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Van den Boomen : « Je suis au niveau auquel je rêvais d’être »

Tube de la saison en Ligue 2 et guide d’un Téfécé en route pour retrouver la Ligue 1, Branco van den Boomen, 12 buts et 18 passes décisives, ouvre les portes de son jeu et assume son amour du risque pour libérer ses coéquipiers. Entretien avec un MVP rare.

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De l’extérieur, on a le sentiment que lorsque tu arrives sur le terrain, tu as toujours les idées claires. Qu’est-ce qu’il y a exactement dans ta tête avant un coup d’envoi ?
Question difficile. Je pense que ce qu’il se passe cette saison s’explique avant tout par une histoire de confiance en mes capacités et en celles de l’équipe. Tout est naturel, en fait. Je ne réfléchis plus tant que ça avant les matchs. Je me dis plutôt : « Ok, tout est en ordre. Je sais que je vais bien jouer, je me sens bien, tout va bien se passer... » La saison dernière, je n’étais pas dans le même schéma de réflexion. C’était plutôt : « Attention, aujourd’hui, je dois bien jouer, sinon je risque de me retrouver sur le banc la semaine prochaine. » Je pense que l’on pense à moins de choses lorsqu'on est bien dans notre tête. Aujourd’hui, quand j'entre sur le terrain, je sais exactement ce que je dois faire et je profite au maximum. Je peux davantage avancer à l’intuition, au feeling.

« Le dribble est plus "beau", plus valorisé, mais une bonne passe peut libérer davantage d’espaces pour les autres joueurs de l’équipe, elle peut placer un coéquipier dans une situation de un-contre-un plutôt que de le laisser se débattre à un contre trois. »

Pour créer, il faut souvent être libre dans sa tête, et tu es justement un créateur. Est-ce parce que tu n’étais pas le plus rapide ou le plus puissant que tu as dû développer cette capacité à réfléchir plus vite que les autres ?
Oui, je n’ai jamais été rapide, donc j’ai été obligé d’apprendre à penser rapidement. Si je veux être performant sur le terrain, je n’ai pas d’autres choix. D’ailleurs, si je ne réfléchissais pas plus vite que les autres, je ne serais pas là aujourd’hui et je serais incapable d’évoluer à ce niveau. Enfant, je n’étais pas forcément plus doué que les autres à Tetris ou aux casse-têtes, mais j’aimais déjà énormément le football. Mes parents sont aussi de grands passionnés, donc je pouvais regarder du foot toute la journée. À force, ma tête a intégré des mouvements, et j’ai vu des situations se répéter. J’ai aussi pas mal joué dans la rue, où le jeune joueur est souvent en situation d’urgence et doit agir rapidement pour se sortir de certaines situations. J’ai en quelque sorte habitué mon cerveau à réfléchir ainsi, et mes années à l’Ajax (2011-2014, NDLR) ont aussi été importantes. On faisait beaucoup de conservation sur des espaces très réduits. Quand tu es dans cette situation, tu n’as qu’une solution : agir rapidement, en une ou deux touches, et donc être capable de vite détecter les espaces libres.



Xavi a un jour expliqué que dans le foot, tout est une question d’espace et de temps. Tu es d’accord avec lui ?
Bien sûr. Les gens préfèrent souvent les joueurs qui dribblent, mais à mes yeux, c’est aussi efficace de faire une passe entre trois ou quatre joueurs adverses que de dribbler trois joueurs. Le dribble est simplement plus « beau » , plus valorisé, mais ce que veut dire Xavi, c’est aussi qu’une bonne passe peut libérer davantage d’espaces pour les autres joueurs de l’équipe, qu’elle peut placer un coéquipier dans une situation de un-contre-un plutôt que de le laisser se débattre à un contre trois. Et il raison.

Lorsque tu allumes la télé et que tu regardes un match, qu’est-ce que tu regardes en premier ?
J’essaie souvent de simplement en profiter, mais je ressens forcément quelque chose en plus quand je vois une belle passe entre les lignes. L’autre jour, j’ai regardé Real-Barça. Je suis supporter du Real, mais à un moment donné, j’ai vu Eric Garcia sortir une passe pour Frenkie de Jong qui a éliminé sept joueurs du Real. Incroyable.

