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Cedrick, l'homme qui valait 1,21 euro

Cedrick Mabwati a une drôle d'histoire. À tout juste 21 ans, ce Congolais a dû, tout jeune, quitter son pays d’origine pour cause de guerre. Entre vitesse et hommage à Camarón de la Isla, il fait aujourd’hui partager sa joie de vivre dans un Betis Séville qui l’a récupéré pour un euro.

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Les finances ont souvent bon dos pour expliquer la cession d’un joueur. Ou son acquisition contre une bouchée de pain. Le Betis Séville, avec ses comptes dans le rouge, n’échappe pas à la règle. À savoir dégraisser dans les grandes largeurs. Exit son capitaine Cañas, son gardien Adrián et sa pépite Beñat : il faut du cash. Niveau investissement, pas grand-chose, les arrivées de Verdú (libre) et Andersen (second couteau à Évian) mises à part. Illustration de ce manque de liquidités – interdiction de dépenser plus d’un million et demi d’euros sur un joueur –, l’arrivée pour 1,21 euro de Cedrick Mabwati. En provenance de Numancia, après avoir fait ses classes à l’Atlético de Madrid, ce jeune Congolais d’origine disposait dans son ancien contrat d’une clause étrange. Si un club de Liga voulait le débaucher avant le 15 juin, il n’avait qu’à actionner la clause libératoire d’une valeur de deux baguettes de pain. Le Betis dit banco, et se dit bravo. Car entre une vitesse étourdissante et une joie de vivre contagieuse, Cedrick donne le sourire à ses dirigeants. Et ses coéquipiers. Et son entraîneur. Et son public…

La guerre, l’exil, le football

Derrière ce sourire se cache pourtant une histoire compliquée. Natif de Kinshasa, d’une mère fonctionnaire, il plie les gaules avec sa famille jusqu’au Cameroun. En cause, les conflits internes de la République démocratique du Congo. Il ne restera en transit au Cameroun que quelque temps. À 12 ans, il décolle vers l’Espagne et Salamanque en compagnie de sa mère et de ses deux frères. De son père, on ne sait rien ou presque. C’est à Salamanque, le Oxford espagnol, qu’il tape pour la première fois dans un cuir. «  J’ai commencé à jouer à l’école, puis au club de Santa Marta, racontait-il en 2008 à As. J’ai joué un match contre l’Atlético en cadet et j’ai marqué un but. Ils m’ont demandé de venir à Madrid pour un essai d’une semaine. Et je suis resté.  » Une fois à l’Atlético, il doit faire face à une nouvelle difficulté : être « de couleur » . Le fanion colchonero, fort heureusement, est l’un des pionniers dans l’intégration de jeunes footballeurs noirs ou immigrés.

Affilié à l’équipe réserve de l’Atlético, il ne jouera qu’un seul bout de match avec les A – une entrée en Copa del Rey face à Huelva. En 2010, il est prêté à Numancia. Un prêt qui se transforme dès l’année suivante en transfert. Il réalise son rêve, lui qui considérait « qu’être professionnel est une chimère, quelque chose de lointain  » . Loin de l’agitation de la Liga, il fait ses gammes en Segunda Division. Pendant trois ans, il déborde, centre, tire, mais marque peu. Lui est un ailier pur beurre. Le temps suffisant pour s’attirer les intérêts d’un club d’un standing plus important. La première rencontre entre le club andalou et le Congolais remonte à 2010. Ce jour-là, Cedrick avait mystifié la défense de Pepe Mel. Ensuite, « nous l’avons suivi 12 ou 13 matchs et il nous avait vraiment conquis. Quand on nous a dit combien il coûtait, nous n’avons pas hésité  » , expliquait un dirigeant du Betis Séville dans les colonnes du Pais. Car, à 1,21 euro, Cedrick Mabwati est un pari qui ne coûte quasiment rien au board des Beticos.

Perquis : « Il chante du Camarón  »


L'homme qui valait 1,21 euro s'intègre très vite. Sans être un boute-en-train, le Congolais aime rire. Une joie de vivre qui se retrouve sur le réseau social au petit oiseau bleu. « Si tu vas sur Twitter, tu verras qu’il ne parle que de sourire et de l’importance de rire, glisse Damien Perquis, son nouveau coéquipier. Dans le vestiaire, c’est le même, ça résume bien son état d’esprit. » Un vestiaire qui connaît la facette joyeuse de Cedrick. Car « il ne parle pas trop de sa vie privée, tu m’apprends même qu’il a dû quitter son pays à cause de la guerre » , explique l’ex des Verts. Son intégration, elle, s’est faite tout naturellement. « Il n’a eu aucun problème pour s’intégrer. Il a connu une formation espagnole, donc il parle couramment la langue, se rappelle Perquis. Mais la première fois que je l’ai vu, il m’a demandé : "Tu parles français ?" C’était surprenant et ça m’a fait plaisir venant de quelqu’un qui a fait toute sa vie en Espagne, qui parle cette langue tous les jours.  »

Une langue qu’il connaît parfaitement. À tel point qu’il la chante. Histoire de peaufiner les détails, « il chante du Camarón (Camarón de la Isla est l’un des plus grands chanteurs de l’histoire du flamenco, ndlr) » : « Pour le moment, je ne l’ai pas encore entendu. On lui avait pourtant demandé en stage, mais il n’avait pas voulu » , ponctue son coéquipier. Un élément qui prend toute son épaisseur à Séville, capitale du flamenco. Sur le terrain, cette bonne humeur se fait ressentir. Car le bougre est un vrai trublion. « Il apporte énormément, mais vraiment énormément, de vitesse. Il doit faire partie des deux joueurs les plus rapides avec lesquels j’ai joué avec Charlie Davies, du temps où je jouais à Sochaux. Même s’il est petit, il aime bien mettre sa tête sur les coups de pied arrêtés » , juge Damien Perquis. Depuis le début de saison, il a déjà cassé les reins de Sergio Ramos et ramené la victoire du déplacement en Europa League face au FK Jablonec 97 (2-1). Pour autant, « comme tout le monde, il est perfectible. Il va tellement vite, qu’on peut avoir l’impression qu’il s’emmêle les pinceaux. » Et se relève, toujours avec le sourire.

Par Robin Delorme, à Madrid
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