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Iekaterinbourg, c'est le Pérou

Ce soir, c'est France-Pérou à Iekaterinbourg. Une ville située face aux monts de l'Oural, considérée comme la porte d'entrée vers la Sibérie, et que les Péruviens ont transformé en place forte repeinte à leurs couleurs.

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L'atterrissage est lourd, soudain, et fait trembler toute la carlingue. Normal, il s'agit d'un Boeing 767-300, un coucou rangé dans la catégorie des gros porteurs qui pèse aisément 150 tonnes sur la balance. Le genre d'appareil dans lequel il y a deux couloirs et trois rangées de sièges. En posant l'engin sur une des deux pistes du petit aéroport d'Iekaterinbourg, la ville hôte la plus à l'est du Mondial, le pilote de l'avion n'a fait que son métier, et ce pourquoi il est payé à la fin du mois. Mais il a surtout réveillé les trois quarts des passagers, qui terminaient une nuit rendue trop courte par un embarquement à 7h du matin à l'aéroport de Moscou-Cheremetievo. Et au milieu d'un festival d'yeux qui se décollent et de muscles qui s'étirent, la voix de l'hôtesse qui sort d'un haut-parleur pour annoncer la température locale est vite couverte par des incantations étranges surgissant des tréfonds du Boeing. « Perú... Perú... Perú... » Au bout de quelques secondes, de nouvelles grappes d'adeptes rejoignent la secte, et le brouhaha se fait de plus en plus pesant. « PÉRÙ, PÉRÙ, PÉRÙ !!! » Avant une salve d'applaudissements. Une scène, et deux leçons à en tirer : 1/ Il faut plus qu'un Iphone programmé pour sonner à 4h30 du matin, fonction snooze ou pas fonction snooze, pour impressionner des Péruviens. 2/ Les descendants des Incas sont venus en Russie en masse et pour faire du boucan. Même s'ils ont de grandes chances d'être rentrés au pays dans dix jours.

Trois semaines de congés


Quelques heures plus tôt, au terminal D de l'aéroport moscovite. La bruyante délégation péruvienne tue le temps en abîmant quelques tympans autour d'elle. Accoudé sur la table d'un restaurant anonyme coincé entre les portes d'embarquement 17 et 18, un mauvais sosie de Fernando Sucre de Prison Break (le même, mais sans le charisme et sans les muscles) tape du poing pour demander l'addition à une jeune serveuse qui n'en peut plus. On ne sait pas si elle est en train de terminer un service qui a duré toute la nuit, ou si elle vient à peine d'en démarrer un qui commence beaucoup trop tôt à son goût, mais ses yeux sont ceux d'une personne qui préférerait être ailleurs. Et personne pour la sauver aux alentours, l'immense majorité de ceux qui se sont arrêtés dans son boui-boui pour s'enfiler quelques mauvais œufs en guise de petit-déjeuner étant drapée de blanc et de rouge.


En entendant des gens parler français, un homme interpelle. Il a un maillot frappé du logo de la Federación Peruana de Fútbol sur le corps, un gamin de six ans dans la main droite, une épouse dans la main gauche, et s'exprime dans un anglais presque sans fautes : « Vous allez à Iekaterinbourg ? Vous allez voir le match ? » Sympathique et chaleureux, il parle des trois semaines de congés qu'il a posées comme d'une fierté, en enviant ceux qui pourront négocier avec leur patron et rester encore plus longtemps au cas où le Pérou irait loin.

Bouée de sauvetage


Présent au stade samedi dernier quand le Pérou a perdu contre le Danemark, le père de famille bavard ne veut plus parler de la défaite. En revanche, il tient à jeter ces quelques fleurs à son peuple : « À Saransk, le stade a une capacité de 44 000 personnes, et il y avait 38 000 péruviens. » 38 000, vraiment ? « Yes. Thirty eight. Three, eight, zero, zero, zero » confirme-t-il en dessinant des 0 dans l'air avec son index. Sans doute le type qui compte le nombre de manifestants pour la section péruvienne de la CGT. Pas de chance pour lui et ses 38 000 potes, le stade d'Iekaterinbourg ne peut accueillir que 35 000 personnes, et 2000 Français sont annoncés. Mais en ville, la recherche d'un maillot bleu prend vite des allures de chasse au trésor interminable.


En revanche, il y a du blanc, il y a du rouge, et donc beaucoup de blanc et rouge. Dans les rues du centre-ville, dans les rues où il ne se passe rien, autour de la fan zone, dans les lobbys des hôtels, dans les restaurants, partout. Le premier Français rencontré a même l'air soulagé de croiser des compatriotes, et attrape une conversation au vol comme une bouée de sauvetage. Il est grand, drôle, déclare qu'il vient de Paris, mais une question supplémentaire suffit à lui faire avouer qu'il est en fait du Havre. Il livre ce constat : « Je suis là depuis trois jours, et franchement, je compte un Français pour 200 Péruviens. Mais ils sont vraiment sympas ! Allez parler avec eux. » Le problème, c'est que si chaque Français doit faire la conversation à 200 Péruviens, pas sûr qu'on ait terminé avant le coup d'envoi.

Par Alexandre Doskov, à Iekaterinbourg
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