«  J’ai toujours besoin de cinq à dix minutes pour comprendre comment se comporte l’adversaire, comment il organise son pressing, où se trouvent les espaces à exploiter... Je discute toujours avec Stijn Spierings après cette phase d’observation et on décide : "Alors, aujourd’hui, ils sont comme ça, donc on va construire comme ça, presser comme ça..." »

Sur le terrain, c’est cette passe parfaite que tu cherches en premier ?
Je pense que chaque joueur cherche avant tout à trouver les espaces, et les espaces à trouver ne sont pas les mêmes si tu joues contre un 4-3-3, un 4-4-2 ou un 3-5-2. J’ai toujours besoin de cinq à dix minutes pour comprendre comment se comporte l’adversaire, comment il organise son pressing, où se trouvent les espaces à exploiter... Je discute toujours avec Stijn Spierings après cette phase d’observation, et on décide : « Alors, aujourd’hui, ils sont comme ça, donc on va construire comme ça, presser comme ça... » Avec notre projet de jeu, ce sont les deux questions essentielles : où sont les espaces et comment peut-on mettre du mieux possible l’adversaire sous pression ?

Quel est exactement ton rôle dans le système de Philippe Montanier ?
Il veut que je sois là pour sortir le ballon, mais aussi que je sois présent dans les trente derniers mètres. Il me donne énormément de liberté. Depuis quelques semaines, on voit que son souhait de me voir évoluer un cran plus haut est payant, puisque je marque plus de buts. J’ai marqué six fois et fait huit passes décisives depuis le début de la deuxième partie de saison. J’ai aussi gagné en efficacité dans le dernier tiers adverse. J’aime cette nouvelle liberté, que je n’avais pas forcément la saison dernière, et le 4-3-3 de cette saison m’aide aussi : désormais, j’ai trois attaquants devant moi, un paquet de mouvements... Ce nouveau rôle complique aussi les choses pour nos adversaires.

Qu’est-ce que la passe parfaite à tes yeux ?
Celle que je réussis à trouver entre le latéral droit et le central droit ou entre le latéral gauche et le central gauche pour mon ailier. J’aime bien aussi réussir un beau changement d’aile. Il n’y a pas de meilleure sensation que réussir cette passe qui brise l’équilibre défensif adverse. La meilleure passe, c’est celle qui fait que l’adversaire ne peut plus défendre.





Le but ne te procure pas la même sensation ?
C’est complètement différent. Lorsque tu es à la passe, tu dois attendre de voir ce qu’il va se passer derrière et te préparer en cas de transition adverse. En quelque sorte, tu es en salle d’attente, alors que lorsque tu marques, le stade explose, c’est un plaisir plus immédiat.

Les joueurs créatifs ramènent souvent la plupart des choses à l’inné. Es-tu comme ça aussi ou as-tu été obligé de travailler en profondeur sur certains détails pour devenir le joueur que tu es aujourd’hui ?
Si l’on regarde bien ma carrière, on voit que les choses sont arrivées étape par étape, petit à petit. Je viens d’assez loin et chaque année, je fais de nouveaux petits pas. Aujourd’hui, je pense être au niveau auquel je rêvais d’être : mon corps est en parfait état, ma tête aussi... Quand ces deux éléments sont à un niveau optimal, vous pouvez faire parler vos qualités, votre « talent » . Une réussite, c’est beaucoup de choses et de travail. Il faut aussi avoir un coach qui croit en vous, un club qui croit en vous, et je suis très heureux que Toulouse m’ait donné cette chance il y a deux ans. Ça n’a pas été aussi fluide que pour d’autres joueurs, c’est clair.



Cette saison, on parle aussi énormément de tes coups francs. Quand tu étais à l’Ajax, tu avais déjà ce petit don. Tu te souviens de ton premier coup franc ?
Je devais avoir six ans, je jouais dans l’équipe entraînée par mon père, j’avais déjà un bon pied, mais à l’époque, c’était plutôt tirer aussi fort que possible dans le but adverse. Chez les pros, ça devait être contre Roda avec Heerenveen. Cette saison, ce qui est aussi marquant, c’est que j’ai la sensation que l’on peut marquer à chaque coup franc ou sur chaque corner. On a plusieurs bons joueurs de tête : Rasmus Nicolaisen, Anthony Rouault, Rhys Healey, Ado Onaiwu... Du coup, je sais que si je trouve la bonne zone, on a une grande chance de marquer. Ça donne forcément de la confiance.

