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Ce que Thiago Silva doit au cerf-volant

Ils sont têtes en l'air, et c'est pour une fois un compliment. À l'occasion de la Journée Internationale du cerf-volant, décryptage de la passion préférée des jeunes brésiliens, qui ne se jouent pas la suprématie des quartiers que sur les terrains de five : à Rio, la bataille est aussi aérienne. Un sujet que connaît très bien Thiago Silva.

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Difficile de savoir si c’était une mouette ou un pingouin, c’était il y a plus de trente ans. En revanche, Benoît Flament, 40 berges au compteur, se souvient parfaitement de l’essentiel, du moins lorsqu’il s’agit de faire voler quelque chose : la matière. Corps en tissu, queue en plastique. Son premier cerf-volant. Modèle basique, mais efficace. Une piètre acquisition à l’occasion d’une opération de promotion, « déjà à l’époque » , contre la dispersion des déchets sur la plage, manière de dire qu’il valait mieux les faire voler à la place. Alors Benoît a fait voler son bout de tissu. Une fois, deux fois, encore et encore, jusqu’à ce que la voile devienne aussi usée et transparente que l’air qu’elle traversait et avant que papa et maman ne tombent par hasard sur un cerf-volant avec deux lignes au magasin. « Comme j’avais une soeur, ils se sont dit qu’on arrêterait de se battre » , dit-il.



Raté : ils ne le savaient pas, mais les deux lignes étaient pour une seule personne. Deux mains, pour plus de maitrise. Haut, bas, droite gauche, la pensée passe en 3D. Depuis, Benoît est devenu double champion du monde de cerf-volant pilotable par équipe, discipline dominée depuis 2016 par la France, et dont les deux capitales mondiales s’appellent Berck et Dieppe. Autant dire loin, loin du climat des plages de Rio, où le sable dégorge d’autant de footballeurs surdoués que de surdoués de la voile. Là-bas dit-on, tout Brésilien a un jour ou l’autre fait voler un cerf-volant. La preuve avec Thiago Silva : il adore ça.

Silva cerf-voliste

« L’émotif » . Début 2019, Transversales, documentaire de 52 minutes diffusé sur RMC Sport, résumait la personnalité du capitaine du PSG sous un mot quasiment devenu péjoratif le concernant.
« En plus d'aimer le football, Thiago n'a jamais oublié sa passion pour le cerf-volant. Ça me manque beaucoup. De voir un petit garçon jouer au cerf-volant, ça me rappelle le nombre de fois où j'ai regardé le ciel pour savoir si son cerf-volant allait s'envoler. » Angela Maria da Silva, sa mère
Assis dans un fauteuil dans une salle privatisée du club, fond noir et gueule bronzée, il confiait : « Ma mère a toujours été sensible. C’est pour ça que nous sommes comme ça. » Démonstration quelques secondes plus tôt, caméra à l’épaule dans les rues de Rio. Angela Maria da Silva, puisque la mama s’appelle ainsi, croise un gamin torse nul cerf-volant en main, et renifle entre deux larmes : «  En plus d'aimer le football, Thiago n'a jamais oublié sa passion pour le cerf-volant. Ça me manque beaucoup. De voir un petit garçon jouer au cerf-volant, ça me rappelle le nombre de fois où j'ai regardé le ciel pour savoir si son cerf-volant allait s'envoler. Savoir s'il allait être triste parce qu'il s'était coupé ou heureux qu'il s’envole. » Petit et déjà trop timide, Thiago regardait les enfants de son quartier jouer au football sur le terrain vague situé à l’aplomb de la fenêtre de sa chambre, sans oser les rejoindre. Penaud, il empoignait alors son cerf-volant et partait le faire voler en même temps que ses pensées à la plage. Et puis « un matin, dit-il, j'ai dégringolé les marches de la maison et j'ai joué avec les autres. Ce jour-là, ma vie a changé. »

