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Charles Nouveau : « Je suis le Larsson de 2006 »

Plus que d'être humoriste, Charles Nouveau a surtout trois passeports : suisse, français et espagnol. Une triple casquette qu’il cumule avec celles d’ancien employé de l’UEFA et de commentateur sur les chaînes helvètes, de quoi bien remplir Hors-Jeu, son spectacle 100% foot, et creuser l'appétit. On règle ça autour d’une brandade de morue.

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Tu as bossé à l’UEFA en 2011, et il paraît même que tu faisais des matchs avec Platini sur tes pauses déjeuner.
J’ai joué deux fois avec lui. Il venait se décrasser les articulations quand il y avait des matchs de gala la semaine d’après. Mec. Il est trois fois Ballon d’or, hein. Le toucher de balle de bâtard... C’est génial de voir qu’un mec de 60 balais peut t’enrhumer sur une feinte d’épaule ! Je travaillais aux « matchs operations » , pendant que j’étais à l’université. C’est l’équipe qui gère tout ce qui touche à la logistique : les feuilles de matchs, l’enregistrement des scores, la couleur des tenues... À 20h45, on regardait les coups d’envoi dans une salle où il y a douze télés pour vérifier que tout le monde démarre en même temps : « Ah, problème à Istanbul, caméra 8 » . C’était une période où j’écrivais mon projet de recherche pour mon Bachelor en relations internationales. Mon sujet c’était : « Le sport, véhicule d’un nationalisme positif ? Le cas de la Catalogne et du FC Barcelone. » 62 pages là-dessus, j’ai fait des interviews de malade, des anciens de cabinet de Laporta, des candidats à la présidence, l’ancien responsable sécurité du Old Firm à Glasgow... J’ai eu la note maximale, 6/6, va savoir pourquoi ils notent sur six en Suisse. C’était mortel.

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Tu te souviens de la première fois où tu as joué contre lui ?
À l’UEFA, ceux qui vont au foot doivent s’inscrire avant par mail. T’y vas à midi, tu te changes dans les vestiaires, il y a pas mal de mecs de plus de 30 ans, donc ça s’étire. Moi, j’étais là en train de jongler, parce que je suis très fort pour faire l’otarie et autres conneries, des trucs qui font croire que je suis doué. D’un coup, je me rends compte que le mec à côté de moi, c’est Michel Platini en survèt’. T’as un gros Anglais dans les buts qui claque dans ses gants en le regardant : « Come on Michel ! » Il pose la balle, il prend un peu d’élan, il frappe... je te promets, il met la balle à facile onze mètres des buts. Dégueulasse. Ignoble. « Oh putain » , qu’il dit. Moi comme un gros fayot, je lui donne mon ballon, il repose sa balle, reprend son élan, il ouvre son pied... Et là elle fait une espèce de virgule en l’air, « PAN ! » , pleine lucarne. Le gars, il pose ses mains sur ses lombaires, il s’étire et il fait : « Ah bah voilà. » Un coup franc de Platini en direct. Fou. Ça compte comme passe décisive ou pas ? En tout cas, ça se voyait qu’il aimait le foot. Quand on jouait à midi, on tournait au but. Un jour, je me retourne et il y a juste Platini qui est là, assis sur un banc. « Bonjour ! » Il me répond en chuchotant : « Je suis pas là, je suis pas là ! » Le mec vient nous voir alors qu’on est nuls à chier. Ça ne m’a pas étonné qu’il ouvre les Coupes d’Europe aux clubs lettons, tu vois.

Tu es aussi devenu commentateur à la télévision grâce à tes vannes.
Improbable, ouais. J’ai un peu plus de 70 matchs en Serie A, Bundesliga, Liga, Liga NOS, Ligue Europa, et deux matchs de Ligue des champions. J’ai commencé parce que Philippe Ducarroz, ancien de la RTS, m’a vu jouer, alors que je me moquais justement des commentateurs suisses. C’était ma première scène, le 4 février 2014. Il voit que manifestement, je touche un peu, et il me propose à la fin du spectacle de faire des essais. Je faisais pas mal de matchs, je rentrais de l’argent, et est arrivé un moment où je me suis dit : « Okay, c’est une option, en fait. » Mais les commentateurs à la RTS, ce sont des monstres omnisports. Ils passent des tests où tu dois être super fort en ski, en cyclisme, en F1... Moi, j’ai dû reconnaître à un moment dans ma vie que je n’aimais pas le sport, j’aimais le foot. Maintenant, je ne fais plus de commentaire, j’ai trop de dates. Ça m’a rendu un peu triste, mais c’est un bon problème, ça veut dire que ça marche.