Vidéo

Combien de temps travaillez-vous les phases arrêtées au cours de la semaine ?
1h30, 2h environ. On travaille plusieurs combinaisons. Je ne vais pas dévoiler tous nos secrets, mais on a des codes précis. Lorsque je fais un signe, les autres savent que je vais viser une zone. Derrière, tout s’emboîte, et les gars font en sorte, via des courses et des écrans, d’ouvrir un espace libre. On s’entraîne énormément sur phases arrêtées collectivement, et de mon côté, je me fais aussi quelques coups francs en plus.




Premier exemple de but sur phase arrêtée pour le Téfécé, sur la pelouse de Valenciennes : alors que Branco van den Boomen démarre sa course d'élan, Bafodé Diakité plonge au premier poteau et emmène un défenseur nordiste avec lui...


... un espace libre se crée dans son dos...


... et Anthony Rouault s'y insère pour inscrire le but du 1-3.


Deuxième exemple lors de la réception de Dijon avec, au départ, trois hommes impliqués dans la zone cible de Van den Boomen : Bafodé Diakité, Anthony Rouault et Rasmus Nicolaisen.


On retrouve la course au premier poteau de Diakité, puis une seconde, sur la même trajectoire, signée Rouault, qui exploite la défense en zone des Dijonnais...


... la combinaison des deux courses a libéré Nicolaisen aux six mètres : zone mortelle et 2-1.



Après sa carrière, Mathieu Bodmer a expliqué que sur le terrain, il s’amusait à compter les joueurs adverses et qu’il trouvait les espaces libres grâce à ça. Il lui arrivait aussi de s’appuyer sur la couleur des chaussures de certains adversaires pour détecter les trous. Est-ce que tu as aussi des routines ?
Maintenant que vous le dites, je crois que je connais la couleur des chaussures de chacun de mes coéquipiers. Ça peut m’aider dans certaines situations. Après, il y a aussi un jeu de répétitions : j’ai 26 ans, je joue au foot depuis 20 ans, certains mouvements sont devenus naturels. Je sais que lorsque je dois mettre un type précis de ballons à Nathan N’Goumou, je dois en mettre d’autres pour Rafael Ratao. Il est primordial de parfaitement connaître vos coéquipiers pour pouvoir les mettre dans l’exacte bonne situation. Certains préfèrent avoir le ballon dans la course, d’autres dans les pieds... Ça s’apprend et ça doit devenir naturel.

Au fur et à mesure de la saison, les adversaires ont davantage concentré leur attention sur toi. Comment as-tu fait pour t’adapter, pour réussir à redevenir un fantôme menaçant ?
Je continue simplement de courir, de bouger. Je me balade dans toutes les zones, et l’adversaire ne peut pas me suivre partout. Pour l’embrouiller, je me dois d’être toujours en mouvement. La force qu’on a, c’est qu’avec nous, les menaces sont multiples, donc si un adversaire décide de me suivre partout, il sait qu’il va ouvrir des espaces énormes pour d’autres dangers. Ce n’est qu’une histoire de mouvements et de casse-têtes.

« Je suis devenu papa récemment. Avant, je ne me concentrais que sur une chose : le foot. C’était le foot, le foot, le foot. 100% du temps. Aujourd’hui, le foot est toujours important, mais ce n’est plus la chose la plus importante de ma vie. Je pense que ça a énormément changé ma façon d’appréhender les matchs. »

Damien Comolli nous expliquait récemment qu’il était tombé sur ton profil en entrant des indicateurs de performance dans un algorithme. Toi, qu’est-ce que tu connaissais de Toulouse avant d’arriver ?
Quand j’étais jeune, je regardais tous les buts sur Eurosport, donc j’avais déjà entendu parler de Toulouse, évidemment. Quand le club s’est intéressé à moi, au début, ça a été un peu un choc. Après, j’avoue que je ne connaissais rien de la ville. Je n’étais venu en France qu’une fois pour les vacances. C’est très cool, j’aime bien, notamment la météo. Après, quand on vient des Pays-Bas, tout est souvent mieux en matière de météo... (Rires.)

