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Claude Colombo : « Il y avait faute sur Caveglia »

Le 7 mai 2000, Claude Colombo dirigeait le match « le plus important » de sa carrière. Calais-Nantes en finale de Coupe de France, c’était l’apothéose d’une vie. L’ex-arbitre international, qui avait su se faire oublier, a fini cloué au pilori pour un penalty accordé aux Nantais à la 89e minute. « Avec ce match, je me suis mis à dos toutes les ménagères de France et je suis encore célibataire à 59 ans. J’ai le temps de parler... » Tant mieux, on voulait rouvrir la plaie, 20 ans plus tard.

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Avant toute chose, parlez-nous de cette soirée à Punta Cana, à 3h du mat’ sur la piste de danse, quatre ans après la finale...
On est en 2004. Je suis en vacances en République dominicaine. Lors d’une soirée, je suis en train de danser et je vois un couple attablé qui me regarde avec insistance. À un moment, je vais m’asseoir, la femme vient me voir. Je suis à 6 000 km de Paris, tranquille à Punta Cana et on vient me dire : « Ce n’est pas vous qui avez arbitré la finale Calais-Nantes en 2000 ? » C’était un couple de supporters calaisiens qui se souvenait de tout. On s’est liés d’amitié, on s’est revus plusieurs fois. J’ai compris que personne n’oublierait cette finale.

Pouvait-on faire plus singulier comme match ?
Cette finale, c'est la concrétisation de la raison d'être de la Coupe de France. C'était une idée hypothétique, celle de voir un club amateur en finale. On voit l'engagement des clubs amateurs lorsqu'ils passent un tour, qu'ils arrivent au 7e ou au 8e tour. Ça ne s'était jamais fait, Calais l'a fait. Je souhaite qu'il y ait un nouveau Calais, mais je ne suis pas sûr que cela se reproduise. Pour le monde pro, c'était certainement une mauvaise publicité, mais pour le foot français, c'était une oxygénation extraordinaire. Calais a écrit l'une des plus belles pages de publicité du football français. Évidemment, il y a l'équipe de France, les Coupes du monde, mais là, c'est le football que l'on aime.

Et pour vous, le symbole était aussi là...
C’était l’aboutissement d’une carrière sportive. J’avais préparé avec mes assistants des festivités avec les amis, la famille. J'ai dépensé autant que pour un mariage sur cette finale. Tout le monde a terminé au Fouquet's après le match. J'avais fait péter le petit cochon ! Je voulais aussi que la fête soit sans limites. C'est également la seule fois où mon père m'a vu arbitrer, alors que j’avais commencé ma carrière à 16 ans. (Il a 39 ans lors de la finale, N.D.L.R.) Je leur avais dit que la seule fois où mes parents me verraient officier, ce serait lors de la finale de la Coupe de France. Malheureusement, ma maman est partie peu de temps avant le 7 mai. Ça a été mon plus grand regret. Mon père était là. Il était encore plus chamboulé que moi, il avait mis 45 minutes à savoir qui était Calais et qui était Nantes.



Vous parlez d’aboutissement d’une carrière, pourtant vous avez arbitré des matchs bien plus importants, non ?
J’ai officié 16 ans en Ligue 1, 10 ans en tant qu’arbitre international, j’ai fait la finale du championnat brésilien à São Paulo, des matchs de Ligue des champions, mais ce Calais-Nantes est le moment le plus fort. J’ai toujours suivi ma carrière pro en œuvrant pour le foot amateur. À l’époque, on ne pouvait arbitrer qu’une finale de Coupe de France, et l’année où je suis désigné, on retrouve un club amateur en finale. J’y ai vu un signe du destin, ce n’était pas le hasard. C’est vraiment la finale qui m’allait bien.

Une finale avec une pression immense...
Avant le match, je devais me préserver de l’engouement, c’était trop. Ça avait pris une dimension incroyable avec un impact social très fort. J’allais faire mes courses, au rayon légumes, on me parlait de Calais-Nantes. C’était dingue. Et puis, tout le monde aimait ce petit village gaulois face au monstre nantais.

Comment le vivez-vous sur le terrain ?
Ah putain, les deux équipes m’avaient bien fait courir, j’étais rincé. À 99%, dans ce genre de match, la confrontation est déséquilibrée. Là, j’ai pris un bonheur fou, ça jouait à fond. Rapidement, je vois Nantes qui doutait et Calais qui jouait en seigneur avec ses tripes. Il y a très peu de fautes, ça a été un spectacle d’un bout à l’autre. Tactiquement et techniquement, Calais était même meilleur que Nantes.



Les hommes de Ladislas Lozano mènent à la pause, 1-0, après un but de Dutitre à la 34e. La légende veut que l’on soit venu vous voir dans votre vestiaire pour vous mettre la pression...
C’est grotesque. Au stade de France, le vestiaire de l’arbitre, c’est Fort Knox. Personne n’est entré. En revanche, avec mes assistants, on prend conscience à la mi-temps que l’arbitrage aura peut-être son incidence dans le match. Concernant le scénario prévu, c’est vrai que tout se passe à l’envers. Après l’ouverture du score, Nantes perd un peu ses nerfs. Je comprends que les coups de sifflet vont coûter cher.