Tu expliques dans ton spectacle avoir commencé l’humour sur un banc de touche.
J’ai connu des périodes de joueur à l'US Terre-Sainte, club qui a fait le choix chromatique extrêmement bancal de jouer en vert et violet, où je n’étais clairement pas dans la meilleure moitié. C’est évident que dans l’équipe, c’est plus facile d’exister socialement quand tu es un des meilleurs, parce que tout le monde te respecte. Il y a même une certaine part d’admiration et d’espoir fondés en toi. Et moi, sportivement, il y a des périodes où j’existais parce que je faisais marrer les gens.



Il y a bien des gars qui font ça en pro, ou qui sont recrutés parce qu’ils sont potes d’untel...
À Barcelone, c’est pas un si mauvais exemple dernièrement, en plus. « Tu joues quel poste sur le terrain ? – Moi, je suis pote de Messi, en fait. Il m’aime bien, donc je touche 9M par an. » Je suis pour le Barça, même si ça s’entend infiniment plus dans cette interview que dans mon spectacle. Ma mère est née et habite à Barcelone, un de mes frères y est aussi, j’ai la moitié de mon arbre généalogique sur place. Quand j’étais petit, mec, dans mon club, dans les « nineties » , Barcelone ce n’était pas Top 4 mondial. Du coup, j’étais le seul gamin qui avait les maillots du Barça à l’entraînement. Un jour, un coach commence à m’appeler Barça. Donc tout le monde se met à m’appeler comme ça, et aujourd’hui, vingt ans plus tard, je croise encore des gens qui m’appellent Barça et qui pensent que c’est mon prénom : « Ah, mais je croyais que Barsa c’était un prénom albanais... » Bah non, mec, c’est Barcelone. Ce qui est tripant, c’est que quand j’ai commencé à coacher des équipes de jeunes, en 2005, c’est début de la période Ronaldinho, Eto’o, Messi qui arrive. Et rapidement, sur quinze gamins à l’entraînement, il y en a dix avec un maillot du Barça. C’est fou de voir la progression du club en dix ans.

Le banc de touche, c’est un truc que tu as connu dans ton métier d’humoriste ?
Je pense que c’est là où je suis en ce moment. Je ne suis pas connu en France. Mais quand j’ai la chance d’être mis dans des trucs cool (Il a participé à la Grande Soirée de l'humour et du foot 2019, à l'Olympia, N.D.L.R.), je suis le Henrik Larsson de 2006 avec Barcelone, tu vois, une fin de match me suffit ! J’essaye de montrer que j’ai des qualités, et le public se dit : « Ah ouais, pas mal. » (Rires.) C’est lui qui fait gagner la finale de C1 de 2006, hein. Rijkaard sort Van Bommel, et il fait les deux passes décisives contre Arsenal. Blague à part, les choses progressent, et c’est agréable : on me fait entrer de plus en plus souvent et mes contrôles orientés sont de moins en moins en carton. Il n’y a pas de recette miracle.

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Ça peut te permettre de faire tes propres expérimentations tactiques sur scène.
Quelque part, c’est toi le coach. Surtout quand tu n’as pas de metteur en scène, comme moi actuellement. C’est compliqué parce que t’es coach, joueur, propriétaire du club. (Rires.) Parfois, c’est délicat de porter plusieurs casquettes. J’ai aussi un agent, mais il a le bras moins long que Mendes, je joue au Point Virgule, pas au Benfica.

Tu insistes beaucoup pour expliquer que ton spectacle est loin d’être réservé aux fans de foot, ce serait même plutôt l’inverse. Un discours que l’on retrouvait aussi dans la soirée Humour & Foot présentée par Cazarre. C’est commercialement compliqué d’assumer un spectacle « 100% footeux » ?
Pour moi, c’est le contraire. Ça aurait été beaucoup plus facile d’assumer un truc que pour les footeux, parce que c’est plus dur de te tromper. Tu as beaucoup plus de références communes. J’avais envie de relever le challenge de faire marrer tout le monde. Ça vient peut-être de la période à l’UEFA où je jouais au foot tous les jours, parfois midi et soir. Je coachais quatre soirs par semaine. Pendant les pauses, mes collègues me parlaient de foot. À un moment, j’ai eu une overdose, je ne regardais plus rien. Là, depuis un ou deux ans, je suis en train de re-kiffer. Il m’arrive d’avoir des propositions : tu joues à tel endroit, pour tel montant, et je réponds : « Euh pardon, ça tombe pendant Barcelone-Séville... » Et puis on vit dans un monde où même si t’aimes pas le foot, t’en as forcément bouffé malgré toi. Mec, l’autre jour, ma colocataire me dit : « T’as vu ce qu’il s’est passé chez les Kardashian’s ? – Ouais le mec de NBA il a trompé Khloé avec... » Attends, comment je sais ça ? Après, j’ai réalisé que je savais écrire « Khloé Kardashian » sans fautes sur Google. Ça m’outre ! Et je pense que les gens qui n’aiment pas le foot ont le même sentiment : « Ouais, je sais qui c’est Frank Lebœuf, mais je m’en bats les couilles. » (Rires.) Je me suis dit qu’il y avait un truc marrant à faire avec ça, et que ça m'embêterait d’être excluant parce qu’un type ne sait pas que Batistuta jouait à la Fio.