Ta femme n’a pas tout de suite vécu avec toi. Le fait qu’elle soit désormais à tes côtés, ça a pu influer sur ta confiance ?
Oui, mais aussi le fait que je sois devenu papa récemment. Avant, je ne me concentrais que sur une chose : le foot. C’était le foot, le foot, le foot. 100% du temps. Aujourd’hui, le foot est toujours important, mais ce n’est plus la chose la plus importante de ma vie. Je pense que ça a énormément changé ma façon d’appréhender les matchs.

En quoi ?
Peut-être qu’avant, je pensais justement trop au foot. Désormais, que je réussisse mon match ou que je le rate, je sais qu’en rentrant à la maison, mon bébé va me sourire. La pression n’est plus la même. Plus jeune, je ne pensais qu’à mes performances. Je n’avais qu’un but dans la vie : être le meilleur joueur possible. Attention, c’est toujours mon objectif, mais mon esprit a aussi fait davantage de place à ma vie de famille, et ça m’a d’ailleurs aussi libéré dans mes performances. Tout ça a eu un impact très positif sur ma santé mentale.

Tu n’es jamais nerveux quand tu es sur le terrain ?
Rarement. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense juste à être le meilleur possible. Je sais que je fais tout pour et actuellement, je ne peux pas faire beaucoup plus. (Rires.)

Quelle est ta relation aux datas ?
C’est difficile. Ce n’est pas vraiment ce que je regarde à tous les matchs, mais j’essaie quand même de jeter un œil au nombre de fois où j’ai mis des coéquipiers dans des positions de marquer ou au nombre de passes réussies dans les trente derniers mètres adverses. C’est des choses importantes pour mon style de jeu, donc j’ai besoin de quantifier mon apport. Je suis heureux quand je performe dans ces secteurs du jeu. Le nombre de buts et passes décisives, c’est important, mais ça ne fait pas forcément de vous un bon joueur.



Aujourd’hui, la data peut avoir un impact nocif sur certains joueurs. Certains ont peur d’avoir de mauvais rapports, donc tentent moins de choses...
Quand tu dribbles, il y a de grandes chances de perdre le ballon. Je pense que certains joueurs peuvent se dire : « Allez, j’arrête de dribbler, parce que mes stats vont être mauvaises... » Moi, je ne peux pas réfléchir comme ça. Avec la passe, j’ai besoin de prendre des risques, car si je ne prends aucun risque, je ne vais jamais mettre mes coéquipiers dans de bonnes positions.

Ton rôle est-il d’organiser le chaos offensif ou de mettre le chaos au sein du système adverse ?
Les deux, même si je pense que je dois principalement organiser le chaos offensif. Aux yeux de mon entraîneur, le plus important est que je continue à placer les autres en position de marquer, dans des situations de un-contre-un... C’est ça, ma tâche principale.

Comment expliques-tu que tu as dû attendre tes 26 ans pour vivre une telle saison ?
Je pense que tout vient ensemble : le système, la philosophie, le fait de jouer avec des ailiers... Mes coéquipiers me font confiance et me laissent aussi l’opportunité de mettre en avant ma créativité. Je suis dans une belle dynamique, il faut l’entretenir... Physiquement, je suis aussi dans une très bonne forme. Je pense que c’est la principale différence entre le joueur que j’étais à l’Ajax et celui que je suis aujourd’hui. Autre chose : avant, je pouvais être très nerveux lors des gros matchs. Avec l’expérience, c’est moins le cas.

C’est la première fois de ta vie que des gens chantent ton nom ?
J’avais déjà connu ça au FC Eindhoven, mais ce n’était pas la même échelle. Là, il y a encore plus de monde, c’est quelque chose de fou...

Tu parles de folie. L’une de tes idoles s’appelle Dennis Bergkamp. Ce but à Auxerre, c’est un hommage ?
Il y a ce long ballon, je réussis une première touche parfaite, un contrôle un peu à la Bergkamp, c’est vrai... Je crois que c’est surtout la première fois de ma carrière que j’ai eu l’impression d’être rapide. Après le but, j’ai couru vers les supporters et je me suis dit : « Mais wow, depuis quand je vais aussi vite ? » Tout a été très vite.