Vidéo

Pour Benoît Flament, c’est l’inverse. C’est en laissant s’élever son premier cerf-volant que le bonhomme, aujourd’hui employé dans l’informatique, a vu son existence basculer. « Les cerf-volistes disent souvent qu’ils volent par procuration, glisse-t-il. On ne pense à rien, on regarde son cerf-volant, on tient sa ligne. On est dans son monde, sa bulle, pas impacté par ce qui se passe autour. C’est pour ça que j’aime ça. » De la première passion de Thiago Silva ne subsiste qu’une unique vidéo publique, vingt-quatre secondes de maltraitance de « pipa » au soleil couchant, short bleu, t-shirt blanc et tongs noires aux pieds. Surprise pour ceux qui se figuraient les lents aérostats peints dans Le Vent se Lève de Hayao Miyazaki, ici, la discipline consiste à malmener son engin. Thiago tire, retire, subitement, prestement, sans douceur, sans relâche. Au point qu’une question perle à la surface : mais... sait-il au moins ce qu’il fait ?

« C’est comme au karaté : si t’as pas vu venir le coup, t’es mort »

« Il sait piloter le mec, ça c’est clair. Franchement il gère. » Ludovic Petit, président du Monjha Club International et fabriquant de cerfs-volants français, est un spécialiste de la discipline pratiquée par le défenseur brésilien : le combattant. Comme en escrime ou en patinage artistique, le cerf-volant est divisible en catégories : par équipe, en solo, ou en fonction du nombre de lignes (de 1 à 4). En compétition (apparue dans les années 1990), on peut pratiquer le ballet, le freestyle, la vitesse... ou encore le combattant, donc. « Une vingtaine de pays participent à la Coupe du Monde, surtout des pays d’Asie, d’où est originaire la discipline. Hong-Kong et l’Indonésie se sont longtemps partagés le trophée, mais ça fait trois éditions que ce sont les Brésiliens qui écrasent tout. Les mecs vont même s’entraîner à Rio pour copier les techniques pour les dégommer. » Le très bon documentaire Kite Fight, réalisé par Guilherme Tensol et diffusé en 2014 par le New York Times montrait en ce sens le fonctionnement des combats de rue dans les favelas de Rio, où les poings américains sont remplacés par des cerfs-volants. Les quartiers se jouent la suprématie territoriale lors de joutes aériennes où le but est de couper la ficelle de son adversaire en plein vol, à l’aide de poudre de verre pilé collée tout au long du fil de son propre aéronef, souvent "fait main", avec des sacs-poubelle. « C’est un vrai art martial aérien, ose Ludovic Petit. Parfois ils s’affrontent en free-fight, c’est à dire que tout le monde s’attaque. Celui qui reste en l’air c’est le roi du quartier, il peut en avoir dégommé quarante ou cinquante à la suite. »



Le secret ? Attendre que le vent fasse pivoter la tête de son cerf-volant dans la direction souhaitée, puis tirer d’un coup sec. « Ça fait travailler ton temps de réaction, ton sens de l’observation, de l’anticipation. Tu as aussi un côté physique super important. C’est comme au karaté : si t’as pas vu venir le coup, t’es mort, tu dégages. » Une manière de dire que oui, peut-être, « O Monstro » a pu bénéficier des bienfaits de son premier sport avant de les appliquer au football. Historiquement, le cerf-volant était même un outil de communication, délivrant les signaux de départs de feux ou d’accidents en fonction de la couleur ou du type de voile qui flottait dans le ciel. Aujourd’hui dans les favelas, les participants de ces batailles rendues illégales par le gouvernement s’informent surtout de l’arrivée de la police. Parce que oui : le phénomène est devenu si important que les constructeurs locaux de motos ont dû mettre en place des systèmes de protection censés éviter les décapitations intempestives des conducteurs ou, à défaut, les oreilles coupées et blessures au visage à cause du verre pilé.



À Amiens, Benoît Flament ne coupe les oreilles de personne. Pas de verre pilé, pas de compétitions illégales de rues, pas de sacs-poubelle. Lui et ses trois équipiers, qui forment la Start’Air, fonctionnement au carbone. « La Coupe du Monde, c’est tous les deux ans au mois d’avril sur la plage de Berck, glisse-t-il. Si jamais Thiago Silva est dispo à cette période c’est avec grand plaisir. Ça dure une semaine, et Berck devient la Mecque des cerfs-volants en Europe. » Coup de pot : la date tombe pile au moment des quarts de finale de la Ligue des Champions. Ça devrait le faire au niveau de l'agenda.

Par Théo Denmat
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