier Deschamps. Et je crois que cette équipe de France nous envoie un signal très positif à suivre. On peut avoir des amitiés ou des inimitiés, mais quand on poursuit un objectif commun, on doit mettre tout cela de côté pour se focaliser sur la réussite du pays. L'équipe de France a de magnifiques talents individuels, mais c’est sa force collective qui lui permettra de l’emporter.



Il y a beaucoup de polémistes qui scrutent de près les lèvres des joueurs de l'équipe de France lorsque retentit La Marseillaise, et qui y voient un degré d'adhésion aux valeurs de la République. Qu'en pensez-vous ?
Ce débat n'est pas vain, mais il ne faut pas le surinterpréter. Il y a des joueurs qui avant un match stressent et préfèrent rester mutiques, nous ne sommes pas dans leurs têtes. J'aime bien voir les supporters chanter et se retrouver dans un bar à s’époumoner en chantant La Marseillaise. Je crois que c’est ça qui fait nation. J'aime bien que les joueurs chantent La Marseillaise, mais il ne faut pas tout analyser. Qu'un joueur ouvre plus ou moins les lèvres ne veut pas dire qu'il est moins attaché à son pays.

Qu’avez-vous pensé de la polémique entourant la chanson de Youssoupha dédiée à l'équipe de France de football ?
J'ai vu passer les polémiques. Mais honnêtement, les hymnes qu'on choisit pour un Euro ou une Coupe du monde, on s'en souvient surtout lorsque ce sont les joueurs qui les choisissent. Pour moi, le vrai hymne de l'Euro pour la France, c'est La Marseillaise.

« Croire qu'une élite hors sol peut vivre séparée du reste du monde du foot, c'est terrible et c’est idiot. La Superligue était un message politique et social destructeur. »

Lors de son annonce en avril dernier, vous vous êtes positionné contre la Superligue de football. Pour quelles raisons ?
Le foot est infiltré par une logique d'argent, mais ce n’est pas parce que c'est le cas aujourd'hui qu'il faut s'y résoudre et renoncer à corriger ses excès. Et il y avait une rupture fondamentale avec cette Superligue puisqu'il s’agissait d’une ligue fermée et repliée sur elle-même. Ce modèle américain n’est pas le nôtre. Même si peu de petites équipes se hissent dans le dernier carré, la Ligue des champions est ouverte et fondée sur le mérite. En plus, je pense que la Superligue avait une vision court-termiste du football, car si vous empêchez la formation et le développement des plus petits clubs, vous renoncez aux futurs talents de demain. Croire qu'une élite hors sol peut vivre séparée du reste du monde du foot, c'est terrible et c’est idiot. C'était un message politique et social destructeur. Heureusement que les supporters ont fait échouer ce projet par leur extraordinaire mobilisation et il y a encore beaucoup de choses à améliorer à l’échelle européenne.

La future réforme de la Ligue des champions n’est donc pas entérinée selon vous ?
Non, il y a encore un débat et le président de l'UEFA qui est slovène, a annoncé son intention d'y réfléchir, surtout que la présidence de l'Union européenne sera slovène à partir du mois de juillet. La Slovénie a dit qu'elle voulait mener cette réflexion sur les réformes du foot européen, donc je crois que c'est de bon augure.



Êtes-vous pour l'abandon du fair-play financier ? Pour l’instant, on se rend compte que cette réforme a surtout pénalisé les nouveaux riches comme le PSG et Manchester City.
L’idée d’encadrer les montants financiers est bonne, mais cette réforme est ambiguë, et la logique veut qu'un nouvel entrant puisse investir massivement. Il faudrait donc trouver un équilibre en permettant à des nouveaux clubs de se hisser dans le gotha européen tout en aidant les clubs formateurs à se développer.

Selon une récente étude, les 18-24 ans ne s'intéressent plus autant qu'avant au football à la télévision. L’avenir de ce sport n’est-il pas en danger ?

