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Christophe : « Zidane, je ne connais pas encore. Ça reste entre nous, hein »

De Christophe, on connaît bien sûr Aline, Les Mots bleus, ou encore La Dolce Vita. Moins son passé de sportif de haut niveau. De Christophe, on savait surtout qu’il avait la voix aiguë et qu’il était un peu perché. Moins qu’il répond toujours de l’extérieur du pied. Le 14 avril 2011, après un concert au Trianon, la rencontre entre So Foot et Christophe avait enfin lieu. Une rencontre avec un volatile, mi-oiseau de nuit, mi-nid de coucous.

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Alors comme ça Christophe, t’aimes le foot...
Non seulement j’aime le foot, mais en plus j’ai joué.

Et alors, tu as joué où ?
Je suis de la banlieue, je jouais à Juvisy, et attention, j’étais sélectionné pour les matchs le samedi ou le dimanche tu vois, on allait à Ivry, à Morangis... J’ai joué jusqu’en cadet. J’étais ailier droit. J’ai arrêté parce que j’ai eu une hernie à droite, j’étais droitier, pour centrer c’est pas terrible. Mais s’il y avait un penalty à tirer, on pouvait m’appeler moi, parce que tu vois, je savais comment attraper la balle comme il faut et la faire voler et l’envoyer où il fallait.

OK...
Et mon père m’emmenait toujours au stade... J’avais je sais pas, 1957, j’avais 12 ans. Il y avait Dominique Colonna, le goal, Dufour aussi, c’était le patron de l’équipe de France (dans l’encadrement peut-être ? Le seul Dufour à avoir porté les couleurs de l’équipe de France est un certain Robert, une seule sélection en 1924, N.D.L.R.). Moi, je dînais avec ces gens-là dans des grandes tablées...

Il les connaissait comment, ton père, ces gens-là ?
Ah, mais c’était un camé du foot, mon père, il ratait pas un match, il les connaissait ! Au début, moi, j’ai connu le foot par la résonance à la radio les dimanches.

C’était la grande équipe de la Coupe du monde 1958... Roger Marche, Fontaine, Kopa...
Oui, oui, on a bouffé avec Kopa. Mais moi, c’est vrai que j’ai kiffé le foot à mort quand y avait le Brésilien qui tuait là...

Pelé ?
Putain. Le mec, il... Ce que j’aime, c’est les jongleurs, moi je suis attiré par la magie, c’est ça mon truc, maintenant c’est devenu beaucoup plus technique, on ne peut plus jongler comme ça, non ? (sic) Moi, je me souviens d'une Coupe du monde, c’est le Brésil qui l’a gagnée, c’est possible 1992 ?

1994.
Bon, tu vois, donc je suis devant ma télé, et puis là, putain, comment, là je suis tous les jours devant, quoi...

Bebeto, Romário...
J’ai tout vu, j’ai tout vu. Mais je ne me souviens plus, des joueurs j’en connais hein, mais ça peut être intéressant de découvrir, même sur le tard.... (il baisse la voix) Tu vois, ça c’est entre nous, (il parle en chuchotant) Zidane est un joueur que je ne connais pas encore. Tu vois ? Pourtant, c’est pas une merde, hein ?

T’as pas vu jouer Zidane ? T’as pas vu le coup de boule ?
Ah si, évidemment, ce match-là je l’ai regardé. Mais je ne sais pas, j’arrivais pas à comprendre ce qu’il se passait, alors j’ai lâché, parce que je suis pas un juge.


Vu que tu es d’origine italienne, tu étais pour la France ou l’Italie ?
C’est chiant de répondre à cette question. Parce que quand l’Italie a gagné, j’étais content.

Et quand c’était la France ?
Bah, j’étais hyper content, normal. Mais, Tapie machin, j’aimais pas trop... Je crois que c’est un moment où je suis parti... Je voudrais pas non plus faire le juge. Mais c’était mon ressenti. J’aime pas les trucs, les histoires de voyous, ça m’emmerde. J’aime pas les flics ni les voyous.

Pourquoi ton premier groupe tu l’as appelé...
Danny Baby et les Hooligans ?

Ouais, pourquoi Hooligans ?
C’est un mot qui résonnait bien, les Hooligans c’est... Disons que quand on est jeune, on est rebelle, surtout quand on a connu les années 1950 avec Brando qui a fait L’Équipée sauvage, mon idole, cette image de... tu sais comment c’est... Les Ricains, hein... Les blousons noirs en France tout à coup, ça paraît fade...

Un hooligan à l’époque, ça n’a pas cette connotation stade de foot, c’est juste un mec un peu tourné sur la bouteille et qui se bat vite, non ?
Ouais voilà, c’était, comment... des petits voyous, quoi.

Aujourd’hui, tu vas au stade, toi ?
J’ai souvent été invité à aller dans les tribunes. Mais j’y suis jamais allé. Tu sais pourquoi ?

C’est pas ton timing, quand le match commence, tu viens juste de te lever...
Putain, il est costaud ! Moi, tu me dis viens voir un match à minuit, putain comment j’y vais !

