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Christophe Psyché : « Forcément, j'ai croqué dans le truc »

Défenseur de Kristiansund, Christophe Psyché, 31 ans, a débarqué en Norvège il y a maintenant neuf ans. Mardi soir, il affrontait le Manchester United d'Ole Gunnar Solskjaer, le fils du coin, à Oslo. Il raconte sa soirée.

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Dimanche, tu fêtais tes 31 ans. Tu avais imaginé un jour jouer Manchester United pour fêter ça ?
(Rires) Même pas ! Je n’avais jamais imaginé que ça se passerait comme ça… Ce match contre Manchester United, c’est quelque chose qui remonte à loin. Au départ, c’était des rumeurs, on avait entendu parler de ça au printemps mais aucune date potentielle n’avait été fixée. Pour ça, il fallait attendre la finale de FA Cup entre Manchester City et Watford. Si City gagnait, cela faisait sauter le barrage de Ligue Europa à Manchester United, c’était la clé pour l’organisation de cette rencontre. Du coup, pendant un temps, nos dirigeants ont préféré ne rien dire, histoire d’éviter un faux-espoir, mais comme City a gagné (6-0)...

Tu t’es retrouvé titulaire face au club que tu supportes, mardi soir.
C’est ça ! Et, par pur hasard, c’est tombé un 30 juillet, soit deux jours après mon anniversaire. Je ne pensais pas un jour jouer contre Paul Pogba, Anthony Martial, moi, le Français anonyme de Norvège (rires)... Forcément, j’ai croqué dans le truc et je me suis donné à 1000% sur le terrain. Après le match, je voulais aussi avoir leur maillot. J’ai réussi.

Vous avez pu discuter un peu ?
Oui, un petit peu, c’est des mecs très sympas, très simples. On ne dirait pas comme ça mais quand tu parles avec eux, tu vois que c’est des hommes humbles, des gars bien. Je ne pense vraiment pas qu’ils pensaient croiser un joueur français ici aussi (rires). Quand j’ai parlé à Pogba après le match, il m’a dit : « Oh, toi tu viens du sud hein ! » Je l’avais déjà vu avant, parce que je sentais que tout le monde voulait son maillot. Du coup, je l’ai interpellé quand il s’échauffait et je lui ai demandé tout de suite.

Tu avais prévenu tes coéquipiers qu’il était pour toi ?
Non, je leur ai rien dit, il fallait être malin, pour pas que tout le monde me voit. J’ai bien fait parce que certains de mes coéquipiers sont allés le voir mais il leur a dit que c’était réservé pour le numéro 4. C’était fini, j’allais avoir mon maillot.


D’où vient ton attirance pour Manchester United ?
Ça fait longtemps, je pense que ça a commencé quand Cristiano Ronaldo jouait là-bas. Depuis ce moment, ça n’a pas cessé. Il y a quelques années, quand j’étais venu à l’essai à Kristiansund, alors que le club était en troisième division, j’avais rencontré une première fois Ole Gunnar Solskjaer. C’était au début des années 2010, il venait juste de repartir de Manchester United, où il venait de diriger la réserve du club pendant deux ans, et de prendre Molde. Comme c’est un gars de Kristiansund, qu’il est cool, il s’était proposé pour nous faire un entraînement. J’étais là, c’était top, même si je ne parlais pas très bien anglais à l’époque. Il nous faisait les mêmes séances qu’aux jeunes de Manchester United, il nous donnait des conseils, c’était super. Certains joueurs lui posaient des questions pour savoir par exemple ce que ça faisait de gagner la Ligue des champions, de jouer à United, ce genre de choses.

Toi, c’est ton deuxième passage au club et tu commences à très bien connaître la ville. Comment tu as pu mesurer son poids dans le coin ?
Honnêtement, au départ, je ne le connaissais pas vraiment. Quand j’ai commencé à suivre Manchester United, il était en fin de carrière. Du coup, je me suis renseigné sur lui et j’ai compris ce que représentait ce Ole Gunnar dont tout le monde parlait. Tu vois très vite qu’il est très important pour les gens de la ville, tout le monde le connaît ici, il fait pas mal de choses pour la ville. Ce match, c’est aussi une preuve de ça. À la fin du match, hier, j’ai été le remercier d’avoir fait ça pour nous et lui, tu sais ce qu’il m’a dit ? « Non, c’est moi qui vous remercie de faire tout ça pour Kristiansund. » Tu sens qu’il aime sa ville et rendre heureux les gens autour de lui. Ici, c’est un match que personne va oublier.

