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  1. // Coupe du monde 2014
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Ce que France-Allemagne peut nous apprendre sur la relation Hollande-Merkel

France-Allemagne, l'affiche symbolique et historique par excellence. Du moins, côté français. Et pendant que tout l'Hexagone rêve de venger les Bleus de 82, nos amis allemands s'apprêtent simplement à nous infliger de nouveau une petite leçon de réalisme, comme ils s'amusent à le faire au sein de l'UE depuis vingt ans. Cela ressemblera finalement beaucoup plus à un sommet franco-allemand qu'à la batille de la Marne. Avec un François Hollande qui tente désespérément de continuer à être « de gauche » face une Angela Merkel qui ne regarde que les « chiffres » et n'écoute que les conseils de ses économistes qui évoquent notre beau pays comme une Grèce bis. Pas sûr que le résultat ne redonne à notre président l'occasion de balancer à la chancelière quelques SMS d'ado frimeur…

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Pour l'instant, nous nageons dans un bel océan de nostalgie et une chaîne de la TNT diffusait même hier soir la demi-finale de 82. Ce quart synthétiserait à lui seul des siècles de rivalité entre Marianne et Germania, trois guerres dont deux mondiales, et sur le terrain autant de drames et d'amertume, avec en point d'orgue l'agression sur Battiston, sorte de Waterloo du foot français. Mais à trop jouer la corde de la sensiblerie passéiste, on oublie peut-être que l'essentiel se situe ailleurs. France-Allemagne nous éclaire surtout sur le rapport de force actuel entre nos deux pays et les raisons du difficile - et inéquitable - dialogue entre François Hollande et Angela Merkel. Car inutile de perdre son temps à dresser une comparaison entre Harald Schumacher et l'actuel portier du Bayern, Neuer représente dans ses buts le « dasein » de la tranquille suprématie germanique au sein de l'UE, une sorte d'Angela Merkel sans les dessous et les robes RDA. Bref, un rempart de réalisme sur lequel les vaines tentatives d'un foot « champagne » viendraient inévitablement, et une fois de plus, se briser, sans même plus avoir besoin de lui casser les dents, tout comme les vieux restes de socialisme à la française s'effondrent par pans entiers devant l'inébranlable certitude de la voie économique unique défendue par la Grande Coalition.

Car il ne faut pas se tromper de combat même si, évidemment il s'avère infiniment plus satisfaisant pour notre orgueil national de rejouer ad nauseam la revanche de la Coupe du monde espagnole (tragédie dont nos amis d'outre-Rhin ne conservent absolument aucune honte ni mémoire), la triste vérité se révèle beaucoup moins valorisante. L'équipe de France va d'abord entrer dans le Maracanã pour venir prouver qu'elle a retrouvé son statut de grande puissance du foot face à une Allemagne sûre d'elle-même et dominatrice. Nous vivons peut-être avec l'impression que la parenthèse 1998-2000 durant laquelle nous avons survolé le foot mondial, devenue une sorte de rente de situation à vie au sein du concert des grandes équipes de la FIFA. L'Allemagne compte plutôt ses rares éclipses dans l'élite mondiale. Pourtant, cet après-midi, les rêves qui continuent à habiter le pays de Molière et Zidane vont vite devoir se confronter au pragmatisme de la RFA de la Deustch Bank et de Schweinsteiger. Nous observerons alors presque Didier Deschamps aller serrer la main de Joachim Löw comme François Hollande déboule tel un petit garçon face à Angela Merkel pour lui expliquer à quel point la France a bien fait ses devoirs pour se hisser (ou s'abaisser) à la hauteur des exigences du Pacte de cohésion. Et pendant que la « Dame de fer » allemande fronce les sourcils, il tente de relever la tête pour balancer ses « j'ai bien le droit de faire ma taxe à 75%, mince  » .


Le plus terrible, c'est qu'alors que tout le monde en Allemagne n'attend rien d'anormal dans le parcours de sa sélection nationale, et soutient avec quiétude son équipe, l'équipe de France doit, elle, supporter un poids énorme, se réconcilier avec son public, et surtout respecter des valeurs, parfois contradictoires, des attentes de « beau jeu » qui n'embarrassent guère l'esprit du citoyen allemand lambda, qui se contente de la victoire routinière. François Hollande doit lui aussi répondre aux aspirations de gauche de ce qui lui reste d'électorat et de PS « classique » ou keynesien (le fan club de Piketty, en gros), tout en donnant des garanties qui lui couperont inévitablement les faibles soutiens qu'il conserve dans le pays. Le pacte de responsabilité est un peu l'équivalent d'un Franck Ribéry, parfait pour les critères du foot allemand, profondément inadapté chez nous, et dont l'absence ne semble manquer à personne dans l'effectif des Bleus. Mais Angela Merkel doit bien avoir l'équivalent de l'attaquant du Bayern, prêt à poser en tenue bavaroise, infiltré au sein de l'entourage de notre président…

Par Nicolas Kssis-Martov, à Rio
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