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Braida, le presque Leonardo barcelonais

Nouvel homme fort de la politique sportive blaugrana, Ariedo Braida n'en demeure pas moins des plus discrets. Surtout, la venue de l'ancien dirigeant du grand Milan dans la cité de Gaudi rappelle la stratégie d'un autre molosse européen : celle du PSG de Leonardo. À quelques menus détails.

Les derniers jours de janvier rassemblent un océan de mauvaises nouvelles pour le FC Barcelone. Par vagues incessantes, les pépins s'amoncellent devant le bureau du président local, Josep Bartomeu. Après une crise sportive sur la pelouse de la Real Sociedad, suivie d'une crise institutionnelle, avec le licenciement du directeur sportif Andoni Zubizarreta, la justice espagnole poursuit son enquête sur le transfert frauduleux de Neymar. Bientôt mis en examen, le big boss du Mes que n'en oublie pas les obligations qui incombent à sa charge. Avec un poste vacant à la direction sportive de la section football, il sort de son chapeau, dans le plus grand anonymat, un nom tout aussi ronflant qu'imposant. Ariedo Breida, ses plus de 20 ans au Milan AC et sa connaissance du marché italien viennent garnir les rangs de la commission technique blaugrana. Une arrivée sans présentation officielle qui rappelle une autre stratégie empruntée par un club du gratin européen : celle du nouveau PSG version qatari et de son magnat des transferts de l'époque, l'ancien Rossoneri Leonardo. À quelques maigres détails près.

Quand le PSG devance le Barça…


« On a de l'ambition pour le futur et on cherchait quelque chose de différent pour le développement du club. » Ces paroles pourraient très bien sortir de la bouche de Josep Bartomeu. Mais non, elles viennent de Nasser Al-Khelaifi. À l'été 2011, après le rachat du club par le conglomérat QSI, le nouvel homme fort parisien présente en ces mots Leonardo. Installé à la direction sportive du PSG, le Brésilien a la tâche de réinventer la stratégie du club de la capitale sur le marché des transferts. Bien aidé par les millions mis à disposition, il ouvre son répertoire. Les pages italiennes sont légion, tout comme ses contacts avec le milieu du Calcio. Dès sa présentation, il annonçait à demi-mot la couleur : « Cela n'a pas été facile de quitter l'Italie, il y a un peu de confusion » . De fait, ses premiers mercatos se résument à des achats issus de la Botte : Pastore, Sirigu, Sissoko, Thiago Motta… Idem : lorsqu'Antoine Kombouaré doit prendre la porte, c'est un Italien qui prend sa succession. Avec Carlo Ancelotti, la vague venant du pays de Dante gagne encore en épaisseur et inonde le vestiaire du Parc des Princes.

La Ligue des champions retrouvée, le Paris Saint-Germain s'offre ainsi quelques grandes stars du Calcio, et plus précisément du Milan AC. À Lavezzi et Zlatan Ibrahimović s'ajoute Thiago Silva : priorité du FC Barcelone, le capitaine de la Seleção préfère la capitale française et son salaire mirobolant. Au grand dam des Blaugrana, toujours à la recherche du successeur de Carles Puyol et du complément de Gerard Piqué. Doublé, le FCB conserve ce statut lors du mercato suivant, celui de l'été 2013. Alors sous le charme du jeune Marquinhos, et malgré le départ anticipé de Leonardo, le fanion blaugrana se voit voler la vedette par le club parisien… Une redite en contradiction par rapport aux différentes confrontations sur le pré, mais qui met en exergue les tâtonnements de la bande à Rosell et de son directeur sportif, Andoni Zubizarreta. Bien que propriétaire de l'un des plus gros budgets européens, Barcelone se rabat sur le marché italien : les joueurs y sont plus abordables qu'en Premier League et le montant des transferts un iota moins exorbitant. Surtout, les ponts entre Calcio et Liga sont historiques.

Braida, un CDD en sursis


L'arrivée de Braida répond à une urgence : mettre en place une politique sportive claire et stable. Malgré l'interdiction de mercato jusqu'en janvier 2016 imposée par la FIFA, son chantier est titanesque. Par le passé, cet ancien attaquant de seconde zone a déjà démontré à de multiples reprises son talent. Pendant plus de 20 ans, il a construit, en tandem avec Galliani, les équipes légendaires du grand Milan. Les venues de Van Basten, Weah et Pirlo portent son sceau. Écarté lors de l'arrivée de Barbara Berlusconi, il a rebondi pendant une saison à la Sampdoria, pour un résultat qui porte ses fruits aujourd'hui… Sa mission azulgrana est un tantinet plus complexe. La priorité de Bartomeu - autrement dit son argument électoral - répond au nom de Pogba. Un Français qu'il espère attirer dans ses filets grâce au réseau de Braida, qui entretient de bonnes relations avec la direction de la Vieille Dame. Problème, le PSG est également dans les starting-blocks… Cette mission pourrait rapidement se trouver vaine : en cas de défaite de Bartomeu, Braida prendrait rapidement ses cliques et ses claques. Et pourquoi pas débarquer au Parc des Princes…

Par Robin Delorme, à Madrid
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