Surtout que vous avez tenu tout le match, que vous n’avez perdu que sur un but encaissé sur penalty à la dernière minute, que son fils, Noah, a joué ses premières minutes chez les pros avec vous…
Oui, c’est un jeune, c’est beau, il joue contre l’équipe de son père… Tu imagines ? Nous, on l’a encouragé. Lui, c’est un petit, il parle pas beaucoup, c’est un timide qui ne montre pas trop ses émotions mais le coach l’a mis à l’aise. Ce qui est encore plus drôle, c’est qu’en ce moment, il joue un tournoi en Norvège, la Norway Cup, et qu’il est revenu pour le match. Là, il retourne jouer avec les jeunes, ça a dû lui faire quelque chose.



L’autre truc important, c’est que le groupe de supporters de Manchester United en Scandinavie est de loin le plus important du club (43 000 membres). Hier, pendant le match, on voyait beaucoup de maillots rouges…
Je ne sais pas comment ça ressortait à la télévision, mais y’avait plus de supporters de Manchester United que de supporters de Kristiansund, largement. Bon, les gens nous ont quand même supportés, c’était vraiment bien. En Norvège, et surtout à Kristiansund, tu as beaucoup de supporters de United, c’est vrai, mais tu sentais aussi qu’ils étaient fiers de nous voir jouer contre leur club.

Mais quand on joue ce genre de match, il n’y a pas un moment où on tend à devenir aussi un peu spectateur quand on est, en plus, supporter du club adverse ?
Non, dès le premier coup de sifflet, je ne sais pas comment t’expliquer… D’un coup, ces mecs redeviennent des hommes comme nous : ils ont deux oreilles, deux jambes, deux pieds, une tête. On voit qu’il y a un gros niveau mais je ne pense pas avoir fait un mauvais match. L’équipe a été solide, on a bien tenu le choc, ils ont eu du mal à marquer et ils ne l’ont fait que sur penalty. Tu sens la différence, forcément, mais on s’attendait à prendre 5 ou 6-0. Au final, on a été plutôt costaud défensivement.

Kristiansund a la meilleure défense de Tippeligaen, d’ailleurs. Le coach, il vous avait demandé quoi ? De prendre du plaisir ou de se servir de ce match pour entretenir le rythme sachant que vous êtes à mi-championnat actuellement (Kristiansund est actuellement 7e, ndlr) ?
De prendre du plaisir, d’abord, évidemment, car ça n’arrivera pas deux fois dans notre vie. Mais derrière, il y avait aussi des consignes, un système… Je pense que le coach partait pour gagner d’ailleurs ! Il voulait faire quelque chose, il était curieux, et on a même eu des chances de marquer mais on a mal géré nos occasions je trouve…

Tu es en Norvège depuis maintenant neuf ans. Tu n’as plus envie de bouger ?
En fait, je n’ai pas vraiment choisi de partir là-bas à la base (rires). Quelqu’un m’avait mis en contact avec Salif Diao quand je jouais en DHR, à côté de Marseille, et, à la base des bases, je devais partir faire des essais en Angleterre. Finalement, ça s’est fini en Norvège et, de là, j’ai joué, joué, j’ai trouvé des clubs… C’était parti et je n’ai pas bougé. Je ne vais pas te mentir : j’ai essayé de rentrer en France ou en Belgique, mais comme notre championnat est décalé, ça décale aussi le mercato, donc c’est compliqué de repartir. Quand on est en fin de saison, ailleurs, c’est la mi-saison. Mais bon, retourner en France… Avec mon âge, c’est pas si facile, même si rien n’est impossible. Je connais les choses quand même, je suis réaliste et je sais que ça sera très compliqué même si bien sûr que j’aurais aimé revenir en France.