Sibierski égalise rapidement (1-1, 51e), et ce coup de sifflet crucial dont vous parlez intervient à la 89e minute. Vous accordez alors un penalty à Nantes...
C’est clairement le coup de sifflet le plus difficile que j’ai donné durant ma carrière. Ces 50 centimètres de mouvement de bras qui m’amènent le sifflet à la bouche sont interminables. D’ailleurs, je siffle à retardement.

Parce que vous hésitez ?
Je suis sûr du penalty, mais je connais les conséquences. Je suis intimement convaincu qu’il y a faute et, dans ma tête, je me dis : « Putain, ça va s’arrêter sur ça. » Je ne peux pas ne pas le siffler. J’étais là pour faire mon travail. Je sais que ce coup de sifflet fait basculer la coupe dans les mains de Nantes. Dans ma tête, j’étais déjà en prolongation, ça prolongeait la fête et il y a ce coup de massue. On voit la misère des Calaisiens qui est visible, mais la mienne est réelle aussi. C’est déchirant qu’une finale comme ça n’aille pas jusqu’où elle aurait dû aller. Mais c’est le football. Je sais que je gâche la fête. J’aurais pu préserver la morale, mais je n’étais pas là pour ça.

Franchement, Alain Caveglia plonge, non ?
Au début de l’accrochage, le défenseur calaisien (Fabrice Baron, N.D.L.R.) se jette. Il est dépassé par Caveglia qui le prend de vitesse. La seule chose que je reproche à Caveglia, c’est d’en avoir rajouté. C’est là où il m’a foutu dans la merde. En accentuant ce plongeon, finalement on ne retient que ça et on oublie le fait générateur de cette faute qui est là, avant cette exagération. Même s'il avait fait 10 tonneaux, il y avait faute sur Caveglia.

Les Calaisiens sont en rage et Caveglia dira peu de temps après qu’il n’y avait pas penalty...
Quand je siffle et que Sibierski marque le penalty, je me dis que je vais avoir la misère par les Calaisiens, mais en fait pas du tout. Dans l’adversité, on voit la véritable valeur des gens. Il n’y a aucune grossièreté, aucune insulte, leur attitude est exceptionnelle. Pour Caveglia, c’est une forme de lâcheté de sa part. Je suis intimement convaincu que si je ne siffle pas cette faute, sa réaction aurait été tout autre. Je lui en ai voulu, c’est une attitude très petite.


Quelle est l’ambiance dans votre vestiaire après le match ?
Chaque journaliste voulait son scoop, c’était le fait marquant de la finale. Pendant 40 minutes, je reçois les journalistes qui veulent toutes les versions du penalty, même si l'histoire est la même. Si je n’avais rien vu, je n’aurais pas sifflé. Je sais que ce penalty va longtemps me revenir dans la figure.

Vous avez tout de même revu les images, ce soir-là, après coup...
Il fallait que je valide ce que j’avais sifflé. Tout le monde m’en parlait, je devais revoir ça. Je n’ai pas de doute quand les journalistes viennent me voir. Au départ de l'action, il y a déjà accrochage à l'extérieur et il se termine à l'intérieur, donc je n'ai pas d'autre alternative que de siffler. Caveglia est empêché de continuer son action. Si je ne siffle pas, je ne suis pas honnête. Je n’ai absolument pas le sentiment de m’être trompé, mais je m’en serais bien passé. J’avais réussi à me faire oublier, j’avais rempli mon contrat, et la réalité est revenue en pleine tête.

Et dans tout ça, vous vous retrouvez nu devant Jacques Chirac après le match !
Après avoir reçu les journalistes, je vais prendre ma douche. Là, j’entends du bruit dans le vestiaire. Mon assistant me dit : « C’est le président. » Je pensais au président de la Fédération (Claude Simonet, N.D.L.R.), en réalité, c’était Jacques Chirac. Je ne trouve rien de mieux qu’une petite serviette alors que je suis nu. (Rires.)

L’anecdote est tout aussi savoureuse...
Peu de temps avant, quand je monte à la tribune d’honneur pour récupérer la réplique de la coupe, Jacques Chirac me félicite, il me dit : « Pas trop difficile ? » et j’ai le réflexe de lui dire, même si c’est un peu con : « Vous savez monsieur le président, je me demande si parfois ce n’est pas plus difficile de diriger un match de football que de diriger la France. » Chirac rigole et quand il vient dans le vestiaire, il me lâche : « À bien y réfléchir, c’est plus difficile de diriger un match de football. » Entre-temps, il a vu je ne sais combien de gens et il a retenu ma connerie ! C’était mémorable.

Vingt ans après, vous n’aviez jamais revu la finale jusqu’à cette interview. Pourquoi ?
Probablement pour conserver le souvenir intact. C'est un match qui m'a tellement marqué... J'avais peut-être peur de dénaturer le ressenti que j'avais de cette finale, et en fait pas du tout. C’est toujours aussi fort.

Êtes-vous allé à Calais depuis ?
Non, c’est dommage, mais je pense que ma cote de popularité n’y est pas très élevée. (Rires.) Pourtant, je n’ai jamais voulu que ça se termine ainsi.

Par Florent Caffery
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