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Clemens Tönnies, polémique sur fond de racisme

Le président de Schalke 04 a été suspendu de ses fonctions pour trois mois après ses propos racistes. Pas le meilleur signal envoyé par les Königsblauen, habitués à prendre part à des campagnes contre le racisme, mais qui viennent de manquer l’occasion de rappeler que charité bien ordonnée commence par soi-même.

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C’était le 2 août dernier à Paderborn. 1600 personnes s’étaient rassemblées à la Chambre de métiers locale à l’occasion de la journée de l’artisanat. Parmi les participants invités à s’exprimer sur le podium, l’illustre Clemens Tönnies, 63 ans, président du club voisin de Schalke 04 depuis 2001, mais surtout, patron du groupe industriel Tönnies Holding Deutschland, deuxième plus gros producteur de viande de porc en Europe. D’après Forbes, la fortune personnelle de ce fils de boucher est estimée à 1,6 milliard d’euros. Mais Tönnies n’est pas du genre à faire dans le capitalisme philanthropique. A la Chambre de commerce de Paderborn, il réagissait à la proposition d’augmenter les impôts sur les entreprises pour lutter contre le réchauffement climatique, en suggérant plutôt, et très sérieusement, de financer annuellement la construction de vingt centrales électriques en Afrique. Ceci, afin «  d’éviter aux Africains d'abattre des arbres et de faire des enfants dès qu'il fait sombre.  » Dans la salle, les dents grincent, mais les applaudissements accompagnent finalement la fin du discours. Il ne faudrait tout de même pas faire trop de vagues dans le petit entre-soi de l’Est westphalien.

Malaise général


Sauf que la phrase, rapportée par un journaliste du Neue Westfalische, a provoqué le bad buzz attendu et choqué pas mal de monde. A commencer par d’anciennes gloires de Schalke ayant pour point commun d’avoir la peau noire. Gerald Asamoah par exemple, né au Ghana, finaliste du Mondial 2002 avec l’Allemagne et aujourd’hui manager des U23 des Königsblauen : « Honnêtement, je suis sans voix. Je travaille depuis longtemps avec Clemens Tönnies et nous sommes des amis proches. Il n’a jamais eu de comportement raciste face à moi. Cependant, on se réunira très prochainement pour que ce genre de chose n’arrive plus et il est triste que l’on doive encore en parler en 2019. »


Même son de cloche chez Hans Sarpei, vainqueur de la Coupe d’Allemagne en 2011 et toujours inscrit parmi les membres de Schalke 04. Pour lui, les propos de Tönnies rappellent « la période coloniale » et symbolisent « la vision du monde d'un chasseur de gros gibier qui affiche des bébés éléphants dans sa cour, qui utilise des agences d'intérim pour employer des travailleurs étrangers bon marché et qui fait le lit de Poutine. C’est la vision du monde d’un homme d’un temps passé. Et cela devient de plus en plus un fardeau pour le FC Schalke 04. » Un message publié sur ses réseaux sociaux dans lesquels il tire à balles réelles sur ce notable de province, ami personnel de Vladimir Poutine (dont le gouvernement est actionnaire majoritaire de Gazprom, sponsor maillot de Schalke depuis 2007) et accusé par des syndicats allemands d’avoir eu massivement recours à des ouvriers non-qualifiés venus des pays d’Europe orientale et payés au lance-pierres, jusqu’à l’introduction du salaire minimum en 2015.

Occasion manquée


De son côté, Clemens Tönnies a évidemment présenté ses excuses à travers un communiqué on ne peut plus laconique : « J'aimerais clarifier mes propos quant à l'impact du changement climatique. En tant qu’entrepreneur, je suis pour une société ouverte et diverse. Je suis désolé pour mes propos sur la richesse des enfants dans les pays africains. Ils étaient erronés et déplacés. » Ce qui, au final, ne change pas grand chose : si le patron de Schalke peut se cacher l’excuse de la génération à l’ancienne et au sein de laquelle ce genre de propos pouvait être tenu sans forcément penser à mal, sa déclaration, elle, est teintée de racisme. Ni plus ni moins. Et comme le souligne Hans Sarpei, elle constitue un fardeau pour le club dont il est devenu une figure tutélaire.



Parce que le problème, c’est que Schalke s’affiche depuis plusieurs années comme un club empreint de valeur progressistes, comme lorsqu’il participe à la campagne Carton rouge contre le racisme en 2014. Des valeurs que la cellule communication ne manque pas non plus de mettre en avant sur ses différentes plateformes, ce qui a une très grande importance dans une ville comme Gelsenkirchen où, en 2017, 19% de la population ne possédait pas la nationalité allemande et où cohabitaient 143 nationalités. Alors, quand le président de l’un des clubs les plus populaires d’Allemagne tient des propos ouvertement racistes en public, quel signal envoie-t-il aux habitants étrangers ou d’origine étrangère qui supportent Schalke, ou aux enfants qui caressent le rêve d’en porter un jour les couleurs ? Que doivent penser les supporters les plus acharnés de ce genre de propos, surtout quand leur président assiste, en 2017, à un derby dans le kop ou, en 2015, paye sa tournée de bière à l’assemblée générale annuelle ? Le sentiment de trahison devrait en titiller certains.


Et pour finir, alors qu’une sanction exemplaire était attendue, Clemens Tönnies a finalement été suspendu de ses fonctions pour trois mois par le Conseil d’honneur de Schalke 04. Au final, ce sont cinq personnes au profil relativement similaire qui ont choisi de se joindre au concert de soutiens venu de la part de personnalités influentes comme Huub Stevens, Otto Rehhagel, l’ancien président du parti social-démocrate Sigmar Gabriel ou le directeur sportif de Schalke Jochen Schneider. A chaque fois, la même excuse : il s’est excusé, tournons la page et donnons lui une nouvelle chance. Faut-il préciser que le Conseil d’honneur comprend en son sein un pasteur, membre du club depuis 1989 et gérant de la chapelle du stade depuis 2001 ? Peut-être aurait-il dû rappeler à ses ouailles que charité bien ordonnée commence par soi-même. Car en sanctionnant Clemens Tönnies de manière profondément légère, Schalke 04 a montré qu'un individu peut être plus grand que l'institution et manqué une belle occasion d’appliquer à la lettre les principes qui lui sont si chers… du moins en façade.

Par Julien Duez
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