Quand on a 22-23 ans, ça ne fait pas flipper de partir en solitaire, en Norvège, pour jouer au foot ?
Si, bien sûr que ça fait peur ! Avant, quand je voyais, c’était avec ma famille, pour aller dans les Caraïbes, en Martinique… Il n’y avait que ça. Si c’était en Espagne, c’était vite fait. J’avais peur mais je savais ce que je voulais, il fallait que je tente ma chance ailleurs qu’en France. J’ai réussi, c’est le plus important.

Même à t’intégrer complètement ?
Oui, même si au départ, la nourriture, c’était pas simple… Les Norvégiens sont des gens qui mangent très sain. Si tu veux manger du chocolat ou des bonbons avec des personnes, c’est pas ici ! Ils sont très sportifs, ils prennent soin de leur santé, et ça se ressent dans leur manière de vivre. Comme partout, ça te demande un temps d’adaptation. Moi, j’ai dû mettre un an et demi, surtout que je ne parlais pas un mot d’anglais au départ.

Tu vivais tout seul au départ ?

Non, avec un Sénégalais qui parlait très bien français et norvégien, ça m’a aidé. Il préparait des plats sénégalais, c’était cool ! Mais quand on retrouvait les Norvégiens, on sentait le décalage au départ (rires).

Vidéo

Tu n’as pas appris le Norvégien ?
Pas du tout, non, mais pour une raison simple : quand je suis arrivé, on m’a parlé anglais, pas norvégien, donc j’ai appris l’anglais. C’est juste ça. Aujourd’hui, je comprends le norvégien, mais je ne le parle pas.

Lors de la saison 2017-2018, tu es parti un peu en République Tchèque, quand même. Tu n’as pas accroché ?
Je sortais d’une blessure à ce moment-là : une rupture du tendon d’Achille. Comme mon club de l’époque, Sogndal, est descendu en deuxième division et que je voulais rester en première division quelque part, j’ai saisi cette opportunité. Mais ça n’a pas très bien marché. Le coach qui m’avait fait venir a été viré après trois-quatre matchs, celui qui l’a remplacé ne comptait pas sur moi… J’étais sur le banc, je ne jouais pas du tout, et je suis reparti rapidement en Norvège. Là-bas, je vivais aussi avec un Sénégalais, et heureusement, parce que sinon j’aurais vraiment galéré je pense… Tu n’as pas beaucoup de personnes qui parlent anglais à Ostrava, c’est des gens fermés, je n’étais pas très à l’aise en fait. Après, le niveau foot était bon, je jouais avec Milan Baros…

Tu ne discutais pas avec lui ?
Si je n’allais pas vers lui, il ne venait pas vers moi quoi. C’était pas simple parce que peu de joueurs de l’effectif parlaient anglais. J’avais envie de faire des efforts mais je trouvais souvent face à moi des visages fermés, du coup… Surtout, on m’avait prévenu que je trouverais beaucoup de racisme là-bas. Je pensais que c’était exagéré. Au contraire : plus les jours passaient, plus il y en avait, notamment dans les stades. Je n’ai jamais entendu de cris de singe en Norvège. Par contre, en République Tchèque… C’était pas tout le temps, mais très souvent, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. C’est curieux comme mentalité d’ailleurs car avant les matchs, on te demande de prendre des photos avec les enfants et pendant le match, c’est les parents de ces mêmes enfants qui étaient les premiers à faire ces cris de singe.

On sentait hier soir que tu as une place de choix à Kristiansund, que les supporters t’apprécient…
Oui, parce que c’est des vrais supporters. Il faut savoir que je suis le joueur le plus vieux de l’effectif, j’ai une certaine expérience, je dois faire profiter de ma maturité aux autres… C’est de mon âge, maintenant.

Martial et Pogba t’ont félicité pour ta performance ?
Tu sais, on a surtout parlé de la vie, en fait. Je leur ai demandé si ils allaient bien, Paul Pogba a fait un message vidéo pour mon petit frère… C’était surtout ça.

Ils ont pris ton maillot ?
(Rires) Non, je ne l’avais plus ! Il était trempé. Mais, tu vois, il y a un de nos défenseurs qui a demandé son maillot à Mata. Et il a répondu : « Ok, mais que si tu me donnes le tien ! » Tu vois l’humilité des mecs. Ça, c’est des choses que tu n’oublies pas.

Propos recueillis par Maxime Brigand
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