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Caïazzo : « Le corps n'est pas encore froid et on se dispute déjà l’héritage »

Au lendemain du conseil d'administration de la LFP qui a acté la fin de la saison 2019-2020 et établi les classements de la L1 et de la L2, Bernard Caïazzo revient sur une semaine déterminante pour le football français. Et c'est peu dire que le co-président stéphanois et président du syndicat Première Ligue a été frappé par l'individualisme de certains de ses homologues.

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Bonjour Bernard. On peut dire que cette fête du travail tombe à pic, au regard de la semaine qui a été réservée aux dirigeants du foot français...
Ah ça, il y a eu effectivement un énorme travail à mener. Mais depuis le 15 mars, on bosse du lundi au dimanche. Dès le départ, j’avais averti sur le fait qu’on ne pouvait pas mesurer l’étendue de ce virus. On m’a répondu : « Mais non, t’inquiète pas, le 15 avril on reprend l’entraînement. » J’ai entendu ça chez 80% des présidents de club. Selon moi, il fallait se focaliser sur les problèmes économiques que cette crise peut poser, sachant qu’on ne sait pas combien de temps elle va durer. Même si tu as beaucoup de sang dans tes veines, si tu en perds un petit peu tous les jours, tu crèves. Ce n’est qu’une question de temps.


Les dirigeants ont-ils mis trop de temps avant de se rendre compte de la gravité de la situation ?
Il y avait une forme d’optimisme, oui, chez la majorité d’entre eux. Je suis aussi un optimiste de nature. Mais gérer les scénarios optimistes, c’est facile. Tu dis « merci Bon Dieu » et voilà. Ce sur quoi il faut travailler et anticiper, c’est le worst case, le plus mauvais cas. Aujourd’hui, quand on me dit qu’on jouera en août, je veux bien y croire et j’espère que ce sera le cas, mais on n'a aucune certitude non plus ! C’est comme si tu perds ton job, tu as ta famille, tes gosses à nourrir, et tu ne sais pas quand tu vas retrouver un boulot. Ce n’est pas en se disant « t’inquiète pas le mois prochain j’en aurai un » que ça va se régler. Non, il faut réfléchir, manger des pâtes pendant un peu de temps et aller faire de l’intérim dans un Prisunic, histoire de survivre.

Face à cette incertitude, clôturer la saison 2019-2020 était donc la meilleur solution ?
Ça, ce n’est pas une décision prise par le football. C’est ce gouvernement et le virus qui décident. Ensuite, il y a l’UEFA et la Fédération. Mais ce n’était pas à nous de décider. Il faut savoir que le week-end dernier, le gouvernement était en train d’étudier une potentielle reprise. Puis lundi soir, d’après ce que j’ai compris, Macron a eu Le Graët au téléphone pour lui dire qu’il prenait la responsabilité d’arrêter les championnats, que les matchs reprendraient au mieux avant août et que le public pourrait revenir au mieux en septembre. On a donc arrêté contraint et forcé. Restait à savoir de quelle façon.


À ce moment, choisir de figer le classement sur un indice de points par match était-elle la meilleure option ?
Pour moi, ce n’est pas ça qui est important. Quel que soit le modèle de classement choisi, à partir du moment où cela a été fait de manière démocratique, ça ne me dérange pas.
« Certains, après cette décision, se sont retrouvés dans une position très favorable, un peu comme s’ils avaient gagné un cadeau Bonux. Pour d’autres, ça leur a été moins favorable. »
Le sujet n’est pas le passé, mais le futur. Il fallait prendre une décision. Équitable, pas équitable, c’est selon les intérêts des uns et des autres. Certains, après cette décision, se sont retrouvés dans une position très favorable, un peu comme s’ils avaient gagné un cadeau Bonux. Pour d’autres, ça leur a été moins favorable. Il y a obligatoirement des formes d’injustice, quel que soit le modèle. Maintenant, il faut déterminer comment on organise la survie de notre football et comment on va redémarrer la machine. Et c’est comme laisser une Formule 1 au garage : ça ne va pas être simple.

Est-ce que vous vous êtes mis à la place de clubs comme Amiens ou Toulouse qui vont descendre en Ligue 2 ?
Je suis solidaire des décisions qui ont été prises, je respecte le vote démocratique, et il faut bien un modèle. Je regrette que les choses soient allées aussi vite. J’aurais préféré avoir eu le temps de réunir un collège avant pour interroger les vingt clubs de Ligue 1. Mais ça n’aurait été que consultatif, et la décision revient au conseil d’administration de la LFP, qui est constitué de présidents de clubs, mais aussi d'autres représentants syndicaux. Je suis légitimiste, je respecte les statuts de la Ligue.


