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C’était quoi encore ce bordel au Cameroun ?

Pendant plus de vingt-quatre heures, il n’a été question que de discussions et de tensions autour des primes des Lions indomptables du Cameroun, retardant leur départ pour l’Égypte. Un classique du genre.


Une Coupe d'Afrique des nations sans une affaire de primes au sein de la tanière camerounaise ne serait pas tout à fait une CAN. En 2017, curieusement, tout s’était plutôt bien passé. Enfin presque, puisque la veille de la demi-finale face au Ghana, Hugo Broos, le sélectionneur belge des Lions, s’était plaint du montant des primes (46 500 €) accordés aux joueurs pour leur parcours. L’affaire s’était résumée à un petit coup de gueule du Flamand, sans conséquences pour la suite des opérations, puisque son équipe s’était installée sur le toit de l’Afrique quelques jours plus tard contre l’Égypte (2-1), après quinze longues années d’attente. Mais les Camerounais, qui ont le sens du spectacle et du respect des traditions, sont revenus aux fondamentaux, avec une menace de grève au moment d’embarquer pour Ismaïlia, où ils joueront leurs matchs du premier tour face à la Guinée-Bissau (ce soir), au Ghana (29 juin) et au Bénin (2 juillet).


Ça nous manquait, c’est vrai, et les menaces du Zimbabwe de boycotter le match d’ouverture contre l’Égypte sont passées presque inaperçues à côté du barnum qui s’est joué à Yaoundé, où les Lions indomptables, après des stages à Madrid (Espagne) et Doha (Qatar), étaient revenus pour recevoir des mains de ce bon vieux Paul Biya le drapeau national. « Je sens chez vous comme une pointe d’ironie » , ricane Patrick Mboma quand on évoque avec lui l’historique des conflits liés aux primes. « C’est vrai que cela arrive chez nous assez fréquemment. Ce n’est pas spécifique au Cameroun. Mais comme c’est un pays qui compte en Afrique, on en parle beaucoup plus » , juge l’ancien buteur des Lions indomptables, souvent confronté à ce genre de situation lorsqu'il portait le maillot vert.

Négociations en pleine nuit

Initialement, la délégation camerounaise devait décoller pour l’Égypte le jeudi 20 juin en fin de journée. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Puisque la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) n’est toujours pas autonome financièrement, c’est l’État qui casque les primes des joueurs et du staff technique, comme cela est majoritairement le cas en Afrique. L’offre était la suivante : 30 500 € par joueur au nom de la prime individuelle de participation à la phase finale. Un montant que les Lions jugent trop faible. La contre-proposition (61 000 €) fait tomber de l’armoire Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des Sports, et son aréopage de conseillers, comptables des deniers publics. Et c’était donc parti pour le remake des crises précédentes.


Dans la nuit de jeudi au vendredi, au lieu d’être pieutés dans leur hôtel égyptien, c’est l’heure des palabres. Le ministre des Sports, qui gère sa première crise avec les Lions, reçoit une délégation de joueurs, emmenée par le capitaine Eric Maxim Choupo-Moting et le gardien Carlos Kameni, le président de la FECAFOOT, Seidou Mbombo Njoya, ainsi que Clarence Seedorf, le sélectionneur néerlandais, qui a dû se demander ce qu’il foutait là, à moins d’une semaine du premier match de son équipe contre la Guinée-Bissau. Les autres internationaux, eux, attendent à l’hôtel du Mont Fébé, sur les hauteurs de Yaoundé, le résultat des négociations. Le ministre refuse de doubler la prime, mais propose d’allonger la sauce de 7600 €. Les joueurs préfèrent en rester là, déclinent une prime pour le premier match, et annoncent leur départ pour Ismaïlia le vendredi après-midi. « Personnellement, je suis toujours solidaire des joueurs. Mais d’après ce que j’ai appris, ils étaient au courant du montant de la prime depuis quelque temps déjà. Ils ont donc mis un coup de pression, cinq jours avant leur premier match. Cela passe moins inaperçu que si ça avait été le cas trois semaines avant. Je pense que les primes doivent être versées en fonction des résultats. Ça doit être la carotte, poursuit Mboma. Ce n’est pas vraiment idéal comme préparation : au lieu de se concentrer, de garder de l’énergie pour la compétition, on discute primes en pleine nuit. Cela n’empêche pas forcément de réaliser de bonnes performances, mais bon... Et il ne faudra pas se servir de cette crise pour se justifier en cas de mauvais résultats. »

Les Lions balancent dans la presse

Les joueurs camerounais ont informé l’opinion publique sur les raisons de cette menace de grève. Dans un courrier détaillé adressé à la presse, ils dévoilent que certains d’entre eux ont payé avec leur propre argent les billets d’avion pour rejoindre Madrid, où Seedorf avait donné rendez-vous à son effectif pour le premier des trois stages. « Que les joueurs avancent les billets d’avion, en totalité ou en partie, et qu’ils ne soient pas remboursés, c’est inacceptable » , tonne Mboma. Les Lions ont également ajouté que le deuxième stage, à Doha, et le vol entre le Qatar et Yaoundé, avaient été totalement pris en charge par l’émirat. Enfin, aucune prime de stage n’aurait été versée aux joueurs, lesquels assurent courir régulièrement après celle de TOP Sponsor. La dernière fois que le Cameroun avait piqué sa crise remonte à mai 2014, en Autriche, où il préparait la Coupe du monde au Brésil. Quelques témoins, présents dans l’hôtel des joueurs, avaient assisté au ballet des officiels venus négocier, avec à la main des valises contenant autre chose que des guides touristiques vantant les charmes du Tirol. Quelques mois plus tard, un décret du président de la République, daté du 26 septembre 2014, exigeait que le montant des primes soit fixé trois mois avant une compétition.


Interrogé sur l’affaire lors d’une conférence de presse, Clarence Seedorf a tenu à dédramatiser la portée de ce conflit. «  Cela n’affectera ni notre moral ni notre préparation. En fait, cette crise a renforcé l’esprit d’équipe et la détermination. Il y a des tensions, mais les joueurs sont matures. Et toutes les équipes connaissent un jour ce genre de problème  » , a expliqué Il Professore. Des tensions, de l’attente, des réunions en pleine nuit, des menaces de grève et un départ décalé de près de vingt-quatre heures, à cinq jours d’un match de phase finale de Coupe d'Afrique des nations, dont ils sont les tenants du titre : les Camerounais, quand il est question de primes et donc d’oseille, ne déçoivent jamais leur public.

Par Alexis Billebault
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