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La Chine à fleur de peau

Depuis quelques jours, les footballeurs professionnels et aspirants professionnels en Chine ne peuvent plus se faire tatouer, et pour les internationaux, il est fortement recommandé d'effacer toute modification volontaire de son épiderme. Derrière cette nouvelle restriction qui pourrait prêter à sourire se niche un signal supplémentaire du durcissement politique aigu en Chine continentale.

Si Djibril Cissé, Memphis Depay, Radja Nainggolan ou Ederson étaient chinois, ils auraient été bien embêtés. Comme une grande partie de la communauté des footballeurs professionnels. Car depuis une annonce de l'Administration générale des Sports de Chine, les footballeurs de haut niveau du pays ne peuvent plus se faire tatouer, et pour ceux qui évoluent dans les sélections de l'Empire du milieu, il est même recommandé de faire effacer ou au moins de couvrir leurs actuels embellissements épidermiques. « Je ne suis pas surpris par cette décision, qui n'est qu'une extension d'une règle instaurée en 2018 qui obligeait les joueurs à couvrir leurs tatouages en matchs ou entraînements ouverts au public » , explique Simon Chadwick. Pour le spécialiste du sport asiatique à EM Lyon Business School, « cette décision symbolise la hausse du pouvoir de Xi Jinping depuis qu'il est devenu président en 2012. Son jugement personnel, sa vision de l'archétype chinois idéal, devient loi. »

« Jusqu'à très récemment, les tatouages en Chine étaient associés à la criminalité, ou considéré comme rétrogrades car propres à des peuplades tribales. » Jonathan Sullivan de l'université de Nottingham

Cet archétype justement, c'est celui d'un membre de l'ethnie majoritaire Han, qui parle chinois mandarin, et n'arbore aucun signe distinctif, car il ne doit pas sortir du rang. Encore moins à l'aide d'une modification corporelle qui pendant longtemps a été associée à des concepts négatifs dans la société chinoise, si l'on en croit Jonathan Sullivan. « Jusqu'à très récemment, quand c'est devenu une expression de la modernité, de l'urbain, de l'international et du "cool", les tatouages en Chine étaient associés à la criminalité, ou considéré comme rétrogrades, car propres à des peuplades tribales, voire déviants, car contraires aux "normes", explique le directeur des China Programs au Asia Research Institute de l'université de Nottingham. Il y a une longue histoire "négative" du tatouage en Chine, et a contrario, son histoire "positive" est très courte. »

« Quand vous jouez pour l'équipe nationale chinoise, vous n'êtes plus un individu lambda »


Si l'universitaire britannique refuse de juger les autorités chinoises « suffisamment intrusives pour interdire les tatouages à tout citoyen lambda » , en revanche, il consent que les footballeurs peuvent être visés : « Quand vous jouez pour l'équipe nationale masculine de football, vous n'êtes plus un individu lambda. Vous êtes un représentant de la nation, une nation qui nourrit des ambitions pour le futur. » Avec l'idéal d'une société exemplaire suivant les « valeurs fondamentales socialistes » . Pour Jean-François Di Meglio, président de l'Asia Centre et grand observateur de la Chine depuis près de quatre décennies, « on est dans une Révolution culturelle qui ne dit pas son nom, et la décision imposée aux footballeurs n'est qu'un exemple parmi tant d'autres d'un durcissement du contexte chinois. »



« Depuis l'arrivée de Xi Jinping, la Chine s'est repliée et ne s'intéresse plus vraiment à l'opinion de l'Occident. » Simon Chadwick, de l'EM Lyon Business School