C’est comme si tu étais dans une forme de zone.
Oui... Tout à l’heure, j’étais avec le physio, et il m’a dit : « Allez, le prochain match, tu tentes du milieu de terrain, je pense que ça va le faire ! » Je suis super bien dans ma tête. C’est un sentiment difficile à expliquer, mais je pense que parfois, le foot est comme ça... Tu as parfois juste à tirer, tu sais que ça va rentrer. Tu tentes une passe difficile, elle passe à tous les coups. C’est un sentiment rare et précieux, le meilleur pour un joueur de foot.

Tu prends ça comme une revanche ?
Honnêtement, je pense que je n’étais pas assez bon pour jouer en équipe première à l’Ajax, mais je pense aussi qu’aujourd’hui, si j’avais la chance de jouer en Ligue 1 ou dans un autre club des cinq grands championnats européens, j’aurais une chance de me montrer. Je n’ai aucune rancœur. Je suis juste heureux de la forme que j’ai, du niveau que j’ai, de la confiance que j’ai et je suis prêt à franchir le prochain palier, que ce soit avec Toulouse ou avec une autre équipe. J’ai envie de voir si j’ai le niveau, je veux me le prouver à moi-même. Je veux voir si je suis assez bon, ça m’intrigue.

« Je pense que je n’étais pas assez bon pour jouer en équipe première à l’Ajax, mais je pense aussi qu’aujourd’hui, si j’avais la chance de jouer en Ligue 1 ou dans un autre club des cinq grands championnats européens, j’aurais une chance de me montrer. »

Ton père a-t-il pris un rôle de conseiller pour toi désormais ?
Je l’appelle tous les jours. Au début, on parle de tout, de la vie, mais on finit toujours par parler de football... Tous les jours, il me rabâche : « Branco, tu dois continuer à te dépasser, tu dois continuer... » On parle aussi évidemment de la prochaine étape. Que je reste ou que je parte cet été de Toulouse, j’en parlerai d’abord avec lui. Depuis tout petit, c’est mon meilleur ami dans le foot.

D’ici à la fin de saison, au-delà de la montée en Ligue 1, on se dit que tu joues aussi pour battre le record de passes décisives sur une saison de Ligue 2 de Zinedine Ferhat...
Si je dis que je n’en ai rien à faire, je suis un menteur ! (Rires.) Mais ce n’est pas essentiel à mes yeux, c’est simplement un défi supplémentaire. Ce record, dont mes coéquipiers me parlent un peu de temps en temps, ne change pas ma façon de jouer sur le terrain, ce serait plus honorifique. Le plus important, ça reste la montée avec le groupe.

Justement, ce groupe : il y a beaucoup de nationalités, comment arrivez-vous à communiquer ?
On parle essentiellement anglais. Les non-francophones, on a un ou deux cours par semaine, mais là où on apprend le plus, c’est au contact des joueurs français du vestiaire. Quand ils restent entre eux, ils parlent évidemment français, donc si jamais je veux les rejoindre... S’ils parlent de foot, je peux rentrer dans la conversation, mais ils parlent vite ! Parfois, je leur dis : « Oh, les gars, moins vite, parce que je ne peux pas en profiter ! » (Rires.) Sinon, à l’extérieur, je passe beaucoup de temps avec Stijn Spierings. On parle un peu néerlandais, on se retrouve, nos femmes s’entendent bien, on fait quelques barbecues...

Le physio doit surveiller ça de près...
Oui ! (Rires.) Aux Pays-Bas, le barbecue est quelque chose d’important, donc on essaie de le conserver ici ! Le seul petit truc qui manque, c’est les friteries. Il n’y en a pas beaucoup ici. Où est-ce que je peux trouver de bonnes frites ?

Il n’y en a souvent qu’au supermarché...
Oui, ou sinon il faut faire ça maison ! Aux Pays-Bas, on a juste à aller à la friterie, c’est plus simple !

Propos recueillis par Maxime Brigand et Nelio Da Silva