Le foot, c’est un truc de famille ?
Toute ma fratrie a fait du foot, on est quatre. Mais seul un grand frère, dix ans de plus que moi, sortait vraiment du lot. Il a toujours porté le 14, à cause de Cruyff (et moi je le portais à cause de lui, et parce que c’est plus accessible pour un remplaçant). À 17 ans, il jouait en deuxième division suisse. Il a joué contre le Real, qui faisait la pré-saison vers chez nous. C’était incroyable : les U18 du Stade nyonnais contre le Real Madrid. Genre, il y a Seedorf, McManaman, Raúl, Guti, la première saison de Casillas aux buts... On est à Nyon, 5000 personnes, tout le monde en blanc. Il y avait juste moi et mes deux autres frangins, tout seuls avec les maillots blaugrana. Normaaaal ! Moi, je venais voir mon frère, pas le Real ! Ils ont perdu 15-0. Mon frère fait une tête sur corner que sort Casillas, son plus grand fait d’arme footballistique, indéniablement. Lui était au marquage sur Sávio, le 11 du Brésil à l’époque. Des années après il me dit : « Je savais qu’il était gaucher, je l'ai vu mille fois, je savais quel dribble il allait me faire, et il l’a fait, et il m’a niqué quand même. » (Rires.) C’était ouf.



Tu aimes beaucoup les ruptures de rythme, un truc très efficace en humour comme en football. Tu saurais identifier ton style à un joueur ?
Scéniquement, essayer de me comparer à un joueur, je pense que ça tomberait très vite dans un truc prétentieux, sincèrement. Tu sais le gars : « Non, mais j’ai une immense palette, je suis un peu un Riquelme...  » Quel connard. (Rires.) Je dis ça, mais c’est le plus beau compliment qu’on m’ait fait sur un terrain de foot. À la fin d’un match, un mec qui m’a dit que j'avais le même style. Quand je l’ai répété à un pote, il m’a dit : « Ouais tu cours pas, quoi. » (Il se marre.) Mais c’est incomparable. Sur scène, la différente avec le foot, c’est que je suis seul. Je fais de passe dé’ à personne. Toutes les passes sont pour moi. Sinon, physiquement quand j’avais les cheveux longs, on me disait Dugarry en 98. Un Dugarry marrant, mais volontairement, ça me va.

Tu donnes l’impression d’adapter ton rythme à la grandeur de la salle : grande salle, rythme lent, rythme suisse. Petite salle, gros débit.
Je suis persuadé d’une chose : le plus important dans une salle, ce n’est pas le nombre absolu de spectateurs, c’est son nombre relatif, si c’est rempli ou pas. En tant que spectateur, si tu sens que tu fais partie d’une foule, tu es intouchable, donc tu es décomplexé et tu ris. Quand tu joues devant moins de gens, il faut parfois les accompagner. Si tu es vingt dans une salle de cent vingt, t’oses pas rigoler, parce que t’es vulnérable. J’ai indéniablement un côté très flegmatique, et ça contraste avec les moments où je mitraille les mots.

C’est un peu la même logique pour un stade de football, non ?
Oui, j’avais été très admiratif il y a quelques années, quand la Juve a quitté le Delle Alpi pour faire un stade plus petit. Putain, vous avez tout compris, les gars. Il faut jouer dans un stade plein ! Pareil à Lausanne, leur nouveau stade est beaucoup plus petit que ce qu’ils avaient, et c’est intelligent. Puis quel plaisir ce sera d’entendre les gens : « Bonjour, on voudrait venir voir le match contre Schaffouse – Ah non, c’est complet... » Comme au théâtre. D’ailleurs t’es venu toi, au spectacle ?

Propos recueillis par Théo Denmat Charles Nouveau est au Théâtre le Point Virgule les dimanches et lundis à 20h, et tous les mardis au Palais des glaces pour son autre spectacle, Joie de vivre.
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