Il y a un risque, il y a de plus en plus d'offres et de compétitions, mais si on ne casse pas la base populaire qui a fait le succès du foot, je crois que rien ne remplacera l'émotion du stade. L'e-sport est générationnel, mais l'envie de se retrouver entre copains va être renforcée par la crise sanitaire que nous avons traversée. On a tous envie de vivre des émotions collectivement.

Quel club supportez-vous ?
L’OM pour des raisons familiales. Ma mère vient de Marseille, et mon frère qui était un grand fan de l'OM m'a amené au foot. Il m'a quasiment mis devant la télé pour m'obliger à regarder les matchs. À l’époque, je suis venu au foot par les matchs de l'équipe de France, puis les matchs de Coupe d'Europe de l'OM. L'itinéraire d'une France qui gagne au début des années 1990, c'était l'OM. Bien sûr, on sait qu'il y a eu des dérives ou des difficultés. Mais le passage des larmes de Bari en 1991 au sacre de Munich en 1993, c'est une épopée inoubliable. Aucune équipe française n'a regagné la Ligue des champions, mais tout le monde se souvient de 1993.

« L'OM, ça reste mon club de cœur, même je suis un peu moins assidu qu'Emmanuel Macron. »

Depuis, vous continuez à supporter l'OM contre vents et marées ?
Ça reste mon club de cœur, même je suis un peu moins assidu qu'Emmanuel Macron. (Rires.) Je fais partie de ces gens qui sont tristes quand l'OM fait une mauvaise saison. J'espère qu'on aura une OM qui reviendra au plus haut niveau en Coupe d'Europe. D’ailleurs quand la Ligue 1 reprendra, je vais aller voir ma mère dans le Sud et je compte bien aller voir un match au stade Vélodrome. Il n'y a aucun autre endroit en France où le lien entre la ville et l'équipe est aussi fort.

Il y a pas mal de supporters qui espèrent l'arrivée d'un repreneur. Vous aussi, vous rêvez toutes les nuits de l’arrivée d’un milliardaire saoudien à la tête du club ?
Je crois qu'il faut se méfier, car les logiques ne sont pas seulement financières. Au PSG, il y a eu de l'argent, mais aussi un projet dans la durée. Je crois que ce n’est jamais une star ou un milliardaire qui sauve un club. On ne s'achète pas un club de foot comme on achète une voiture. Au PSG, ça a été un engagement sur la durée, puis de gros investissements, c'est sans doute ce dont nous avons besoin à l'OM aussi.



Le fait d'être supporter de l'OM vous aide-t-il à gagner vos arbitrages face aux autres ministres ?
(Rires.) Alors, je ne crois pas qu'Emmanuel Macron fasse ses choix comme ça. Mais tant mieux d'un autre côté, sinon il y aurait de nouveaux supporters de l'OM tous les jours.

Quel est votre plus beau souvenir lors d’un match de foot ?
C'était France 1998. J'avais 17 ans, j'avais été à la fête d'ouverture dans Paris avec les géants en acier de 20 mètres de haut. Ce n’était pas forcément génial d’ailleurs, mais la suite de la compétition était incroyable. Il y avait tous les ingrédients du bon roman de foot avec la victoire contre l’Italie aux tirs au but ou le but en or contre le Paraguay. L’image que je garde en mémoire, c’est Thierry Henry relevant le col de David Trezeguet pour ne pas regarder la fatidique séance de tirs au but contre l’Italie.

Vous n'avez jamais voulu être footballeur ?
Je me suis rapidement aperçu que mon talent n'était pas sur un terrain. On m'a inscrit au foot quand j'étais gamin et au bout de quelques mois, on m'a mis gardien de but. Avec tout le respect que je dois à Fabien Barthez et quelques autres, c'était assez vexant. J’ai donc pris ma retraite sportive assez tôt et je crois que le football français s’en est assez bien remis. (Rires.)

Propos recueillis par David Doucet
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