Vous parlez des intérêts particuliers de chaque président. Est-ce parce que les préoccupations économiques ont pris le pas sur les valeurs sportives ?
On est à une époque où des notables de province sont arrivés dans ce milieu du foot, certains avec une vraie passion du football, d’autre sans. Et ça entraîne des distorsions. Mon critère d’évaluation pour savoir si je peux devenir ami avec quelqu’un, c’est de savoir s'il bande pour le football ou pas. Si tu bandes pour le football, on est amis. Laurent Nicollin par exemple. Lopez, de Lille, je ne le connaissais pas bien avant la crise, mais je me suis rendu compte qu’il connaît vraiment le foot, qu’il aime ça. En revanche, si tu es là pour le pognon, pour ton image, pour faire le beau dans ta ville, ça ne m’intéresse pas. Moi, ça fait depuis l’âge de six ans que je vis à travers le football. Certains ne savent pas qui est Amoros, Rustichelli ou William Ayache. Moi, j’ai appris la géographie dans France Football, avec le Spartak Travna, le Lokomotiv Plovdiv et le Carl-Zeiss Iéna. Je suis là par passion. Et lorsque le football s’arrête, je le vis mal. Robert Herbin est parti, ça me fait mal de savoir que Robert Herbin est parti au moment de cette crise. Dans une vie solitaire, je me dis que le football était peut-être sa raison d’être. Et le fait qu’il parte au moment où le football s’arrête, ça m’interroge. Je pense donc que le foot est nécessaire à la vie et au bonheur des hommes. Notre préoccupation majeure doit être de le faire redémarrer. Mais surtout avec quelles valeurs ? Je me suis régalé avec le foot des années 1980, quand les présidents comme Borelli embrassaient la pelouse, Molinari, Hamel et plus tard Diouf. Aujourd’hui, le classement dépend surtout de la puissance financière. Il faut qu’on trouve des solutions pour qu’on retrouve une forme d’égalité des chances.



Il y a quelqu’un que vous ne citez pas, c’est Jean-Michel Aulas. Il a annoncé qu’il allait déposer un recours...
(Il coupe.) Attendez, que ça soit Jean-Michel Aulas, X, Y ou Z, quel que soit le classement, il y aurait eu des recours. En cas de saison blanche, Marseille aurait posé un recours. Ils ont le droit de faire des recours, c’est la loi française. Mais ils le font toujours dans l’intérêt de leur club.


Mais à quel point cette crise peut mettre en danger l’économie des clubs ? Certains vont se retrouver dans des situations critiques...
Oui, mais comme plein d’autres secteurs. Regardez celui du tourisme. C’est l’ensemble d’une économie qui devra se relever et le football en fait partie. Les gens font l’erreur de croire que, comme les joueurs du PSG touchent beaucoup d’argent, tous les clubs de foot sont riches. Pourtant, cela n’a rien à voir. Il faut se rendre compte que la plupart des clubs — sauf ceux qui spéculent sur les transferts — mettent tout leur argent dans le sportif. Après, il faut se poser les bonnes questions : la France est un pays qui arrive à bien vendre ses joueurs, donc il faut savoir aujourd’hui si les championnats acheteurs vont continuer. S’ils s’arrêtent et qu’ils tombent dans une crise économique majeure, comment vont-ils faire pour nous acheter des joueurs ? Je prie pour que les Anglais et les Allemands continuent et qu’ils aillent au bout.

Le mercato, justement : comment ça va se passer en France ?
Il faut que les périodes de transfert soient harmonisées avec les autres pays. Et pour l’instant, c’est compliqué d’y voir clair.
« On ne peut pas faire preuve d’individualisme dans ce genre de situation. On n'est pas rivaux, on est dans le même bateau ! Et c’est compliqué de le faire comprendre à certains. »
Le week-end dernier, tout le monde étudiait les protocoles médicaux de reprise. On regardait comment procédaient les Allemands, vu qu’ils ont un mois d’avance sur nous. On était là à se demander si la proposition Rivère était mieux que la proposition Aulas, etc. Mais à un moment donné, on ne peut pas faire preuve d’individualisme dans ce genre de situation. On n'est pas rivaux, on est dans le même bateau ! On ne discute pas de la répartition des droits télé ou de la ligue fermée. Là, on doit pousser le camion dans le même sens. Et c’est compliqué de le faire comprendre à certains.