Donc aujourd’hui, tu regardes les matchs chez toi.
Ouais, et chez moi, l’écran, c’est quatre mètres. Il m’est arrivé de couper le son et de mater juste l’action, mais j’aime le son. Et tu sais quoi, quand ça me plaît, j’enregistre même le son, c’est pour te dire. Et puis c’est vrai qu’aussi, y a des mecs, ceux qui racontent le foot, y a des génies. Mais tout à coup quand il y a une action, que ça monte... J’ai pas besoin qu’on me l’explique, je le vois. La musique, c’est juste une partie de mon costume, mais j’observe, et quand je parle du foot, j’en parle comme si c’était des tableaux. Je pourrais très bien acheter une photo d’un mec tout à coup sur une action, la façon dont il se sert de son corps... Je suis attiré par l’esthétisme. Je suis capable si tu veux de me dire : « Le mec que je connais pas, là, comment il a centré comme un Dieu sur la tête de l’autre ! » Voilà. C’est bien, c’est du football dadaïste. Moi, j’suis un solitaire, et l’esthétisme c’est important, une action bien jouée avec des mecs qui sont au bon endroit au même moment, parce que attention, y a l’art, mais y a aussi des mecs qui ont... c’est une vision, c’est observer, non ? On les a pas posés là ! C’est parce que le mec, il a eu... Il le sent, tu vois.

Tu aurais aimé devenir joueur de foot ?
Oh. Non. Tu sais parce que moi j’ai fait plein de choses... Et puis comment, j’ai fait de la course automobile, j’ai gagné. J’ai fait deux fois premier hein. Contre les plus grands.

Quand tu étais jeune, tu avais justement un point commun avec certains footballeurs, c’est l’amour des belles bagnoles et les excès de vitesse. Tu les comprends, les jeunes footballeurs qui font un peu n’importe quoi ?
Je peux pas dire le contraire, vu comment j’ai été.
« Domenech, je l’ai croisé au jeu, mais je préfère sa femme, ça on le dira pas parce qu’il est très jaloux. Estelle, je l’adore, elle vient des fois à la maison. »
Je suis pas le genre de mec à dire gnagnagna. Moi, je suis comme eux, et puis c’est tout.

Tu en connais, des joueurs ?
Oui, mais au niveau des noms... Bon, il y a Raymond, Domenech, je l’ai croisé au jeu (au poker, N.D.L.R.), mais je préfère sa femme, ça on le dira pas parce qu’il est très jaloux. Estelle, je l’adore, elle vient des fois à la maison.


Tu avais un point commun avec Domenech, c’est la moustache, mais lui l’a coupée...
Domenech, on se croise, on se salue, mais on se parle pas, hein. Je pense pas que j’ai grand-chose à lui dire, pour être franc...

Tu pourrais faire un effort, plus grand monde ne lui parle...
Ben oui, ça doit être très dur. Mais le monde, il est injuste. Après, ce qui compte, c’est d’être le plus possible à la hauteur. Si y a que le blé qui compte, à mon avis, y a un moment où y a une faille. Enfin c’est un autre métier,
« Fernandez se souvient d’une belle soirée qu’on a passée ensemble, avec des super meufs. Il avait trente balais. Mais on se regardait pas, je regardais plutôt les meufs, moi... »
c’est un autre niveau, c’est une autre histoire.

Et tu croises d’autres joueurs au poker ?
Récemment ou avant ? Avant y avait le mec du PSG, comment il s’appelait... Un pied-noir.

Borelli ?
Il venait tout le temps. Avec la sacoche. Luis Fernandez aussi. On se croise encore, on se parle pas, mais il se souvient d’une belle soirée qu’on a passée ensemble, avec des super meufs. Il avait trente balais. Mais on ne se regardait pas, je regardais plutôt les meufs, moi...

Tu penses quoi des affaires de mœurs dans le football ?
Si le mec, il veut aller aux putes, qu’il aille aux putes, il a le droit, non ? C’est pas bien justement ça, c’est comme tout, même dans la politique... On est pour Sarko ou on ne l’est pas, peu importe. Moi, je ne suis pas politique, je ne vote pas. Mais quand je vois ceux qui sont sur Ségolène, sur Sarko, sur Carla, quand même, c’est nous protéger nous-mêmes que de protéger quelques personnes comme ça...

Protéger ? Comment ça ? Toi, ça t’est arrivé de te sentir traqué, menacé ?
Moi, si tu veux, je suis altruiste, mais faut pas me faire chier, quoi. Je fais partie du peuple, parce que je connais le blues et que moi, j’ai vu la route à l’aube et je crains personne, sauf que j’ai 65 ans et que c’est beaucoup plus dur. Mais quand j’avais 30 balais, j’étais un rebelle, la preuve c’est que moi, je chantais, je me tirais pendant dix ans, je ne chantais plus ! On a juste une vie chacun, il faut juste te la faire belle, la vie. Te la faire belle, même si t’as pas... Tu vois, moi, j’ai pas été affairiste. Le seul truc qui me manque quand je me dis bon, au niveau du blé t’es léger, je pense qu’à ma fille en me disant tu vois, j’ai pas su être un père... Mais, parce que je suis comme ça. Parce que je suis bancal...



Propos recueillis par Vincent Riou et Simon Capelli-Welter Cette interview est tirée du So Foot n°86 (mai 2011)
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