Ce changement qui affecte si concrètement les footeux professionnels prend racine en 2012 quand Xi Jinping arrive à la tête du Parti communiste chinois, avant d'être mécaniquement installé à la présidence du pays. « L'administration précédente, celle de Hu Jintao, avait un agenda plus progressiste » , soutient Chadwick. Une époque marquée par une plus grande ouverture vers le reste du monde et l'Occident et un point d'orgue avec l'organisation des Jeux olympiques de Pékin en 2008. Une époque où le football chinois est à la ramasse et enchaîne plus facilement les scandales extrasportifs que les trophées, mais où la République populaire est dans sa globalité un pays en croissance, dynamique et plein de promesses. « Depuis l'arrivée de Xi Jinping, la Chine s'est repliée et ne s'intéresse plus vraiment à l'opinion de l'Occident. On l'a vu avec l'affaire Peng Shuai, c'est "circulez, il n'y a rien à voir". La fameuse notion de non-interférence poussée à son paroxysme. »

Après les footballeurs chinois, l'île de Taïwan ?


Au-delà du premier abord incongru de la décision, qui pourrait apparaître ridicule vu d'Occident, l'interdiction des tatouages pour les footballeurs professionnels « n'est pas sans lien avec les mouvements de répression et fermetures de médias à Hong Kong » , estime Di Meglio. « Ce sont deux conséquences d'une même politique de serrage de vis du président chinois. » Pour Chadwick, cette tendance au repli et à l'autoritarisme a été « fortement accélérée par la pandémie de la Covid-19. Les libertés individuelles n'ont jamais été aussi réduites en Chine depuis au moins 20 ans, la seule différence aujourd'hui, c'est que les gens des classes aisées et classes moyennes ont plus d'argent, comme si on retentait la Révolution culturelle dans une version adaptée au XXIe siècle. » Quand il se projette dans le futur, Chadwick imagine aisément une Chine « qui se replierait au point de ne plus autoriser les recrutements de footballeurs étrangers dans son championnat. S'il y a eu quelques naturalisations récemment, le vrai effort des autorités est engagé sur la mise en place de centres de formation pour faire éclore de futurs joueurs chinois conformes aux normes édictées par le Parti. » Donc sans tatouage, le communiqué de l'AGS stipulant explicitement que pour toutes les équipes de catégories U20 ou en dessous, il est formellement interdit d'intégrer des jeunes joueurs tatoués...

« Comme pour la pression mise à Hong Kong, c'est une démonstration de force. Mais en général, quand on est si sûr de sa force, on n'a pas besoin de l'étaler. » Jean-François Di Meglio, président de l'Asia Centre

Cette vision orwellienne du futur chinois a de quoi bien faire flipper. Mais la tendance autoritaire du président Xi ne doit pas inciter à un fatalisme excessif selon Di Meglio. « Au sein même du Parti communiste chinois, tout le monde n'est pas d'accord avec la vision extrême de Xi Jinping. Et sa marge de manœuvre vis-à-vis de la population, surtout la classe moyenne, est très mince. L'affaire Evergrande par exemple, peut contribuer à le fragiliser, car tous les gens qui ont investi dans un bien immobilier qui a perdu toute valeur pourraient être amenés à le contester. » La question des tatouages chez les footballeurs professionnels doit donc être vue comme un signal politique parmi d'autres. « Comme pour la pression mise à Hong Kong, c'est une démonstration de force. Mais en général, quand on est si sûr de sa force, on n'a pas besoin de l'étaler » , continue Di Meglio. Or, le numéro 1 chinois aurait de bonnes raisons de ne pas être totalement détendu. À l'image d'un élève à la veille d'un examen important, Xi Jinping vit une année 2022 décisive. « Il a fait changer la constitution pour pouvoir rester à la tête du pays plus de deux mandats (cinq ans par mandat, NDLR). Mais il n'est pas encore assuré d'être le premier à en faire trois. Si l'ascenseur social se grippe, son pouvoir peut lui échapper. » Et dos au mur, le dirigeant chinois aura d'autres leviers autrement plus dangereux à activer, « comme une opération militaire pour la reconquête de l'île de Taïwan, l'outil ultime pour asseoir son autorité auprès de la population, mais aussi source de conséquences régionales potentiellement désastreuses » . Des tatouages à une troisième guerre mondiale, l'effet papillon ultime...

Par Nicolas Jucha Tous propos recueillis par Nicolas Jucha
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