Les places européennes de Nice ou de Reims dépendent aujourd’hui de la tenue des coupes nationales, puisque Lyon et Saint-Étienne pourraient encore décrocher leur ticket par cette voie. C’est pas un peu flou pour gérer cette intersaison ?
Ce n’est pas très important. J’espère jouer la finale de la Coupe de France, évidemment. Même si à huis clos, ce serait d’une tristesse terrible. Mais je ne suis pas en train de me battre sur les règlements. Un président de club a demandé s’il était qualifié en Coupe d’Europe si les finales ne se jouaient pas. Je trouve ça d’une indécence... Le corps n’est pas encore froid et on se dispute déjà l’héritage.


« Le confinement entraîne des comportements inhabituels. Je l’ai remarqué chez certains copains. Mais tu connais pas toujours leur vie. Si ça se trouve, ils se font chier avec leur bonne femme. Aulas, il paraît qu’il est tout seul, qu’il est hypocondriaque, qu’il a peur de ci, qu’il a peur de ça... »
Quelle était l’ambiance durant ces réunions ? Ça devait être sympa en visioconférence...
D’abord, beaucoup mieux que ce qui est décrit. C’est comme dans un couple, et que les voisins nous entendent nous disputer. Il y a le confinement, la fatigue et donc de l’énervement et de l’inquiétude. C’est logique dans cette situation. Les réunions se sont enflammées à cause du concours Lépine, où chacun venait avec son petit scénario. Le confinement entraîne des comportements inhabituels. Je l’ai remarqué chez certains copains. Mais tu connais pas toujours leur vie. Si ça se trouve, ils se font chier avec leur bonne femme. Aulas, il paraît qu’il est tout seul, qu’il est hypocondriaque, qu’il a peur de ci, qu’il a peur de ça... Quand il a parlé de saison blanche dès le premier jour, l’OM a sauté au plafond. Et je lui ai dit, à Jean-Michel : « Ça ne sert à rien de dire ça, ça ne fait que mettre le bordel. » Il s’est mis tout seul en situation difficile. Et ça m’a étonné parce que d’habitude, c’est un stratège.



Mais ce n’est pas le rôle de la Ligue que de prendre une position d’arbitre dans ces débats ?
Le problème, c’est que le système de double tête (entre la présidente Nathalie Boy de la Tour et le directeur général exécutif Didier Quillot, N.D.L.R.) l’affaiblit considérablement. Qui dirige aujourd’hui la Ligue ? On ne sait pas vraiment. Si ce sont les clubs qui ont instauré ce système, ils souhaiteraient aujourd’hui que cela change. Dans les situations difficiles, les décisions manquent de clarté.

Ce n’est pas Nathalie Boy de la Tour qui est censée être la supérieure hiérarchique ?
Oui, mais elle est présidente non exécutive. Elle est comme moi à Saint-Étienne. Je suis président du conseil de surveillance, alors que Roland (Royemer) est président du directoire.
« Qui dirige aujourd’hui la Ligue ? On ne sait pas vraiment. »
Je n’ai pas de bureau à Saint-Étienne, je ne parle pas aux joueurs, je ne vois pas d’agent, je ne donne pas d’instruction au personnel, je n’ai pas le droit de prendre des décisions. C’est le rôle du directoire. Ce système n’a pas marché à la Ligue. Je ne suis pas en train de prendre partie pour Nathalie ou pour Didier, je dis juste que le modèle n’est pas bon. Il faut que la personne qui dirige ne doive pas s’occuper de l’opérationnel. Quand je dis qu’il faudra reconstruire notre football, ça comprend également sa gouvernance.


À quoi vont ressembler les prochains mois pour vous et pour l’AS Saint-Étienne ?
D’abord, dans un mois et demi, j’espère qu’il y aura la reprise de l’entraînement. Si tout va bien. On le saura le 2 juin. Et au niveau des instances, il faudra étudier les aspects financiers. Pendant un certain temps, il faut se dire que rien ne rentrera dans les caisses. La prochaine échéance, c’est le 5 août et le versement de MediaPro et de Canal+. Si le championnat reprend en août !

Cette longue interruption sera-t-elle suffisante pour remettre les choses à plat ?
J’espère que demain, on retiendra les aspects positifs de cette crise. Quand on ira prendre un café en terrasse avec un pote, on savourera alors que c’est banal. Il faudra qu’on mesure la chance qu’on a de marcher, de respirer, d’être libre. Et aujourd’hui je rêve de revoir des stades pleins sans que les gens aient besoin de porter des masques.

Propos recueillis par Mathieu Rollinger
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